dimanche, 07 octobre 2007

Top 3 des champions de la semaine 82

medium_top3_hebdo.gifMême lorsqu’il n’est pas sur le podium, l’ombre du chef de l’Etat plane sur le classement tant son emprise sur le vie politique nationale est hégémonique.
A l’étranger, un autre président se distingue et engrange un nouveau prix spécial du jury : George W Bush est une nouvelle fois récompensé pour avoir opposé son veto à un projet de loi bipartite en faveur d'une couverture médicale plus large des enfants nécessiteux. Motif invoqué : ne pas creuser le déficit budgétaire, déjà plombé par la guerre Irak.

1/ Jack Lang
L’abnégation de l’ex éternel ministre de la Culture semble sans limite. Tout en affirmant "je ne suis pas à la recherche d'un hochet, je ne suis pas à la recherche d'une fonction", Jack Lang, qui au passage tresse des louanges à Nicolas Sarkozy (comme il savait si bien le faire à François Mitterrand) qui "a réalisé un travail d'ouverture sans précédent", se dit "prêt à rendre service". Avant de préciser sa pensée : "je ne suis jamais l'ennemi d'une participation à une oeuvre d'intérêt général". Si ce n’est pas quémander un poste, quel qu’il soit du moment que ça brille, ça y ressemble.
Encore un petit effort et il sera mûr pour adhérer au parti sarkozyste de gauche que monte Jean-Marie Bockel

2/ David Martinon
La voix de son maître aimerait également marcher dans ses pas. Manque de chance, son parachutage élyséen dans à la mairie de Neuilly, que visiblement Nicolas Sarkozy considère comme son bien personnel, fait quelques remous au cœur même de ce fief sarkozyste, au point que certains n’hésitent à évoquer le précédent de 1978 qui avait vu Robert Hersant, pourtant parachuter par Jacques Chirac, rater son atterrissage à Neuilly.
Et les élus UMP de Neuilly de poser la question : "pourquoi Paris peut-il organiser une primaire pour désigner son candidat aux municipales et pourquoi cela ne serait pas possible, une fois que l’on a franchi le périph', ici à Neuilly ?" Bonne question, mais la réponse est simple : parce que la démocratie interne s’arrête là où commence le fait du prince…

3/ Renaud Dutreil
Jamais en retard d’une idée démago l’ex ministre de PME vient de lancer le "comité parlementaire français pour la libération d'Ingrid Betancourt", une initiative qui, selon lui, vient en "solidarité avec une femme parlementaire qui s'est toujours battue pour les droits du Parlement de son pays".
Se faire la pub, bah oui Renaud Dutreil a une municipale à essayer de gagner à Reims l’an prochain, sur un drame humain tel que cette prise d’otages est loin d’être digne… et mérite une belle médaille de bronze.

lundi, 18 juin 2007

Le monde à l'envers

medium_bourbon_express.jpgA voir les têtes déconfites des ministres et celles réjouies des leaders socialistes sur les plateaux télé, on aurait pu croire à une victoire de la gauche aux législatives. S'il n'en est rien, force est tout de même de constater que le tsunami bleu annoncé n'a pas totalement eu lieu.
Entendre notamment Rachi Dati ou Xavier Bertrand (auteur d'une délirante oraison funèbre d'Alain Juppé proche de la canonisation), reprocher de façon quasi haineuse aux journalistes de trop en faire sur les bons résultats de la gauche au second tour, tout se dressant sur leurs ergots pour rappeler urbi et orbi que c'est tout de même bien l'UMP qui a gagné ces législatives ne manque pas de sel. Mais il en va de même pour les dirigeants PS, à commencer par Laurent Fabius ou Ségolène Royal, lorsqu'ils pavoisent en prétendant avoir entendu les attentes des Français (ont-ils conseillé à la candidate PS à la présidentielle de se séparer de François Hollande ???). Sans doute serait-il bon de leur rappeler que l'UMP a tout de même la majorité absolue en sièges dans la nouvelle Assemblée… Preuve que tout va bien au PS, Gaëtan Gorce, sans doute en mal de notoriété médiatique appelle au départ de François Hollande de la direction du PS. Outre le fait que ce dernier a d'ores et déjà (et depuis longtemps) annoncé qu'il laisserait la place lors du prochain congrès du PS l'an prochain, cette sortie pitoyable et sans intérêt vaut son pesant d'absurdité en matière de tempo : demander la tête du premier secrétaire le seul soir où son parti réalise un semblant de résultat positif en quatre scrutins, il fallait oser. C'est à croire que Gaëtan Gorce n'a pas pris le soin de réactualiser son communiqué en fonction des résultats électoraux de la soirée…

