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samedi, 01 avril 2006
Le comble du ridicule
Décidément Jacques Chirac nous étonnera toujours. Mais là, il a fait très fort et a touché le fond en perdant par la même occasion le peu de crédibilité qui pouvait lui rester. Après avoir donné des leçons de constitutionnalité à la France entière pendant une semaine, le président de la République vient violer de la Constitution en annonçant la promulgation d'une loi (dont il reconnaît lui-même qu'elle est mauvaise), tout en demandant au gouvernement de ne pas de ne pas l'appliquer !!! C'est ubuesque et ridicule !!! Tout ça pour ne pas totalement désavouer Villepin…
Ça va être désormais très difficile de condamner un jeune délinquant en lui expliquant qu'il faut respecter la loi, alors même que le président de la République dit l'inverse à la télé…
Certes, les optimistes béats pourront toujours se dire que Jacques Chirac vide en partie le CPE de sa substance en annonçant que "la période de deux ans sera réduite à un an. [et qu'] en cas de rupture du contrat, le droit du jeune salarié à en connaître les raisons sera inscrit dans la nouvelle loi". Mais c'est oublier le grotesque de la situation : en revenant en partie (et une nouvelle fois sans négociation) sur le cœur du CPE, président de la République reconnaît sa nocivité tout en refusant de prendre la seule décision que ce constat impose : le retrait du CPE…
Il ne fait plus aucun doute que ce discours alambiqué au raisonnement biaisé va être vécu comme une provocation de plus par les opposants au CPE, notamment les jeunes, et que les manifs du 4 avril risquent de marquer une radicalisation du mouvement.
Ce vieil homme, probablement diminué intellectuellement depuis son accident cérébral de septembre (qui fut traité à l'époque avec aussi peu de transparence que le cancer de Pompidou…), et sous influence d'un premier ministre psychorigide et méprisant, vient de se couper définitivement de la jeunesse et des partenaires sociaux !!! Cela promet une terrible fin de règne
09:59 Publié dans CPE for never | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note
Commentaires
Bravo taulier... ton analyse est excellente...
Rarement un Président en exercice est intervenu à la télé de manière aussi ridicule... mais qui le conseille? Mais qui gouverne la France?
On va où avec des guignols pareils...
Écrit par : jéjé | samedi, 01 avril 2006
J'avoue que j'ai du mal à comprendre : il aurait été tellement plus simple et plus compréhensible de demander une seconde lecture de la loi au Parlement en applicatin de l'article 10 de la Constitution pour y apporter les modifications proposées qui feraient du CPE un contrat tout à fait acceptable (à mon sens bien sûr)
On oublie en effet que la période d'essai d'un an, c'est la règle dans le fonction publique avec le stage qui peut même être renouvelé pour une seconde année et cela n'est pas une hypothèse d'école
Il existe même le contrat, je dis bien un contrat , - ERTH - emploi réservé pour travailleur handicapé - qui peut mener à une la titularisation après "période d'essai" d'an ou être renouvelé pour une seconde année avant la décision de titularisation ou le non renouvellement. Le non renouvellement n'est pas là aussi une hypothèse d'école
Ce type de contrat est de plus en plus utilsé pour permettre d'atteindre le seuil des 6% de travailleurs handicapés
Mais j'ai bien conscience qu'en écrivant cela je fais en partie le naïf : les organisations qui vont continuer de s'opposer par tous les moyens au CPE version promulguée ou version prochaine édulcorée sont dans une autre logique essentiellement politique et antigouvernementale : espérons quand même que le débat truve une solution convenable avant laaprochaine élection présidentielle et des prochaines législatives
Pour conclure notre Président, sans doute effectivement sous l'influence d'un Premier ministre psychorigide, a manqué une belle occasion de reprendre la main : les organisations réformistes (et raisonnables ?) auraient pu accepter de discuter dans la perspective d'un nouvel examen par le Parlement d'un texte non promulgué
Écrit par : 2109 | samedi, 01 avril 2006
Bonjour 2109 et bienvenue au bistrot !
Merci pour ce rappel très intéressant sur les Fonctions publiques et le contrat Erth.
Pour en revenir aux syndicats réformistes (et raisonnables), on ne peut malheureusment que penser, comme toi, que Chirac a raté une belle occasion de leur tendre la main pour ouvrir des négociations...
Heureusement que Raffin avait été plus fin (je ne pensais un jour écrire une telle phrase... la magie chiraquienne sans doute :-)))) lors de la réforme des retraites en négociant avant la loi.
Écrit par : Nico2312 | samedi, 01 avril 2006
Ma maman, alors que je lui demandais ce matin ce qu'elle avait pensé de l'intervention de chirac, m'a répondu : "tu me parles de cette lopette ! il est minable et dire qu'il décide pour notre pays" ... ma maman à 67 ans je trouvais ça significatif... c Intolérable... plus de concessions... on parle de renouer le dialogue que la droite à obstinément refusé d'engager... un peu facile et pour le coup DVD n'est pas seule en cause
Écrit par : m-Ai | samedi, 01 avril 2006
Je pense quand même que vu l'état de délabrement de Chirac, c'est bel et bien Villepin qui tire les ficelles...
