jeudi, 10 avril 2008
NKM : j’appuie sur la gâchette… puis je m’excuse
Pour Jean-Pierre Chevènement, "un ministre ça ferme sa gueule ou ça démissionne".
Pour François Fillon, une ministre ça l’ouvre, ça s’excuse pathétiquement et ça reste en place. "L'incident avec Nathalie Kosciusko-Morizet est clos puisqu'elle a présenté ses excuses à Jean-Louis Borloo, à Jean-François Copé et aux membres du groupe UMP. Elle s'est très courageusement expliqué et excusé. Ses paroles ont sans doute dépassé sa pensée et en tout cas n'étaient pas conformes à la solidarité gouvernementale et à l'unité qui doit être celle de la majorité". C’est par cet exercice de langue de bois du meilleur aloi que le Premier ministre a mis fin à la pitoyable micro-crise au sein du gouvernement et de l’UMP suite aux déclarations de secrétaire d'Etat à l'Ecologie sur la prétendue lâcheté de son ministre de tutelle et du président du groupe UMP à l’Assemblée nationale. Jamais avare en langue de bois, Jean-François Copé y est allé de son couplet : "tout ça s'est fait dans le calme, l'apaisement retrouvé et même un peu d'émotion. On peut simplement avoir son petit coeur qui saigne. C'est ce qui m'est arrivé".
Pourtant NKM a tout de même le droit à une petite vexation de la part de Matignon : elle est privée de voyage au Japon avec François Fillon. Ce à quoi elle répond : "je vais pouvoir consacrer toute ma journée de vendredi à ma ville de Longjumeau"… Moralité, les OGM loin d’être nocifs sont même bénéfiques à Longjumeau qui grâce à eux aura l’insigne honneur de bénéficier de sa maire à plein temps durant tout un week-end !!!
Mais attention rue la Boétie, la clémence accordée à NKM ne sera de mise pour tout le monde comme l’a annoncé Patrick Devedjian : le bureau politique de l'UMP a décidé de lancer "un certain nombre de sanctions disciplinaires" contre les candidats UMP dissidents aux municipales avec des peines d’"une année de suspension ou trois années de suspension pour les cas les plus aigus". Une procédure qui selon lui pourrait concerner "plusieurs dizaines" de personnes…
08:30 Publié dans Putain 5 ans... voire 10, UMP | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : politique, Filln, Borloo, Copé, Devedjian, Chevènement, Kosciusko-Morizet
lundi, 31 mars 2008
Ça promet (toujours plus) à l’UMP… au PS aussi !!!
Ça ne s’arrange pas à l’UMP où le naufrage de Patrick Devedjian continue de faire des vagues avec pour dynamiteur en chef Christian Estrosi qui met en cause désormais ouvertement les capacités politiques du secrétaire général du mouvement : "Patrick pouvait s'interroger sur son action. Sur ses résultats. Il n'a donné aucun signe qu'il allait changer de ligne. En est-il seulement capable ?" Avant de se justifier : "à force de devenir un machin snob, l'UMP n'est plus audible. Ses messages sont confus, brouillés".
Après une première salve en fin de semaine dernière, le maire de Nice en remet une couche en comparant désormais son parti à "une armée mexicaine, sans véritable chef" du fait d’un "organigramme, qui empile les fonctions et titres, et dont je ne connais toujours pas les règles de fonctionnement". C’est d’ailleurs peu de dire qu’il n’a pas digéré la double nomination de Xavier Bertrand et Nathalie Kosciusko-Morizet, puisque selon lui "ces nombreuses nominations sont faites pour faire plaisir à tout le monde, mais outre que je ne fais pas partie des gens à qui il faut donner quelque chose pour qu'ils soient contents, l'UMP ressemble désormais à une armée mexicaine, sans véritable chef. Tout ce beau monde va se marcher sur les pieds"… sans doute espérait-il décrocher un strapontin rue La Boétie en échange de l’abandon de son (sous) maroquin. Et Christian Estrosi de conclure, lucide : "nous ne faisons plus bouger aucune ligne, nous ne portons plus aucun message, nous n'apportons plus aucune proposition concrète".
