samedi, 15 mars 2008
Voter c’est bon pour la santé (2)
En attendant le retour du Top 3 après les élections, n'oubliez pas d'aller voter, pour celles et ceux dont le conseil municipal n'a pas été élu au premier tour (comme à Conches-en-Ouche par exemple... et au hasard).
N'oubliez pas non plus que dans un canton sur deux se déroule également le second tour des cantonales, élection peu glamour, mais néanmoins importante.
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vendredi, 14 mars 2008
Fillon anticipe la défaite
Comme semble loin déjà le temps des fanfaronneries de Patrick Devedjian le 9 mars au soir sur les plateaux télés. Désormais la défaite semble admise par l'UMP, avant même le deuxième tour des municipales, au point que François Fillon se cherche déjà des excuses et s'accroche à ses réformes.
Le Premier ministre reconnaît enfin (mieux vaut tard que jamais…) "une forme de déception, ou en tous cas une démobilisation d'une partie de l'électorat de la majorité", avant d'ajouter : "j'ai trouvé certains de nos électeurs parfois un peu silencieux. Ce n'est jamais bon signe". Si ce n'est pas une façon de préparer ses troupes à la défaite, ça y ressemble… Mieux, le chef de gouvernement sensé incarner la rupture, se réfère au passé pour justifier la piètre performance des candidats UMP : "ce qu'on sait, c'est qu'en France d'abord, depuis très longtemps, et dans tous les pays européens, après une élection nationale, quand vient une élection locale, elle est toujours difficile pour le pouvoir".
François Fillon justifie ensuite ce mauvais résultat et cette déception de l'électorat de droite par les réformes sarkoziennes… plus lentes que prévu à produire des résultats pourtant annoncés immédiats durant la campagne présidentielle : "parce que le pouvoir a engagé des réformes qui n'ont pas forcément encore donné des résultats, a pris des engagements qui ne sont pas encore forcément tenus parce qu'il faut du temps pour les tenir. Il y a donc forcément une sorte de déception, en tout cas une démobilisation d'une partie de l'électorat de la majorité qui pour telle ou telle raison estime qu'on n'est pas allés assez vite, ou qu'on n'est pas allés assez loin, ou qui est en désaccord avec telle décision qui a été prise". Bref, le Premier ministre reconnaît que le vote aux municipales a bien une composante nationale… contrairement à l'argumentaire UMP, y compris le 9 mars au soir.
En conséquence, François Fillon écarte tout remaniement et promet une accélération des réformes : "la leçon que je tire, c'est qu'il faut accélérer le rythme des réformes, montrer que tous les engagements qui ont été pris vont être tenus". Oui, mais dans le même temps, l'Elysée laisse filtrer que des ajustements au niveau de la composition du gouvernement "auront sûrement lieu avant le prochain conseil des ministres", et le très sarkoziste Roger Karoutchi assure que "quel que soit le résultat des municipales, il faut les faire, car c'est un plus pour les Français. Il y aura forcément de la part du président de la République, une écoute de ce qui se sera passé et qui se retrouvera forcément dans les débats et les textes", évoquant des "inflexions qu'il peut donner sur les textes de réformes qui viendront".
A prendre autant le contre-pied de Nicolas Sarkozy et d'être plus haut que lui dans les sondages, François Fillon ferrait bien de se méfier : un Premier ministre ça sert souvent de fusible…

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jeudi, 13 mars 2008
Quand les amis de Bayrou vont à la soupe…
"Ce n'est pas la girouette qui tourne, c'est le vent !" C'est peu de dire que François Bayrou et le MoDem ont fait leur cette maxime d'Edgar Faure. En effet, s'il fut un temps où le centre penchait ouvertement à droite en France (ce qui valu à François Bayrou d'être ministre d'Edouard Balladur, puis d'Alain Juppé…), son positionnement sur l'échiquier politique fluctue aujourd'hui en fonction des places d'adjoints au maire que lui propose tel ou tel camp.
C'est ainsi que par exemple, le MoDem a rejoint le PS à Lille ou Marseille, alors qu'il fait alliance avec l'UMP à Toulouse ou Colombes (pour sauver la soldate Yade ???). Une tactique édictée par François Bayrou lui-même, qui réussit la performance de rester officiellement indépendant à Pau tout en étant soutenu par Alain Juppé. Mais voilà l'ex-futur maire de Pau, à force de prôner une stratégie opportuniste et dépourvue de la moindre élémentaire décence, a fini par être débordé par ses propres troupes : à Aubagne, la liste MoDem a fusionner avec la liste... du PCF en échange d'un poste d'adjoint (on imagine la tête des quelques rares notables de l'UDF passés au MoDem qui déjà le 10 mai 1981 craignaient de voir les chars soviétiques sur les Champs Elysées...).
Après ça, le leader du MoDem peut bien condamner de tels agissements en assurant : "j'ai appris par la radio qu'il y avait une alliance, la seule que je n'accepte pas, c'est à Aubagne, parce que l'alliance avec un maire communiste sortant, même si c'est quelqu'un sans doute de sympathique, n'est pas dans le cadre de la vision qui est la nôtre. Nous considérons qu'il faut avoir un minimum de repères communs, ou un patrimoine de repères communs et le Parti communiste n'entre pas dans ce répertoire de repères communs". C'est tout de même lui qui a commencé à brouiller les repères au nom de sa seule ambition personnlle lors de la présidentielle...
Heureusement pour la morale, dans certains cas la prostitution électorale du MoDem laisse de marbre les candidats aguichés. Ainsi à Paris en dépit des efforts plus qu'insistants de Marielle de Sarnez pour démontrer son opposition à l'UMP et à Françoise de Panafieu (plus bête, méchante et hargneuse que jamais lors du débat télévisé d'hier soir), elle a reçu une superbe fin de non de recevoir de la part de Bertrand Delanoë : "quand je vois le MoDem s'allier à Toulouse avec la droite et à Marseille avec la gauche, je suis un peu choqué" par cette "géométrie variable". En réaction, et preuve de l'absence de ligne politique et surtout de logique et d'amour propre du MoDem, le parti bayrousite s'apprête à faire réélire Jean Tibéri dans le 5e arrondissement en maintenant son propre candidat. Comme action de rénovation de la vie politique on a connu mieux…

