lundi, 28 janvier 2008

Vivement dimanche, c’est pas Royal

2455b4d2ce65f3cbd5cbdcc2f557e391.jpgSemaine après semaine Michel Drucker abaisse au niveau zéro, voire en dessous, le niveau de la politique à la télévision en se transformant en brosse à reluire dès qu’un élu s’assoit sur son canapé rouge (face à tant de bassesse, on se prend presque à regretter qu’Hitler et Staline soient morts pour l’entendre encenser leur œuvre, camps de concentration et Goulag en tête…).
Le troisième passage de Ségolène Royal dans Vivement dimanche ne déroge pas à la règle. Grâce au talent d’intervieweur de Michel Drucker la France entière a appris de la bouche de l’ex-candidate PS à la présidentielle que : "c'est vrai qu'être trompée, et quand ça dure pendant une période comme celle-là, c'est extrêmement difficile. J'ai pris sur moi parce que je voulais en protéger mes enfants, je voulais en protéger les Français". Un grand merci à Ségolène Royal d’avoir protégé les Français de sa rupture avec François Hollande (comment on ne sait pas, mais seule l’intention, surtout quand elle est aussi noble, compte…). Et merci à Michel Drucker de nous offrir un moment d’analyse politique d’une profondeur qui fait honneur au service public lorsque la présidente du Conseil régional de Poitou-Charentes explique : "moi, j'ai des valeurs assez traditionnelles de fidélité, de famille. A un moment, quand on ne partage plus la même conception de la fidélité et de la famille, il faut aussi se sauver - au sens garder son intégrité et regarder vers l'avenir, sans rancune et je souhaite à François d'être très heureux avec sa nouvelle femme".
Bien entendu avec un tel programme et un tel sens des priorités indispensables pour la France, Ségolène Royal se doit de se préparer à faire don de sa personne à la nation. Une éventualité qu’elle prépare d’ailleurs activement en assurant :"si je sens, et je l'entends beaucoup, de plus en plus autour de moi, que la gauche pour se relever, pour avancer, pour progresser, pour être en phase avec son temps et pour faire lever une nouvelle génération a besoin d'un leader, si je sens que je peux être celle-là, eh bien oui je prendrai mes responsabilités"… Dans ces conditions, même en accumulant les boulettes et les provocations, Nicolas Sarkozy peut envisager sereinement 2012…

D’ailleurs, il ne vaut mieux pas trop compter non plus sur Olivier Beanscenot pour contrer le chef de l’Etat vu la teneur de son appel à rejoindre son futur parti unique de la gauche de la gauche qui nous promet "un parti en rupture avec le capitalisme et les institutions de la classe dominante pour inventer le socialisme du 21e siècle". Bref, "un parti pour préparer un changement radical révolutionnaire de la société, c'est-à-dire la fin du capitalisme"… Olivier Besancenot ne semble pas bien parti pour "inventer le socialisme du 21e siècle" puisqu’il n’est même pas capable de faire évoluer la rhétorique qui fleure bon Mai 68… dont on va bientôt fêter les 40 ans (mais qui avait valu à Michel Drucker de se faire virer de l'ORTF)...

dimanche, 14 octobre 2007

Top 3 des champions de la semaine 83

medium_top3_hebdo.gifLa polémique interne à la majorité sur les tests ADN permet cette semaine à deux francs tireurs aux parcours étrangement parallèles de truster les deux plus hautes marches du classement.

1/ Jean-Marie Bockel
Ce qu’il y a de terrible avec les néo-convertis, c’est que pour tenter de faire oublier leurs égarements passés, ils deviennent rapidement de véritables zélotes et tombent dans le prosélytisme de bas étage. Le meilleur exemple actuel est bien entendu Jean-Marie Bockel, qui devient un habitué du podium. Ainsi, non content de défendre l’amendement sur les tests qui "ne méritait pas la diabolisation", il se sent obligé de faire l’apologie du projet de loi sur l’immigration, qui selon lui est un "bon texte".
Mieux encore, le maire de Mulhouse va jusqu’à reconnaître des effets bénéfiques sur sa santé à sa conversion au sarkzysme en affirmant comme une profession de foi : "je suis dans un truc qui me plaît. Ma femme me dit visiblement, tu vas mieux". Si c’est sa femme qui le dit…

2/ François Goulard
Le plus villepiniste des députés UMP, qui avait d’ailleurs ouvertement soutenu François Bayrou pour la présidentielle, ne sait manifestement plus sur quel pied danser. Selon lui en effet, le départ du ministre de l'Immigration Brice Hortefeux du gouvernement est "plus souhaitable" que celui de Fadela Amara.
Certes de tels propos changent un peu du discours monolithique des trop nombreux godillots de la majorité, mais quitte à parler de départ, François Goulard se grandirait à assumer et à quitter l’UMP, parti dans lequel il n’est visiblement pas à sa place ne supportant ni les ministres ni le président de la République qu’il accuse de vouloir soumettre le législatif à l’exécutif…

