mardi, 22 avril 2008
Le gloubiboulga de bons sentiments du PS
Bonne nouvelle : il existe encore une activité cérébrale au PS.
Mauvaise nouvelle : en bout de chaîne, Solferino ne produit plus que des lieux communs.
Pourtant (40e anniversaire de Mai 68
oblige ???), c’est à Henri Weber, qui est tout sauf un handicapé de l’intellect, qu’a été confié le soin de présenter la nouvelle "carte d’identité" idéologique du PS. Bonne idée de, pour reprendre la formule d’Alain Bergounioux, "définir ce qu'est le socialisme pour nous au moment où le PS entame une nouvelle période de sa vie". Il précise cependant de suite : "ni projet politique, ni programme, ce sont des idées fortes qui dessinent un cadre commun de pensée". Et c’est bien là que le bat blesse tant ce cadre commun est un condensé fourre-tout de bons sentiments dans lequel il est difficile de ne pas se reconnaître.
Ainsi dès l’article 1 on apprend qu’"être socialiste, ce n'est pas se satisfaire du monde tel qu'il est" et que "le but de l'action socialiste est l'émancipation complète de la personne humaine et la sauvegarde de la planète". Superbe tarte à la crème mâtinée de guimauve… L’article 5 nous apprend ensuite que pour les socialistes, la démocratie est "une fin et un moyen". En matière économique, Henri Weber explique : "nous sommes pour l'économie de marché, mais pas n'importe laquelle. Elle doit être régulée à la fois par la puissance publique, par les partenaires sociaux et les grandes associations". Et de conclure par un grandiose : "nous sommes d'abord pour une société du bien-vivre"…
Qui peut aujourd’hui honnêtement se dire contre l’émancipation des individus, contre la sauvegarde de la planète, contre la démocratie, contre une régulation de l’économie de marché et contre la "société du bien-vivre" ??? Pas grand monde… avec une telle plate-forme confite dans les bons sentiments, le PS peut en effet espérer "rassembler toutes les cultures de la gauche, ouvrir l'espace de la gauche réformiste qui irait des altermondialistes, aux chrétiens sociaux et aux républicains de progrès".
Mais l’exemple italien tend tout de même à montrer qu’un tel attelage est incontrôlable… au point de remettre en selle, et au pouvoir, Silvio Berlusconi avec une majorité écrasante.

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mercredi, 23 janvier 2008
La France remplit son quota de ridicule
C’est un peu l’illustration de l’effet papillon : quand Nicolas Sarkozy joue les populistes démagos devant les pêcheurs de Boulogne-sur-Mer en attaquant bille en tête les quotas de pêche (que la France a accepté il y à peine un mois), son ministre de l’Agriculture et de la Pêche se fait souffler dans les bronches à Bruxelles.
C’est peu de dire que Michel Barnier, ancien commissaire européen de son état, paie "cash", comme dirait sa collègue Fadela Amara, la dernière rodomontade anti-bruxelloise du chef l’Etat. Alors que Nicolas Sarkozy lançait, en dépit du bon sens et du droit européen : "la France va présider l'Union Européenne du 1er juillet au 31 décembre, c'est une opportunité pour sortir de l'affaire des quotas pour apporter une réponse beaucoup plus souple", le ministre allemand de l’Agriculture, Horst Seehofer, a cru bon de repréciser qu’"à terme, ne pas avoir de quotas ne sert pas les pêcheurs si, dans le même temps, ils n'ont plus de poissons", tandis que le commissaire européen en charge de la Pêche, Joe Borg, rappelle que "les quotas sont un élément essentiel de la politique commune de la pêche". Quant au ministre Slovène de la Pêche, dont le pays préside actuellement l’Union européenne, il explique que "l’objectif de l’UE est d'avoir une activité de pêche durable et les quotas sont l'un des instruments dont nous avons besoin".