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mercredi, 12 mars 2008
Devedjian et consorts nous auraient mentis le 9 mars ???
"Nous sommes préoccupés par le second tour, il est évident qu'il sera difficile. Il est évident que le second tour sera difficile puisque c'est une élection intermédiaire et que nous avons aussi quelques ballottages sensibles". Patrick Devedjian semble enfin être revenu sur terre. Passés ses rodomontades télévisuelles de la soirée électorale du premier tour des municipales il donne l'impression de découvrir que la situation est des plus hasardeuses pour l'UMP à l'approche du second tour. Mieux vaut tard que jamais…
Le secrétaire général de l'UMP reconnaît désormais ouvertement la défaite de son parti en assurant que "le Premier ministre a expliqué qu'il avait été à l'écoute des Français pendant toute cette campagne et qu'il avait retiré un certain nombre de leçons qui seraient prises en compte par le gouvernement". Superbe virage à 90 degrés : en 48 heures on est passé, rue de la Boëtie, de "ces élections sont purement locales et le gouvernement restera droit dans ses bottes (et ses réformes)" à "bien sûr que le gouvernement écoute et comprend le vote des français, au point qu'il va infléchir sa politique"…
Mais dans le fond, Patrick Devedjian ne fait que calquer son pas sur celui du président de la République. En effet, la semaine dernière, Nicolas Sarkozy, qui fanfaronnait encore dans Le Figaro qu'il ne se laisserait pas "distraire par une péripétie" en parlant des municipales, assure désormais que "après le deuxième tour, une fois acquis les résultats définitifs, il appartiendra à chaque responsable politique et d'abord à moi-même de tirer les leçons de ces élections, le peuple aura parlé. Je tiendrai naturellement compte de ce qu'il aura exprimé"…
Le problème pour Nicolas Sarkozy risque bien d'être qu'à compter du 17 mars, il va lui être difficile de trouver des personnalités de gauche (ou dites de gauche), même de deuxième ou troisième rang, acceptant un sous-maroquin alors que la majorité présidentielle est en pleine déconfiture électorale… et le moins que l'on puisse dire c'est que si l'ouverture se limite à Claude Allègre, il sera grand temps de reconnaître que ce processus a vécu.

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mardi, 11 mars 2008
MoDem, moi non plus
Pau vaut-elle une alliance avec l’UMP ??? Telle est la question qui doit tarauder François Bayrou depuis son (semi) échec dimanche soir. Surtout que du côté de la rue La Boëtie, même si on tente de minimiser la gravité de situation en priant pour un sursaut des électeurs de droite au second tour, on fait les yeux doux à celui que l’on méprisait encore la veille.
Ainsi Patrick Devedjian, l’homme qui le 9 mars au soir osait quasi annoncer une victoire de l’UMP, se fait désormais un poil plus modeste : "mon souhait, c'est qu'il y ait une négociation avec le MoDem parce qu'effectivement, dans un certain nombre de villes, la position du MoDem est très importante et peut décider du résultat". Ce qui fait justement dire à François Hollande que "l'UMP doit être dans une situation bien difficile pour appeler le MoDem"… alors même que Ségolène Royal demande elle aussi une alliance avec le parti de François Bayrou. Dans le même temps, Jean-Pierre Raffarin, l’autre demi dirigeant de l’UMP ajoute : "je suis prêt à soutenir François Bayrou pour bien montrer qu'au fond l'allié naturel du centre dans ce pays c'est l'UMP et sa stratégie d'ouverture". Idem pour François Fillon qui va encore plus loin dans la surenchère (après ça, cela va devenir difficile de dire que l'UMP n'a pas peur du second tour...) : "je dis que si les responsables du MoDem acceptent de soutenir les listes qui sont celles de la majorité présidentielle, naturellement nous soutiendrons les candidats du MoDem qui sont en position de se maintenir et d'être soutenus par notre majorité"... y compris et notamment à Pau.
François Bayrou a beau mettre en avant une nouvelle fois sur son ni droite ni gauche (bien au contraire) en assurant que des accords ne seront conclus que "ville par ville, candidat par candidat", pas besoin de chercher bien loin pour comprendre que cela veut dire se vendre au candidat qui localement a le plus de chances de l’emporter le 16 mars, à savoir dans de nombreuses villes, la gauche… La preuve par l’exemple : à Paris, le MoDem, en la personne de Marielle de Sarnez (qui a réussi l’exploit dimanche sur les plateaux de télés de passer pour la seule véritable représentante de l’opposition à l’UMP) ne se voit pas monter dans le corbillard électoral conduit par Françoise Panafieu. Au contraire, elle fait des appels du pied plus qu’insistants à Bertrand Delanoë. Mais quitte à se fader des alliés encombrants, le maire de Paris préfère se (re)taper les Verts qu'il connait et qu'il a su museler depuis sept ans.
Comme tout cela fleure bon du côté du MoDem les jeux d’appareil des partis charnières des 3e et 4e Républiques, symboles de la plus basse des pratiques purement politiciennes dépourvues de la moindre once de conviction…
Seule bonne nouvelle au milieu de cette déplorable situation, les grands cocus de cette farce sordide risquent bien de se trouver du côté du Nouveau centre. Après avoir vendu leur âme pour quelques maroquins, Hervé Morin et ses amis s’apprêtent à avaler une couleuvre démesurée : voir l’UMP quémander à genoux le soutien du MoDem. Ce qui fait dire à François Sauvadet que "la danse du ventre devant le MoDem à laquelle se livrent un certain nombre de dirigeants de l'UMP, à commencer par la candidate UMP dans la capitale est ridicule et totalement inefficace", avant de rappeler que contrairement à eux, ralliés (collaborateurs ???) de la première heure, "François Bayrou a fait clairement le choix de l'opposition".
En plus de se sentir trahi (chacun son tour…), le NC doit surtout commencer à réaliser (mieux vaut tard que jamais) qu’aux yeux de l’UMP, il n’est que quantité négligeable et que le MoDem représente une force d’appoint nettement plus intéressante…

