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vendredi, 14 mars 2008
Fillon anticipe la défaite
Comme semble loin déjà le temps des fanfaronneries de Patrick Devedjian le 9 mars au soir sur les plateaux télés. Désormais la défaite semble admise par l'UMP, avant même le deuxième tour des municipales, au point que François Fillon se cherche déjà des excuses et s'accroche à ses réformes.
Le Premier ministre reconnaît enfin (mieux vaut tard que jamais…) "une forme de déception, ou en tous cas une démobilisation d'une partie de l'électorat de la majorité", avant d'ajouter : "j'ai trouvé certains de nos électeurs parfois un peu silencieux. Ce n'est jamais bon signe". Si ce n'est pas une façon de préparer ses troupes à la défaite, ça y ressemble… Mieux, le chef de gouvernement sensé incarner la rupture, se réfère au passé pour justifier la piètre performance des candidats UMP : "ce qu'on sait, c'est qu'en France d'abord, depuis très longtemps, et dans tous les pays européens, après une élection nationale, quand vient une élection locale, elle est toujours difficile pour le pouvoir".
François Fillon justifie ensuite ce mauvais résultat et cette déception de l'électorat de droite par les réformes sarkoziennes… plus lentes que prévu à produire des résultats pourtant annoncés immédiats durant la campagne présidentielle : "parce que le pouvoir a engagé des réformes qui n'ont pas forcément encore donné des résultats, a pris des engagements qui ne sont pas encore forcément tenus parce qu'il faut du temps pour les tenir. Il y a donc forcément une sorte de déception, en tout cas une démobilisation d'une partie de l'électorat de la majorité qui pour telle ou telle raison estime qu'on n'est pas allés assez vite, ou qu'on n'est pas allés assez loin, ou qui est en désaccord avec telle décision qui a été prise". Bref, le Premier ministre reconnaît que le vote aux municipales a bien une composante nationale… contrairement à l'argumentaire UMP, y compris le 9 mars au soir.
En conséquence, François Fillon écarte tout remaniement et promet une accélération des réformes : "la leçon que je tire, c'est qu'il faut accélérer le rythme des réformes, montrer que tous les engagements qui ont été pris vont être tenus". Oui, mais dans le même temps, l'Elysée laisse filtrer que des ajustements au niveau de la composition du gouvernement "auront sûrement lieu avant le prochain conseil des ministres", et le très sarkoziste Roger Karoutchi assure que "quel que soit le résultat des municipales, il faut les faire, car c'est un plus pour les Français. Il y aura forcément de la part du président de la République, une écoute de ce qui se sera passé et qui se retrouvera forcément dans les débats et les textes", évoquant des "inflexions qu'il peut donner sur les textes de réformes qui viendront".
A prendre autant le contre-pied de Nicolas Sarkozy et d'être plus haut que lui dans les sondages, François Fillon ferrait bien de se méfier : un Premier ministre ça sert souvent de fusible…

08:30 Publié dans Municipales, même pas mal, Putain 5 ans... voire 10, UMP | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : politique, municipales 2008, Sarkozy, Fillon, Karoutchi, Devedjian
Commentaires
Salut la compagnie !
Il y en a marre de tous ces politiques qui nous disent à tout bout de champ "les Français veulent ceci, les Français nous disent ceci...." comme si l'ensemble de la population de ce pays pensait ou parlait comme une seule personne.
Alors quand on entend l'autre tête de Fillon nous dire que les Français ne sont pas satisfaits parce que les résultats des réformes ne se font pas sentir tout de suite ça file des sacrées envies d'ouvrir la boite à bourre pifs. Non monsieur le premier sinistre vous n'avez pas été élu vous et votre bande parce que les Français croyaient en votre programme mais parce qu'ils se sont laissés bercer d'illusions par le doux chant de promesses électorales interprété avec brio par le candidat de l'UMP. La preuve en est le rebond de la gauche entre les deux tours des législatives est plus du à la révélation de l'instauration de la TVA sociale qu'à l'attrait des programmes de la gauche. Alors s'il vous plait monsieur Fillon et cons sorts arrétez vos réformes qui conduisent inoxérablement le pays des Français (dont un certain nombre vous disent m.... au passage) à la ruine sociale et peut être économique.
A la revoyure
Tenir et Résister
Ecrit par : le cri du peuple | vendredi, 14 mars 2008
"...estime qu'on n'est pas allés assez vite, ou qu'on n'est pas allés assez loin..."
Il est con ou il le fait exprès ?
Ou alors c'est une devise Shadock du style "moins ça marche plus ça a de chance de marcher"...
Ecrit par : jide | vendredi, 14 mars 2008
@ jide
Filon en Shadock j'adore :-)))
Ecrit par : Nico2312 | vendredi, 14 mars 2008
La novlangue gouvernementale tourne en boucle ...
Bien sûr que les français veulent des réformes, ils ne sont pas stupides les français, ils veulent un quotidien et un monde meilleurs.
Mais toute la question est de savoir "quelles réformes ?" Celles qui passent dans l'urgence à l'assemblée, qui se décident sans concertation entre 10 mn entre conseillers ... ou sous la pression de TF1 ?
Marre de l'amateurisme, des effets d'annonce qui masquent la dangorisité sociale des leurs "réformes".
Ecrit par : Alice | dimanche, 16 mars 2008