Pour sa défense Michel Barnier s’est senti obligé d’affirmer que contrairement aux apparences la France a "surtout le souci de respecter cette présidence, qui est très active, que nous devons accompagner, qui doit réussir. Personne ne doit s'inquiéter que la France soit de retour, avec son tempérament, et le dynamisme de son nouveau président. C'est le contraire qui serait préoccupant". Une précision loin d’être superflue à défaut d’être sincère… Après quoi, au prix d'un grand écart digne d'une gymnaste de l'ex-bloc de l'Est, il a ni plus ni moins désavoué le président de la République en assurant que: "la France n'entend pas préconiser un abandon de ce système. Elle souhaite toutefois engager une réflexion pour sortir des difficultés actuelles de gestion des quotas et améliorer ce système en corrigeant certaines de ses faiblesses".
Pas de doute, comme le disait Nicolas Sarkozy le soir de son élection, "la France est de retour en Europe". Il avait simplement oublié de préciser que ce retour serait prétentieux, déplacé (un peu à son image) et qu’il continuerait de couvrir le pays de ridicule…

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mardi, 23 octobre 2007
500th post, thank you The New York Times
Non, le bistrot ne fait pas (encore ???) la Une du New York Times, même pour fêter son 500e post. En revanche, Nicolas Sarkozy, a le droit à un édito (dont rien que le titre, Pseudoscientific Bigotry in France, est un chef d’œuvre) au sujet de son attitude face à l’amendement Mariani sur les tests ADN.
Bien entendu on peut légitiment regretter que le NYT tombe un peu facilement dans le parallèle avec le régime nazi et l’occupation en rappelant que "les premières notions de pseudo-science du sang ont été introduites dans le droit français sous l'Occupation, par les Nazis et leurs collaborateurs de Vichy, avec les conséquences tragiques que l'on connaît". De même, on ne saurait trop conseiller à l’éditorialiste d’être aussi virulent envers son propre gouvernement loin d’être irréprochable en matière de lutte contre l’immigration clandestine (projeter de construire un mur tout le long de la frontière avec le Mexique ça se défend pas mal commue idée bête et méchante…).
Mais force est de constater que le NYT fait une analyse politique bien meilleure que l’ensemble de ses homologues français en rappelant que Nicolas Sarkozy, dont il précise que paradoxalement bien qu’il soit fils d’immigré, il ne manque pas une occasion de critiquer les immigrés les plus récents venus d’Afrique du Nord, "aurait pu à n'importe quel moment intervenir pour empêcher ce projet de loi, et en a encore la possibilité, mais ne l'a jamais fait". Et de conclure par un cinglant, mais ô combien vrai : "Nicolas Sarkozy veut être considéré comme un homme d'Etat. Qu'il agisse en tant que tel".
L’american dream et l’atlantisme forcenés du chef de l’Etat risquent d’en prendre un sacré coup…
(L’intégralité de l’édito en VO
L'édito traduit en français)

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mercredi, 10 octobre 2007
Le secret de Brokeback Moscou
Après avoir mangé des hamburgers lors d'un barbecue avec George W Bush, Nicolas Sarkozy s'apprête à faire du sport avec Vladimir Poutine. Pas de doute "la France est de retour" sur la scène internationale…
Avant de se rendre en Russie, le président français n'hésitait pas à fustiger la "brutalité" de Moscou avec son recours à l'arme énergétique contre ses voisins ou à lui rappeler ses "devoirs" dans le domaine de la démocratie. Une fois arrivé sur place, il aura suffit d'un regard, d'une parole, d'un geste, pour que le discours du chef de l'État évolue radicalement, puisque face à son homologue russe qui le gratifie d'un "la France a été, reste et, j'espère, restera un de nos partenaires privilégiés en Europe et dans le monde", il déclare : "la France comprend la volonté de la Russie de revenir sur le plan international à la place qui lui revient. Je veux vous comprendre et j'espère que vous accepterez aussi les convictions qui sont les nôtres. La France veut être une amie de la Russie, la France regarde avec beaucoup d'intérêt les efforts que fait la Russie pour se développer. La France veut écouter et veut comprendre. Nous avons besoin pour la paix dans le monde de travailler ensemble". En réponse Vladimir Poutine lui offre un poème
russe : "on ne comprend pas la Russie avec la raison, on ne la mesure pas avec les mesures communes; elle a sa nature bien particulière, à elle; on ne peut qu'en avoir la foi".
