vendredi, 29 juin 2007

Menu XXL pour le Parlement

medium_bourbon_express.jpgNicolas Sarkozy avait promis de tenir ses promesses de campagne. C’est chose à demie faite concernant les parlementaires, qui à défaut de gagner plus, travaillerons plus cet été : députés et sénateurs auront à débattre de pas moins de sept projets de loi d’ici le mois d’août, avant d’entamer une nouvelle session extraordinaire dès septembre.
Outre le fait que cela risque bien de faire tout drôle à certains d’être obligé de prendre leurs vacances en août, en même temps (mais probablement pas au même endroit) que les "congés-payés", ils risquent bien d’y arriver rincés vu que le président de la République leur a concocté un programme aussi chargé que le sien depuis cinq ans (peut-être serait-il bon au mois de juillet de le soumettre au même type de contrôle antidopage que les cyclistes du Tour de France). Après le discours de politique générale du Premier ministre François Fillon (à moins que ce ne soit Nicolas Sarkozy…) en entrée le 3 juillet, un débat sera organisé dans l'hémicycle sur le traité européen simplifié. Puis en plat de résistance la semaine suivante, les députés se pencheront sur le premier gros texte de la législature avec le "paquet fiscal", dont l'examen a été programmé sur une semaine entière. Viendront ensuite le traditionnel débat d'orientation budgétaire, le projet de loi portant règlement définitif du budget 2006, le projet de loi instituant des peines planchers pour les multirécidivistes que le Sénat aura déjà vu passer début juillet. En dessert, les députés se régaleront de la loi sur l’autonomie des universités et celle sur le service minimum…
De peur sans doute que les parlementaires s’ennuient entre deux plats, il est prévu qu’ils examinent également un projet de loi créant une délégation parlementaire pour le renseignement, le texte créant un "contrôleur général indépendant des lieux de privation de liberté" et qu’ils donnent leur feu vert à 25 textes techniques ratifiant des accords internationaux…
Bon appétit messieurs dames !!!

Canicule ou pas, l’ambiance promet d’être étouffante si l’on ne juge par la première passe d’armes, en guise d’apéritif, entre majorité et opposition sur la désignation des postes purement honorifiques de vice-présidents de l’Assemblée. Alors que la tradition veut que majorité et opposition aient chacune trois vice-présidents, l’UMP plutôt que de céder l’un de ses postes au Nouveau centre (à qui elle a déjà offert un groupe parlementaire) a préféré la prendre sur le quota du PS… Un bien bel exemple de mise en application de l’ouverture dont se vante le président de la République…

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mardi, 26 juin 2007

Jean Marc, l'anti-Ayrault de la rénovation

medium_PS_envers.jpgChangement et rénovation sont les deux mamelles des discours actuels de tous les courants (et ça fait un paquet) du PS. Pour prouver leur bonne foi, les socialistes ont fini par se mettre d'accord (pour une fois) sur le nom de leur président de groupe à l'Assemblée nationale en choisissant Jean-Marc Ayrault. Qui mieux en effet que le député-maire de Nantes symbolise la rupture prônée depuis quelques semaines par l'ensemble du PS, lui qui est président du groupe socialiste au Palais-Bourbon depuis… 1997 ???
Mieux, il représente également le respect de la parole donnée, lui qui affirmait il n'y a pas si longtemps ne surtout pas vouloir postuler à un troisième mandat à ce poste. Finalement, au nom de la rénovation, il est parti pour rester 15 ans à présidence du groupe. Un boulot passionnant et intellectuellement enrichissant qui consiste à dire noir quand le gouvernement dit blanc et blanc lorsqu'il dit noir, tout en appelant chaque semaine à la création d'une commission d'enquête sur n'importe quel sujet. Mais pour cette législature, Jean-Marc Ayrault aura affaire à une forte concurrence pour remporter une nouvelle fois le prix du roquet de l'Assemblée : l'UMP a décidé de lui opposer un adversaire à sa mesure en la personne de Jean-François Copé !!!
Arrivé en tête au premier tour de scrutin avec 78 voix devant le fabusien Philippe Martin 38 voix, Jean Glavany 33 voix et Arnaud Montebourg 30 voix, Jean-Marc Ayrault a triomphé sans péril lors d'un second tour où il était seul lice. Cela ne l'a pas empêché de savourer ce nouveau triomphe : "on disait que les socialistes étaient divisés. En tout cas à l'Assemblée nationale ils ne le sont pas. Il y a une diversité mais qui a su se rassembler". Et sur quoi a-t-elle réussi à se rassembler cette belle diversité ??? Mais sur la rénovation qu'il incarne pardi : "j'ai dit clairement que j'étais le candidat de la rénovation de nos méthodes et c'est nécessaire pour ne pas décevoir les Français dans le mandat qui nous a été confié par les électeurs". Avec un avenir radieux en terme de renouveau pour le PS, l'UMP n'a pas à s'inquiéter, c'est pas demain la veille que la gauche sera en mesure de redevenir créative… D'autant plus que les socialistes ne sont pas loin de donner dans l'autosatisfaction après ce superbe exemple de modernité et vitalité de démocratie interne : François Hollande, premier secrétaire du PS, ose se féliciter d'une élection acquise "avec une majorité très large", avant d'ajouter : "c'est bien qu'il en soit ainsi au moment où on s'interroge pour savoir si les socialistes sauront trouver le chemin de l'unité. Ils l'ont montré encore une fois ici avec leurs députés".

