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mercredi, 26 septembre 2007

François + François = la tête à Sarko

Même s'il est capable de sauver le monde des dangers environnementaux qui le guette, Nicolas Sarkozy a sans aucun doute du trembler de peur en apprenant que, profitant de son absence du territoire national, les dirigeants du PS et du MoDem se sont rencontrés. Une entrevue qui a en effet de quoi inquiéter le président de la République tant elle porte intrinsèquement en elle les germes d'une invincible armada face à la flotte UMP... enfin presque.
François Hollande et François Bayrou, puisque c'est bien d'eux dont il s'agit, souhaitent se mettre d'accord sur la réforme des institutions que le chef de l'État veut voir adopter au printemps et qu'il ne peut faire passer sans leur accord (la faute à la TVA sociale qui a plombé le second tour des législatives pour l'UMP). D'ailleurs le premier secrétaire du PS précise : "nous parlerons avec François Bayrou des institutions. Sur le contenu des politiques, c'est une autre affaire", avant d'ajouter qu'il n'était pas le moins du monde question d'aborder le sujet des municipales et d'éventuelles alliances. Bah oui quoi, un peu de dignité ne nuit à personne : la révision de la Constitution est nettement plus importante et moins triviale qu'une éventuelle victoire aux municipales. Pas de doute, ces deux là ont la grandeur de la France chevillée au corps !!!
Mais s'ils sont aisément tombés d'accord sur la nécessité d'introduire aux législatives un système de "proportionnelle correctrice" favorisant les petits partis et concernant 10% des sièges, ou la nécessité de renforcer les pouvoir s du Parlement (idée que l'on oublie vite une fois au pouvoir…), le PS et le MoDem ne sont par parvenus à se mettre d'accord sur un point capital qui à lui seul met en péril l'équilibre de la révision constitutionnelle : faut-il que le chef de l'Etat puisse venir s'exprimer devant le Parlement ??? Vu l'ampleur du fossé ainsi révélé au grand jour entre les deux formations, on comprend que Pierre Moscovici se déclare "pour un dialogue critique avec le centre pour vérifier ce qui est convergences et divergences entre nous". Pendant qu'ils dialoguent, même de façon critique, le gouvernement est tranquille pour faire ce qu'il veut…

Une chose est quoi qu'il en soit certaine : avec ses quatre députés, le MoDem se verrait bien revenir à la IVe République lors de laquelle des minuscules partis charnières faisaient et défaisaient les majorités. C'est du moins semble-t-il le rêve caché de François Bayrou qui s'y voir déjà en affirmant "nous avons la clé" du vote sur la réforme des institutions. Une phrase qui n'est pas sans rappeler son positionnement entre les deux tours de la présidentielle… avec le sujet que l'on sait.

08:30 Publié dans Politique story, PS, UDF, MoDem, NC | Lien permanent | Commentaires (15) | Envoyer cette note | Tags : politique, Sarkozy, Hollande, Bayrou, Moscovici

Commentaires

tu n'aimes toujours pas bayrou, toi... Je me demande même si tu ne préfères pas Villepin, c'est dire! ;)
plus sérieusement je ne vois pas en quoi le fait que le président vienne à l'assemblée soit un problème... Je trouve ça moins sujet à débats que la proportionnelle, par exemple.

Ecrit par : le chafouin | mercredi, 26 septembre 2007

@ chafouin
je ne me suis jamais caché du fait que je n'aime pas, et surtout que je ne crois pas à son positionnement ni droite ni gauche...
mais cela n'a rien à voir avec Villepin :-)))

d'accord avec toi au sujet du président à l'AN...

Ecrit par : Nico2312 | mercredi, 26 septembre 2007

Toujours cet éternel argument sur la IVe République ...
Faudra-t-il toujours rappeler que la IVe était une continuation, sur son mode parlementaire, de l'incroyable longévité de la IIIe (1870-1940), et que son échec est venu de la division bipolaire qui affectait alors le monde.
Aujourd'hui, le communisme a disparu, et de nouveaux clivages politiques apparaissent, plus subtils.

Surtout, François Bayrou a pris acte de la présidentialisation, et c'est dans cette idée qu'il souhaite un Parlement plus fort, avec un équilibre plus sain et des contre-pouvoirs équitables.

Pour ce qui est de la réforme sur les institutions, le MoDem n'a pas envie de faire de l'obstruction systématique mais de tempérer certaines dérives et d'apporter des idées pour un rééquilibrage des pouvoirs. Ses élus, même peu nombreux, savent qu'il est de leur responsabilité de contribuer au changement ... et d'en limiter les aspects les plus iniques.