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lundi, 10 mars 2008
Face à l’écume rose, l’UMP lâche Sarkozy
Plus mauvais perdant, menteur et haineux que jamais, Patrick Devedjian peut toujours accuser les sondages de tous les maux y compris de rouler pour la gauche, rien, surtout pas ses outrances, ne peuvent masquer la vérité : au soir du premier tour des municipales, la droite a été sanctionnée par les électeurs.
Même s’il faut bien entendu (ne serait-ce que par respect de la démocratie) attendre le second tour pour tirer des conclusions définitives, force est de constater qu'à défaut de vague rose, on assiste bel et bien à un désaveu des plus cinglants à Nicolas Sarkozy et sa volonté de politiser ces municipales. La preuve la plus marquante, et la plus terrible pour le président de la République, est sans nul doute le défilé des ténors de l’UMP trimbalant leurs mines déconfites (mention spéciale à Christine Lagarde qui dans le 12e arrondissement de Paris fait un score digne de son incapacité à prévoir la croissance) sur tous les plateaux télés pour expliquer que ces élections ne sont que locales… Bref, dans la défaite, l’UMP se détache du boulet qu’est devenu le chef de l’Etat, y compris François Fillon qui s’est contenté de féliciter… les 36000 maires de France. Si la dynamique se poursuit le 16 mars, on n’ose imaginer les demandes des caciques de l’UMP qui n’hésiteront probablement pas à accuser Nicolas Sarkozy de les avoir menés à la défaite.
Mais que la gauche, notamment le PS, ne se réjouisse pas trop vite : d'une part, dans de nombreuses villes le MoDem peut encore sauver l'UMP, comme au bon vieux temps de l'UDF. D'autre part, le syndrome des élections 2004 n’est pas loin : une victoire lors d’élections intermédiaires peut parfaitement empêcher le PS, qui est toujours bien malade, de se remettre en cause. Et ainsi laisser le champ libre à la droite et Nicolas Sarkozy, même discrédité, pour 2012.

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samedi, 08 mars 2008
Voter c’est bon pour la santé
Même punition, même motif. Comme lors de la présidentielle et des législatives, le Top 3 se met en sommeil pour ce premier tour des municipales. C’est certes un peu dommage pour Nicolas Sarkozy qui avec son interview au Figaro aurait sans doute obtenu une belle médaille, mais un champion de sa trempe aura, n’en doutons pas, de nombreuses nouvelles occasions de briller.
Bref, même si le 9 mars est le jour de l’ouverture de la pêche, n’oubliez pas de voter !!!
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jeudi, 06 mars 2008
Pour Wauquiez un ministère vaut mieux qu’un plat de lentilles (du Puy)
Qu’il semble loin déjà le temps où Nicolas Sarkozy et François Fillon, tellement sûrs d’eux, imposaient aux ministres candidats aux législatives de démissionner en cas de défaite (Alain Juppé s’en souvient encore…). Neuf mois plus tard, déconfiture économique et sondagière oblige, les ministres sont désormais dégagés der toute obligation de résultats face aux électeurs.
C’est le porte-parole du gouvernement, Laurent Wuaquiez, qui est chargé d’exposé cette volte-face en expliquant, non sans un certain bon sens que "les élections municipales sont des élections politiques mais ce sont des élections de politique locale". Bref, c’est pas parce que les électeurs ne vous veulent pas comme maire que vous êtes forcément un mauvais ministre, puisque comme il dit lui-même "les deux sont indépendants". Ouf, nombre de ministres en exercice doivent souffler : le 16 mars au soir il leur restera au moins leur maroquin pour se réconforter de leur échec aux municipales.
Si Laurent Wauquiez reconnaît tout de même que "évidemment, il y en a aussi une lecture nationale", il s’empresse d’ajouter que "ces élections sont destinées principalement à permettre à chacun de nos concitoyens de choisir l'équipe qui gèrera le mieux leur vie quotidienne dans la ville dans laquelle ils sont chaque jour". Un argument tout ce qu’il y a de plus recevable… mais qui devrait au contraire pousser les ministres élus maires à quitter leur ministère afin de gérer au "mieux la vie quotidienne dans la ville dans laquelle ils sont chaque jour". Là, pas sûr que ses collègues soient d’accord : être maire c’est bien, mais ministre c’est tout de même plus clinquant et mieux payé. Après une telle prise de position en faveur du cumul des mandats, on comprend mieux que le candidat Wauquiez lorsqu’il fait campagne au Puy-en-Velay se sente obligé de faire dans le lyrisme en affirmant que "le mandat de maire est le plus beau mandat car c'est très concret".
Alors pour une fois qu’il écoute ses convictions et qu’une fois élu (ce qu’on finit pas lui souhaiter… et tant pis pour les habitants du Puy-en-Velay), qu’il abandonne son poste de porte-parole du gouvernement pour goûter aux joies du "plus beau mandat"… Il ne fait d’ailleurs aucun doute qu’il sera facile de lui trouver un remplaçant comme porte-voix… parmi les nombreux battus des municipales à la recherche d’une nouvelle affectation.