Seule nouveauté, le nouveau président du groupe socialiste a annoncé la nomination de 15 vice-présidents du groupe et d'un porte-parole qui constitueront qui formeront une sorte de "cabinet fantôme". 15 vice-présidents pour un groupe de 200 députés, ça fait une belle moyenne. Mais au moins cela permet de n'oublier aucun courant lors de la répartition des breloques…

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mardi, 19 juin 2007

Des groupes, des p’tits groupes, toujours des p’tits groupes

medium_bourbon_express.jpgDécidément Alain Juppé est fâché avec la TVA qu’elle soit ou non improprement qualifiée de sociale. Déjà en 1995 son augmentation de deux points avait coïncidé avec le début de son inexorable chute. Douze ans plus tard, la simple évocation d’une éventuelle hausse – de cinq points tout de même – de la TVA le condamne (sans intervention de la justice) à quitter ses fonctions de ministre en plus de le priver d’un siège à l’Assemblée nationale. Siège qui passe à gauche pour la première fois depuis la seconde guerre mondiale. Mais cet épiphénomène, qui associé à l’annonce (calculée par l’intéressée ???) de la séparation du couple Hollande/Royal est devenu le point de fixation de l’attention du landernau, ne doit pas faire perdre de vue l’essentiel : "habemus assemblum" !!!
Après des mois de campagne et des promesses en tous en sens, voici enfin venu le temps du passage au concret avec la réapparition du pouvoir législatif. Bien sûr, le PS va vite réaliser qu’en dépit de sa performance inespérée il y a encore quelques jours, il n’a pas, et de loin, remporté ces législatives. La seule bonne nouvelle pour le PS est un surplus de financement public que va lui rapporter sa quarantaine de députés supplémentaires par rapport à 2002. Le reste de l’opposition ne pèsera en effet pas grand-chose : malgré la méthode Coué dont use Marie-George Buffet qui se félicite que le PCF soit "la quatrième force à l'Assemblée nationale" et qui va se jusqu’à se dire "très sereine" suite au résultat, le PCF en est tout de même réduit à compter sur les quatre députés Verts pour former un groupe (on attend avec impatience les discussions internes au groupe entre des communistes qui doivent leur survie au scrutin majoritaire et les Verts ardents défenseurs de la proportionnelle qui éjecterait le PCF de l’Assemblée…). Certes cette méthode est plus digne que pitoyable appel d’Alain Bocquet à l’UMP lui demandant l’aumône de descendre de 20 à 15 le nombre de députés pour former un groupe parlementaire, mais est tout de même symptomatique du recul continuel du PCF dans la politique française. Quant aux députés PRG, il est encore trop tôt pour se prononcer, tant leur chef de file, Jean-Michel Baylet a mis ce qui lui reste d’amour propre en berne pour draguer outrageusement les radicaux valoisiens de Jean-Louis Borloo.

Mais surtout il ne faudrait pas perdre de vue que l’UMP, en dépit d’un net repli en sièges par rapport à 2002, conserve bel et bien la majorité absolue, sans même avoir besoin de la poignée de voix du groupe croupion qu’il a offert au Nouveau centre en échange d'un coup de poignard à François Bayrou, grand perdant de ces législatives puisqu’il va se retrouver à siéger parmi les non-inscrits avec son ami chanteur (et maître chanteur) Jean Lassalle. Pas bête comme idée de créer un vrai/faux groupe totalement inféodé au grand frère UMP : en plus faire croire à l’existence d’un quelconque pluralisme sur les bancs du Palais Bourbon, cela offre encore plus de temps de parole à la majorité présidentielle.

08:30 Publié dans Extrême-gauche , Les Verts , Palais Bourbon express , PS , UDF, MoDem, NC , UMP | Lien permanent | Commentaires (7) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, législatives 2007, Buffet, Bocquet, Juppé, Lassalle

lundi, 18 juin 2007

Le monde à l'envers

medium_bourbon_express.jpgA voir les têtes déconfites des ministres et celles réjouies des leaders socialistes sur les plateaux télé, on aurait pu croire à une victoire de la gauche aux législatives. S'il n'en est rien, force est tout de même de constater que le tsunami bleu annoncé n'a pas totalement eu lieu.
Entendre notamment Rachi Dati ou Xavier Bertrand (auteur d'une délirante oraison funèbre d'Alain Juppé proche de la canonisation), reprocher de façon quasi haineuse aux journalistes de trop en faire sur les bons résultats de la gauche au second tour, tout se dressant sur leurs ergots pour rappeler urbi et orbi que c'est tout de même bien l'UMP qui a gagné ces législatives ne manque pas de sel. Mais il en va de même pour les dirigeants PS, à commencer par Laurent Fabius ou Ségolène Royal, lorsqu'ils pavoisent en prétendant avoir entendu les attentes des Français (ont-ils conseillé à la candidate PS à la présidentielle de se séparer de François Hollande ???). Sans doute serait-il bon de leur rappeler que l'UMP a tout de même la majorité absolue en sièges dans la nouvelle Assemblée… Preuve que tout va bien au PS, Gaëtan Gorce, sans doute en mal de notoriété médiatique appelle au départ de François Hollande de la direction du PS. Outre le fait que ce dernier a d'ores et déjà (et depuis longtemps) annoncé qu'il laisserait la place lors du prochain congrès du PS l'an prochain, cette sortie pitoyable et sans intérêt vaut son pesant d'absurdité en matière de tempo : demander la tête du premier secrétaire le seul soir où son parti réalise un semblant de résultat positif en quatre scrutins, il fallait oser. C'est à croire que Gaëtan Gorce n'a pas pris le soin de réactualiser son communiqué en fonction des résultats électoraux de la soirée…

Une fois n'est pas coutume, la meilleure analyse est à mettre au crédit de Renaud Dutreil qui assure que Jean-Louis Borloo et François Fillon devront "s'expliquer" sur le projet de TVA sociale, "une erreur majeure de communication" qui a selon lui fait perdre "beaucoup de voix" à l'UMP. En effet, tant la bêtise de cette mesure, que les conditions de son annonce (recadrée pour ne pas dire condamnée par Nicolas Sarkozy lui-même) y sont probablement pour beaucoup dans le petit sursaut de la gauche au second tour. A défaut d'augmenter la TVA de 5 points, François Fillon est parvenu en trois jours à faire remonter la gauche de 5 points !!! Chapeau bas, la performance n'est pas mince !!!