Enfin, pour revenir de cette question du président à l'AN, je ne suis pas (pour une fois) d'accord avec Bayrou : c'est une question de principe que la séparation des pouvoirs, surtout quand il s'agit de restaurer la pratique (chère à la monarchie constitutionnelle) du "discours du trône".

Ecrit par : Ledru-Rollin 2007 | mercredi, 26 septembre 2007

@ Ledru-Rollin 2007
et puis ???
c'est pas parce qu'un système parlementaire a tenu longtemps qu'il est bon...

avec 4 députés, heureusement que Bayrou ne compte pas faire de l'obstruction systématique, cela serait ridicule et déplacé :-)))

Ecrit par : Nico2312 | mercredi, 26 septembre 2007

le premier qui me dit que la IVe république était un bon régime, je l'étrangle! sérieux, les gouvernements tenaient pas une semaine... Restons sérieux.

Ecrit par : le chafouin | mercredi, 26 septembre 2007

@ chafouin
pas moi qui te dirai le contraire...

Ecrit par : Nico2312 | mercredi, 26 septembre 2007

Donc, pour résumer :
une république qui dure ne serait pas forcément bonne, mais un gouvernement qui ne dure pas serait forcément mauvais ?
;)

Pour rester sérieux, il faut juste rappeler que ces critiques sur un improbable retour à la IVe République allaient de pair il n'y a pas si longtemps avec celles d'un gouvernement rassemblant des hommes de droite, de gauche, du centre ...
Aujourd'hui, les solutions attendues par les Français ne peuvent venir ni d'un seul homme (et de son cercle rapproché), ni d'un seul parti (et de ses ralliés de la dernière heure), mais d'un large débat équitable et multipartisan.
Voilà tout.

Ecrit par : Ledru-Rollin 2007 | mercredi, 26 septembre 2007

Ce n'ets pas la question de la durée du gouvernement. C'est que quand le système électoral est fait de telle sorte que la majorit"é peut sans cesse changer de camp, on appelle ça l'instablité gouvernementale. Ce qui est très mauvais pour la gestion d'un pays. On l'a vu en 1939 et puis aussi au moment de la guerre d'Indochine, d'Algérie...

Ecrit par : le chafouin | mercredi, 26 septembre 2007

Mouais, la cinquième est très bien je trouve. C'est marrant comme en France quand ça ne va pas on cherche à changer le texte plutôt que les personnes. Je me demande s'il ne faudrait pas permettre au Conseil Constitutionnel d'étendre un peu son pouvoir, je ne sais pas vraiment comment, mais de façon à ce qu'avant de parler de changement de ceci ou de cela on n'oublie de respecter la lettre.

Ecrit par : potagepekinois | mercredi, 26 septembre 2007

@ poatagepekinois
assez d'accord avec toi : malgré tout ses défauts la 5e n'est pas si mal que cela... sans compter que c'est presque un miracle qu'elle se tient encore avec toutes les modifs que la Constitution subie régulièrement depuis 15 ans...

Ecrit par : Nico2312 | mercredi, 26 septembre 2007

Tiens d'ailleurs je me demande bien comment nos dirigeants politiques pourraient tomber d'accord sur une constitution s'il fallait en changer.

Ecrit par : potagepekinois | mercredi, 26 septembre 2007

@ potagepekinois
déjà que sur une "simple" modif c'est pas gagner, alors sur un texte entier...

Ecrit par : Nico2312 | mercredi, 26 septembre 2007

À mon avis plutôt que de blablater sur le sexe des anges il y a au moins deux choses pour lesquelles il faudrait que l'opposition se batte impérativement : la non-présidentialisation (on voit où mène la "présidentialisation" avec N.S., on a aussi l'exemple de Bush etc.) Et une dose suffisante de proportionnelle.

En sera-t-elle capable ?

Ecrit par : Françoise | mercredi, 26 septembre 2007

Tu simplifies enormement le discours du Mouvement Démocrate !
François Bayrou ne recherche pas de proportionnelle intégrale a l'assemblée mais une dose raisonnable qui permet au gouyvernement de gouverner et aux differentes formations politiques qui comptent de s'exprimer !
C'est tout sauf de l'immobilisme !


De surcroit le discours démocrate n'est pas un ni droite ni gauche : il est libéral, social et écologique !
Tres simple a définir finalement !

Ecrit par : Thibault | vendredi, 28 septembre 2007

@ Thibault
t'as raison super simple à définir "libéral, social et écologique" : c'est coupler 3 concepts qui n'ont rien a voir entre eux pour faire ramasse miettes :-(((

Ecrit par : Nico2312 | vendredi, 28 septembre 2007

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