3/ Rachida Dati
bfc68af9284ec6e1cc83d82fabccc2b5.jpgUne photo vaut parfois mieux qu’un long discours…
En même temps, que la garde des Sceaux se complaise, à l’image de son mentor de président de la République, à se vautrer dans le showbiz en pavanant aux 60 ans de Dior après s’être faite relire par Michel Drucker ne devrait plus étonner grand monde…

lundi, 08 octobre 2007

Fillon ne fait pas de détail devant l'UMP

medium_logo-pmu.JPGUn coup de gueule du chef et ça file droit. Il aura suffit que Nicolas Sarkozy réunisse les parlementaires UMP pour leur expliquer l'ouverture pour que le parti majoritaire, qui jusqu'ici était pour le moins sceptique sur cette tactique, l'approuve en définitive à 81%. Face à un tel score, on comprend que Jean-Pierre Raffarin se sente obligé de se féliciter : "merci à l'UMP de montrer sa vitalité, son ouverture d'esprit mais en même temps ses convictions". C'est vrai qu'à côté du PCUS, l'UMP est un modèle de démocratie et de liberté d'expression…
Heureusement entre deux phases de débat intense, les cadres de l'UMP ont eu droit à de belles tranches d'autosatisfaction servies par François Fillon qui leur a assuré que contrairement au "scepticisme du microcosme", qui décrit "des tensions au sommet de l'Etat et des tensions dans la majorité", "le tandem fonctionne, et il vous salue bien !". Le Premier ministre a également rendu grâce au talent et au génie du président de la République en louant rien de moins que "la légitimité exceptionnelle dont bénéficie le président de la République, l'engagement personnel de Nicolas" qui "est branché sur le haut débit quand ses prédécesseurs passaient encore par l'opératrice". C'est une bonne chose que François Fillon soit autant en admiration devant Nicolas Sarkozy parce que désormais le petit-déjeuner hebdomadaire des dirigeants de la majorité qui se tenait traditionnellement à Matignon aura désormais lieu "régulièrement" à l'Elysée. Bref François Fillon doit être comblé puisque son poste, qu'il souhaitait lors de sa prise de fonction voir disparaître, perd chaque jour un peu de consistance…
Outre son amour pathologique pour la lumière des caméras, Nicolas Sarkozy a une autre raison de vouloir priver son Premier ministre d'espace politique : dès que ce dernier ouvre la bouche, il déclenche une polémique par ses propos provocateurs et/ou à l'emporte pièce. Ainsi après avoir notamment promis la mise en place de la TVA sociale, puis avoir affirmé que la réforme des régimes spéciaux de retraites était déjà bouclée, ou encore avoir annoncé que la France était en "faillite", il qualifie désormais les tests ADN de "détail, masquant l'essentiel" du projet de loi sur l'immigration. De deux choses l'une, soit c'est une erreur de comm et certains de ses conseillers feraient bien de penser au plus vite à une reconversion, soit il est sincère et dans ce cas on comprend que le président de la République cherche à faire taire cet homme de droite vraiment trop "décomplexé"…

Mais au niveau dérapage oral plus ou moins volontaire, la palme revient à Rachida Dati, invitée dominicale du cire pompes en chef de l'ORTF, Michel Drucker. Jouant à fond la carte de la Cosette beurette, la garde de Sceaux a tenté de faire pleurer dans les chaumières en affirmant : "de là d'où je viens, on n'achète pas les diplômes et de là d'où je viens, on a intérêt d'être très honnête et de ne jamais tricher, ne jamais mentir, parce que si on le découvre, vous le payez très cher. La deuxième chance, vous ne l'aurez pas. Si une fois que vous êtes un peu arrivée, on doit encore vous suspecter, alors que doivent penser ceux qui ont commis des erreurs ou ne s'en sont pas sortis? Eux sont condamnés de manière définitive". N'est-ce pas là justement le sort qu'elle réserve aux récidivistes avec
sa loi
???

vendredi, 16 février 2007

Déontologie à géométrie variable chez France Télévisons

medium_ortf.jpgCertes, depuis le temps qu'on le voit s'agiter sous ses cheveux gras de plateau télé en plateau télé pour poser ses questions en rafales, il commençait à devenir lassant (et à sentir fortement la naphtaline avec ses costumes directement sortis des surplus de la SFP version Maritie et Gilbert Carpentier). Mais il faut dire ce qui est, une campagne présidentielle sans Alain Duhamel se sera un peu comme une finale de coupe du monde de foot sans Thierry Roland : on a beau le trouver désuet et exaspérant (mais nettement moins beauf et raciste que le commentateur sportif susnommé), il va manquer au décor.
D'autant plus que le motif de sa suspension d'antenne jusqu'à la fin de la campagne présidentielle par France 2 pourrait prêter à rire, si elle ne donnait pas envie de vomir tant elle est caricaturale et symptomatique de la situation actuelle. La chaîne publique, qui rappelle dans un communiqué que ses journalistes se doivent d'être "irréprochables, tout particulièrement en période électorale", en "respectant strictement les principes d'indépendance et de neutralité", sanctionne le journaliste pour avoir osé dire qu'il voterait François Bayrou. Bien sûr l'aveu d'Alain Duhamel est totalement déplacé en cette période vu ses fonctions. Mais l'empressement à le sanctionner de la part du service public ne manque pas de sel quand on se souvient que le journal de 20 heures de France 2 est présenté le week-end par la femme de Jean-Louis Borloo et que l'une des journalistes "star" de France 3 vit avec François Baroin. Certes toutes deux n'avouent pas publiquement voter pour le parti de leurs compagnons mais niveau du respect des "principes d'indépendance et de neutralité" on a connu plus probant. De là à penser qu'une inclinaison vers l'UMP est mieux vue qu'un soutien à l'UDF sur France Télévision, il n'y a qu'un pas… qui nous rapproche sérieusement de l'ORTF.