08:30 Publié dans Palais Bourbon express , PS , UMP | Lien permanent | Commentaires (23) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, législatives 2007, Juppé, Fillon, Royal, Gorce, Dutreil

dimanche, 17 juin 2007

Un enterrement et un divorce

medium_bourbon_express.jpgCette fois-ci c'est sûr, le chiraquisme est définitivement mort. Un mois après le départ de Jacques Chirac de l'Elysée, c'est au tour du "meilleur d'entre eux" d'être mis dehors par les électeurs, après l'avoir déjà temporairement été par la Justice. Passé le côté pathétique de la défaite d'Alain Juppé et sa déclaration relativement digne, force est de constater que les électeurs bordelais ne semblent pas avoir digéré la manière pour le moins cavalière utilisée par Alain Juppé pour reprendre la mairie qu'il considérait comme son bien personnel.
Reste maintenant à savoir si François Fillon va assumer les règles du jeu qu'il avait lui-même écrites à un moment où la défaite d'un ministre passait pour de la science fiction : va-t-il accepter la démission du numéro 2 du gouvernement ??? Et si oui, qui va hériter de ce poste ???
Pas de doute, le Grenelle de l'environnement a déjà du plomb dans l'aile…

Outre la piteuse défaite d'un ministre en exercice, la soirée politique (people ???) a été marquée par l'annonce sur France 2 de la séparation du couple Royal/Hollande. Certes à première vue cette nouvelle n'a rien de politique, ni même d'intéressant, mais il y a fort à parier que cette information va devenir le sujet centrale de la vie à Solferino où de toute façon à part un congrès dans quelques mois et une crédibilité à reconstruire, le programme des années à venir n'est pas des plus chargés…

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samedi, 16 juin 2007

Fin de saison dans les urnes

medium_Carte_electeur.2.jpgPour la quatrième et dernière fois en quelques semaines, le jury du Top 3 ne proclame pas de palmarès pour ne pas troubler la sérénité du vote. Pourtant les prétendants une nouvelle fois ne manquaient pas à commencer par Eric Besson qui s’étale (se vautre ???) dans Gala… décidément la décence n’est vraiment pas le fort de ce personnage. De même Alain Juppé, ministre du Développement durable prenant l’avion pour inaugurer le TGV Est, aurait aussi mérité une belle médaille. Mais nul doute que ces deux habitués du podium auront très prochainement l’occasion de refaire parler d’eux dans le classement.

Bien sûr les législatives sont déjà pliées tant la vague UMP a été forte au premier tour.
Bien sûr le faux-pas de François Fillon, que vient de tacler le président de la République, sur la TVA sociale ne changera rien, ou si peu, au résultat final.
Bien sûr savoir si Alain Juppé et Arnaud Montebourg sauveront leurs sièges et si le PCF sauvera son siège, ça ne fait pas rêver comme suspense.
Mais un dernier petit effort, ne serait-ce que par principe et parce que le droit de vote est un acquis trop important s’asseoir dessus, n’oublier pas l’aller voter !!!

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vendredi, 15 juin 2007

Il faut sauver le soldat Montebourg

medium_bourbon_express.jpgTout va décidément très vite au PS, exception faite de la reconquête du pouvoir : après avoir fait barrage à la TVA sociale, grâce à un bandeau rouge, il s'agit désormais de sauver un éléphanteau qui bien qu'ayant barri comme un grand, voire même plus fort, depuis des années, est en train de réaliser qu'il n'a pas encore de défenses.
Heureusement pour Arnaud Montebourg, puisque c'est de lui qu'il s'agit, le PS est comme l'armée américaine (ou mexicaine si l'on compare le nombre de chefs à celui des militants…) et ne laisse jamais l'un des ses siens en territoire hostile. C'est du moins ce que peut laisser à penser le déploiement de forces sans précédent déclanché pour venir soutenir le députée sortant de a 6e circonscription de Saône-et-Loire en ballottage défavorable. Le ban et l'arrière ban du PS s'est ainsi relayé au côté du candidat Montebourg pour lui témoigner le soutien de son parti avec dans le désordre : le député de Paris Christophe Caresche, le député de l'Essonne Manuel Valls, le député européen Benoît Hamon, ainsi que Najat Vallaud-Belkacem, candidate face à Dominique Perben dans le Rhône, et ancienne porte-parole de Ségolène Royal, ou encore Christian Paul venu en voisin. Mais comme il fallait s'y attendre, en guise de soutiens, Arnaud Montbebourg a eu le droit à une sorte d'oraison funèbre à faire pâlir de jalousie le soldat inconnu. Manuel Valls a ouvert le bal en affirmant que la victoire ou la défaite d'Arnaud Montebourg serait "un symbole national, face à la volonté de l'UMP de mettre à genoux durablement la gauche", avant qu'emportés par leur élan, certains participants ajoutent ni plus ni moins que la rénovation du PS ne pourra se passer de son "esprit libre et résistant" (finalement quand Eric Besson fustigeait le culte de la personnalité qui s'est emparé du PS, il n'avait peut-être pas totalement tort…). Mais outre la sortie totalement décalée de Najat Vallaud-Belkacem, qui semble avoir du mal à réaliser que sa championne a perdu en assurant que "non, le projet de Ségolène Royal n'est pas mort le 6 mai au soir", la palme de journée revient sans contestation possible à Benoît Hamon qui a osé un superbe : "quand tout est confus à gauche, on a besoin d'une boussole, et Arnaud en est une". En voilà une belle idée de slogan à graver sur un bandeau rouge…

Les 450 autres candidats socialistes, dont une écrasante majorité mourront au champ d'honneur dimanche face à la puissance de feu de l'armée UMP, apprécieront sans nul doute la définition de l'égalité made in Solferino : tous les candidats sont égaux (devant la défaite), mais Arnaud Montebourg est un peu plus égaux que les autres…