C'est toujours attendrissant d'assister à la naissance d'un amour, surtout lorsque la scène nous apprend que "la France" porte des talonnettes et a été maire de Neuilly et que "la Russie" est un ex colonel du KGB…
Preuve que ce coup de foudre express n'a échappé à personne, l'AFP et AP semblent avoir plagié la collection Arlequin pour décrire la suite de la scène qui se passe de commentaires :
"Nous sommes convenus de faire du sport ensemble", dit Vladimir Poutine.
"J'ai peur. Tu cours tous les jours ?", enchaîne le président français.
"Non je nage", répond le président russe.
"Tu nages tous les jours ?", demande ensuite Nicolas Sarkozy.
"J'ai même une piscine", répond Vladimir Poutine. "Je vais te montrer la résidence, je vais tout te montrer. Ça ne t'embête
pas ?"
Vladimir Poutine entraîne alors Nicolas Sarkozy sur le perron de la datcha. Ils admirent un instant la façade néo-classique jaune pâle et blanc, dans la lumière des projecteurs de la télévision, en attendant un 4X4 Mercedes noir. Vladimir Poutine prend le volant et invite Nicolas Sarkozy à s'asseoir à ses côtés. Le président russe démarre en trombe, tous feux éteints, les journalistes et le reste de la délégation les regardant disparaître dans le bois de bouleaux environnant la datcha, située à une heure de voiture à l'ouest de Moscou.

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vendredi, 17 août 2007
Quand Sarko essaie de faire la leçon à Merkel
image : timeo
Si à en croire les sondages Nicolas Sarkozy n’a pas encore lassé les Français avec sa boulimie médiatique et sa volonté permanente de tirer la couverture à lui quelle que soit la situation, il commence à sérieusement irriter certains de ses partenaires. C’est notamment le cas de l’Allemagne, déjà passablement irritée par son intervention aussi déplacée que mensongère devant les ministres des Finances de l’Eurogroupe, puis par ses gesticulations lors du dernier sommet européen, pendant qu’en coulisses Allemands et Anglais négociaient pied à pied avec les Polonais et enfin par son immonde tentative de récupération (familiale) de la libération des infirmière bulgares.
Comme si cela ne suffisait pas, le président français profite de la crise du "subprime" pour en remettre une louche en faisant preuve à la fois d’une prétention sans limite et d’une condescendance ahurissante. Nicolas Sarkozy ne pouvait tout de même pas laisser passer une crise financière sans y ajouter son grain de sel. C’est chose faite grâce à une lettre envoyée de Wolfeboro à la chancelière allemande en sa qualité de présidente du G7 (et que l’Elysée a eu la délicate intention de diffuser auprès des agences de presse) pour lui expliquer, ni plus ni moins, comment éviter qu’une telle crise se reproduise. Il lui propose donc des "axes de progrès" destinés à "faire progresser encore la connaissance que nous avons du fonctionnement des marchés internationaux et la vigilance collective que leur développement et leur importance justifient". Cependant, il n’y pas de quoi s’inquiéter plus que cela de la situation actuelle, puisque Nicolas Sarkozy l’assure, sans doute après consultation d’Eric Woerth et de Thierry Breton, "ces mouvements de marché ne sauraient affecter durablement la croissance de nos économies, qui est robuste". D’autant plus que Christine Lagarde vient d’abréger ses vacances pour mettre fin à cette crise… Peut-être serait-il temps de prévenir les places boursières que tout va bien, parce que visiblement elles ne sont pas au courant…
Pas sûr qu’Angela Merkel ait apprécié à sa juste valeur cette missive à en croire la porte-parole de la chancellerie allemande : "le sujet n'est pas nouveau, la lettre reprend des propositions largement discutées lors du dernier sommet du G8 à Heiligendamm. La chancelière a clairement exprimé son engagement pour davantage de transparence sur les marchés financiers internationaux". Tel Monsieur Jourdain, Angela Merkel ferait-elle du Sarkozy sans le savoir en matière d’économie ??? Dans ce cas, elle n’a plus qu’à prendre un cours de relooking (sponsorisé par Prada ???) avec Cécilia Sarkozy et elle sera peut-être au niveau pour envisager un dîner avec Doc Gynéco ou Johnny Hallyday…
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mardi, 24 juillet 2007
Jusqu'à la nausée
Les cinq infirmières et le médecin bulgares sont enfin libres !!!
