mercredi, 07 mai 2008

L’Evangile de Nicolas Sarkozy selon Saint Fillon

2ab9a65aea67d4a941dbd4509b4992f6.jpgXavier Bertrand avait fait fort la veille. Mais François Fillon, sans doute piqué au vif par la performance de lèche-bottes présidentielles de son ministre du Travail, s’est fait fort de se transformer, le temps d’une soirée anniversaire boudée par le principal intéressé, en hagiographe zélé de Nicolas Sarkozy.
Et c’est peu de dire que le Premier ministre a enfilé les perles sans la moindre retenue ni même sans la moindre once de décence. Et surtout sans la moindre peur du ridicule. Il a ainsi vanté les mérites d'un président qui "au fond de lui-même, reste un militant un rebelle qui refuse d'être étouffé par les turpitudes du pouvoir" qui a rien de moins qu’engagé une "révolution culturelle" en France. Manque juste la publication du petit livre rouge de Sarko, puisque sur un plan vestimentaire, les Ray Ban remplacent avantageusement les cols mao comme emblème du Grand timonier élyséen…
Après une telle entrée en matière, François Fillon ne pouvait pas faire moins que d’affirmer : "mes amis, je suis fier de servir le président de la République". Servir la France et les Français en revanche cela lui passe au-dessus de la tête… à moins que la nation et les citoyens ne se confondent désormais avec l’incarnation terrestre de leur guide suprême du Faubourg Saint-Honoré.

Mais en bon cartésien, le Premier ministre fait appel à la science pour justifier ses louanges à Nicolas Sarkozy : "le président a pris 490 engagements, 60 ont été réalisés, 187 sont en cours. Si je fais le calcul ça fait 50% en un an, il nous reste quatre ans".
Si l’on comprend bien les paroles et la logique de François Fillon, à la fin de son mandat, Nicolas Sarkozy aura réalisé 250% de ses engagements de campagne… Des statistiques à faire pâlir d’envie les plans quinquennaux de l’URSS de Brejnev !!!

mardi, 06 mai 2008

Bertrand glorifie Sarkozy pour s’offrir Matignon

medium_logo-pmu.JPG"Nicolas Sarkozy, c'est un an d'action, et le PS, un an d'agitation. Un an après, on y voit clair dans les nouveaux clivages. D'un côté, il y a le mouvement incarné par le président et l'UMP. De l'autre, il y a les conservatismes de tous bords. On voit bien qu'il y a une volonté permanente et sournoise pour dire les réformes, ça ne marchera jamais". Le ministre du Travail et nouveau secrétaire général adjoint de l’UMP (qui par ce cumul veut donner l’exemple "du travailler plus pour gagner plus" ???) n’a pas peur de la caricature pour fêter à sa manière le premier anniversaire élyséen de Nicolas Sarkozy.
Cependant Xavier Bertrand est bien obligé de mettre tout de suite après en sourdine son autosatisfaction en ajoutant : "il faut davantage de résultats, plus rapidement. Les Français ne doivent plus se dire: Le changement, c'est quand pour moi ? Il faut que les résultats se fassent sentir plus vite. Nous devons donc faire des textes de loi plus simples, plus clairs et avec des résultats encore plus rapides". Et dans la foulée de fixer sa propre tactique pour les semaines à venir : "nous n'avons pas été élus pour être à 70% d'opinions favorables dans les sondages! Nous avons été élus pour moderniser la France. Soyons plus offensifs. Arrêtons toute autoflagellation ! On n'a pas à rougir de ce qu'on a fait face à des socialistes sans idées, sans projet. L'UMP doit se placer en permanence devant le gouvernement dans le débat d'idées, la pédagogie et pour détecter les talents de demain". Ce qui peut se traduire par : puisqu’on est impopulaire autant en profiter et continuer à faire tout ce qu’on veut en se drapant dans la soi-disant modernité et en caricaturant l’opposition (qui n’a pas besoin de cela…) en la qualifiant de conservatrice (et pourquoi pas de petite bourgeoise pour faire Mai 68 pendant qu’on y est ???).

Pas fou l’ambitieux ministre du Travail : au plus les réformes dures et impopulaires se succéderont rapidement, au plus vite il sera temps de remplacer un François Fillon en voie de carbonisation dans l’opinion. Et à ce moment qui sera le mieux placé pour emménager à Matignon ??? A n'en pas douter un ministre et un dirigeant de l'UMP qui aura comme il se doit fait allégeance au président de la République...

vendredi, 11 avril 2008

Et si on créait un carte famille nombreuse génétiquement modifiée ???

medium_logo-pmu.JPGLes jours se suivent et se ressemblent pour la majorité sur la base d’une mécanique bien rodée rôdée : un sujet, un polémique interne ; le tout donnant une impression de cacophonie généralisée.
Au lendemain de l’affaire Kosciusko-Morizet vs Copé (ce dernier touchant le fond du pathétique et du pitoyable en s’épanchant comme un amoureux blessé dans les médias… lui qui sait être une teigne ordurière envers ses adversaires), c’est au tour de Nadine Morano et de Dominique Bussereau de se contredirent allégrement sur les tarifs sociaux de la SNCF. Après que le secrétaire d’Etat aux Transports a annoncé que "la carte famille nombreuse dans l'état actuel des choses va certainement disparaître", sa collègue chargée de la Famille, est montée au créneau, dans son plus pure style, pour assurer que’"il est hors de question de faire disparaître la carte famille nombreuse, je m'y engage", ajoutant même que les tarifs sociaux de la SNCF devraient être encore meilleurs… Nadine Morano est sur coup soutenu par les députés UMP qui se voient sans doute mal expliquer dès ce week-end en circonscription qu’il n’y pas de plan de rigueur mais que le gaz et le train augmentent.