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jeudi, 14 juin 2007

Argumentaire du PS, c'est un peu court jeune homme…

medium_PS_envers.jpgCette fois c'est sûr, les divergences sont passées et le parti est en ordre de bataille. Pas de doute, à trois jours du second tour des législatives, la méthode Coué fonctionne à pleins tubes rue de Solferino où le PS essaie de se convaincre que François Fillon a fait un faux pas de taille en annonçant la probable mise en place de la TVA sociale.
Même après avoir été désavouée par le bureau national, Ségolène Royal persiste et signe dans sa volonté de rapprochement avec François Bayrou au nom de soi-disant "logiques de simplicité des relations humaines dans la politique", voire même en invoquant la bienséance puisque selon elle, "la moindre des choses sur le plan de la correction humaine" de prendre contact avec le leader centriste, avant de lancer "un appel aux électeurs du MoDem". Mais cette différence de points de vue, de stratégie et de philosophie ne semble déjà plus être qu'une broutille puisque désormais "le seul et unique mot d'ordre" pour le second tour est d'appeler les électeurs à "voter socialiste contre la TVA à 24,6%" a annoncé le porte-parole du PS, Benoît Hamon, et qu'un bandeau électoral rouge va être diffusé dans les sections, à coller partout. S'il y a un bandeau à coller partout, rouge de surcroît, on est sauvé… Certes un slogan cela doit être simple et percutant, mais tout de même sur un sujet aussi important et complexe, le PS aurait pu faire un effort d'explication et de pédagogie. Mais les éléphants ont probablement mieux à faire, notamment disserter sur le sujet lancé par Manuel Valls : est-il "convenable" que François Hollande reste à la tête du PS jusqu'en 2008. En effet, que pèse la politique fiscale de France à côté de ce sujet digne du bac de philo ???

Sans doute aurait-il était politiquement plus fin pour le Premier ministre d'annoncer son intention, ou plutôt celle de Nicolas Sarkozy, d'augmenter la TVA de probablement 5 points (officiellement pas avant 2009) après le second tour des législatives. Mais vu la dynamique électorale en faveur de l'UMP ainsi que l'état de grâce du président de la République, le risque est minime. Sans compter qu'en mettant sur le coup Eric Besson, il condamne le PS à passer plus de temps à contredire son ancien "monsieur économie" devenu un menteur pathologique et qui accuse Ségolène Royal d'être favorable à la mesure qu'à expliquer les raisons de son opposition…

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mardi, 12 juin 2007

Il y a quelque chose de pourri au royaume de Solferino

medium_PS_envers.jpgL’ampleur de la déroute se suffisait à elle-même, mais cela n’a pas empêché le PS d’ajouter le ridicule à l’humiliation. Si contrairement aux sorties pathétiques du 6 mai au soir, les éléphants n’ont pas trop cherché à tirer la couverture à eux le 10 juin (faut dire que nombreux sont les pachydermes socialistes à ne pas être certains d’être reconduits par les électeurs), le 11 juin au matin est à marquer d’une pierre noire, ou d’une rose morte, rue de Solferino.
Le comble de la cacophonie a en effet été atteint en direct à la radio par le couple Hollande/Royal. Pendant que le premier, légitime quelques mois encore en sa qualité de premier secrétaire du parti, rejetait sur France Inter tout accord avec le MoDem en précisant qu’ "à chaque fois que nous sommes en situation d'être au second tour, nous resterons au second tour", sa compagne faisait part sur RTL de son intention de "prendre contact" avec François Bayrou avec qui elle partage "un certain nombre de valeurs". Outre le fait qu’elle met son compagnon dans une situation intenable lorsqu’il est obligé de réponde qu’il "n'empêche personne de parler avec qui que ce soit. Ils se sont déjà parlé notamment entre les deux tours de l'élection présidentielle", et sape le peu d’autorité qui lui reste encore, Ségolène Royal démontre ainsi, si besoin en était encore, qu’elle s’assoit sur le PS et son fonctionnement. Mais le plus affligeant est de la voir faire du pied de manière éhontée à un parti mort-né sur le plan électoral et qui en tout état de cause ne représente pas une réserve de voix suffisante pour sauver les meubles socialistes au second tour.
A peine l’ancienne candidate PS à la présidentielle a-t-elle donné le premier coup à François Hollande, que les anciens inféodés ont pris le relais pour mettre plus bas que terre le premier secrétaire. Ainsi Malek Boutih, afin de justifier son score minable que le prive de second tour, lance-t-il la curée envers son ancien protecteur avec un zèle et un empressement qui donnent envie de vomir : "c'est la responsabilité personnelle de François Hollande, qui était venu me chercher quand j'étais président de SOS Racisme, qui m'avait donné sa parole qu'il renouvellerait le PS, qu'il m'aiderait à être élu, et qui m'a envoyé au casse-pipe, comme on dit"…

Evidement, le PS n’en est pas encore au niveau du PCF, qui a sans doute livré le 10 juin au soir sa dernière grande envolée de langue de bois par la voix de Patrice Cohen-Seat, bras droit de la secrétaire nationale, qui s'est félicité du "redressement significatif" du résultat PCF par rapport au 1,93% recueilli au premier tour de la présidentielle par Marie-George Buffet, avant d’ajouter que "l'objectif d'un groupe parlementaire est réalisable" (dommage qu’il n’ait pas conclu son intervention en rappelant que le bilan de l’URSS est "globalement positif")…
Mais en fin de compte, la vraie surprise du premier tour est qu’un électeur sur quatre ait accordé sa voix à un parti socialiste qui n’a plus ni ligne, ni programme, ni leader (ni avenir ???)...

08:30 Publié dans Palais Bourbon express , PS | Lien permanent | Commentaires (42) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, législatives 2007, Hollande, Royal, Bayrou, Buffet, Boutih