La fin de ce cauchemar de huit années est malheureusement gâchée par l'immonde tentative de récupération orchestrée par le couple Sarkozy. Tel les beaufs qui s'agglutinent derrière les reporters dès qu'apparaît une caméra de télé, lorsqu'il qu'il aperçoit des lumières médiatiques le président de la République s'efforce de squatter les flashs pour être sur la photo. Qu'il monopolise l'attention des médias en France en étant partout et nulle part à la fois, certes cela est pathétique, mais presque légitime puisqu'il a été élu largement. Mais quand le manque de décence et l'avidité de reconnaissance internationale le poussent à essayer de réécrire l'histoire pour s'arroger la place du sauveur dans un drame humain tel que celui qu'on vécus les six soignants bulgares, on ne peut qu'être pris d'une violente envie de vomir en réalisant que le président de la République n'est qu'un enfant gâté qui méprise le travail de l'ombre effectué par d'autres depuis des années. Parce que mettre un avion à disposition des Bulgarie pour rapatrier les six ex-prisonniers (otages ???) aurait pu être un beau geste gratuit et normal de la France envers un autre État-membre de l'Union européenne, si ce n'était la présence de Cécilia Sarkozy et Claude Guéant dans le dit avion. Que vient faire la femme du président de la République dans cette affaire ??? Quelles sont sa légitimité et la plus value de son action (mis à part démontrer que l'on peut porter du Parda en Libye) ??? Là on touche le fond de la peopolisation politique, ce qui est d'autant plus intolérable des vies humaines étaient en jeu. Oui, mais que représentent six vies bulgares brisées par la torture et la détention (et 400 enfants morts du sida) à côté de quelques minutes de gloire pour les Sarkozy (même si certaines voix, notamment venant des instances européennes, s'élèvent déjà pour condamner cet immonde hold-up) ???
Pire, ne reculant devant aucune bassesse, l'Elysée se fend d'un communiqué de remerciements hagiographiques au colonel Kadhafi pour saluer "le geste d'humanité de la Libye et de son plus haut dirigeant et s'engagent à tout faire pour aider les enfants atteints du sida". Pas sûr que les infirmières bulgares aient la même appréciation de l'humanisme des geôles libyennes que David Martinon lorsqu'il rédige ses communiqués les bonbons bien au chaud dans son délicieux bureau !!! Il est vraiment des fois où la politique donne envie de dégueuler...
Quel sera le prochain coup d'éclat de la famille Sarkozy sur le front de la libération d'otages ??? Un parachutage de Cécila dans la jungle colombienne au lendemain du jour où l'armée aura sécurisé le périmètre et libérée Ingrid Betancourt (toujours retenue par la Farc qui n'ont pas parus émus par les fanfaronnades élyséennes) ???
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mercredi, 18 juillet 2007
Enfin !!!
Nicolas Sarkozy continue de faire preuve d'une suractivité délirante en rencontrant le matin les représentants des partis politiques au sujet de la réforme des institutions (ce qui permet à François Hollande de se prendre à rêver à un pouvoir politique revenu au PS qui aura la possibilité "de voter ou de ne pas voter cette réforme, de la permettre ou de l'empêcher"), avant de suivre l'après-midi une étape de montagne du Tour de France. Mais heureusement, ce n'est pas lui, loin s'en faut, l'attraction du jour.
