lundi, 14 avril 2008

C’est Giscard qui doit être déçu…

medium_chirac.jpgJacques Chirac "est sorti hier en début d'après-midi. Il a regagné son domicile, en bonne forme. Les médecins lui ont conseillé quelques temps de repos. Son agenda sera allégé pendant deux semaines". Et son entourage de préciser que "son agenda sera allégé pendant deux semaines". Bref, messieurs les juges si vous souhaitez l’entendre ou l’interroger, merci d’attendre 15 jours… de toute façon les affaires du RPR remontent à 20 ans, alors on n’est plus à deux semaines.
Une fois remis, l’ex-VRP des produits français se rendra en Chine, destination à la mode cette année. Espérons qu’en tant qu’ancien président de la République (et oui comme le temps passe…), il osera parler un peu droits de l’Homme aux autorités de Pékin… à moins qu’il ne décide d’emmener avec lui son ami David Douillet qui lui ne manquera que présenter les plus plates excuses de la France pour les légères perturbations qui ont émaillé le passage de la flamme olympique à Paris en dépit du badge hyper revendicatif (au slogan limite hardcore) dont il était à l’origine.

Mais s’il est une personne qui doit avoir du mal à se réjouir de la sortie de l’hôpital de Jacques c’est bien Valéry Giscard d’Estaing qui va devoir continuer à partager avec son meilleur ennemi son dernier "titre", celui d’Ex…

mercredi, 20 février 2008

Trotski réveille toi, ils sont devenus fous

medium_rid-t-shirt.jpgLe 20e siècle a pris fin le 19 février 2007, jour qui a vu à la fois Fidel Castro abandonner le pouvoir à Cuba et Lutte ouvrière faire listes communes pour les élections municipales avec le PS et le PCF.
Cela faisait déjà quelques mois que LO envisageait de virer sa cuti, alors qu’en 2002 Arlette Laguiller se refusait à appeler à voter Jacques Chirac au second tour de la présidentielle pour faire barrage à Jean-Marie Le Pen. Quel chemin parcouru en cinq ans par le parti (la secte ???) trotskiste, qui en plus d’avoir divisé par trois son score à la présidentielle, accepte désormais "dans presque 65 villes de faire des listes d'union : dans 40 % des cas la tête de liste est du Parti socialiste, dans 60% des cas la tête de liste est du Parti communiste". Et dire qu’il y a encore peu de temps, le PS représentait à leurs yeux la gauche qui trahit et qui se vend aux patrons sur le dos des travailleurs et que le PCF n’était rien de moins que l’ennemi intime stalinien…
Cette décision est déjà étonnante, mais sa justification dépasse l’entendement : "on ne peut pas être dans ces municipales sur des listes avec la LCR qui sont des espèces d'étapes dans la construction d'un parti auquel nous ne voulons pas participer". Et oui, les trotskistes de LO refusent de se mélanger avec la LCR qui essaie de fédérer la gauche de la gauche en une force unique, tout cela pour ne pas perdre sa pureté doctrinale au sein d’"un parti un peu attrape-tout, pour ceux qui se disent les orphelins des partis, mais qui veut renoncer à certaines choses auxquelles on tient, nous : le marxisme, le trotskisme". Tout comme les sociaux-démocrates, ou sociaux-traitres pour les intimes, devaient dans les années 1930 être encore plus farouchement combattus que les fascistes, mieux vaut désormais, pour LO, faire officiellement alliance avec les ennemis (mortels dans tous les sens du terme pour certains qui résident place du colonel Fabien) d'hier que de faire parti commun avec la LCR pourtant d’obédience trotskiste… Décidément on comprend mieux pourquoi les mouvements d’extrême gauche insistent autant sur la formation de leur militants : il faut plus que quelques cours du soir comprendre et assimiler une telle stratégie…

Mais finalement, les choses pourraient être pires pour la gauche de la gauche : Nicolas Sarkozy pourrait proposer que les collégiens apprennent par cœur les œuvres de Che Guevara ou récitent les meilleurs pages du Capital...