lundi, 11 juin 2007

La glorieuse certitude de la politique

medium_bourbon_express.jpgCertes il reste un second tour dans six jours, mais la messe semble bel et bien dite. Les sondages, une nouvelle fois, ne s'étaient pas trompés. La vague bleue annoncée a pris la forme d'un tsunami et l'UMP devait disposer d'environ 400 députés dans la nouvelle Assemblée. S'il est rassurant de constater que les Français n'ont pas changé du tout au tout leur vote entre le 6 mai et le 10 juin, il est revanche inquiétant que près de 40% des électeurs ne se soient pas rendus aux urnes pour ce premier tour des législatives. Il est loin le sursaut démocratique dont les politiques se gargarisaient il y a encore un mois. En grands visionnaires Lionel Jospin et Jacques Chirac avaient eu le nez creux avec l'inversion du calendrier en 2002 : ils sont parvenus à retirer tout intérêt aux législatives qui ne sont désormais plus qu'une formalité destinée à donner une majorité importante voire pléthorique à un président de la République nouvellement élu et donc en plein état de grâce…
Bien sûr, il est toujours possible comme François Hollande d'y croire encore, ou de faire semblant d'y croire encore en lançant "un appel à la mobilisation de la gauche pour assurer un équilibre". Il est d'ailleurs à noter que pour la première fois depuis des mois pour ne pas dire plus tous les éléphants du PS, de Laurent Fabius à Dominique Strauss-Kahn en passant par Ségolène Royal, tiennent le même discours que leur premier secrétaire en parlant de "sursaut", de "mobilisation" et de "équilibrage"… Comme quoi dès qu'il ne s'agit plus de proposer des idées, ils sont capables de défendre la même ligne.
Cependant on ne saurait trop rappeler aux socialistes que compter sur les abstentionnistes pour sauver le second tour est un reflex de perdants…
Bien sûr il est toujours possible comme François Bayrou de remettre en cause le mode de scrutin qui amplifie la victoire de l'UMP en disant que "il n'est pas sain d'avoir des institutions qui ainsi portent les uns à un nombre de sièges probablement jamais atteint jusqu'à maintenant et n'offre aux autres qu'une représentation minorée, trop faible naturellement pour que l'équilibre soit réalisé à l'Assemblée nationale". Mais le scrutin majoritaire n'est sûrement pas seul en cause dans le fait que seule une dizaine de candidats de sa formation pourront se maintenir au second tour, la raison est sans doute plus à chercher du côté des électeurs et même en changeant le mode de scrutin, on ne change pas les électeurs.
Cependant on ne saurait trop rappeler à celui qui sera sans doute le seul député MoDem de la prochaine Assemblée qu'accuser le mode scrutin est un discours de perdant…

Tour n'est pourtant si mauvais dans le résultat de ce premier tour, la vraie bonne nouvelle est le score du FN. Avec 5% des voix, le parti d'extrême droite en plus de vivre sa seconde déroute électorale en un mois, est au bord de la ruine avec la baisse des subventions publiques (c'est tout de même triste que l'État verse de l'argent à un parti qui ne cesse de vomir sur ses principes…) que ce faible score va entraîner. En plus de tanguer politiquement au Paquebot, va aussi licencier…

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samedi, 09 juin 2007

Dura lex sed lex

medium_Carte_electeur.2.jpgComme à la veille des deux tours de la présidentielle, le jury du Top 3 a décidé, conformément à la législation en vigueur, de ne pas influencer le vote des électeurs dans la dernière ligne droite des législatives. C’est pourquoi, il n’y aura pas de classement cette semaine.
Pourtant les candidats au podium ne manquaient pas, comme Cécila Sarkozy, qui bien que n’ayant aucune fonction officielle, se fait payer un conseiller diplomatique (comme si un amant à New York ne lui suffisait pas) ou Vincent Bolloré qui caviarde un article sur les déboires de musiciens roms avec la police de l'aéroport de Roissy, dans Matin Plus au motif qu’il le trouve "extrêmement désagréable pour la France".
Mais, les vrais vainqueurs de la semaine auraient été les trop nombreux candidats à la députation ayant fait un passage par la case justice. Notamment, Alain Carignon, Patrick Balkany, Jacques Mellick, Alain Juppé ou encore Christian Vanneste. S’ils ne sont pas latinistes, il peuvent toujours demander à Rachida Dati, le sens de la citation latine dura lex sed lex. Et même s’ils peuvent toujours se réfugier derrière le fait qu’ils ont payé leur dette à société, on ne saurait trop leur rappeler, surtout à ceux de droite, que s’ils sont (ré)élus, ils voteront comme un seul gaudillot la loi sur les peines planchers… texte qui en plus de violer le fondement philosophique de droit pénal porte en lui l’idée qu’un condamné n’est sera plus jamais un citoyen
ordinaire !!!

N'empêche, même si le scrutin est sans doute déjà plié, n'oubliez pas de voter !!!

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jeudi, 07 juin 2007

Le MoDem, ou l’éloge du suicide politique dans la dignité

medium_MoDem.jpgLe sublime isolement dans lequel François Bayrou a placé ses troupes en mordant rageusement le main UMP (qui fut longtemps RPR) qui nourrissait son parti du temps de l’UDF, va coûter très cher au MoDem, tant sur un plan électoral avec la perte annoncé de son groupe à l’Assemblée, que sur un plan financier avec un important manque à gagner en terme de financement public. Mais il faut lui reconnaître une chose : quand le Béarnais va dans le mur, plutôt que de freiner, il accélère et il klaxonne… Une attitude pour le moins rafraîchissante dans un landernau qui sent plus jamais la naphtaline et le renfermé.

Alors que, François Hollande, qui a toutes les peines du monde à tenir la barre du radeau PS sur lequel tous les éléphants et les éléphanteaux rêvent de prendre sa place, se transforme en Shadock au sujet de l’attitude à adopter vis-à-vis du MoDem avec un "pompez, pompez plus" pathétique au sujet d’un éventuel accord électoral entre les deux formations, la réponse centriste est cinglante. "Il n'y pas d'accord national à avoir entre les deux tours avec le PS car on est dans les élections législatives", explique Marielle de Sarnez. Et d'ajouter :"si on arrive premier ou deuxième au premier tour, on est qualifié puis ce sont les électeurs qui choisissent". En quelques mots, la vice-présidente du MoDem vient de donner aux socialistes un magistral cours de politique électorale sous la 5e République, auquel vient s’ajouter un cours de morale politique : quitte à perdre largement une élection, rien ne sert de vendre son âme pour une alliance scabreuse, autant rester digne sur ses idées !