En effet, loin des gesticulations médiatiques du chef de l'État français, la Terre continue de tourner et surtout les cinq infirmières bulgares accusées depuis huit ans d'avoir délibérément inoculé le virus du sida à des enfants libyens, ont échappé à la peine de mort, la sentence ayant été commuée mardi en peine de prison à vie par la plus haute instance judiciaire de Libye. Bien sûr, on peut regretter que pour en arriver là, l'Europe et la Bulgarie aient eu à traiter avec la dictature du colonel Kadhafi, qui aurait obtenu une remise de dette de 400 millions de dollars, et que les accusées aient du en outre s'engager par écrit à ne pas poursuivre l'État pour leurs années passées dans les geôles libyennes (ainsi que pour les sévices subis), mais l'on ne peut que se réjouir du retour prochain à Sofia de Kristiana Valtcheva, Nassia Nenova, Valia Tcherveniachka, Valentina Siropoulo et Snejana Dimitrova, ainsi que le médecin Achraf Joumaa Hajouj (le médecin plestinien qui a obtenu la nationalité bulgare en juin) !!!
Et pourtant ce n'est pas faute de la part de Nicolas Sarkozy d'avoir honteusement essayé de récupérer cette sinistre affaire en envoyant sa femme sur place le week-end dernier pour tenter de faire de croire au dernier moment que c'est grâce à son action qu'un quelconque résultat a pu être obtenu. Un geste aussi déplacé que méprisable qui n'a pas manqué d'énerver les diplomates européens qui depuis des années se battent dans l'ombre pour sauver la vie des cinq infirmières bulgares !!!
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mardi, 15 mai 2007
Si même en Allemagne...
Nicolas Sarkozy envisagerait plus que sérieusement de prendre des personnalités de gauche dans son gouvernement. Outre les cas psychiatriques que sont Claude Allègre ou Eric Besson, les noms d’Hubert Védrine, d’Anne Lauvergeon ou de Bernard Kouchner circulent avec insistance.
François Bayrou fonde toute sa stratégie sur l’abolition du clivage gauche-droite au point d’avoir pendant la campagne présidentielle assuré vouloir réunir dans un gouvernement les meilleurs de droite comme de gauche (une idée qui tentait bien entendu Bernard Kouchner), puis d’avoir transformé l’UDF en Modem pour en dédroitiser l’image.
François Hollande propose désormais "des assises pour refonder un grand parti de la gauche", plus précisément un "grand Parti socialiste qui couvre tout l'espace qui va de la gauche, sans aller jusqu'à l'extrême gauche, jusqu'au centre-gauche ou au centre".
Bref l’idée qu’il serait bon que tous les politiques de France se donnent la main pour gouverner au centre fait son chemin. D’aucuns n’hésitant pas à louer l’exemple de la coalition allemande entre la CDU et le SPD. Une nouvelle fois, la classe politique française est obnubilée et subjuguée par son homologue d’outre-Rhin dont elle loue en vrac depuis des décennies, la modernité dans les relations avec les partenaires sociaux, la capacité à créer de la croissance, les résultats en matière de commerce extérieur, la mise en avant du système scolaire par alternance, etc…
Or, les derniers résultats électoraux venus d’Allemagne démontrent que s’asseoir sur les différences entre la droite et la gauche et faire croire qu’elles peuvent gouverner ensemble, loin de les renforcer, leur faire prendre l’eau électoralement. L’élection régionale la Ville-Etat de Brême montre ainsi une baisse de 4,3 points de la CDU et de 5,5 points du SPD. Le tout au profit des partis ayant refuser de se joindre à la coalition, au premier rang desquels les Verts et le Parti de gauche issu d’une scission de l’aile gauche du SPD.
Si même en Allemagne, pourtant habituée aux coalitions (au point que pour garder la ville le SPD envisage désormais une alliance avec… les Verts), les résultats sont si mauvais après 18 mois de pouvoir conjoint, on ose imaginer le résultat que cela pourrait donner en France. D’autant plus qu’à défaut de Verts et de gauche de la gauche structurés (sans compter que les derniers cités ne semblent pas près à assumer le pouvoir), l’extrême droite apparaîtrait vite comme la seule opposition, avec des conséquences inquiétantes.
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vendredi, 23 février 2007
La vérité ne sort pas toujours de la bouche des Anglais
Serait-ce l’effet de la conduite à gauche ??? En tout cas, nos amis Anglais ont une vision étonnante de l’échiquier politique français. En effet, le Times, qui pourtant semble connaître les subtilités de la politique hexagonale au point d’ironiser dans le titre d’un article sur les éléphants du PS, qualifie néanmoins Nicolas Sarkozy de candidat de "centre-droit"… A ce rythme là Ségolène Royal fait figure de gauchiste révolutionnaire :
"Ségolène Royal a intégré des poids lourds dans son équipe de campagne hier, cherchant à contrer les critiques qui accusaient la candidate d'amateurisme.
