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vendredi, 12 mai 2006

Sans défense, Villepin attaque la presse

L'affaire Clearstream s'enfonce tous les jours un peu plus dans le glauque et le sordide. Depuis hier, une enquête administrative a été lancée par le ministère de la Justice contre le juge Renaud Van Ruymbeke, qui aurait entendu, en-dehors de toute procédure, Jean-Louis Gergorin, soupçonner d'être le corbeau. Dans le même temps, le garde des Sceaux, Pascal Clément, qui joue à la perfection son rôle de dernier rempart de la Chiraquie face à la justice (mais n'est ce pas le seul le seul rôle d'un ministre de la Justice lors d'une fin de règne ???), demande le report d'une éventuelle promotion du juge Renaud Van Ruymbeke. Cette attitude du ministère de la Justice serait tout à fait normale et légitime si elle ne se déroulait pas suite à de nouvelles révélations enfonçant encore un peu plus Dominique de Villepin et Jacques Chirac : Le Monde vient de publier les notes écrites entre 2003 et 2005 par le général Philippe Rondot mettant en cause explicitement les deux têtes de l'exécutif.

Face aux nuages de plus en plus menaçants qui s'accumulent au-dessus de sa tête, le premier ministre a pour sa part choisi de changer une nouvelle fois de tactique : pendant que son garde des Sceaux essaie d'éteindre l'incendie judiciaire, lui se pose en victime d'un complot de la presse. Pire, sans la moindre retenue, il se permet de donner des conseils de déontologie aux journalistes et aux patrons de presse, qu'il recevait à déjeuner, en leur demandant de d'exercer leur métier avec "le plus grand professionnalisme" ce qui "suppose bien sûr de se défier des amalgames, de se prémunir des raccourcis et des faux semblants". Un comble de la part d'un homme politique qui semble bel et bien s'être assis sur toute forme de déontologie pour essayer de piéger un concurrent dans la course à l'Élysée…

Et pendant ce temps-là, le PS se ridiculise en se lançant dans une nouvelle guéguerre de chapelles entre pro et anti élections anticipées. François Hollande a repris la main en se prononçant pour "respect des échéances" électorales et a ainsi désavoué le "groupe des cinq" qui appelait à des élections anticipées. Vu l'ambiance actuelle, l'attitude du premier secrétaire du PS semble la bonne : en cas d'élection rapide il y a fort à parier que le grand bénéficiaire en serait l'extrême-droite qui surfe sur le "tous pourris"…

07:55 Publié dans Pas si "clear" que ça, Politique story, UMP | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : Politique

Commentaires

Tout à fait d’accord avec toi ! Autant sur Dominique de Villepin que sur François Hollande…
Par contre, en ce qui concerne les notes de Philippe Rondot, je ne reprendrais qu’une phrase de Libération bourrée de sous-entendus : « Même dans les films, un agent secret n’a jamais écrit autant de notes. ».
(Je n’ai pas trouvé de lien direct vers cette affirmation, il est donc possible qu’elle soit légèrement différente de ce que j’ai dit)

Ecrit par : Bastogi | vendredi, 12 mai 2006

J'avais pas lu la phrase de Libé, mais elle est très bonne !!!
On est vraiment en pleine affaire de Pieds Nicklés :-(((

Ecrit par : Nico2312 | vendredi, 12 mai 2006

Effectivement le discours officiel de la droite semble etre devenu: la vraie faute, c'est "le monde" qui la commet en violant le secret de l'instruction. Et le pire, c'est que les journalistes n'osent pas envoyer chier les députés de base qui leur sortent ce genre de délire...

L'autre réponse type c'est "les français se désinteressent de clearstream, ce qu'ils veulent c'est l'action contre le chomage...." ils nous prennent vraiment pour des cons.

Ecrit par : romain | vendredi, 12 mai 2006

>> Romain : Je ne suis pas tout à fait d’accord avec toi.
Moi, personnellement, je me fiche de le l’affaire Clearstream… Je pense que c’est une affaire qui doit être traitée par la justice et non pas par les politiques ; et oui, je pense qu’un an avant les prochaines élections, c’est cour, mais il ne faut pas non plus négliger cette dernière année au profit de querelles : en un an, on a le temps d’en faire des choses…

Ecrit par : Bastogi | vendredi, 12 mai 2006

le problème c'est que c'est une affaire politique... ne serait-ce que par ses protagonistes...
si les méthodes du Monde sont pour le moins contestables, la défense en forme de cache-sexe de Villepin est nulle...

Ecrit par : Nico2312 | vendredi, 12 mai 2006

Ce n’est pas parce qu’il s’agit d’une affaire avec des protagonistes politiques, que c’est à un parti politique de proposer un verdict… Ce que fait l’opposition, je trouve que c’est aussi bas que l’affaire en elle-même.
Par contre, je suis d’accord que la défense de M. de Villepin est nulle… Et je ne doute vraiment pas de sa culpabilité.

Ecrit par : Bastogi | vendredi, 12 mai 2006

Ces dernieres années, dans toutes les grosses affaires politico judiciaires (qui étaient plutot des affaires de gros sous), les montagnes ont souvent accouché de souris. Pourquoi? parce que (a mon avis) quand les dirigeants veulent vraiment que la procédure échoue elle échoue.
C'est quand meme incroyable que chirac n'ait jamais réussi a etre vraiment mis en cause. Dans ces circonstances, que la presse joue son role de 4e pouvoir, ça me parait tout a fait normal. Et si pour cela il faut avoir des méthodes discutables (en clair: violation du secret de l'instruction) eh bien tant pis. Et si dans les affaires financieres les procedures n'aboutissent pas, je vous raconte pas dans les affaires barbouzardes...

Dans l'affaire du watergate, il me semble que si les journalistes avaient gardé leurs infos pour eux en laissant la justice travailler, nixon serait resté président quelques années de plus....et ça n'aurait pas été un grand progrès pour la démocratie.

Et dans l'affaire clearstream les faits sont du meme ordre, c'est a dire d'une grande gravité. Je trouve que ça mérite largement son battage médiatique.

Ecrit par : romain | vendredi, 12 mai 2006

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