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mardi, 04 mars 2008
L’annonce faite par Nadine Marano
Porte-parole est un métier difficile, David Martinon peut en témoigner. Mais certain(e)s s’en sortent encore moins bien que d’autres. C’est en particulier le cas de la porte-parole de l’UMP, Nadine Morano, qui sans doute vexée par les dernières sorties de son alter-ego Yves Jégo, a atteint des sommets pour exhorter les Français à ne pas voter contre l’UMP le 9 mars.
Nadine Morano commence par une révélation : "je rappelle que le président de la République Nicolas Sarkozy a été élu pour cinq ans et n'est pas candidat" à ces municipales. Ça c’est un
scoop !!! Mais ce n’est rien par rapport à la conséquence de cet état de fait, puisque selon elle, "on ne peut donc pas s'en servir comme d'un punching ball"… on aurait de toute façon trop peur de se faire insulter l’intéressé.
Après cette figure imposée que semble être devenue à l’UMP la défense outrancière de Nicolas Sarkozy, la porte-parole attaque bille en tête l’opposition en affirmant que "le vote sanction n'est pas un programme électoral" en appelant "à se souvenir" des régionales de 2004 lors desquelles le PS "n'avait à la bouche que le vote sanction" et a "trompé les Français" avec une "fiscalité massive" dans les régions qu'il contrôle. Vindicative, comme toujours, la député de Meurthe-et-Moselle ajoute vouloir "dénoncer la stratégie du mensonge du Parti socialiste" qui selon elle "est aussi la stratégie du néant. Il ne propose rien !" Il faudrait savoir, le PS ment ou ne propose rien ??? D'ailleurs en quoi condamner l'échec du gouvernement face à la baisse du pouvoir est-il un mensonge, alors que le Premier ministre lui-même annonce une hausse hors norme des prix ??? A moins que François Fillon ne soit aussi en définitive qu'un sale menteur...
Après les attaques pleines de fiel de mauvaise fois, Nadine Morano prend à témoins les électeurs dans un exercice de langue de bois que ne renierait pas Jean-François Copé : "nous appelons nos électeurs et les Français à se mobiliser pour un vrai enjeu national en terme de gestion et de réforme". Elle vient en effet de créer rien de moins que le réformisme gestionnaire… qui n’a pas grand-chose à envier au mouvement immobile...

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lundi, 03 mars 2008
Si Lagarde dément c’est que c’est vrai
Il n’y a pas qu’au Medef que cela sent la (UIM)merde, à l’UMP et au gouvernement aussi. Tant concernant les résultats attendus pour les municipales que concernant la croissance en berne, le chômage en hausse et l’inflation qui explose ou encore le moral des Français au plus bas depuis 20 ans (et tout ça en moins d’un an de "France d’après"…), Xavier Bertrand reconnaît humblement : "nous sommes dans une situation compliquée".
Bien entendu, dans de telles circonstances, il difficile pour ne pas dire impossible de ne pas croire Laurent Fabius quand il explique que "le 11 février, il y a eu une réunion au niveau européen des ministres des finances. Vous savez que la France a été mise en accusation à cause de ses déficits. La tonalité du débat qui a eu lieu c'est Ecoutez, laissez-nous passer le cap des élections municipales, et ensuite nous prendrons des décisions. Toute l'Europe attend que le gouvernement prenne une série de décisions qu'on cache aux Français". En dehors du fait que cela semble plus que plausible, un élément vient corroborer la véracité des dires de l’ancien Premier ministre : Christine Lagarde dément en assurant "je démens catégoriquement ces insinuations. L'engagement que j'ai pris vis-à-vis de nos partenaires européens, c'est celui de poursuivre les réformes engagées, et rien d'autre. On insinue des choses qui seraient cachées et consenties à nos partenaires européens. Je trouve ça totalement malhonnête".
Or la ministre de Finances continue envers et contre tout d’affirmer que la croissance sera de 2% en 2008, alors que le FMI a baissé ses prévisions pour la France à 1,5% ou que la crise des subprimes (dont elle avait au début nié jusqu’à l’existence) ne touche pas la France.
Bref, que ce soit sciemment pour incompétence, Christine Lagarde accumule les mensonges, même face à l’évidence. Il y a donc toutes chances que le gouvernement, une fois les municipales largement perdues, dégaine un plan d’austérité pour renflouer les caisses de l’Etat, vidées en début de mandat de 15 milliards d'euros de cadeaux fiscaux inefficaces pour la croissance…

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vendredi, 29 février 2008
C’est bientôt le printemps, Jospin revient
En plus d’avoir fait bidonner son interview dans Le Parisien par son service de communication pour y inclure à posteriori des regrets, qu’il n’a jamais exprimés, au sujet de sa pitoyable sortie au Salon de l’agriculture, Nicolas Sarkozy s’est défaussé sur Lionel Jospin plutôt que d’avoir le courage d’assumer son auto-augmentation de 172%.
Manque de chance, même s’il se dit retiré de la vie politique (ou presque) depuis le 21 avril 2002, l’ancien Premier ministre lit encore les pages politiques des journaux. Après le directeur adjoint de la rédaction du Parisien, c’est donc Lionel Jospin qui a pris la plume pour dénoncer les mensonges proférés par le président de la République face à un panel de lecteurs. Alors que Nicolas Sarkozy affirmait que Lionel Jospin avait fixé lui-même son salaire de Premier ministre en dénonçant : "qui a fixé le salaire du premier ministre ? Lionel Jospin. Quand Lionel Jospin dit que le premier ministre doit gagner 20 000 euros, il n y a pas de polémique parce qu'il est de gauche", celui-ci rétorque que Nicolas Sarkozy a fondé "son argumentation sur deux contrevérités". Première mise au point : "mon traitement était fixé, comme celui des ministres, par décret du président de la République". Seconde mise au point : "mon traitement lorsque je suis arrivé à Matignon en 1997, de 59.000 francs net (indemnités comprises), soit 9 000 euros. Ensuite, et jusqu'à mon départ en 2002, ce traitement n'a progressé qu'au rythme des augmentations opérées dans la fonction publique". Sans doute la légère méprise de Nicolas Sarkozy, il va sans dite involontaire, vient-elle d’un erreur de conversion francs/euros…
A l’approche des municipales, et face au vide abyssal des dirigeants du PS, l’ancien candidat malheureux à la présidentielle, entame une sorte de tournée come-back des meetings de campagne avec un titre phare à Toulouse : "il y a une vraie occasion à saisir, il faut que tous les électeurs se mobilisent dès le premier tour", comme à Paris : Bertrand Delanoë a "raison d'insister sur une chose, c'est qu'il faut que tous ceux qui veulent soutenir son action votent dès le premier tour". Et de justifier, non sans humour, son appel au vote utile par son expérience : "c'est un spécialiste qui vous parle"…