Mme Royal, 53 ans, a annoncé la nomination de Laurent Fabius et Dominique Strauss-Kahn, les deux rivaux qu'elle a battu lors de la primaire socialiste, dans "un conseil stratégique" chargée de l'épauler.
Bien que les deux hommes aient dédaigné Mme Royal quand elle a annoncé sa candidature et l'ont boudée depuis qu'elle a été choisie, ils sont considérés comme des forces de frappe capables d'infliger des dégâts au candidat de centre-droit, Nicolas Sarkozy"
(l’intégralité de l’article en VO)
17:15 Publié dans Breaking news , Chez nos voisins | Lien permanent | Commentaires (10) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, présidentielle 2007, Royal, Sarkozy, DSK, Fabius
mardi, 20 février 2007
La vérité sort de la bouche des Anglais (2)
Décidément Nicolas Sarkozy n’a pas de chance avec les journalistes de la perfide Albion. Et pourtant ce n’est pas faute de se répandre sur le bien qu’il pense de la politique menée par Tony Blair (dont le parti est en train de boire la tasse dans les sondages…). En effet, après le Financial Times, qui l’enjoignait hier de démissionner de la place Beauvau par respect pour la démocratie, c’est aujourd’hui le tour de The Independent de tresser des louanges à Ségolène Royal suite à sa prestation sur TF1 hier soir :
"La candidate socialiste à la présidentielle, Ségolène Royal, a su d'une certaine façon dissiper les doutes sur sa campagne, grâce à une intervention combative et fluide en prime-time à la télévision. […] Elle a réalisé une prestation confiante, particulièrement sur les questions de l'éducation, de la famille, de la santé et de la sécurité sociale. Lorsqu'un homme de 60 ans en fauteuil roulant s'effondra en larmes, Madame Royal s'est approchée de lui, lui prenant la main et lui touchant le dos. Cet incident est un cadeau pour quelqu'un qui à l'occasion se pose en mère de la nation"
(l’intégralité de l’article en VO)
15:25 Publié dans Breaking news , Chez nos voisins | Lien permanent | Commentaires (15) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, présidentielle 2007, Royal, Sarkozy, Tony Blair
lundi, 19 février 2007
La vérité sort de la bouche des Anglais
"Nicolas Sarkozy a saisi l'élection présidentielle française au collet […] construisant une avance respectable dans les sondages. Quel dommage, cependant, que l'élection ne soit pas équitable, ou du moins pas acceptée par tous comme telle. L'équipe de Ségolène Royal se plaint qu'au coeur de la campagne de M. Sarkozy se trouve un conflit d'intérêts. De tels arguments pourraient être balayés comme la complainte d'hommes politiques défaillants, mais ils se trouvent être vrais. L'impression d'un conflit d'intérêts à plusieurs facettes est difficile à éviter […] Nicolas Sarkozy a fait de la rupture son slogan de campagne mais il insiste pour rester le .numéro deux du gouvernement. Faire campagne contre une administration dans laquelle on a servi frise l'absurdité […] Pour le bien de son pays, et de lui-même, il devrait se concentrer sur sa candidature et quitter son poste de suite".
Quel quotidien,estampillé à droite de surcroît, oserait écrire cela en France aujourd’hui ??? Probablement aucun. Pour lire un article aussi vrai et aussi plein de bon sens il faut passer la Manche et acheter… le Financial Times, dont on ne peut pourtant pas dire qu’il s’agisse une publication gauchisante…
(l’intégralité de l’article en VO)
15:28 Publié dans Breaking news , Chez nos voisins | Lien permanent | Commentaires (17) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, présidentielle 2007, Sarkozy, Royal
mercredi, 05 juillet 2006
Le vent du nord
Ah le modèle social nordique !!! Quel superbe fantasme vu de France que ces petits pays (par la taille et le nombre d’habitants) qui parviennent à juguler le chômage grâce à la pierre philosophale de la flexicurité. La gauche comme la droite rêvent de les imiter, pour des raisons différentes, en oubliant que le seul élément sur lequel la France et le Danemark ou la Suède se rejoignent aujourd’hui est une montée inquiétante de la xénophobie et du nationalisme.