lundi, 11 février 2008

Bal tragique à Neuilly : un mort

4109f82688e84cec454b566553e2af19.jpgCe qu'il y a de bien quand on est président de la République (en plus de pouvoir se payer des Rolex et de pouvoir épouser un ancien mannequin), c'est quand plus rien ne va politiquement et que les sondages deviennent catastrophiques, on peut s'imposer à 20 heures sur les principales chaînes nationales pour y vanter son action de façon éhontée sans la moindre contradiction. Et c'est peu de dire que Nicolas Sarkozy l'a compris comme le prouve son hallucinante sortie sur le Traité de Lisbonne : "par ce succès, car c'est un succès, la France est de retour en Europe. Elle y a retrouvé son influence, sa capacité à faire valoir son point de vue, ses valeurs et le rôle moteur qui avait toujours été le sien par le passé". Si le vote d'un traité le met dans cet état on peut être inquiet par avance de l'effet que produira sur le chef de l'Etat le fait de présider pendant 6 mois l'Union européenne à partir du 1er juillet…
Mais la dernière fanfaronnade télévisuelle de Nicolas Sarkozy ne parvient pas à masquer que le sarkozyme est proche de la déliquescence y compris dans son propre fief de Neuilly. Pire la campagne municipale est en train d'y tourner à la farce familiale avec pour dindon de la farce un David Martinon qui est à deux doigts de tout perdre pour ne pas avoir assimilé une caractéristique fondamentale de Nicolas Sarkozy (c’est pas la peine d’être porte-parole de l’Elysée pour aussi mal en connaître le locataire…) : la traîtrise et le lâchage en règle dès que les sondages baissent. Et visiblement tout cela est héréditaire.
Ainsi alors qu’il avait été désigné, envers et contre tout (notamment la démocratie interne de l’UMP si tant est que cela existe), comme son successeur par le père, David Martinon est aujourd’hui désavoué par le fils qui déclare : "nous avons décidé de conduire la liste de rassemblement pour les élections municipales à Neuilly, afin de faire cesser les divergences au sein de la majorité présidentielle sur notre commune". Jean Sarkozy, pourtant jusqu’alors colistier de David Martinon, enfonce le clou en ajoutant : "cette décision résulte d'un certain nombre de désaccords majeurs avec David Martinon", avant de conclure : "Neuilly demande des gens qui y sont attachés profondément, qu'elle connaît, dans lesquels elle a confiance". Des propos qui résonnent comme un échos à ceux de Nicolas Sarkozy en 1994 prenant parti pour Édouard Balladur contre Jacques Chirac. D’autant plus que Neuilly étant considérée comme son bien personnel par le président de la République (qui l’avait conquise à la hussarde), il ne fait aucun doute que le putsch du fiston a reçu l’aval du papa. Sans pour autant (et loin de là) défendre David Martinon, on ne peut que souhaiter à la famille Sarkozy un échec aussi cinglant que celui de la présidentielle 1995, tant la méthode est détestable et indigne de la fonction présidentielle !!!

Et dire qu’en septembre dernier le président de la République imposait son porte-parole (pour combien de temps encore ???) comme tête de liste en assurant, dans son style si particulier fait d’empathie et de prétention, que cette oukase présidentielle n’était pas le "pas le fait du prince". En ajoutant sans rire : "j'ai une fidélité à assumer et quelqu'un qui part sans préparer sa succession, c'est quelqu'un qui n'est pas à la hauteur"…