Une conclusion qui devrait également interpeller le PS, qui pour le coup ne porte plus la moindre proposition concrète (en dehors de sanctionner Nicolas Sarkozy) depuis des années. Sans compter que le congrès qui s’annonce risque bien de transformer un peu plus le parti en armée mexicaine si l’on en croit Claude Bartolone, nouveau postulant au fauteuil de François Hollande qui affirme : "je fais partie des cinq ou six responsables politiques qui, du fait de leur parcours, de leur attachement au Parti socialiste et de leur vision économique et sociale, peuvent prétendre au poste de Premier secrétaire".
Une fois n’est pas coutume, c’est Arnaud Montebourg qui résume le mieux la situation : "le PS ne peut pas se ridiculiser toutes les semaines avec un candidat à chaque coin de rue", le PS est en train "de donner le sentiment d'être en lutte permanente pour le pouvoir. Il est multi fracturé, il a perdu la confiance d'une partie de la société". En espérant qu’il ne se déclare pas à son tour candidat…
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dimanche, 30 mars 2008
Top 3 des champions de la semaine 103
Après une longue absence due aux élections (et un peu à la Corse), le classement reprend, enfin ses droits. Mais face à la multitude de belles performances cette semaine, le jury est dans l'obligation d'élargir le palmarès (sans ordre de préférence) en le présentant par ordre alphabétique.
Rachida Dati
Au moment où la garde des Sceaux ferme des tribunaux qui coûtent soi-disant trop chers, les frais de réception du ministère de la Justice ont nécessité une rallonge budgétaire de 100 000 euros en 2007 et près des deux tiers des crédits de 2008 ont déjà été dépensés.
Combien faut-il fermer de tribunaux pour se payer un ensemble Dior avec bonne conscience ???
Patrick Devedjian
En plus d’avoir conduit son parti à la défaite lors des municipales, au point d’être désormais placé sous surveillance au sein de la direction de l’UMP, Patrcik Devdjian ment comme il respire en assurant qu’en "2001, l’ensemble des ministres du gouvernement Jospin avait été battu".
Plus le bobard est gros mieux il passe…
Georges Fenech
Le député UMP du Rhône a vu son élection invalidée par le Conseil constitutionnel pour avoir "exposé des dépenses directes et non par l'intermédiaire de son mandataire financier. Il ne s'agit pas de comptes non sincères mais d'une infraction aux articles 52-8 et LO136-1 du code électoral".
Et comme tout politique condamné, Geogres Fenech crie à l’injustice en se disant "victime d'une procédure discriminante et sans appel" au point d’un appeler à… Nicolas Sarkozy.
Christine Lagarde
La ministre des Finances continue de s’enfermer dans son déni pathologique de la réalité en louant les "bonnes performances de l'économie française"… tout en révisant à la baisse les prévisions de croissance.
L’HP n’est plus très loin.
La direction de la LCR
Les anciens trotskystes ont adopté les méthodes staliniennes en "dépermanentisant" leur principal opposant, Christian Picquet, bref en le licenciant en qualifiant eux-mêmes cette "décision" de "politique".
Avec une telle ouverture d’esprit ça va pas être simple de mettre en place le futur grand parti unitaire de la gauche anticapitaliste…
08:30 Publié dans Top des champions | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : politique, municipales 2008, Sarkozy, Lagarde, Dati, Devedjian, Fenech
mardi, 25 mars 2008
Impôts, que sont les promesses du candidat Sarkozy devenues ???
C’était devenu le dernier argument de l’UMP entre les deux tours des municipales : la gauche augmentera les impôts dans les communes. Et Patrick Devedjian d’expliquer (en plus d’affirmer envers et contre tout que la droite n’était pas en train de subir une défaite électorale…) que tout cela est dans l’ordre des choses : gauche augmente les impôts et la droite les diminue. Malheureusement pour son camp, il semble que les électeurs n’aient pas été sensibles à ce manichéisme caricatural.