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mardi, 26 février 2008
Fabius : faites ce que je dis, pas ce que je fais
Concernant les alliances entre le PS et le MoDem lors des municipales, Laurent Fabius demande à son parti d’avoir "ligne claire", c'est-à-dire qu’"il y a des conditions qui doivent être mises, sinon ce serait un opportunisme et l'opportunisme ne mène jamais à rien".
En voilà un conseil de bon sens, denrée décidément trop rare rue de Solferino depuis déjà trop longtemps. Surtout que l’ancien Premier ministre ajoute justement que "le PS ne doit pas être à la remorque des autres" mais plutôt "rassembler l'ensemble de la gauche, et certains autres s'ils partagent notre sentiment". On imagine cependant déjà le casse-tête tant idéologique que technique que pourraient représenter des listes, voire des majorités, allant de LO au MoDem… à moins qu’il faille y voir l’ouverture sarkozienne revue et corrigée par les socialistes.
Toutefois, il est amusant (ou à pleurer c’est selon) d’entendre celui qui fut successivement le Premier ministre qui a ratifié l’Acte unique européen, le ministre de l’Economie des Finances de Lionel Jospin prônant les baisses d’impôts et les privatisations à tous crins, puis l’homme du Non au traité constitutionnel et la candidat gauchisant à la primaire du PS avant de finir en apôtre de "l'économie sociale-écologique de marché", demander une "ligne claire" tout en rappelant que "l'opportunisme ne mène jamais à rien". En effet la seule ligne claire que connaisse Laurent Fabius est celle de son ambition présidentielle, même et surtout si le chemin doit être tortueux. Mais il faut lui reconnaître qu’il est bien placé pour assurer haut et fort que "l'opportunisme ne mène jamais à rien"… si ce n’est à la tête (après les municipales) de la communauté d’agglomération de Rouen après que le titulaire du fauteuil, l’un de ses proches, François Zimeray, lui ait laissé la place en étant nommé ambassadeur pour les Droits de l'Homme… par Nicolas Sarkozy. Il faudrait être vraiment malintentionné pour oser y voir autre chose qu'une ligne parfaitement claire et une absence totale d’opportunisme.
Pendant ce temps-là à l’UMP la ligne est elle aussi totalement claire : tout faire pour remporter l’Oscar des plus mauvais dialogues pour la suite du grand succès "Casse-toi pauvre con ! ", qui même sans la présence de Nicolas Sarkozy a fière allure avec notamment Yves Jégo, qui espérons-le n’a pas compris la portée insultante de ses paroles, lorsqu'il justifie la vulgarité du chef de l’Etat en affirmant que "la réaction du président de la République est une réaction humaine : il a fait en sorte d'être compris par son interlocuteur".
Un bien bel exemple de respect de ses concitoyens donné par le porte-parole de l’UMP qui explique ainsi que pour être compris par les Français il faut les insulter…

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mercredi, 20 février 2008
Trotski réveille toi, ils sont devenus fous
Le 20e siècle a pris fin le 19 février 2007, jour qui a vu à la fois Fidel Castro abandonner le pouvoir à Cuba et Lutte ouvrière faire listes communes pour les élections municipales avec le PS et le PCF.
Cela faisait déjà quelques mois que LO envisageait de virer sa cuti, alors qu’en 2002 Arlette Laguiller se refusait à appeler à voter Jacques Chirac au second tour de la présidentielle pour faire barrage à Jean-Marie Le Pen. Quel chemin parcouru en cinq ans par le parti (la secte ???) trotskiste, qui en plus d’avoir divisé par trois son score à la présidentielle, accepte désormais "dans presque 65 villes de faire des listes d'union : dans 40 % des cas la tête de liste est du Parti socialiste, dans 60% des cas la tête de liste est du Parti communiste". Et dire qu’il y a encore peu de temps, le PS représentait à leurs yeux la gauche qui trahit et qui se vend aux patrons sur le dos des travailleurs et que le PCF n’était rien de moins que l’ennemi intime stalinien…
Cette décision est déjà étonnante, mais sa justification dépasse l’entendement : "on ne peut pas être dans ces municipales sur des listes avec la LCR qui sont des espèces d'étapes dans la construction d'un parti auquel nous ne voulons pas participer". Et oui, les trotskistes de LO refusent de se mélanger avec la LCR qui essaie de fédérer la gauche de la gauche en une force unique, tout cela pour ne pas perdre sa pureté doctrinale au sein d’"un parti un peu attrape-tout, pour ceux qui se disent les orphelins des partis, mais qui veut renoncer à certaines choses auxquelles on tient, nous : le marxisme, le trotskisme". Tout comme les sociaux-démocrates, ou sociaux-traitres pour les intimes, devaient dans les années 1930 être encore plus farouchement combattus que les fascistes, mieux vaut désormais, pour LO, faire officiellement alliance avec les ennemis (mortels dans tous les sens du terme pour certains qui résident place du colonel Fabien) d'hier que de faire parti commun avec la LCR pourtant d’obédience trotskiste… Décidément on comprend mieux pourquoi les mouvements d’extrême gauche insistent autant sur la formation de leur militants : il faut plus que quelques cours du soir comprendre et assimiler une telle stratégie…
Mais finalement, les choses pourraient être pires pour la gauche de la gauche : Nicolas Sarkozy pourrait proposer que les collégiens apprennent par cœur les œuvres de Che Guevara ou récitent les meilleurs pages du Capital...