lundi, 04 février 2008

Sarkozy, ce sont les chiraquiens qui en parlent le mieux…

image : timeomedium_Sarko.JPG
Ça y est c’est fait !!! Depuis que la France et l’Europe vu la nationalité de la mariée, attendaient fébrilement cette annonce : Nicolas Sarkozy s’est en un peu rapproché de son rêve de strass en épousant une membre de la grande famille du showbiz qui brille en la personne de Carla Bruni. Nulle doute que ces noces, célébrées à l’Elysée vont mettre du baume au cœur de millions de Français qui ont de quoi se sentir cocus depuis le 6 mai 2007, date à laquelle ils avaient crus voter pour le candidat du pouvoir d’achat (le leur et non pas uniquement le sien).
Bien sûr les esprits chagrins ne peuvent s’empêcher d’essayer de gâcher la liesse populaire d’une intensité qu’on avait pas connu depuis le mariage du Dauphin et de Marie-Antoinette, en faisant leurs gorges chaudes des mauvais sondages qui e succèdent à un rythme effréné. Mais Claude Guéant, le secrétaire général de l’Elysée (qui en d’autres temps aurait veillé au petit et au grand lever du roi à Versailles) rappelle ces cassandres gauchisants à la réalité : ces sondages, loin d’être négatifs, expriment au contraire qu’"il y a une impatience qui se manifeste, c'est vrai. Mais il y a aussi une confiance très importante qui se maintient. La soif de changement reste intacte dans notre pays, à des niveaux très élevés". Et d’ajouter, sans rire (ce qui est une performance) : "il faut en être conscient, plus on fait de changement, plus les Français attendent des résultats. Il faut un certain temps pour faire les choses, il n'y a pas de baguette magique". Si après cela le bon peuple n’est pas rassuré, il n’a plus qu’à manger de la brioche…
Que la piétaille inculte doute par instant du génie de son président passe encore, puisque comme le disait Polpot "un peuple ça s’éduque". Mais quand les attaques, perfides, viennent des chiraquiens, la cour sarkozienne ne sait plus trop quoi répondre. Il faut dire que sous ses allures de nouveau "Sage" et ses airs de ne pas y toucher, Jean-Louis Debré a sorti la grosse artillerie. D'une première salve il exécute Claude Guéant et Henri Guaino : "je suis peut être un peu ringard mais pour moi un conseiller c'est quelqu'un qui ne s'exprime pas publiquement et ne cherche pas à exister médiatiquement". La deuxième attaque vise ensuite directement Nicolas Sarkozy au cœur : "à partir du moment où vous avez reçu une mission du peuple, quelle que soit cette mission, il y a une certaine tenue à avoir. L'autorité de l'Etat et la légitimité conférée par le peuple supposent une certaine retenue et une certaine dignité dans la fonction". Et d'ajouter qu’"il faut faire attention à ne pas désacraliser les fonctions officielles, quelles qu'elles soient, quel que soit le titulaire. Il faut éviter toute dérive. Nos institutions confèrent un certain statut. Il ne faut pas abandonner ce statut", avant de conclure par la comparaison assassine : "aussi bien de Gaulle que Pompidou, Giscard, Mitterrand ou Chirac ont eu une certaine conception du rôle de président de la République. Cette conception était avec une certaine retenue"…

Il est simplement dommage que la seule vraie opposition politique crédible vienne du président du Conseil constitutionnel, alors qu’un soi-disant grand parti de gauche de gouvernement est censé loger rue de Solferino…

mardi, 08 janvier 2008

Apprenons à lire les sondages avec le professeur Fillon

2ab9a65aea67d4a941dbd4509b4992f6.jpgEn attendant la conférence de presse du président de la République, qui en guise de rupture nous fait repasser de l'ère Chirac à l'ère de Gaulle, c'est au Premier ministre que revient la tâche ingrate de se coltiner les explications sur la chute présidentielle dans les sondages. Un sacerdoce que celui qui se définit lui-même comme un super directeur de cabinet et qui souhaite voir son poste disparaître exerce du mieux qu'il peut, quitte à se prendre les pieds dans le tapis.
Ainsi comme tout bon politique qui se respecte, François Fillon assure que "les sondages ne sont pas des juges de paix" et qu'ils ne disent pas ce que "seront les électeurs dans cinq ans" (ça tombe bien, la présidentielle est dans à peine quatre ans et demi). En effet, le passé récent lui donne raison, mais dans ce cas, pourquoi son parti politique et son gouvernement dépensent-ils (tout comme l'opposition…) des sommes astronomiques auprès des instituts de sondages ??? Et mieux, si les sondages ne servent à rien, pourquoi le Premier ministre qui doit réformer la France, retrouver la croissance, restaurer la sécurité et le plein emploi, perd-t-il du temps à les
commenter ??? Ce grand écart n'empêche pas François Fillon de faire du François Fillon en reconnaissant que "les sondages sont mauvais", avant de se reprendre en ajoutant : "enfin, c'est assez relatif. Parfois on a l'impression que certains ont envie que les sondages soient mauvais. Enfin, quand on les compare à ceux de nos prédécesseurs ils sont excellents". Certes au royaume des aveugles les borgnes sont rois, mais pas sûr que la "politique de civilisation" qui doit permettre la "renaissance" de la France soit bien engagée avec un Premier ministre qui réussit à faire dans l'autosatisfaction face des sondages en chute libre…
Et si certains lisent l'avenir dans le marc de café, le Premier ministre lit les envies profondes, voire refoulées, des Français dans les sondages en berne, qui selon lui signifient que "ce qui compte, c'est de mettre en place des réformes dans la durée. Il faut sortir de cette culture de l'immédiateté qui est peut-être trop souvent celle à la fois des médias et des responsables politiques. On veut évaluer les résultats des politiques avant même qu'elles aient été mises en œuvre !". Et de conclure que cette chute de popularité du couple exécutif (comprendre le président de la République et le Premier ministre et non la nouvelle compagne du premier cité…) signifie que "les Français sont impatients. Les Français ne refusent pas les réformes, ils veulent qu'elles aillent plus vite".