Et pour cause, alors que le candidat Sarkozy promettait, entre autres, une baisse des impôts, depuis qu’il est élu, seuls ses amis ayant des revenus dans la même tranche fiscale de ceux de Johnny Hallyday ont vu venir cette fameuse diminution des prélèvements. Pour les autres, il n’est jamais trop tard pour méditer sur la fameuse maxime chiraco-pasquaiene : "les promesses n’engagent que ceux qui les reçoivent". D’ailleurs Christine Lagarde et Eric Woerth sont là pour bien leur rappeler qu’il ne sert plus à rien d'espérer puisqu’ils se contentent désormais d’assurer (mollement et sans grande conviction) : "nous n'augmenterons pas les impôts"… l’évolution sémantique entre la promesse de baisse des impôts de la campagne présidentielle et l’annonce actuelle d’une simple non-augmentation, à laquelle plus personne ne croit d’ailleurs, vaut à elle seule toutes les démonstrations du monde. Il faut dire que les 14 milliards d’euros de cadeaux fiscaux du début de quinquennat pèsent lourd… très lourd pour un résultat quasi nul.
Et les choses en sont pas prêtes de s’arranger si on en croit la ministre de l'Economie, Christine Lagarde, qui reconnaît (enfin) que France va prochainement réviser en "légère baisse" sa prévision de croissance pour 2008. Et quand on se souvient qu’elle assurait qu’il n’y avait pas de crise de subprimes, on est droit d’avoir peur quant à sa définition d’une "légère baisse". D’ores et déjà les fameux (fumeux ???) 2% de croissance promis pour 2008 ont du plomb dans l’aile.
Sans oublier les promesses (sur lesquelles il va cette fois être difficile de s’asseoir…) faites à Bruxelles de ne pas laisser courir les déficits. Vous avez dit hausse de la TVA (qu’elle soit ou non abusivement taxée de sociale) ???
08:30 Publié dans Putain 5 ans... voire 10, UMP | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note | Tags : politique, Sarkozy, Devedjian, Lagarde, Woerth, Johnny Hallyday
vendredi, 14 mars 2008
Fillon anticipe la défaite
Comme semble loin déjà le temps des fanfaronneries de Patrick Devedjian le 9 mars au soir sur les plateaux télés. Désormais la défaite semble admise par l'UMP, avant même le deuxième tour des municipales, au point que François Fillon se cherche déjà des excuses et s'accroche à ses réformes.
Le Premier ministre reconnaît enfin (mieux vaut tard que jamais…) "une forme de déception, ou en tous cas une démobilisation d'une partie de l'électorat de la majorité", avant d'ajouter : "j'ai trouvé certains de nos électeurs parfois un peu silencieux. Ce n'est jamais bon signe". Si ce n'est pas une façon de préparer ses troupes à la défaite, ça y ressemble… Mieux, le chef de gouvernement sensé incarner la rupture, se réfère au passé pour justifier la piètre performance des candidats UMP : "ce qu'on sait, c'est qu'en France d'abord, depuis très longtemps, et dans tous les pays européens, après une élection nationale, quand vient une élection locale, elle est toujours difficile pour le pouvoir".
François Fillon justifie ensuite ce mauvais résultat et cette déception de l'électorat de droite par les réformes sarkoziennes… plus lentes que prévu à produire des résultats pourtant annoncés immédiats durant la campagne présidentielle : "parce que le pouvoir a engagé des réformes qui n'ont pas forcément encore donné des résultats, a pris des engagements qui ne sont pas encore forcément tenus parce qu'il faut du temps pour les tenir. Il y a donc forcément une sorte de déception, en tout cas une démobilisation d'une partie de l'électorat de la majorité qui pour telle ou telle raison estime qu'on n'est pas allés assez vite, ou qu'on n'est pas allés assez loin, ou qui est en désaccord avec telle décision qui a été prise". Bref, le Premier ministre reconnaît que le vote aux municipales a bien une composante nationale… contrairement à l'argumentaire UMP, y compris le 9 mars au soir.
En conséquence, François Fillon écarte tout remaniement et promet une accélération des réformes : "la leçon que je tire, c'est qu'il faut accélérer le rythme des réformes, montrer que tous les engagements qui ont été pris vont être tenus". Oui, mais dans le même temps, l'Elysée laisse filtrer que des ajustements au niveau de la composition du gouvernement "auront sûrement lieu avant le prochain conseil des ministres", et le très sarkoziste Roger Karoutchi assure que "quel que soit le résultat des municipales, il faut les faire, car c'est un plus pour les Français. Il y aura forcément de la part du président de la République, une écoute de ce qui se sera passé et qui se retrouvera forcément dans les débats et les textes", évoquant des "inflexions qu'il peut donner sur les textes de réformes qui viendront".