Ségolène Royal a ainsi choisi de visiter la Suède prendre exemple sur le génie social des Vikings, puisque comme elle l’affirme péremptoirement : "nous avons à apprendre des Suédois la modernité du dialogue social, une méthode qui permet d'éviter des conflits durs, avec des patrons qui n'ont pas peur des syndicats". Cela lui permet une nouvelle fois de décliner l’une de ses idées les plus à gauche (étonnamment toujours oubliée par ses détracteurs) : "renforcer l'utilité de l'adhésion syndicale", en s’inspirant des Suédois chez qui "l'adhésion à un syndicat est une démarche quasi automatique, ce qui permet une meilleure concertation avec le patronat et de prévenir les conflits sociaux". Bonne ou pas, démagogique ou pas, réaliste ou pas, cette idée fixe de la président du conseil régional de Poitou-Charentes a au moins l’intérêt d’être novatrice et d’ouvrir un vrai débat…
Mais attention, à force de fantasmer sur le modèle social nordique ou de ne vouloir en voir que les aspects les plus plaisant idéologiquement par rapport à leurs propres idées, les politiques français dérapent parfois. C’est le cas de Dominique de Villepin, que l’ancien Premier ministre Danois, le socialiste Poul Nyrup Rasmussen (par ailleurs président du parti socialiste européen), a rappelé à l’ordre en fustigeant son attitude lors d’un séminaire du parti social-démocrate suédois : "Dominique de Villepin dit : J'aime le Danemark, mais seulement la moitié, donc je prends la flexibilité, et oubliez tout ce qui concerne la sécurité. En ce qui nous concerne, nous prenons les deux", la flexibilité et la sécurité dans le travail, avant de poursuivre : "il n'y a pas de contradiction entre croissance, compétitivité et politique sociale". Il a ensuite pris soin de caresser Ségolène Royal présente dans la salle (comme le hasard fait bien les choses…) dans le sens du poil : "flexicurité, je n'aime pas ce mot. Je préfère celui de Ségolène Royal, le mot agilité".
Un nouveau soutien venu du froid qui ne va arranger l’image de la candidate à la candidature au sein du PS. Pensez donc, être adoubée par un social-démocrate, chantre de la fléxicurité et pro européen de surcroît… c’est à croire qu’elle en fait exprès.
07:30 Publié dans Chez nos voisins , Présidentielle Academy , PS , UMP | Lien permanent | Commentaires (12) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Politique, présidentielle 2007, Royal, Villepin, syndicats, PS, UMP
mardi, 11 avril 2006
Allemagne 1 Italie 0
Il n'y a pas que la politique française dans la vie. Un rapide coup d'œil au-delà nos frontières suffit à s'en convaincre. Pour autant, nos voisins européens ne sont ni vraiment pires ni vraiment meilleurs que nous, mais simplement différents avec des exemples à rejeter et d'autres dont nous serions bien avisés de nous inspirer.
Après une campagne électorale digne des plus mauvaises séries Z que diffusent à la pelle les chaînes de Silvio Berlusconi (souvenez-vous de La 5…), marquée par de nombreux dérapages, insultes et provocations de la part du Cavaliere, la coalition de gauche a fini par remporter les élections. Après un suspense qui aura duré près de 12 heures après la clôture des bureaux de vote, Romano Prodi devrait donc pouvoir former le gouvernement en dépit du refus de Silvio Berlusconi de reconnaître sa défaite au point de demander un recompte des voix (pas fou, tel son ami George W Bush, sans doute espère-t-il encore pouvoir gagner avec un nombre de voix inférieur à son adversaire).