Écrit par : Nico2312 | samedi, 01 avril 2006
Ils pensent tous tirer les ficelles : DVD Chirac, sarko, mais ça va s'emmêler...
Écrit par : m-Ai | samedi, 01 avril 2006
Bonjour à tous.
En ce qui concerne le tirage de ficelle, le directeur de « Le Point », M. Giesbert, a écrit un livre à ce sujet, comme quoi Dominique de Villepin tiendrait Jacques Chirac par quelque chose… Ce n’est d’ailleurs pas le premier à faire cette hypothèse.
En ce qui concerne l’intervention de M. Chirac, je ne serai pas aussi sévère que vous. Je pense qu’il a fait un effort supplémentaire envers les syndicats tout en essayant de conserver sa fierté personnelle (et son Premier ministre).
En effet, le Président de la République a tenté de renouer le dialogue en annonçant qu’il demandait au gouvernement de revoir deux points de la loi sur l’égalité des chances, et en invitant les partenaires sociaux à l’élaboration de ces modifications.
Ce n’est certes pas ce que certains attendaient, mais ne lui jetons pas la pierre trop vite : que le CPE soit retiré avant d’entrer en négociation, ou que les négociations commencent pendant une sorte de suspension de celui-ci ne revient-il finalement pas au même ?
Je pense sincèrement que oui, et que la seule différence repose sur une question de fierté : les syndicats râlent d’avoir été négligés par M. de Villepin ; et la gauche de ne pas avoir réussi à faire plier Jacques Chirac…
Permettez-moi également de dire (et cela n’engage que moi) que je trouve cette querelle ridicule, et de la voir ainsi s’éterniser me rend fou : les syndicats pourraient faire un effort à leur tour, quitte à faire semblant de mettre un peu d’eau dans leur vin -comme l’a plus ou moins fait le gouvernement, mais démarrent les discussions. Car pendant qu’ils sont (tous) là à se disputer le morceau de gras, des jeunes sont en train de perdre une année, et ils ne sont pas tous dans la rue en train de manifester : il y en a qui galèrent à tenter de rentrer dans leurs universités pour reprendre les cours…
Écrit par : Bastogi | samedi, 01 avril 2006
Salut Bastogi,
Comme tu t'en doute je ne suis pas du tout d'accord avec toi, Chirac ne tend pas la main, il essaie au contraire de sauver comme il le peut Villepin.
C'est une honte d'oser dire qu'il promulgue la loi tout en demandant qu'elle ne soit pas appliquée !!! En plus d'être lamentable sur un plan constitutionnel, cette position de celui qui représente le plus haut niveau de l'Etat montre tout son mépris pour la loi en général !!!
Il est impossible d'engager des négociations avec quelqu'un qui reconnait qu'un texte est mauvais mais le promulgue quand même : comment espérer de quelqu'un comme ça qu'il respecte le jeu des négo ???
Je pense que le plus simple et le plus normal aurait été que Chirac annonce qu'il ne promulgue pas la loi et qu'il ouvre de vrai négociations sur l'emploi des jeunes. En plus cela aurait ipso facto désamorcé la crise et remis les étudiants et lycéens en cours. Alors que mesure foireuse choisie par le chef de l'Etat vient de radicaliser le mouvement des jeunes... et pire d'enlever à beaucoup le peu de crédit qu'ils accordaient encore aux hommes poliques.
Écrit par : Nico2312 | samedi, 01 avril 2006
Salut Nico,
Tu dis que c’est une honte de promulguer une loi tout en demandant à ce qu’elle ne soit pas appliquée ; moi je dis que Jacques Chirac a tenté de calmer les syndicats tout en évitant un affront avec son Premier ministre. Il faut dire que dans la situation actuelle, sa tâche ne pouvait pas être facile : d’un côté, le pays est en crise ; de l’autre, pour quoi passerait notre Président de la République s’il perdait encore un Premier ministre à cause de la pression de la rue juste avant la fin (présumée) de son règne ?
Cependant, ta position est plus que défendable, mais je voudrais juste relever un point : ça coûte quoi d’essayer de négocier ?
Écrit par : Bastogi | dimanche, 02 avril 2006
C'est pas un problème d'essayer de négocier, bien au contraire, ils (Chirac et surtout Villepin) auraient du négocier avant de rédiger et de faire passer en force le texte.
Le problème est que pour une raison de politique interne à l'UMP (sauver Villepin pour ne pas donner une grande victoire à Sarkozy), Chirac a perdu la crédibilité que sa fonction lui offrait encore : pormulger une loi tout en demandant de ne pas l'appliquer, on marche sur la tête !
Et ça n'augure rien de bon concernant une éventuelle sortie de crise.
Et j'irais même plus loin : c'est dangeureux à un an de la présidentielle, ce type décision risque encore de renforcer le défiance d'une part croissante de la population vis à vis de la classe politique...
Écrit par : Nico2312 | dimanche, 02 avril 2006
Le président Chirac et les minsitres seraient-ils hors la loi ?
C'est en tout cas ce qu'on peut penser d'après AP :
http://fr.news.yahoo.com/03042006/5/cpe-faire-echec-l-execution-d-une-loi-est-passible.html
Une chose est certaines, le ridicule de la situation actuelle est sans limite.
Écrit par : Jean St Romain | mardi, 04 avril 2006