A prendre autant le contre-pied de Nicolas Sarkozy et d'être plus haut que lui dans les sondages, François Fillon ferrait bien de se méfier : un Premier ministre ça sert souvent de fusible…
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mercredi, 12 mars 2008
Devedjian et consorts nous auraient mentis le 9 mars ???
"Nous sommes préoccupés par le second tour, il est évident qu'il sera difficile. Il est évident que le second tour sera difficile puisque c'est une élection intermédiaire et que nous avons aussi quelques ballottages sensibles". Patrick Devedjian semble enfin être revenu sur terre. Passés ses rodomontades télévisuelles de la soirée électorale du premier tour des municipales il donne l'impression de découvrir que la situation est des plus hasardeuses pour l'UMP à l'approche du second tour. Mieux vaut tard que jamais…
Le secrétaire général de l'UMP reconnaît désormais ouvertement la défaite de son parti en assurant que "le Premier ministre a expliqué qu'il avait été à l'écoute des Français pendant toute cette campagne et qu'il avait retiré un certain nombre de leçons qui seraient prises en compte par le gouvernement". Superbe virage à 90 degrés : en 48 heures on est passé, rue de la Boëtie, de "ces élections sont purement locales et le gouvernement restera droit dans ses bottes (et ses réformes)" à "bien sûr que le gouvernement écoute et comprend le vote des français, au point qu'il va infléchir sa politique"…
Mais dans le fond, Patrick Devedjian ne fait que calquer son pas sur celui du président de la République. En effet, la semaine dernière, Nicolas Sarkozy, qui fanfaronnait encore dans Le Figaro qu'il ne se laisserait pas "distraire par une péripétie" en parlant des municipales, assure désormais que "après le deuxième tour, une fois acquis les résultats définitifs, il appartiendra à chaque responsable politique et d'abord à moi-même de tirer les leçons de ces élections, le peuple aura parlé. Je tiendrai naturellement compte de ce qu'il aura exprimé"…
Le problème pour Nicolas Sarkozy risque bien d'être qu'à compter du 17 mars, il va lui être difficile de trouver des personnalités de gauche (ou dites de gauche), même de deuxième ou troisième rang, acceptant un sous-maroquin alors que la majorité présidentielle est en pleine déconfiture électorale… et le moins que l'on puisse dire c'est que si l'ouverture se limite à Claude Allègre, il sera grand temps de reconnaître que ce processus a vécu.
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mardi, 11 mars 2008
MoDem, moi non plus
Pau vaut-elle une alliance avec l’UMP ??? Telle est la question qui doit tarauder François Bayrou depuis son (semi) échec dimanche soir. Surtout que du côté de la rue La Boëtie, même si on tente de minimiser la gravité de situation en priant pour un sursaut des électeurs de droite au second tour, on fait les yeux doux à celui que l’on méprisait encore la veille.
Ainsi Patrick Devedjian, l’homme qui le 9 mars au soir osait quasi annoncer une victoire de l’UMP, se fait désormais un poil plus modeste : "mon souhait, c'est qu'il y ait une négociation avec le MoDem parce qu'effectivement, dans un certain nombre de villes, la position du MoDem est très importante et peut décider du résultat". Ce qui fait justement dire à François Hollande que "l'UMP doit être dans une situation bien difficile pour appeler le MoDem"… alors même que Ségolène Royal demande elle aussi une alliance avec le parti de François Bayrou. Dans le même temps, Jean-Pierre Raffarin, l’autre demi dirigeant de l’UMP ajoute : "je suis prêt à soutenir François Bayrou pour bien montrer qu'au fond l'allié naturel du centre dans ce pays c'est l'UMP et sa stratégie d'ouverture". Idem pour François Fillon qui va encore plus loin dans la surenchère (après ça, cela va devenir difficile de dire que l'UMP n'a pas peur du second tour...) : "je dis que si les responsables du MoDem acceptent de soutenir les listes qui sont celles de la majorité présidentielle, naturellement nous soutiendrons les candidats du MoDem qui sont en position de se maintenir et d'être soutenus par notre majorité"... y compris et notamment à Pau.