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mardi, 05 juin 2007

Vers une connexion bas débit entre le Modem et le PS ???

medium_bourbon_express.jpgL’opposition a traîtreusement profité que Nicolas Sarkozy assistait à l’enterrement de Jean-Claude Brialy, pour poser la première pierre (certes virtuelle) d’une terrifiante machine de guerre anti-UMP pour les législatives.
Ainsi François Hollande a-t-il pour un temps abandonné l’argument semble-t-il totalement contre-productif, de la nécessité pour les électeurs de faire barrage à une vague bleue pour insister sur le bilan de cinq années de pouvoir UMP en rappelant : "il me paraît nécessaire de rappeler qu'une élection législative, c'est aussi une évaluation d'un bilan, pas simplement une nouvelle phase. On finirait par oublier qu'il y a une majorité sortante, on croirait être un état quasiment révolutionnaire où un nouveau président sans aucun lien avec le précédent viendrait nous dire qu'il n'a rien à voir avec la politique qui a été menée depuis cinq ans".
Hélas, ce positionnement bon, bien que tardif, est aussitôt anéanti par la demie main tendue… au MoDem. Après l’annonce par François Bayrou que son parti "se prononcerait au cas par cas au second tour des législatives" au sujet d’éventuels désistement en faveur des candidats socialistes, le premier secrétaire du PS, tout en considérant que le MoDem "s'est mis dans une forme d'impasse", n’a pas totalement fermé la porte à des accords avec les centristes : "nous ne pouvons avoir des accords de désistement que si nous sommes d'accord sur un certain nombre de principes communs, de politiques communes" mais "rien n'est prévu". Bref, une nouvelle fois, comme lors de l’entre-deux tours de la présidentielle, le PS ne sait plus sur quel pied danser avec François Bayrou face auquel les socialistes jouent à une sorte de "je t’aime moi non plus", qui a toutes les chances de leur être aussi fatal le 17 juin que le 6 mai.

Pendant ce temps-là, et sans que l'opposition trop occupée à cafouiller de pseudo alliances bancales ne trouve rien à y redire, Brice Hortefeux tente de révolutionner les mathématiques. Le ministre de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale et du Codéveloppement, a demandé aux responsables des forces de l'ordre de procéder cette année à 125 000 "mises en cause pour infraction à l'entrée et au séjour des étrangers" devant la justice dans des enquêtes portant sur l'immigration irrégulière, avec pour objectif 25 000 expulsions avant décembre. Même en ajoutant à ce nombre les 2 500 départs volontaires aidés financièrement annoncés par le ministre, il n'en reste pas moins que 97 500 personnes seront "mises en cause" sans pour autant être expulsées. De deux choses l’une, soient elles ne sont pas en situation irrégulière et alors Brice Hortefeux avec ses nouveaux quotas atteint des sommets de démagogie, soit le ministre en dépit de ses rodomontades n’a pas les moyens de son affichage politique et dans ce cas il donnera amplement raison à Jean-Marie Le Pen qui qualifie ces annonces d’"imposture".

08:30 Publié dans Palais Bourbon express , PS , UMP | Lien permanent | Commentaires (20) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, législatives 2007, Sarkozy, Bayrou, Hollande, Hortefeux, Brialy

lundi, 04 juin 2007

A gauche, la défaîte ne vaut que si elle est partagée par tous

medium_bourbon_express.jpgCertes les sondages ne sont par définition que des sondages et il est de bon ton de dire qu'ils se trompent tout le temps. Mais à six jours du premier tour des législatives, la marge d'avance que possède l'UMP la met à l'abri de bon nombre de mauvaises surprises. Même si au lieu d'obtenir 450 sièges (sur 577) comme l'annoncent différentes enquêtes d'opinion, le parti du président de la République n'en recueillait en fin de comptes que 350, ce n'en serait pas moins une victoire écrasante qui lui assurerait de toute façon la majorité absolue à l'Assemblée nationale pour cinq ans.
Et ce ne sont pas les quelques cafouillages et imprécisions qui émaillent les dernières sorties médiatiques des ministres qui pourront y changer quoi que ce soit. Et cela pour une raison très simple : l'opposition n'a rien à proposer en échange. Que Dominique Strass-Kahn affirme que "la France mériterait une cohabitation" ou que Ségolène Royal exhorte les Français à "préserver l'équilibre de la République" (phrase qui au passage ne veut rien dire, à moins que le présidente de Conseil régional de Poitou-Charente ne préconise à la République un régime sans cholestérol accompagné de beaucoup de sport...), cela démontre sans l'ombre d'un doute que le PS n'a pas d'autre argument à proposer aux électeurs qu'une diaobolisation de l'Etat UMP. Comme si à peine un mois après avoir confortablement envoyé Nicolas Sarkozy à l'Elysée, les Français allaient accorder leur confiance à un parti auquel ils ont signifier le 6 mai qu'ils ne voulaient ni de sa candidate ni de son projet. Et comme si cela ne représentait pas déjà un handicap suffisamment sérieux, le parti socialiste se tire des balles dans le pied dès qu'il le peut, au risque de perdre quelques unes des rares circonscriptions qui lui sont acquises sans combattre. La 21e circonscription de Paris en est un des meilleurs exemples : Bertrand Delanoë menace d'une action en justice le député PS sortant, Michel Charzat qui non reconduit par le PS utilise une photo du maire de Paris dans sa propagande électorale (et dire que personne au PS n'a une seconde envisagé de poursuivre Georges Frêche en justice, alors même qu'il porte atteinte à l'ensemble des socialistes)...

Mais à la gauche du PS, la situation n'est pas plus reluisante. On n'ose à peine évoquer le PCF par respect pour ce vieux malade agonisant en espérant que la perte de son groupe parlementaire lui fera office d'euthanasie.
Les Verts, non contents d'avoir bu la tasse lors de la présidentielle, s'apprêtent à remettre ça les 10 et 17 juin après avoir refusé prétentieusement un accord électoral avec le PS. Leur secrétaire nationale, Cécile Duflot tente de se justifier : "nous avons présenté 560 candidats, le but n'est pas seulement de voir les sortants reconduits, mais aussi d'engranger le plus de voix possibles pour faire entendre la voix de l'écologie. Nous avons obtenu 576.000 suffrages au premier tour de la présidentielle, notre objectif est de doubler la mise". Il aurait été plus franc et plus digne de sa part d'avouer que son parti, comme ne nombreux autres ne présente des candidats que pour partir à la chasse au financement public : plus d'un 1,5 euros par an et par voix obtenues au premier tour ça fait réfléchir...
Quant à la LCR, par la voix d'Olivier Besancenot, à défaut de rêver au grand soir, elle rêve tout court, puisque que le facteur assure : "rien ne dit qu'on se prendra une gamelle à ces élections parce que je crois que les gens comprennent qu'il faut un contre-pouvoir au parti socialiste". Peut-être est-il temps de les prévenir que c'est l'UMP et non le PS qui est au pouvoir depuis cinq ans...