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mardi, 19 février 2008
À Neuilly Sarkozy divise pour mieux (continuer de) régner
image : timeo
Les voix du seigneur de l’Elysée sont impénétrables… et de plus en plus tortueuses quand elles passent par Neuilly-sur-Seine. Ainsi, plutôt que de la jouer profil bas après l’abracadabrantesque semaine vécue par l’UMP neuilléenne, Nicolas Sarkozy n’a rien trouvé de mieux que de recevoir successivement à l’Elysée les deux candidats se revendiquant de lui (enfin celui qui celui qui a tenu la baraque UMP à Neuilly depuis 2002 et celui que Patrick Devedjian a intronisé bien qu’il se refuse à prendre sa carte du parti majoritaire).
Arnaud Teullé qui se voyait en successeur légitime avant devoir sur édit présidentiel laisser sa place à David Maritnon (depuis sacrifié à la raison d’Etat et des sondages), est le premier à sortir du Palais en pavanant : "je viens de rencontrer le président de la République auquel j'ai été expliquer la décision que j'ai prise d'être candidat à l'élection municipale du 9 mars prochain. Il a écouté avec attention quelles étaient mes motivations et je suis très heureux de son écoute". Avant d’ajouter en signe de défi : "j'ai été suspendu de l'UMP, mais aux yeux des Neuilléens je serai le candidat de l'UMP mais pas soutenu par l'UMP" et de conclure "j'ai eu cette conversation qui était pour moi importante, car j'ai des liens particuliers avec le président de la République qui remontent à un temps où j'ai beaucoup travaillé pour lui. Et il était pour moi nécessaire d'exprimer les raisons profondes de cet engagement". On a connu mieux au niveau de l’autorité présidentielle… surtout si Nicolas Sarkozy, comme l’affirme Arnaud Teullé, lui a réellement souhaité "bonne chance".
Après ça, Jean-Christophe Fromentin peut toujours affirmer qu’il "a présenté au chef de l'Etat son projet municipal pour Neuilly" et "a notamment évoqué avec lui les grands dossiers de la ville", le doute n’est pas, loin s’en faut, levé. Et il beau ajouter que "le président l'a assuré de son soutien" et l’a "officiellement invité au dîner d'Etat qui sera organisé le 10 mars en présence du Président Israélien Shimon Peres", on a du mal à croire à la sincérité du chef de l’Etat… que ce soit envers l’un ou l’autre des deux candidats.
Heureusement pour lui, Nicolas Sarkozy, quoi qu’il fasse et quoi qu’il dise, même (et surtout) si c’est d’un grotesque achevé, peut compter sur un des zélotes zélés pour le défendre envers et contre tout. Après le lumineux Roger Karoutchi le comparant sans retenue ni pudeur à Jean Zay, c’est a tour de la classieuse Nadine Morano de monter au créneau pour le défendre en vomissant sa haine des journalistes et des opposants politiques. Pour les premiers elle crache :"nous avons eu la semaine des charognards, et j'ai beaucoup apprécié le mot qu'a utilisé Rama Yade". Face aux seconds, elle éructe : "je pense qu'on est arrivé à une semaine des revanchards. Je me suis demandée si c'était pour faire la promotion du magazine Marianne ou pour faire la promo de ceux qui n'ont rien à dire et qui ont envie d'exister C'est un peu le syndicat des battus. S'il y a un appel à lancer aux Français c'est surtout de la vigilance par rapport au néant qu'il y a en face"
On appréciera à sa juste valeur le niveau de l’argument du type "c’est cui qui dit qui y est"… digne d’un élève de CM2 , classe à laquelle s’intéresse tant le président de la République.

08:30 Publié dans Municipales, même pas mal , Putain 5 ans... voire 10 , UMP | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : politique, municipales 2008, Sarkozy, Neuilly, Morano, Devedjian
vendredi, 15 février 2008
Municipales au balcon, présidentielle au tison (proverbe PS)
Bien sûr, et ene dépit du pataquès ridicule et pathétique de ces derniers jours, Neuilly restera dans l’escarcelle de la majorité présidentielle tant cette ville est ancrée à droite. Mais, il y a fort à parier que les municipales vont être une bérézina pour l’UMP.
Cette sanction, ô combien mérité, après 10 mois de présidence bling-bling qui a plus œuvré pour la peopolisation de la politique que pour le pouvoir d’achat des Français, va se traduire, via le principe des vases communicants, par une victoire de la gauche, notamment du PS. Bien entendu, le socialisme municipal n’a pas à rougir de ses résultats concrets, Paris ou Lyon, n’en déplaise à la droite, sont loin de se porter plus mal qu’en 2001, bien au contraire. Mais la lame de fond qui s’annonce en faveur des listes de gauche est au moins autant la conséquence d’un vote sanction anti Sarkozy qu’un satisfecit accordé aux équipes municipales sortantes ou que la preuve d’une adhésion au programme des listes socialistes. Ce que Ségolène Royal résume parfaitement : "le vote pour les municipales est un vote d'espérance face à l'inertie du gouvernement actuel. On doit se mettre en mouvement dans ces élections municipales". D’ailleurs pour la première fois depuis longtemps, François Hollande est d’accord avec son ex-compagne (Le Nouvel Obs a sans doute un SMS à nous dévoiler à ce sujet…) en affirmant que les municipales seront notamment "un message de sanction et de protection" contre le gouvernement.
Et c’est bien là que le bat blesse : il faudrait être aveugle et sourd pour ne pas réaliser que depuis le 6 mai 2007, pour ne pas dire depuis septembre 2004 et la campagne du référendum interne sur la Constitution européenne, le PS prend sérieusement l’eau. D’une part, les lignes de fractures sont toujours aussi profondes comme le prouve le vote sur le Traité de Lisbonne au début du mois (Jean-Marc Ayrault à lui tout seul résume bien le côté pitoyable du PS dans cette affaire…). D’autre part, la rue de Solferino est plus que jamais (c’est dire !!!) un conglomérat d’écuries présidentielles… ou pire d’écuries à la candidature à la candidature, chacun roulant pour son champion (voire pour soi-même) sans une seconde réfléchir au début du commencent d’un programme politique alternatif crédible à celui de l’UMP…
Bref, la victoire annoncée du PS les 9 et 16 mars prochains ressemble à s’y méprendre à celle des régionales de 2004 qui a débouché sur la victoire de Nicolas Sarkozy de l’UMP deux ans plus tard lors de la présidentielle et des législatives. Déjà en 2004, la défaite de l’UMP, que les socialistes avaient à tort interprétée comme une victoire de leurs rangs les avaient empêchés de se remettre en cause… Alors pourquoi en serait-il autrement cette année ??? Et pourquoi le PS deviendrait-il subitement adulte au point de profiter de son prochain congrès pour clarifier en interne ses positions et sa doctrine ???
Avec un parti socialiste qui lui laisse de tels boulevards, on comprend que Nicolas Sarkozy se sente obligé d’offrir quelques ministères à des personnalités issues de ses rangs…