François Bayrou a beau mettre en avant une nouvelle fois sur son ni droite ni gauche (bien au contraire) en assurant que des accords ne seront conclus que "ville par ville, candidat par candidat", pas besoin de chercher bien loin pour comprendre que cela veut dire se vendre au candidat qui localement a le plus de chances de l’emporter le 16 mars, à savoir dans de nombreuses villes, la gauche… La preuve par l’exemple : à Paris, le MoDem, en la personne de Marielle de Sarnez (qui a réussi l’exploit dimanche sur les plateaux de télés de passer pour la seule véritable représentante de l’opposition à l’UMP) ne se voit pas monter dans le corbillard électoral conduit par Françoise Panafieu. Au contraire, elle fait des appels du pied plus qu’insistants à Bertrand Delanoë. Mais quitte à se fader des alliés encombrants, le maire de Paris préfère se (re)taper les Verts qu'il connait et qu'il a su museler depuis sept ans.
Comme tout cela fleure bon du côté du MoDem les jeux d’appareil des partis charnières des 3e et 4e Républiques, symboles de la plus basse des pratiques purement politiciennes dépourvues de la moindre once de conviction…
Seule bonne nouvelle au milieu de cette déplorable situation, les grands cocus de cette farce sordide risquent bien de se trouver du côté du Nouveau centre. Après avoir vendu leur âme pour quelques maroquins, Hervé Morin et ses amis s’apprêtent à avaler une couleuvre démesurée : voir l’UMP quémander à genoux le soutien du MoDem. Ce qui fait dire à François Sauvadet que "la danse du ventre devant le MoDem à laquelle se livrent un certain nombre de dirigeants de l'UMP, à commencer par la candidate UMP dans la capitale est ridicule et totalement inefficace", avant de rappeler que contrairement à eux, ralliés (collaborateurs ???) de la première heure, "François Bayrou a fait clairement le choix de l'opposition".
En plus de se sentir trahi (chacun son tour…), le NC doit surtout commencer à réaliser (mieux vaut tard que jamais) qu’aux yeux de l’UMP, il n’est que quantité négligeable et que le MoDem représente une force d’appoint nettement plus intéressante…
08:30 Publié dans Municipales, même pas mal, UDF, MoDem, NC, UMP | Lien permanent | Commentaires (19) | Envoyer cette note | Tags : politique, municipales 2008, Bayrou, Devedjian, Raffarin, Hollande, Royal
lundi, 10 mars 2008
Face à l’écume rose, l’UMP lâche Sarkozy
Plus mauvais perdant, menteur et haineux que jamais, Patrick Devedjian peut toujours accuser les sondages de tous les maux y compris de rouler pour la gauche, rien, surtout pas ses outrances, ne peuvent masquer la vérité : au soir du premier tour des municipales, la droite a été sanctionnée par les électeurs.
Même s’il faut bien entendu (ne serait-ce que par respect de la démocratie) attendre le second tour pour tirer des conclusions définitives, force est de constater qu'à défaut de vague rose, on assiste bel et bien à un désaveu des plus cinglants à Nicolas Sarkozy et sa volonté de politiser ces municipales. La preuve la plus marquante, et la plus terrible pour le président de la République, est sans nul doute le défilé des ténors de l’UMP trimbalant leurs mines déconfites (mention spéciale à Christine Lagarde qui dans le 12e arrondissement de Paris fait un score digne de son incapacité à prévoir la croissance) sur tous les plateaux télés pour expliquer que ces élections ne sont que locales… Bref, dans la défaite, l’UMP se détache du boulet qu’est devenu le chef de l’Etat, y compris François Fillon qui s’est contenté de féliciter… les 36000 maires de France. Si la dynamique se poursuit le 16 mars, on n’ose imaginer les demandes des caciques de l’UMP qui n’hésiteront probablement pas à accuser Nicolas Sarkozy de les avoir menés à la défaite.