Mais François Fillon n'est pas le seul à savoir mieux qu'eux ce que pense les Français. Patrick Devedjian, pour qui "le président reste très haut", assure que la baisse de Nicolas Sarkozy dans les sondages est "sans aucun rapport avec le fait que le président prenne trois jours de vacances au soleil", ajoutant même : "on est vraiment au ras des pâquerettes, là !". S'il parle du pouvoir d'achat et de la réalisation de promesses de campagne du candidat Sarkozy, on ne peut qu'être d'accord avec lui. Ou mieux encore, on en arrive même au niveau des racines des pâquerettes…

lundi, 31 décembre 2007

Top 5 des champions de l’année 2007

2dfcee0c50791a677f00d435b748a6d5.jpgNombreux étaient les prétendants à une l’une des cinq places du palmarès de cette année particulièrement riche politiquement parlant. Le jury a donc eu la très difficile tâche de faire des choix cruels et probablement injustes en privant certain(e)s d’une place sans doute méritée sur ce podium, mais telle est la dure loi du sport (et de la politique). Néanmoins le classement final a fière allure. Il sera difficile faire mieux en 2008…

1/ Nicolas Sarkozy
A lui seul le président de la République aurait pu occuper les cinq places du classement tant cette année 2007 fut la sienne. L’homme qui a élevé le beaufitude en principe de gouvernement mérite amplement cette première place.
On l’imagine déjà montant à la tribune pour recevoir son prix (et surtout le chèque qu’il espère aller avec), sur un fond sonore de Carla Bruni, et remerciant ses sponsors : Rolex, Ray Ban, Bolloré, Gucci, l’Etat Libyen, la famille de Guy Môquet et bien entendu les contribuables français qui lui permettent de ne pas souffrir de la baisse du pouvoir d’achat grâce à une légère augmentation de 172%...

2/ Le parti socialiste
De sa candidate à la présidentielle, qui n’a toujours pas compris que même avec 17 millions de voix au second tour elle a perdu, à son premier secrétaire, qui ne tient plus (depuis déjà plus de trois ans) ses troupes, en passant par tous les éléphants et éléphanteaux, qui rêvent d’être calife à place du calife plutôt que s’atteler à une vraie rénovation du parti, le PS dans ensemble monte sur la deuxième marche du podium pour son xième échec collectif consécutif…
Et dire que s’ils gagnent les municipales dans quelques semaines, les socialistes se mettront sans doute d’accord pour ne rien changer lors de prochain congrès… cela donnerait presque envie de pleurer.

3/ Eric Besson
Une troisième place pour une trahison (et un ralliement en échange d’un (sous) ministère) qui a rabaissé la politique au niveau du caniveau.
Une place à l’HP aurait sans doute était plus bénéfique à la santé mentale fortement défaillante de l’intéressé…
(Cette troisième place, Eric Besson la partage un peu avec les autres félons, présents et à venir, notamment Bernard Kouchner, Jean-Marie Bockel ou encore Claude Allègre)

4/ Le Nouveau centre
En à peine sept mois d’existence le vrai faux parti centristo-sarkozyste s’est déjà fait un nom parmi les habitués du podium en présentant femmes et chauffeurs des députés sortants pour tenter d’obtenir, sans y parvenir, les 50 candidats nécessaires aux législatives pour bénéficier du financement public, puis en essayant de faire voter une loi rétroactive (rien que ça !!!) pour tenter, une nouvelle fois sans y parvenir, d’obtenir un financement public indu, avant de finir par passer un accord avec un parti d’outre-mer pour capter une part de ce financement.
On attend avec impatience leurs futurs exploits pour 2008, notamment en vue des municipales…