08:30 Publié dans Extrême-gauche , Les Verts , Palais Bourbon express , PS | Lien permanent | Commentaires (21) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, législatives 2007, Sarkozy, Royal, DSK, Duflot, Besancenot

mercredi, 30 mai 2007

La guerre du centre aura bien lieu

medium_UDF.jpgLa stratégie "ni droite ni gauche mais surtout pas UMP" menée par François Bayrou ne lui aurait-elle en définitive apporté qu'une (semi) victoire à la Pyrrhus ??? Son score du 22 avril est certes une belle performance, mais se révèle totalement inutile puisque contrairement à ses incantations tout au long de la campagne, ces 18,5% ne lui ont pas ouvert les portes du second tour. Pire la politique de la terre brûlée vis-à-vis de l’UMP pratiquée par le président de l’UDF semble bien avoir fermé les portes du Palais Bourbon à son tout nouveau MoDem.
D'ailleurs, même le dernier carré des fidèles a lâché en rase campagne pendant l’entre deux tours le centriste béarnais de plus en plus solitaire. Pas ingrat pour un sou, Nicolas Sarkozy a accueilli à bras ouverts ces ralliements en offrant au plus emblématique d’entre eux, Hervé Morin, le ministère de la Défense (mettre un déserteur à la tête des militaires, il fallait oser… c’est sans doute cela "la rupture tranquille"). Donc suivant un parallélisme des formes des plus logiques, face à la création du MoDem par François Bayrou, les ex-UDF ralliés à l’UMP annoncent la création du Nouveau centre (au niveau créativité, ils ne sont pas foulés…) pour occuper "l’espace qu’occupait l’UDF, c’est-à-dire un espace du centre dans la majorité présidentielle", à savoir le rôle ô combien envié de parti croupion de l’UMP. Et Hervé Morin de se fixer un objectif de 30 députés pour "être dans être dans une démarche de construction compte tenu de l'état du pays". Porté par son enthousiasme, il ajoute que "le centre sera capable de peser, à l'intérieur, sur une majorité présidentielle à dominante UMP : nous serons une force de proposition dans cette nouvelle majorité", alors que selon lui, "le MoDem deviendra progressivement une force d'opposition en concurrence du PS, qui n'a toujours pas fait sa mue".
Mais Hervé Morin finit tout de même par lâcher la vérité : "nous aurons un parti autonome, c'est-à-dire ayant accès au financement public". Voici donc sa vraie raison de ne pas adhérer à l’UMP (ce qui n’est pas incompatible avec le fait d’être de centre-droit puisque Valéry Giscard d’Estaing l’a fait) : la manne du financement public. Il a bien raison, quitte à se vendre autant que cela rapporte…

Pour contrer au mieux le MoDem, on ne saurait trop conseiller à Hervé Morin et ses amis (mais aussi à sa femme et son chauffeur qu’il a parachutés candidats…), à défaut d’avoir des candidats aussi charismatiques que Djamel Bouras ou la fille de Jack Lang, de changer le nom de leur nouvelle formation en Association démocratique sociale libérale : ADSL…

08:30 Publié dans Palais Bourbon express , UDF, MoDem, NC | Lien permanent | Commentaires (32) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, législatives 2007, Bayrou, Sarkozy, Morin, VGE, Lang

mardi, 29 mai 2007

Amnésie socialiste

medium_PS_envers.jpgTremblez candidats UMP aux législatives : ça y est le PS a enfin retrouvé sa combativité et un programme pour reconquérir son électorat en attaquant Nicolas Sarkozy sur sa politique et sur le fond de ses idées.
Bien entendu il s'agit d'une blague, certes mauvaise, mais malheureusement bien meilleure que les dernières sorties de la rue de Solferino pour essayer de contrer l'armada sarkozyste. En effet, alors que l'on est en droit d'attendre du PS un semblant de programme (au pire dans la droite ligne de celui dont les éléphants se revendiquaient durant la campagne présidentielle) ou des attaques contre les premières mesures annoncées par le gouvernement, notamment les quatre franchises en matière d'assurance-maladie ou l'annonce du report sine dine de l'allègement de la dette publique, les cadors du PS préfèrent attaquer bille en tête le président de la République sur le fait… qu'il participe à un meeting de son propre parti. Ils oublient simplement que François Mitterrand avait animé deux meetings, avant les législatives de 1986. Un tel trou de mémoire collectif serait-il le résultat d'un "inventaire" au Kärcher des quatorze années de présidence Mitterrand demandé en son temps par Lionel Jospin ???
Une fois n'est pas coutume, comment ne pas être d'accord avec Patrick Devedjian lorsqu'il affirme que "le président de la République est cohérent. Le projet qu'il a défendu à l'occasion de l'élection présidentielle, il le défend à l'occasion des élections législatives" ??? Le futur président du Conseil général des Hauts-de-Seine (gérer le département le plus riche de France, y a pire comme lot de consolation pour ne pas avoir eu de ministère…) est quoi qu'il en soit plus proche de la réalité que Bruno Le Roux, le secrétaire national du PS aux élections lorsqu'il attaque Nicolas Sarkozy en assurant que "peut-être qu'il y a besoin de sa voix aujourd'hui pour cacher la politique qui est en train de se mettre en place". On peut d'ailleurs lui retourner le compliment : peut-être les socialistes ont-ils besoin de taper à tort et à travers sur le président de la République pour cacher l'indigence de leurs propres propositions ???