08:30 Publié dans Municipales, même pas mal , PS , Putain 5 ans... voire 10 | Lien permanent | Commentaires (16) | Envoyer cette note | Tags : politique, municipales 2008, Sarkozy, Hollande, Royal, Ayrault, Neuilly
mercredi, 13 février 2008
Un pas de Guéant vers une béatification de Sarkozy
La tempête qui souffle sur la "France d’après", notamment sur Dallas-sur-Seine, l’ex-fief du président de la République, ne semble pas avoir de prise sur Claude Guéant. En effet, alors que les candidats UMP en sont arrivés, c’est un comble, à demander le soutien de François Fillon, en lieu et place de celui chaque jour plus mortifère de Nicolas Sarkozy, le secrétaire général de l’Elysée monte au créneau pour défendre le chef de l’Etat envers et contre tout et tous.
Pour ce faire, Claude Guéant use d’un savant mélange d’infantilisation des masses à l’aide de fortes doses de peoplosation et d’hagiographie sarkozienne. Ainsi, selon lui, "chacun le sait, le président a eu à gérer des problèmes personnels. Il a dû consacrer un peu de temps à régler ces soucis et, du coup, les Français ont eu le sentiment qu'il ne leur appartenait plus complètement". Comment n’y avons nous pas pensé plus tôt : si les sondages de Nicolas Sarkozy sont au plus bas, ce n’est pas parce qu’il ne tient pas ses promesses de campagne, mais uniquement parce que les Français, peuple ingrat par nature, sont jaloux en réalisant que le président de la République a une vie sentimentale. De là à ce que le secrétaire général de la présidence en appelle à Freud pour expliquer que les Français sont amoureux de Nicolas Sarkozy, il n’y a qu’un pas… Ne s’arrêtant d’ailleurs pas en si bon chemin, il ajoute : "ils l'ont d'autant plus éprouvé qu'ils ont l'habitude d'un président sans cesse sur tous les fronts". Et oui, c’est cruel : à trop faire le bien du peuple, Nicolas Sarkozy, véritable continuateur de Gandhi à en croire Claude Guéant, est injustement sanctionné pour s’être autorisé à s’intéresser un peu à lui.
Pour autant, le chef de l’Etat ne renonce pas à faire le bien du peuple (même si ce dernier ne le mérite pas vu que la correction qu’il s’apprête à lui administrer aux municipales) en préparant l’avenir. La preuve, toujours selon Claude Guéant, "le président conservera le principe d'un gouvernement restreint", mais si "certains découpages ministériels nouveaux sont très satisfaisants, notamment celui du ministère de l'Écologie, du Développement et de l'Aménagement durables, il faudra inscrire de nouvelles fonctions dans la composition du prochain gouvernement, par exemple dans les domaines de l'économie numérique ou de l'aménagement du territoire, pour accompagner certaines évolutions, comme celles de l'hôpital ou de l'implantation des bases militaires". Bref, mis à part le grand ministère de Jean-Louis Borloo, qui a accouché de la souris du Grenelle de l’Environnement, toute l’organisation gouvernementale est à revoir…
Et vu que de nombreux ministres ne sont pas à la hauteur du génie et de l’abnégation du président de la République, il y a fort à parier que le casting gouvernemental va prochainement subir un important remaniement. De là à penser que Claude Guéant, en sa qualité de thuriféraire officiel du Mahatma Sarkozy, se verrait bien à Matignon…
08:30 Publié dans Municipales, même pas mal , Putain 5 ans... voire 10 , UMP | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : politique, Sarkozy, Guéant, Fillon, Borloo, Neuilly, municipales 2008
mardi, 12 février 2008
Et Sarkozy créa le "syndrome de Neuilly"
Qui aurait cru que Neuilly-sur-Seine, charmante bourgade (61 000 habitants tout de même…) un poil huppée du 92 deviendrait l’attraction de cette campagne pour les municipales ??? Personne sans doute il y a encore quelques jours, tant l’ex fief de Nicolas Sarkozy semblait acquis, comme d’habitude, à la majorité présidentielle dès le premier tour…
Mais voilà, comme l’affirmait avec une intuition de visionnaire le candidat Sarkozy lors de sa campagne présidentielle : avec lui "tout est possible"… y compris imposer un candidat factice en la personne de son porte-parole gominé, avant de le laisser se faire dézinguer par son propre fils face à des sondages (secrets) catastrophiques. Mettant en pratique le vieil adage "courage fuyons", le chef de l’Etat, opportunément en déplacement en Guyane, laisse maintenant l’UMP se dépatouiller avec cette lamentable affaire. Affaire que François Fillon tente relativiser en rappelant que "des feuilletons, il y en a beaucoup à l'occasion des élections municipales. Il y en a qui sont plus ou moins médiatisés, c'est normal", avant d’ajouter : "moi, je fais confiance à l'UMP, qui ce soir prendra les décisions qui s'imposent, pour faire en sorte que la liste de Neuilly soit la meilleure possible". Il est bien le seul à faire confiance à Patrick Devedjian pour gérer au mieux et en douceur un tel dossier…
Mais voilà, si le ridicule ne tue pas (sans compter que Neuilly restera quoi qu’il arrive dans l’escarcelle de l’UMP), ce psychodrame du pauvre donne des idées aux candidats UMP écartés par leur parti au profit de parachutés plus ou moins légitimes. Ainsi pendant que Pierre Lellouche candidat officiel de l’UMP à la mairie du 8e arrondissement de Paris, sans doute en récompense de son échec dans le 9e en 2001, demande l’aide de la rue La Boëtie pour se débarrasser du maire sortant, lui aussi UMP (c’est clair, non ???) en affirmant qu’"il est plus que temps que les responsables nationaux de l'UMP sifflent la fin de la récréation et remettent en ordre de bataille la maison UMP", ce dernier monte au créneau en comparant Pierre Lellouche à David Martion. Ce qui permet à Pierre Lebel, que Nicolas Sarkozy a par ailleurs choisi pour célébrer son mariage avec Carla Bruni alors que son propre parti lui refuse l’investiture (c’est toujours clair, non ???), de rappeller que l’exemple de Neuilly démontre que les électeurs "n'acceptent plus les parachutages". Un argument qui à tout pour faire tâche d'huile parmi les UMP déçus du sarkozysme.
Bref, à défaut de donner, comme il le souhaitait, une "dimension nationale" à ces élections municipales, le chef de l’Etat est en train de réaliser l’exploit de donner une "dimension nationale" à un cafouillage local et familial… L’opposition, trop occupée par ses propres guéguerres internes, n’en demandait pas tant !!!
Plutôt que la Guyane, Nicolas Sarkozy, qui depuis quelques semaines multiplie les déclarations plus ou moins équivoques sur une éventuelle remise en cause du principe de laïcité, aurait sans doute mieux fait de se rendre à Lourdes pour fêter le 150e anniversaire de l’apparition de la Vierge. En effet, mis à part une intervention divine, on ne voit plus trop ce qui pourrait sauver le président de la République et sa majorité d’une cuisante et (bien méritée) défaite les 9 et 16 mars…