5/ Jacques Chirac
Étrange année pour celui qui a passé douze ans à l’Eysée : en plus de devoir quitter le faubourg Saint-Honoré pour faire laisser la place à son ennemi intime il retrouve son pire ennemi de 30 ans au Conseil constitutionnel avant d’être le premier ex-président de la République mis en examen.
Bref une année 2007 à l’image de sa carrière politique et une place sur la podium méritée pour l’ensemble de son œuvre !!!

mercredi, 05 décembre 2007

Partenaires sociaux ??? Connais pas…

Etre le conseiller social d'un président de la République qui croit avoir le pouvoir de décréter la croissance ou d'augmenter le pouvoir d'achat de tous les Français en "monétarisant" les RTT dont seule une minorité bénéficie (les chômeurs, les étudiants, les retraités et tous les salariés qui ne sont pas à 35 heures ou qui tout bêtement n'ont pas de RTT ont du apprécier à leur juste valeur – c'est-à-dire zéro euros – les annonces présidentielles), cela finit par monter au cerveau.
Ainsi Raymond Soubie, non content d'avoir osé déclarer sans complexe juste avant les grèves sur les régimes spéciaux de retraites qu'une grève dure serait une bonne chose pour le gouvernement parce qu'il s'agit de "la plus difficile des réformes puisqu'elle concerne ceux qui ont le pouvoir de blocage le plus fort, elle est donc un test important de la capacité à réformer. Si elle réussit, le reste suivra...", se permet désormais de donner des indications, pour ne pas dire des ordres, aux syndicats et aux organisations patronales qui négocient depuis des mois sur la modernisation du marché du travail. Il assure désormais : "le gouvernement fait confiance aux partenaires sociaux pour trouver entre eux les solutions et nous souhaitons une issue des négociations, positive ou négative, avant le 31 décembre". Avant d'ajouter, sans même imaginer une seconde que cette négociation puisse se conclure positivement, que "si les partenaires sociaux arrivent eux-mêmes à un constat d'échec, à ce moment-là l'Etat sera bien obligé, à partir de leurs travaux, de reprendre l'affaire pour légiférer tout seul, même si on ne le souhaite pas spécialement". Et de se justifier comme il peut : "c'est toujours beaucoup mieux d'avoir un accord sur des grands sujets, parce qu'il y a un consensus et que c'est mieux accepté que d'essayer d'imposer à la hache ou à la serpe des mesures tranchantes", en ne cachant même plus son intention "d'imposer à la hache ou à la serpe des mesures tranchantes"… Sans nul doute plus tranchantes pour les salariés que pour les employeurs…
Raymond Soubie, tout comme le président de la République, ferait sans doute bien de ne pas oublier que les partenaires sociaux sont entrés en négociation de leur propre initiative il y a plus d'un an (donc avant l'élection de Nicolas Sarkozy), sans qu'aucun gouvernement n'en soit à l'origine. Ce qui rend encore plus déplacée, nulle et non avenue sa tentative de fixer lui-même le cadre de cette négociation en affirmant que "l'objectif des négociations en cours n'est pas tellement de détricoter le Code du travail mais d'apporter dans les procédures de séparation, dans le code du travail, plus de simplicité, plus de lisibilité et aussi plus de sécurité juridique pour les différentes parties".

Sans compter que la loi de modernisation sociale votée sous Jacques Chirac, dont parait-il Nicolas Sarkozy fut ministre, impose de consulter les partenaires sociaux avant toute modification législative impactant le droit du travail. Moralité, le conseiller social de l'Elysée, plutôt que de jouer les gros bras, ferait mieux de laisser syndicats et patronat avancer dans leurs discussions : cette situation n'est pas suffisamment fréquente en France pour se permettre de briser élan (aussi modeste soit-il). A moins bien sûr de mépriser le dialogue social…