Une fois n'est pas coutume, la meilleure analyse est à mettre au crédit de Renaud Dutreil qui assure que Jean-Louis Borloo et François Fillon devront "s'expliquer" sur le projet de TVA sociale, "une erreur majeure de communication" qui a selon lui fait perdre "beaucoup de voix" à l'UMP. En effet, tant la bêtise de cette mesure, que les conditions de son annonce (recadrée pour ne pas dire condamnée par Nicolas Sarkozy lui-même) y sont probablement pour beaucoup dans le petit sursaut de la gauche au second tour. A défaut d'augmenter la TVA de 5 points, François Fillon est parvenu en trois jours à faire remonter la gauche de 5 points !!! Chapeau bas, la performance n'est pas mince !!!

mercredi, 06 juin 2007

A l'UMP, l'arbre Fillon cache la forêt des prétendants

medium_logo-pmu.JPGL'UMP est tellement certaine de remporter haut la main les législatives que François Fillon se laisse aller à quelques dérapages envers ses adversaires. Ainsi selon le Premier ministre, le PS ne serait qu'une "gauche qui n'ose plus aimer la France qui considère comme déplacé d'en être fier", avant d'ajouter : "la gauche attendait le retour du passé et c'est l'avenir qui déboule. Le 6 mai, nous avons pris à contre-pied une gauche fatiguée, dépassée, bardée de certitudes et de préjugés, une gauche qui se faisait par avance une joie de nous caricaturer, de nous diaboliser". Si les propos de François Fillon ne sont pas une caricature et une diabolisation de l'opposition cela y ressemble fort… On le savait aigri et haineux envers Dominique de Villepin suite à son débarquement du gouvernement, il semblerait bien qu'il s'agisse en fin de comptes de son attitude naturelle face à quiconque ne partage pas aveuglement ses vues.
Sans doute porté par cette vague bleue annoncée, François Fillon annonce sa volonté de "poursuivre le nécessaire redressement des finances publiques, tout en respectant les engagements pris devant les Français"… tout en exonérant les heures supplémentaires, y compris de CSG, pour un total estimé à cinq milliards d'euros par an. Une somme proche de ce que devrait également coûter la déductibilité des emprunts immobiliers. Bref le projet de Nicolas Sarkozy qu'assure être capable de mettre en œuvre le Premier ministre, semble aussi bancal, si ce n'est plus, en matière économique que de lutte contre l'immigration

Mais pendant que les électeurs s'apprêtent à communier le 17 juin dans la "France d'après" des dissensions commencent à poindre au sein de… l'UMP. Nombreux sont en effet les barons qui se verraient bien gérer la rue la Boëtie et le magot de financement public qui va avec. Fin manœuvrier, Jean-Pierre Raffarin, tout en lorgnant sur le siège de président du Sénat qu'il échangerait bien à Christian Poncelet contre un déambulateur a d'ores et déjà obtenu de Nicolas Sarkozy une mission sur la future gouvernance de l'UMP et défend l'idée d'une "direction collégiale de l'UMP avec un secrétariat général et un parlement du parti". Ce qui lui a permis de se porter candidat pour la présidence de ce parlement du parti. Une place sur laquelle louche également Renaud Dutreil depuis qu'il a perdu tout maroquin ministériel. Subtil comme toujours, il attaque à la grosse Berta l'ancien Premier ministre : "Jean-Pierre Raffarin propose une usine à gaz, avec un pouvoir bicéphale. Il s'agit d'une réforme ad hominem, qui lui permettrait d'exercer le leadership de l'UMP ne peux pas considérer qu'une réforme est légitime parce qu'elle obéit à une ambition personnelle". Et de préciser sa préférence pour "la création d'un poste de numéro un, que nous nommerions secrétaire général et qui serait entouré de deux vice-présidents délégués. Tout en restant fidèle au principe du triumvirat qui a fort bien réussi à l'UMP jusqu'ici". Si l'idée de Jean-Pierre Raffarin est une usine à gaz, comment qualifier celle-ci ??? Mais plutôt que d'assumer ouvertement son ambition Renaud Dutreil préfère introduire un nouveau candidat dans la course en assurant que Patrick Devedjian "serait effectivement un très bon candidat" pour être ce numéro un car "il a la légitimité pour exercer la fonction et il présente toutes les garanties de loyauté vis-à-vis du président de la République".
Belle performance de l'ancien ministre des PME qui propose un mode de fonctionnement à peu près aussi réaliste que celui des Verts tout en préparant un combat de barons digne des guerres répétitions des éléphants socialistes.