08:30 Publié dans Municipales, même pas mal , UMP | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : politique, municipales 2008, Sarkozy, Martinon, Fillon, Neuilly, Devedjian
C’est plus Neuilly, c’est Dallas !!!
"Moi, je fais confiance à l'UMP, qui ce soir prendra les décisions qui s'imposent, pour faire en sorte que la liste de Neuilly soit la meilleure possible", assurait François Fillon, lundi soir. Perdu !!!
Le secrétaire général de l’UMP, Patrick Devedjian, a en effet choisi de soutenir… un candidat non issu de l’UMP : "la commission nationale a décidé d'accorder son soutien à M. Fromantin pour conduire à Neuilly une liste de large rassemblement. Jean-François Fromentin n'appartient pas à l'UMP, mais je pense que l'UMP serait très largement représentée dans cette hypothèse. Ce qui nous importe c'est le rassemblement". Et Patrick Devedjian de repousser, temporairement, les ambitions du fils du président de la République : "Jean Sarkozy a beaucoup de talent, c'est un garçon intelligent, sensible, qui adore la politique, et qui a des dispositions. Mais il a 22 ans, son temps n'est pas venu", ajoutant qu'"en République les places s'acquièrent par le mérite, par le travail, pas par l'héritage". Espérons pour lui que le secrétaire général de l’Elysée est couvert par le père de l’intéressé….
Bien entendu cette vraie/fausse décision d’ouverture, loin de mettre fin à cette crise ridicule, la relance puisque Arnaud Teullé, le responsable (pour combien de temps encore ???) de l’UMP à Neuilly, qui avait déjà été évincé par David Martinon, ne l’entend pas cette oreille : "je serai le seul candidat à avoir soutenu Nicolas Sarkozy pendant 20 ans dans cette ville. Je serai le seul candidat à avoir l'expérience de la gestion municipale, puisque j'ai été adjoint pendant 13 ans dans cette ville. Et je serai le seul candidat à avoir mené l'UMP de 350 à 3.800 militants. Je serai donc le candidat des Neuilléens". Il enfonce d’ailleurs le clou au nom de la démocratie interne : "la nuit ne portant pas toujours conseil, j'apprends ce matin par Europe 1 que Patrick Devedjian a changé d'avis et décide de proposer l'investiture à M. Fromantin. Je n'accepte pas cette décision arbitraire"…
Et pendant ce temps-là, Nicolas Sarkozy, dont la gestion désastreuse de sa succession à la mairie est à l’origine de pataquès pitoyable, se refuse à tout commentaire, préférant fantasmer sur la planète Mars en assurant que "parce que Mars est là et que Mars est accessible aux technologies dont dispose aujourd'hui l'humanité, nous ne pouvons refuser de tenter cette aventure", plutôt que de s’intéresser au mois de mars 2008…

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lundi, 11 février 2008
Le "Au revoir" de Martinon
La nouvelle est tombée abrupte lors d’une conférence presse digne de Valéry Giscard d’Estaing en 1981 : David Martinon abandonne la campagne municipale à Neuilly sous l’amicale pression de la famille (régnante ???) Sarkozy.