La démocratie italienne ne sort pas grandie de cette mauvaise comedia del arte. Bien sûr, une part du trouble de ces dernières heures provient du score très serré des deux coalitions (25 000 voix d'écart sur 38 millions), mais le principal responsable de cette triste situation est bel et bien Silvio Berlusconi qui a fait voter, en décembre dernier, une réforme du mode de scrutin complexe et aberrante dans le seul but de se maintenir au pouvoir ou du moins de limiter sa défaite…
Pour se remonter le moral, il faut se tourner vers l'Allemagne, où Matthias Platzeck, élu président du SPD depuis seulement 5 mois, vient de démissionner pour des raisons de santé, après avoir été hospitalisé le 29 mars pour des troubles auditifs. Ce n'est pas en France qu'un tel geste se produirait : la santé de nos dirigeants est tabou (souvenons-nous des fin de mandats de Georges Pompidou et de François Mitterrand ou de l'état pitoyable dans lequel semble être Jacques Chirac) et aucun leader de parti de laisserait sa place pour une "simple" raison de santé. C'est sans doute là l'une des principales raisons pour lesquelles notre classe politique et si vieillissante et se renouvelle si peu…
22:00 Publié dans Chez nos voisins | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
dimanche, 09 avril 2006
Et si le bon exemple venait d'Italie
C'est lundi que la décision prise conjointement par Dominique de Villepin et Jacques Chirac sur l'avenir du CPE sera rendu publique. Savoir que ces deux cerveaux malades (c'est en tout cas ce qu'ils ont largement démontré depuis plus de deux mois que durent cette crise) reprennent la main après laissé les parlementaires UMP consulter les partenaires sociaux, ne peut que faire peur, d'autant que d'après Le Monde, le premier ministre, pris d'une soudaine bouffée de rigidité, refuserait tout compromis.
Pour ce détendre un peu (quoi que…), on pourrait se gausser des dernières déclarations de José Bové qui menace de reprendre ce qu'il appelle des fauchages d'OMG (qui ne sont en réalité que des saccages de cultures, tout comme ce qu'il appelait un démontage de Mc Do était une destruction de bien appartenant à autrui…). Par sûr cette fois-ci qu'il obtienne soutien de Noël Mamère. En effet, ce dernier s'est tout de même fait saisir par huissier 68 000 euros sur ses comptes bancaires suite à une procédure pour engagée pour fauchage volontaire Et oui Noël, les convictions parfois ça coûte cher…
Heureusement qu'il nous reste nos voisins transalpins pour pouvoir se dire que tout ne va pas si mal chez nous. Les Italiens qui votent depuis ce matin ont eu droit à une campagne électorale qui a dépassé l'entendement. Quand je pense qu'un simple "vieilli, usé, fatigué" fait scandale chez nous, je me dis qu'on est vraiment des tous petits joueurs…
Silvio Berlusconi, après cinq années de pouvoir à la tête du coalition comprenant des néo-fascistes, bien plus marquées par ses attaques contres les juges (y compris dans des lois scélérates pour se mettre à l'abri de la justice… ça ne vous rappelle personne ???), quelques dérapages verbaux d'anthologie (traiter un eurodéputé allemand de kapo par exemple) et un soutien sans faille à George W Bush sur l'Irak contre l'avis de son opinion publique, que part d'éventuels résultats économiques, risque de perdre les élections face à la coalition de centre gauche emmenée par Roman Prodi. Face à cette menace le Cavaliere a fait une campagne populiste dans toute son horreur qualifiant à longueur d'intervention ses adversaires de"péril communiste" et de "gauche des taxes" et allant jusqu'à la semaine dernière jusqu'à insulter les électeurs de gauche en les qualifiant de "coglioni" (insulte suprême en Italie). Le tout en jouant à fond de son pouvoir (direct en tant que propriétaire ou indirect en tant que chef du gouvernement) sur médias, au point de ne pas supporter qu'une journaliste fasse son métier en lui posant une question qu'il n'apprécie pas (merci Jéjé pour la vidéo…).
Espérons que les Italiens nous montrent l'exemple à suivre pour 2007, en se débarrassant de la droite et de son chef de file ultra-médiatique et populiste après cinq ans de pouvoir !!!
10:15 Publié dans Chez nos voisins | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note