mercredi, 14 mars 2007

Borloo joue les divas

medium_ump_pmu.jpgPendant qu'Azouz Begag fait un pas vers un soutien à François Bayrou dont, selon lui, la "candidature est salutaire pour la démocratie", la "caution sociale du gouvernement" se tâte : Jean-Louis Borloo se verrait sans doute bien Premier ministre. C'est vrai qu'il aurait pu être une bonne pioche pour diriger un éventuel gouvernement "gloubiboulga" de François Bayrou, lui l'homme de droite qui aime faire dans le social (comme à Valenciennes et dans une moindre mesure au gouvernement), lui le richissime avocat d'affaires, habillé comme un smicard. Mais voilà, cet ancien député apparenté UDF a trahi le leader centriste en rejoignant l'UEM (devenu depuis l'UMP) après le 21 avril 2002.
Il ne lui reste donc plus aujourd'hui, après avoir très probablement envisagé de se présenter (pourquoi pas sous les couleurs du PRV sur la direction duquel il a opéré un hold-up), qu'à jouer la carte Nicolas Sarkozy pour tenter de récupérer quelques miettes en cas de victoire de ce dernier à la présidentielle. Seulement pour essayer de se distinguer parmi le flot de ralliements plus ou moins sincères, dont le dernier en date n'est autre que celui de Dominique de Villepin, au président de l'UMP, le ministre de la Cohésion sociale fait mine de poser ses conditions. Il a ainsi envoyé en avant-première à Nicolas Sarkozy son dernier livre au titre ô combien mitterrandien, L'architecte et l'horloger et répète à qui veut l'entendre : "je m'engagerais à fond derrière Nicolas Sarkozy si j'ai l'absolue conviction qu'on va faire ça [appliquer le programme contenu dans mon livre], c'est assez simple", ajoutant qu'il pourrait parfaitement "ne soutenir personne". Que c'est beau la droiture d'esprit… mais venant de quelqu'un qui le jour même de la mort de l'Abbé Pierre n'hésitait par à se faire mousser en abusant de sa mémoire, on est en droit de douter de la sincérité du propos. D'autant plus que Jean-Louis Borloo reconnaît lui-même : "je suis dans un gouvernement, je suis dans une famille politique, je ne joue pas les enchères, je ne change pas de famille politique, les choses sont parfaitement claires". Bref, on ne peut que, comme François Fillon, considérer qu'il "fait peut-être un peu durer le plaisir, mais pas de quoi s'affoler. On n'a pas beaucoup de doutes sur l'issue de ses hésitations".

Cependant, outre le fait d'entretenir artificiellement un faux suspense, ces minauderies de Jean-Louis Borloo auront au moins permis à Renaud Dutreil de refaire parler de lui en exhortant son collègue du gouvernement et accessoirement condisciple du parti (de la secte ???) radical valoisien "à s'engager totalement et rapidement dans la campagne de Nicolas Sarkozy comme l'ont fait les radicaux, membres à part entière de l'UMP, et eux-mêmes en campagne pour Nicolas Sarkozy depuis plusieurs semaines". Puisque selon lui, "Nicolas Sarkozy est le seul à même de rassembler dès avant le premier tour l'ensemble des familles de la droite et du centre, et bien évidemment le Parti radical". Et là, force est de constater que le ministre des PME touche au sublime : si le candidat de l'UMP rassemble aussi bien "dès avant le premier tour", pourquoi s'embêter à organiser une élection ??? Autant le nommé directement président…