Mais, c'est bien connu, France 2 est bien la chaîne de la déontologie, souvenez-vous : quand leur présentateur du 20 heures voulant griller un scoop de la concurrence annonce sans preuve le retrait définitif de la vie politique d'Alain Juppé au moment même ou celui-ci affirme le contraire sur TF1, il retrouve son fauteuil sans difficulté ni sanction après quelques semaines de vacances, comme cela fut justifier à l'époque.
Sans compter que tous les dimanches, Michel Drucker se râpe un peu plus la langue sur les chausseurs et les postérieurs de ses invités, notamment lorsqu'il s'agit de politiques (ah le polissage buccal offert à Bernadette Chirac dimanche dernier…). Sans doute est-ce cela pour France 2 être "irréprochables, tout particulièrement en période électorale"…

mardi, 13 février 2007

Nous ne nous sommes pas tant aimés

medium_chirac.jpgSauf événement hautement improbable, dans une centaine de jours, Jacques Chirac rejoindra son pire ennemi, Valéry Giscard d'Estaing, dans les limbes dans lesquelles errent sans fin ni but les ex-présidents de la République qui refusent de disparaitre. Le locataire de l'Elysée semble d'ailleurs se résigner à cette petite mort puisque même s'il n'a pas encore officiellement renoncé à se présenter (si cela peut plomber Nicolas Sarkozy, il n'est pas tout à fait impossible qu'il y pense jusqu'au dernier jour…), il sait désormais qu'il n'a plus aucune chance d'être élu. Pire, Dominique de Villepin qui s'est longtemps vanter de fidélité envers lui commence à le lâcher pour rallier le président de l'UMP, tout comme l'a fait il y a quelques semaines Michèle Alliot-Marie. Dès lors, avec pour seul soutien Jean-Louis Debré, une nouvelle campagne présidentielle, en plus d'être pathétique, serait hautement ridicule.
Se pose donc désormais la question de la trace que laissera (on n'ose dire dans l'Histoire) Jacques Chirac comme président de la République au terme d'une fin de règne interminable de près de 10 ans. En effet, son agonie présidentielle ne date-elle pas de juin 1997 et la trop fameuse dissolution de convenance conseillée par un certain Dominique de Villepin alors qu'il avait la majorité absolue au Palais Bourbon ??? S'en sont ensuite suivies deux cohabitations, l'une presque feutrée avec Lionel Jospin, puis après 2002, une nouvelle nettement plus vicieuse avec Nicolas Sarkozy…
Depuis une semaine, le couple présidentiel ne chôme pas pour essayer d'écrire lui-même sa propre hagiographie. Pendant que Bernadette vient une dernière fois se faire cirer les pompes par la brosse à reluire télévisuelle qu'est Michel Drucker (la réforme Fillon sur retraites contient une close permettant des départs anticipés pour les carrières longues, le Service public devrait s'en saisir pour enfin nettoyer sa case du dimanche après-midi déontologiquement sinistrée par un homme qui confond génuflexion et salutation…), Jacques termine son complexe d'Œdipe vis-à-vis de François Mitterrand en se faisant écrire un livre par Pierre Péan. Dans ce livre, aucune révélation tapageuse sur son passé, mais, à en croire les bonnes pages publiées par Marianne, des petits règlements de compte envers VGE : "un homme très brillant, mais qui n'incarnait pas la France, contrairement au père de Gaulle, à Pompidou et à Mitterrand. Je pensais qu'il était le meilleur. Après quoi j'ai changé d'avis", ou encore des aveux troublants, enfin presque : "il y a un défaut que je n'ai pas, c'est celui d'être rancunier"…

Bref que restera-t-il de Jacques Chirac ??? La fracture sociale ??? La dissolution de 1997 ??? Jean-Marie Le Pen au second tour en 2002 grâce à une campagne axée entièrement sur l'insécurité ??? Le financement illégal du RPR ??? L'explosion des ventes de Corona dans l'hexagone ??? Ou bien, soyons charitable, sa pyramide du Louvre du pauvre (ombre de Mitterrand encore et toujours…), le musée du Quai Branly ???
Mais le pire, c'est que rien ne dit que le 6 mai vers 20 heures on ne va commencer à le regretter en voyant apparaître la tête du prochain locataire de l'Elysée…