mercredi, 28 novembre 2007

C'est LO lutte finale…

medium_rid-t-shirt.jpgLéon Trotski doit se retourner dans sa tombe. L'impensable est en train de se produire. Le seul, l'unique, le vrai parti des travailleurs, celui-ci toujours si prompt à fustiger la gauche "qui trahit", celui dont l'égérie médiatique n'hésitait pas en 2002 à refuser de faire barrage à Jean-Marie Le Pen pour ne avoir à appeler à voter en faveur du candidat bourgeois Jacques Chirac, s'apprête à passer des accords électoraux avec les sociaux-traitres.
En effet Lutte Ouvrière avoue avoir pris des contacts "avec tout le monde" à gauche en vue des municipales. Ainsi, à La Courneuve, les militants de LO "ont même accepté l'hypothèse d'une fusion de liste avec le PS au second tour". Mais aux sociaux-traitres vendus à la bourgeoisie du PS, les trotskistes de LO préfère néanmoins l'ennemi intime stalienien, mais néanmoins de gauche, puisque le mot d'ordre est tout de même "ne pas nuire au PCF là où le PS veut lui prendre la mairie". Malgré tout le mal est fait à entendre l'argumentaire LO : "gérer une municipalité ne nous gêne pas". "Gérer", quel ignoble mot capitaliste. Et pourquoi pas manager pendant qu'on y est ???
"Nous n'offrons pas nos services au PS, mais là où la gauche peut être supplantée par la droite ou regagner une municipalité, nous discutons. Nous ne voulons pas que notre score puisse favoriser la droite", se justifie George Kaldy de la direction de LO. Une attitude qui peut paraître de bon sens. Surtout qu'il ajoute que ce revirement (reniement ???) est la conséquence d'un "changement de contexte politique : en 2001, on n'avait pas envie de cautionner la gauche au pouvoir. L'élection de Sarkozy et son offensive générale contre les travailleurs ont changé la donne". Rarement aveu (en attendant l'autocritique ???) n'aura été aussi accablant pour Lutte Ouvrière qui, sans doute lassée d'attendre éternellement le Grand soir, reconnaît implicitement amorcer sa mutation vers une politique des petits. Bref LO est en train de virer, ô horreur suprême, sociale-démocrate. A défaut d'avoir noyé Marx dans le Coca, l'économie de marché sera au moins parvenue, en 2007 en France, à noyer Trotski dans Solfé… On a les triomphes qu'on mérite.

Mais pas sûr que cela permette au PS de gagner quoi que ce soit en lisibilité et en clarté. Surtout quand dans le même temps Marie-Noël Lienmann s'affiche avec Nicolas Dupont-Aignan et que Laurent Fabius abandonne son gauchisme de façade de ces dernières années au profit de l'écologie marketée

samedi, 24 novembre 2007

Top 3 des champions de la semaine 89

medium_top3_hebdo.gifSans surprise le classement est cette semaine écrasé de toute sa class par un "ex" qui prouve que lorsque l’on a du talent, on ne le perd pas avec l’âge ni avec la retraite. Les deux autres marches du podium sont squattées par les frères ennemis du centre (droit ???) qui bien que séparés depuis l’élection du Nicolas Sarkozy ne sont pas si différents que cela.

1/ Jacques Chirac
Mis en examen pour "détournement de fonds publics" (une grande première en France qui a elle seule vaut la médaille d’or), l’ancien président de la République a affirmé sur TF1 : "je vais me battre à la fois pour la vérité et pour mon honneur".
Pour qui est de la recherche de la vérité, on ne saurait trop conseiller à Jacques Chirac, tout en respectant il va sans dire la présomption d’innocence, de faire attention justement à ce qu’elle ne lui explose pas à la figure…
Pour ce qui est de "se battre pour son honneur", comme dit le proverbe : "chacun se bat pour ce qui lui manque le plus"…

2/ Le Nouveau centre
Les centristes ralliés à Nicolas Sarkozy sont en passe de devenir de grands habitués du podium. Après s’être allié à un parti d’outre-mer pour toucher de subventions publiques que leur score aux législatives ne leur permet pas, le groupe NC à l’Assemblée nationale, par la voix de son président, François Sauvadet, a osé lancer un appel à la "responsabilité syndicale" pour l'ouverture de négociations et l’arrêt des grèves dans les transports.
La "responsabilité syndicale" est sans nul doute nécessaire en France, mais cette demande venant de députés qui ont osé sans la moindre décence présenter une proposition de loi rétroactive pour essayer de grappiller de l’argent public est hallucinant. On se demande quelle peut bien être leur définition de la "responsabilité politique"…