mardi, 26 décembre 2006

UMP : un Clearstream sous le sapin

medium_ump_pmu.jpgRenaud Dutreil, le chantre de la mise à mal du droit du travail et des jours de repos dans le commerce et les services peut se réjouir : cette année la trêve des confesseurs n'a pas eu lieu, du moins à l'UMP.
En effet, alors que plus personne dans le lanterneau ne fait parler du lui en cette période de Noël (y compris les antilibéraux qui ne sont pourtant pas encore au bout de leurs peines), l'affaire Clearstream n'en finit plus de resurgir du plus profond des égouts de la République, ou plutôt de la Chiraquie. Il faut donc croire que le marathon judiciaire de Dominique de Villepin (17 heures d'audition entrecoupées de quelques pompes et étirements pour garder la forme) a débouché sur un certain nombre de révélations. C'est du moins ce que laisse à penser la réaction de Nicolas Sarkozy. Cependant, sur le fond de cette lamentable affaire (d'Etat ???), il est encore trop tôt pour espérer y voir un peu plus clair. D'autant plus que le Premier ministre et/ou le ministre de l'Intérieur semblent avoir de gros soucis de mémoire concernant une conversation ne datant que de 2004... de là à y voir les symptômes d'un Alzheimer précoce : alors que selon Le Monde, le général Philippe Rondot a écrit dans une note que l'actuel Premier ministre lui aurait dit en juillet 2004 : "si nous apparaissons, le PR (président de la République) et moi, nous sautons", Dominique de Villepin affirme que c'est en réalité Nicolas Sarkozy qui lui aurait dit, lors d'un échange vif en octobre 2004 : "si vous apparaissez, le président ou vous-même, comme cachant un rapport, vous sautez". Dominique de Villepin défendant sa version des faits en précisant avoir évoqué cette conversation au général Rondot, qui aurait donc confondu l'auteur de la phrase (c'est plus ce que c'était l'armée...). Une explication des plus confuses sur laquelle Nicolas Sarkozy saute avec toute la "faux-cultrie" dont on le sait capable en laissant le soin à son avocat d'affirmer : "M. Sarkozy se souvient parfaitement de cet entretien ; il affirme qu'il n'a pas prononcé les mots qui lui sont prêtés (par Dominique de Villepin), d'autant qu'à aucun moment, il n'a pu envisager que le chef de l'Etat ait pu être concerné en quoi que ce soit par cette affaire". Bref l'un des deux, voire le deux, ment(ent), mais plus grave encore tous les prennent la justice et les Français pour des cons !!!

Décidément très actif en cette période de vacances, le ministre de l'Intérieur continue sa crise de schizophrénie, pris entre ses discours de gauche à destination de "la France qui souffre" et son soutien sans faille au nouveau roi de l'exil fiscal. Et quand il s'adresse à l'ex idole des jeunes, il emploie ce qu'il croit être le langage des jeunes en lui assurant : "écoute Coco, t'avais envie de le faire, tu l'as fait, t'as bien fait". Un bien bel exemple de tolérence pour les jeunes primo déliquants qu'il préfère karcheriser...

dimanche, 06 août 2006

Top 3 des champions de la semaine 28

Un petit Top 3 cette semaine. La raison ??? Le Taulier était en vacances (et oui ça arrive) à Dinard, en même temps que Dominique de Villepin… quel copieur celui-là !!!

1/ Renaud Dutreil
Ça faisait longtemps que l'inénarrable ministre des PME n'avait pas fait parler de lui, mais cela valait le coup d'attendre. En effet Renaud Dutreil ne manque pas son retour dans le classement grâce à une sortie digne d'un but de Zidane : il affirme ainsi sans honte que un an après lancement, le CNE "est une vraie réussite", avant d'aggraver son cas en ajoutant que "si la tendance actuelle se poursuit, le CNE devrait à terme représenter 700 000 embauches en année pleine, créant ainsi 70 000 emplois chaque année". Il oublie simplement de rappeler qu'un tiers des CNE sont rompus dans les 6 mois et que 90% des nouveaux contrats remplacent des contrats existants, notamment des CDI et des CDD, privant les titulaires de ces derniers de la prime de précarité en fin de contrat.
Bien sûr, un tel bilan ne peut que réjouir le libéral qu'est Renaud Dutreil qui évoque déjà une "extension" du CNE…

2 Christiane Taubira
La députée PRG de Guyane ne comprend rien aux règles du jeu électoral français, ce qui lui vaut une belle deuxième place cette semaine (et ce qui permet de féminiser un peu le podium…). Même si l'attitude de François Hollande qui demande aux élus PS de ne pas accorder leurs signatures à un ou une candidat(e) à la présidentielle qui ne soit pas désigné(e) par le PS n'est pas des plus fair-play, l'indignation de Christiane Taubira est ridicule et affligeante. Elle semble oublier un peu vite qu'elle porte une part de responsabilité dans Lionel Jospin en 2002 et que sa propre attitude, qui consiste à demander des parrainages à des élus pour ensuite attaquer le ou la candidat(e) de leur parti, est pour le moins inconvenante…

3/ Jacques Toubon et Jean Glavany
Deux porte-flingues sur le retour se partagent la médaille de bronze.
Le premier, qui mérite une place sur le podium ne serait-ce que pour l'ensemble de son œuvre (notamment l'hélico envoyé dans l'Himalaya, il y a déjà 10 ans, pour retrouver un procureur et essayer de sauver Jacques Chirac de la justice), tente pathétiquement d'entretenir le suspense et la flamme autour d'une éventuelle candidature du président de la République en 2007. La fidélité à ce point là c'est admirable !!!
Le second continue de plaider en faveur d'un retour de Lionel Jospin en affirmant que ce dernier "s'est retiré de la vie politique, mais, si on a besoin de lui, je ne vois pas pourquoi on s'en priverait"… à cause de son âge et au nom du nécessaire renouvellement de la classe politique peut-être, non ???