Mais que la gauche, notamment le PS, ne se réjouisse pas trop vite : d'une part, dans de nombreuses villes le MoDem peut encore sauver l'UMP, comme au bon vieux temps de l'UDF. D'autre part, le syndrome des élections 2004 n’est pas loin : une victoire lors d’élections intermédiaires peut parfaitement empêcher le PS, qui est toujours bien malade, de se remettre en cause. Et ainsi laisser le champ libre à la droite et Nicolas Sarkozy, même discrédité, pour 2012.
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mercredi, 27 février 2008
Sarkozy, populiste un jour, populiste toujours !!!
image : timeo
Son "Casse toi pauvre con !" commence à lui coller à la peau. Après les membres de sa majorité qui n’ont rien trouvé de mieux pour le défendre que d’affirmer que les Français sont tous des cons, Nicolas Sarkozy s’enfonce encore un peu plus en essayer de se justifier en bidonnant une interview au Parisien.
"J'aurais mieux fait de ne pas lui répondre" explique le président de la République dans la version publié du journal. Version "amendée et corrigée" par l’Elysée, alors que lors de l’entretien avec les lecteurs, "il n'avait pas exprimé le moindre regret. Cela fait une différence forte" assure Dominique de Montvalon, le directeur adjoint de la rédaction, qui enfonce le clou en ajoutant que les lecteurs "retrouvent dans le journal quelque chose qu'ils n'ont pas entendu pose quand même problème, et on s'en expliquera demain". Sans hurler bêtement à la remise en cause de la liberté de la presse, force est de constater que la sincérité et la franchise de Nicolas Sarkozy en prennent un sacré coup…
Pour le reste, sa ligne de conduite ne change pas d’un iota : populiste il était, populiste il reste (le tout bien entendu mâtiné de beaufitude et vrai faux bon sens près de chez vous). Tout d’abord concernant la Société générale, il continue de demander la tête du PDG sur l’air de "Que les gros salaires lèvent le
doigt" : "je ne comprends pas l'affaire de la Société générale : quand le président d'une entreprise connaît un sinistre de cette ampleur et qu'il n'en tire pas les conclusions, ce n'est pas normal", tout en ajoutant : "je n'ai rien contre Daniel Bouton. Mais on ne peut pas dire: Je vais être payé 7 millions par an et quand il y a un problème, dire: c'est pas moi. Cà, non, je ne l'accepte pas". En revanche, qu’on ne vienne pas lui parler de son propre salaire : "et on dit : Sarkozy augmente de 140% son salaire ! Où ont-ils vu ça ?" 140% nulle part en effet… on parle plutôt de 172% d’augmentation. Pire pour tenter piteusement de se justifier, il jette l’opprobre sur son prédécesseur qui, selon lui, en plus de son salaire de président osait toucher "toutes ses retraites". Enfin, à 20 000 euros mensuels, il faut un certain culot pour oser dire : "on a une vie très simple, on ne sort jamais. La seule fois où je suis allé dans un dîner, j'ai rencontré Carla".
Mais le comble du populisme démagogique est atteint au sujet de la rétention de sûreté au sujet de laquelle Nicolas Sarkozy réaffirme son intention de "pouvoir appliquer cette loi aux criminels les plus dangereux" condamné avant son entrée en vigueur, en martelant : "je tiens à l'affirmer, je ne céderais pas, le principe de précaution doit s'appliquer aux victimes". Le chef de l’Etat touche même au sordide en ajoutant : "imaginez que c'est votre fille. Vous l'acceptez la décision du Conseil ?" C’est vrai quoi, on ne va tout de même pas s’emmerder à respecter, l’article 62 de la Constitution, l’article 8 de la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen, la décision du Conseil constitutionnel ou l’avis du Premier président de la Cour cassation, alors que comme le dit Patrick Devedjian "les Français approuvent très majoritairement l'action du président de la République".