Pendant ce temps-là, Dominique Strauss-Kahn entérine définitivement le fait que le PS, en plus d'avoir déjà perdu les législatives (il appelle d'ailleurs de ses vœux à ce que la défaite des socialistes aux législatives ne soient "pas trop cuisante"…), ne sera même pas capable de devancer les candidats du MoDem dans certaines circonscriptions. Il appelle donc à réfléchir "au soir du premier tour, dans les circonscriptions où le candidat de gauche est éliminé, laissant face à face un UMP et un MoDem en fonction de la personnalité du candidat centriste, à un soutien du parti socialiste au candidat MoDem pour battre Nicolas Sarkozy".
Décidément au PS les repères gauche/droite sont en train de voler en éclats avec une nette tendance de certains à se déplacer vers la droite (et à confondre sciemment social-démocratie et démocratie chrétienne). Sans doute ont-ils fait une croix sur les chances de la gauche de revenir au pouvoir dans les décennies à venir et, prenant exemple que Eric Besson, commencent à préparer un pitoyable passage de frontière idéologique en caressant l'espoir d'un (sous) maroquin…

08:30 Publié dans Palais Bourbon express , PS | Lien permanent | Commentaires (44) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Politique, législatives 2007, Sarkozy, Devedjian, Mitterrand, Besson, DSK

vendredi, 25 mai 2007

Le Pen gagnera une élection cette année...

medium_FN.jpgUn mois après avoir été mis KO sans le voir venir par le résultat du premier tour de la présidentielle, Jean-Marie Le Pen tente un ultime retour en annonçant sa volonté de conserver la tête du FN lors du congrès du parti qui se tiendra en novembre.
Ironisant sur la situation actuelle du PS, le président du FN rappelle ainsi que même sonné, au Paquebot, le chef reste le chef, même à près de 80 ans : "il va y avoir un congrès au mois de novembre, où je représenterai ma candidature. À l'inverse du PS, au Front national le chef est incontesté pour l'instant". Il a cependant tort de tirer sur l'ambulance Solferino, surtout qu'il ne fait aucun doute que ce nouveau mandat (que l'on espère enfin être celui de trop) n'a pour unique but de sauver son parti au bord de la guerre civile entre partisans de sa fille et ceux du numéro 2, Bruno Gollnisch… Et le combat qui s'annonce (qu'il le veuille ou non Jean-Marie Le Pen n'est heureusement pas éternel) sera à n'en pas douter au moins aussi sanglant que ce que l'on peut observer au PS.
Mais pour l'instant, le 4e homme de l'élection présidentielle de 2007 se permet encore de fanfaronner en affirmant que Nicolas Sarkozy "n'a pas complètement siphonné" son électorat (s'il a raison, cela est rassurant et prouve que 1,5 millions de Français se sont détournés d'eux-mêmes de ses thèses nauséabondes…). Et se permet de l'attaquer bille en tête : "M. Sarkozy et son Premier ministre sont des joggers. Ils veulent donner l'impression qu'ils cravachent, qu'ils courent et que nous allons voir ce que nous allons voir".
Il ne prend de toute façon aucun risque : quel que soit le résultat de ses candidats les 10 et 17 juin, il pourra toujours accuser le mode de scrutin de priver son parti de représentation parlementaire et ainsi tenter de passer une nouvelle fois pour une victime…

Étrange coïncidence, le jour où le vieux leader d'extrême droite annonce son intention de différer sa retraite, la Commission européenne contre le racisme et l'intolérance s'inquiète, dans son rapport d'activité pour 2006, de "l'intensification du climat d'hostilité envers les musulmans et de l'antisémitisme de plus en plus répandu dans de nombreux pays européens". Selon la commission, "l'utilisation d'arguments racistes et xénophobes dans le discours politique augmente et les discours xénophobes vivent leurs beaux jours dans les pays où le passage à une société multiculturelle suscite des peurs qui rencontrent un écho, dans un contexte de crise économique et de mondialisation posant, pour beaucoup de citoyens, la question de l'identité nationale". Vous avez dit "lepnisation" des esprits ???

08:30 Publié dans Extrême-droite , Palais Bourbon express | Lien permanent | Commentaires (23) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, législatives 2007, Le Pen, Gollnisch, Sarkozy

jeudi, 24 mai 2007

Docteur Fillon, Mister François

medium_ump_pmu.jpgCôté pile, le Premier ministre ne manque pas de panache lorsqu'il met, certes trop de risque vue l'état de l'opposition, son bail à Matignon en jeu en assurant que "la logique, quand on est battu, cela veut dire qu'on n'a pas le soutien du peuple, on ne peut pas rester au gouvernement: c'est une règle que je m'appliquerai à moi-même puisque j'ai décidé d'être candidat à l'élection législative". De même il assume pleinement son rôle de fusible au service exclusif du président de la République, ce qui est trop rare pour ne pas être noté en assurant : "la présidentialisation, c'est ce que je souhaitais" avant d"ajouter : "c'est une hypocrisie de penser que le président de la République n'est pas engagé dans la politique intérieure. Ce que je souhaite et ce que souhaite Nicolas Sarkozy, c'est qu'il y ait une unité de commandement, qu'il y ait un patron qui aille défendre ces orientations devant l'opinion publique et qui soutienne le gouvernement, le Premier ministre et les ministres". Enfin François Fillon démontre toute à la fois une certaine idée de France et une réelle volonté d'agir en comparant la France à une F1 qu'il faut "conduire au maximum de ses capacités pour qu'elle soit au premier rang de la compétition internationale, en même temps ménager sa mécanique et ne pas sortir de la route".

Côté face, celui que ne cache son amour pour le sport automobile, nous gratifie tout de suite d'une belle sortie de piste en confondant vitesse et précipitation "on n'a vraiment pas le temps de réfléchir, on n'a pas le temps d'attendre, on n'a pas le temps de prendre notre temps, il faut aller vite". Cela nous promet de belles réformes, certainement rapides mais probablement mal ficelées. De même, il n'hésite pas à s'asseoir sur le principe de nom cumul entre fonctions ministérielles et exécutifs locaux, règle de bon sens vu la charge de travail que représente un ministère, pourtant mise en œuvre sous Jacques Chirac.
Tout aussi grave, alors qu'il se présente comme le chef de la majorité présidentiel