3/ François Bayrou
Dans la série "faites ce que je dis mais pas ce que je fais", le président du MoDem fait aussi fort ou presque que ses ex-amis du NC. Alors que dans son programme présidentiel il affirmait "la République nouvelle doit adopter le principe du mandat unique pour les députés", six mois plus tard, il annonce sa candidature à la mairie de Pau.
Or voilà, il est déjà conseiller général des Pyrénées-Atlantiques ainsi que député du même département… Mandat unique
disait-il ??? Contrairement à la ligne politique (marketing ???) affichée par Frabnçois Bayrou, sur ce point précis, le MoDem ne semble pas le moins du monde différent de la droite et la gauche.
(merci à Lancelot pour l’info)

jeudi, 22 novembre 2007

Chirac entre dans l'Histoire par une mise en examen

medium_chirac.jpgQuel homme !!!
Lui seul pouvait éclipser le même jour le début des négociations à la SNCF et la remise de la Grand Croix de l'Ordre national du mérite à François Fillon. Bref lui seul est en capacité de faire de l'ombre à Nicolas Sarkozy. Lui c'est bien entendu Jacques Chirac qui vient de réussir un coup double magistral : voler la vedette à son successeur honni à l'Elysée tout en entrant dans l'Histoire en étant le premier ancien président de la République… mis en examen.
Même si son avocat tente de sauver les meubles en affirmant que Jacques Chirac "n'est pas forcément mécontent d'avoir pour la première fois l'occasion de s'expliquer sur ce dossier", nul doute qu'il se serait bien passé de cette mise en examen pour "détournement de fonds publics" pour avoir fait recruter à son cabinet de maire de Paris, entre 1977 et 1995, des dizaines de "chargés de mission" payés sur fonds publics. La preuve, il s'est senti obligé de se défendre dans une tribune publiée dans Le Monde où il assure que "jamais les moyens de la Ville de Paris n'ont été mis au service d'autres ambitions que d'agir pour les Parisiennes et les Parisiens", tout en reconnaissant tout de même que certains des employés ne travaillaient pas pour la ville Paris mais pour "faciliter la coordination et l'exercice de ses fonctions" de député et de conseiller régional de Corrèze. Les contribuables parisiens seront heureux apprendre que leurs impôts servaient en partie à financer les "légitimes autant que nécessaires" opérations corréziennes de leur maire de l'époque…
Mais si la défense de l'ancien président de la République ne parait tout à fait convaincante, que dire des soutiens aussi mortifères qu'embarrassants de ses amis. Si l’ancien président du Conseil constitutionnel Pierre Mazeaud, se contente d'un "c'est un peu tardif de remettre ça, les Français ont d'autres soucis que de revenir 20 ans, 30 ans en arrière", François Goulard ose un magnifique "Jacques Chirac est quelqu'un qui est profondément honnête, qui a un grand sens de l'Etat". Mais la palme revient sans doute à Yves Censi qui assure que "ses collaborateurs, ils les a toujours recrutés pour mener à bien l'exercice de ses mandats". Bravo pour ce superbe soutien qui confirme que Jacques Chirac pratiquait le mélange des genres et de comptes entre ses différents fiefs dans son seul intérêt…
De son coté, la sarkozyste de choc Nadine Morano n'est pas aussi indulgente en affirmant que "personne n'est au-dessus des lois dans notre pays" avant de commenter l'attitude de Jacques Chirac comme celle d'un condamné à mort se dirigeant vers l'échafaud avec "le sens de la dignité et du devoir". Sans doute aveuglée par sa haine, la porte-parole (aux accents de poissonnière) de l'UMP a-t-elle oublié que, comme le rappelle sobrement François Hollande, "ce n'est pas parce que l'on a été mis en examen qu'on est coupable".

En effet, et heureusement, la présomption d'innocence s'applique à Jacques Chirac (qui est bien présumé avoir été président de la République pendant 12 ans…) comme à tout citoyen, mais une mise en examen pour quelqu'un qui vient de faire son entrée au Conseil constitutionnel pour juger de la validité des lois, cela fait tout de même un poil désordre…

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