Au-delà de l’interprétation à géométrie variable des sondages, vilipendés quand ils annoncent une lourde défaite les 9 et 16 mars prochains mais t considérés comme rien de moins que les "choix des Français" dès qu'ils vont dans le sens voulu par l’UMP, un tel argument (sous couvert de bon sens puisque personne ne conteste qu'il faut protéger la société), populiste à souhait, ouvre la voie à toutes les bassesses ; notamment au rétablissement de la peine de mort (pourquoi pas au nom du principe de précaution pendant qu’on y est ???), toujours majoritaire dans les sondages d’opinion…
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mardi, 19 février 2008
À Neuilly Sarkozy divise pour mieux (continuer de) régner
image : timeo
Les voix du seigneur de l’Elysée sont impénétrables… et de plus en plus tortueuses quand elles passent par Neuilly-sur-Seine. Ainsi, plutôt que de la jouer profil bas après l’abracadabrantesque semaine vécue par l’UMP neuilléenne, Nicolas Sarkozy n’a rien trouvé de mieux que de recevoir successivement à l’Elysée les deux candidats se revendiquant de lui (enfin celui qui celui qui a tenu la baraque UMP à Neuilly depuis 2002 et celui que Patrick Devedjian a intronisé bien qu’il se refuse à prendre sa carte du parti majoritaire).
Arnaud Teullé qui se voyait en successeur légitime avant devoir sur édit présidentiel laisser sa place à David Maritnon (depuis sacrifié à la raison d’Etat et des sondages), est le premier à sortir du Palais en pavanant : "je viens de rencontrer le président de la République auquel j'ai été expliquer la décision que j'ai prise d'être candidat à l'élection municipale du 9 mars prochain. Il a écouté avec attention quelles étaient mes motivations et je suis très heureux de son écoute". Avant d’ajouter en signe de défi : "j'ai été suspendu de l'UMP, mais aux yeux des Neuilléens je serai le candidat de l'UMP mais pas soutenu par l'UMP" et de conclure "j'ai eu cette conversation qui était pour moi importante, car j'ai des liens particuliers avec le président de la République qui remontent à un temps où j'ai beaucoup travaillé pour lui. Et il était pour moi nécessaire d'exprimer les raisons profondes de cet engagement". On a connu mieux au niveau de l’autorité présidentielle… surtout si Nicolas Sarkozy, comme l’affirme Arnaud Teullé, lui a réellement souhaité "bonne chance".
Après ça, Jean-Christophe Fromentin peut toujours affirmer qu’il "a présenté au chef de l'Etat son projet municipal pour Neuilly" et "a notamment évoqué avec lui les grands dossiers de la ville", le doute n’est pas, loin s’en faut, levé. Et il beau ajouter que "le président l'a assuré de son soutien" et l’a "officiellement invité au dîner d'Etat qui sera organisé le 10 mars en présence du Président Israélien Shimon Peres", on a du mal à croire à la sincérité du chef de l’Etat… que ce soit envers l’un ou l’autre des deux candidats.
Heureusement pour lui, Nicolas Sarkozy, quoi qu’il fasse et quoi qu’il dise, même (et surtout) si c’est d’un grotesque achevé, peut compter sur un des zélotes zélés pour le défendre envers et contre tout. Après le lumineux Roger Karoutchi le comparant sans retenue ni pudeur à Jean Zay, c’est a tour de la classieuse Nadine Morano de monter au créneau pour le défendre en vomissant sa haine des journalistes et des opposants politiques. Pour les premiers elle crache :"nous avons eu la semaine des charognards, et j'ai beaucoup apprécié le mot qu'a utilisé Rama Yade". Face aux seconds, elle éructe : "je pense qu'on est arrivé à une semaine des revanchards. Je me suis demandée si c'était pour faire la promotion du magazine Marianne ou pour faire la promo de ceux qui n'ont rien à dire et qui ont envie d'exister C'est un peu le syndicat des battus. S'il y a un appel à lancer aux Français c'est surtout de la vigilance par rapport au néant qu'il y a en face"
On appréciera à sa juste valeur le niveau de l’argument du type "c’est cui qui dit qui y est"… digne d’un élève de CM2 , classe à laquelle s’intéresse tant le président de la République.
08:30 Publié dans Municipales, même pas mal, Putain 5 ans... voire 10, UMP | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : politique, municipales 2008, Sarkozy, Neuilly, Morano, Devedjian







