lundi, 07 avril 2008

Le MoDem de Bayrou de plus en plus alternatif

medium_MoDem.jpg"Je réfléchis, je n'en sais rien" assure François Bayrou quand à son vote sur la motion de censure déposée par le groupe PS. Et on le comprend : voter pour, contre ou s’abstenir cela fait beaucoup de choix possibles… et comme contrairement aux municipales, le président du MoDem n’a le droit qu’à un seul positionnement son trouble ne peut qu’être à son paroxysme.
Mais surtout, le texte de la gauche, les Verts et le PCF s’y associant, ne l’aide pas puisque comme il le dit lui-même, "sur la politique économique et sociale, il s'agit de dire grosso modo qu'il ne faut pas faire d'économies, et je suis en désaccord", alors que sur l’Otan, contraire, il ajoute : "je suis profondément d'accord, si la motion ne portait que sur l'Otan, je la voterais", pour condamner la "dérive atlantiste" de Nicolas Sarkozy.
Pas de doute la politique c’est difficile… surtout pour un centriste dès qu’il faut faire un choix. Et celui vers lequel s’oriente François Bayrou sent l’abstention à plein nez. Abstention qui du fait du décompte des voix lors d’une motion de censure équivaut à un soutien à peine masqué au gouvernement !!! Un positionnement qui commence à lasser y compris au sein du son dernier carré de fidèles, comme Jean Arthuis, qui lui au moins s’assume de centre-droite, et qui affirme que "l'UDF n'est pas morte" pour expliquer son départ du MoDem en ajoutant que "si nous ne pouvons retrouver notre liberté à l'amiable, nous étudierons les voies juridiques de le faire"…

Ce à quoi François Bayrou réplique qu’il sait qu’"on ne gouverne pas un parti comme une secte. Le MoDem, ce n'est pas le Temple solaire. C'est une phrase que j'ai entendue mille fois à mon propos".
En effet, la principale différence entre une secte le MoDem c’est qu’une secte a des adeptes…

mercredi, 13 juin 2007

TVA sociale tu perds ton sang froid

medium_logo-pmu.JPGLes mesures fiscales annoncées par le Premier ministre (notamment la défiscalisation des heures supplémentaires, le bouclier fiscal et la réforme de l’ISF) coûteront 11 milliards d’euros dès cette année, puis 15 milliards en année pleine. Ces chiffres étant issus du Figaro, on ne peut les soupçonner d’être surévalués dans le but de nuire au gouvernement. Au vu de l’état des finances publiques, il ne fait donc aucun doute, en dépit des démentis de plus en plus mous des ministres interrogés, que se profile d’une manière ou d’une autre une hausse des prélèvements obligatoires pour éponger le passif créé par ces cadeaux à l’électorat dit naturel de l’UMP.
Et quoi de mieux que de faire financer les avantages accordés à une petite minorité par l’ensemble des citoyens ??? Rien à en croire François Fillon qui confirme vouloir "ouvrir le chantier de la TVA sociale". Rien que l’idée d’évoquer la TVA pour rembourser le manque à gagner du bouclier fiscal ou de la réforme de l’ISF est en soi une provocation, mais le plus beau reste à venir, puisque le mécanisme dit de TVA sociale consiste à basculer une partie du financement de la Sécurité sociale des entreprises vers les ménages, via une baisse des cotisations patronales et une hausse simultanée de la taxe sur la valeur ajoutée. Bref, il s’agit financer une nouvelle baisse des charges accordée aux entreprises par une hausse de la TVA, donc de faire financer la baisse des charges patronales par les salariés eux-mêmes… Ce qui permet au Premier ministre d’affirmer sans fausse pudeur, mais également, bien plus grave, sans honte, qu’il "ne s'agit d'augmenter la TVA pour boucher les trous occasionnés par nos dépenses publiques et sociales", mais de trouver "comment financer nos politiques sociales tout en allégeant notre coût du travail". Il peut arrêter de chercher tout de suite, la solution tient dans l’énoncé de sa question : en faisant peser le financement sur les salariés et les consommateurs.

Pendant que le ministre des Finances, Eric Woerth, qui après s’être fait taper sur les doigts par Nicolas Sarkozy il y a quelques semaines en annonçant que certaines de ses promesses n’étaient pas tenables, tente de calmer le jeu en affirmant qu’ "il n'y a pas d'augmentation de la TVA dans les cartons du gouvernement" (c’est à croire que pour lui la TVA sociale ne compte pas dans le calcul de la TVA…), un centriste réussi l’exploit de déborder l’UMP sur ce sujet. Ainsi Jean Arthuis, le président, encore UDF, de la commission des finances du Sénat et ancien ministre des Finances d’Alain Juppé qui avait déjà augmenté la TVA de 2 points en 1995, propose ni plus ni moins une hausse de 5 points de la TVA dès l’an prochain !!! Mieux il s’agit selon lui du "seul moyen de redonner de la compétitivité à nos entreprises" puisque "la hausse de la TVA serait conditionnée à une baisse des charges pour les entreprises". Faire supporter la baisse des charges des entreprises par les salariés, il fallait y penser, Jean Arthuis a osé !!!