Pendant ce temps François Fillon, plutôt que tenter de mettre un peu d’ordre dans les expressions de ses ministres, est en voyage officiel au Japon (sans NKM punie…). Puisque les OGM et les transports dépendent tous les deux du super ministère de Jean-Louis Borloo, peut-être que la solution serait que le Premier ministre lui impose de mettre en place une carte de réduction SNCF transgénique !!!

mercredi, 09 avril 2008

Un peu de courage monsieur Hirsch : démissionnez !!!

medium_Emmaus.JPGLa semaine dernière François Fillon affirmait que le RSA est "trop coûteux".
Cette semaine Nicolas Sarkozy ajoute qu"il faut le calibrer en fonction des disponibilités financières qui sont les nôtres".
Bref, même si Eric Woerth tente de tempérer en assurant : "je n'ai pas dit que le RSA allait passer à la trappe", force est de constater que le revenu de solidarité active a du plomb dans l’aile.
Le motif : sa généralisation coûterait entre deux et trois milliards d’euros, alors qu’après avoir dilapidé 15 milliards cet été, le gouvernement racle les fonds de tiroir pour essayer d’économiser 7 milliards sur le dos principalement des fonctionnaires et des programmes sociaux. Bah oui, l’Elysée ne va tout de même pas revenir sur les allégements de charges (qui entraînent des trappes à bas salaires) et sur le bouclier fiscal, qui tous deux bénéficient aux amis du président… c’est tellement plus agréable de se payer sur les pauvres !!!

Face à cet abandon programmé, Martin Hirsch, promoteur infatigable du RSA, qui avait accepté d’entre au gouvernement (en refusant le titre de ministre) pour justement le mettre en œuvre, peut toujours expliquer qu’"une fois le RSA généralisé, plus il y aura de retour à l'emploi, moins il y aura de coût budgétaire", pas sûr que cet argument porte auprès des ses collègues du gouvernement.
Quand le Haut commissaire aux Solidarités actives ajoute que "ce qui ne peut, à mes yeux, être remis en cause, ce sont les principes du RSA et sa contribution à la réduction de la pauvreté, c'est en cela que je dis que je ne le ferai pas au rabais", on est de tenté de lui dire : Chiche, monsieur Hirsch, soyez digne de l'Abbé Pierre et ayez de le courage de votre engagement en démissionnant et en laissant l’ouverture aux seuls aventuriers avides de (sous) maroquins !!!

jeudi, 03 avril 2008

Cachez cette rigueur que je ne saurais voir…

Relancer la croissance, créer des emplois, augmenter le pouvoir d’achat et réduire les déficits publics, les grandes promesses du candidat Sarkozy ne peuvent qu’être partagées par le plus grand nombre, tant elles est sont consensuelles et apparaissent de bon sens. Mais voilà, onze mois après son élection, celui qui affirmait vouloir agir vite est en train d’échouer sur tous les plans.
Pire, après avoir ouvert dès son arrivée à l’Elysée les vannes en dilapidant 15 milliards d’euros sans résultat tangible autre que de creuser encore un plus de déficit budgétaire, le président de la République se voit aujourd’hui contraint de serrer la vis et de réduire les dépenses tous azimuts. Avec pour objectif de 6 à 7 milliards (soit la moitié de ce qui a été dilapidé en cadeaux fiscaux cet été…) d’économies cette année à en croire Le Monde. François Fillon peut bien répéter sur tous les tons qu’il n’est aucun cas question de rigueur, il ne trompe plus personne. A commencer par le Haut commissaire aux Solidarités actives, Martin Hirsch, qui se prépare à voir son RMA enterré sans fleurs ni couronnes au motif qu’il est, selon le Premier ministre "trop coûteux". C’est vrai que trois milliards d’euros pour remettre les RMIstes au travail c’est exorbitant au regard des 20 milliards d’allégements de charges accordées aux entreprises et qui bloquent les salaires à 1,4 SMIC !!!
Mais pendant que le PS se divise sur texte de sa propre motion de censure (vu comme c’est parti on attend avec impatience le congrès…) et se contente d’affirmer que le gouvernement prépare un plan de rigueur, les organisations syndicales apportent la preuve que cette rigueur est déjà là. Ainsi François Chérèque, le secrétaire général de la CFDT, explique-t-il chiffres à l’appui dans Les Echos qu’ "entre les 35 000 suppressions d'emploi et la faible hausse des salaires, pour la fonction publique, la rigueur est déjà là". Et d’ajouter que le gouvernement en plus d’être dogmatique au point de confondre, pour reprendre l’expression de François Fillon, "gestion sérieuse" et suppression de postes dans la fonction publique, le fait arbitrairement et sans concertation : "les fonctionnaires n'ont pas du tout été associés à l'évaluation des politiques publiques alors qu'impliquer les salariés et l'encadrement dans ce type de démarche est le BA-Ba du management". Preuve de l’absurdité de la situation, le leader syndical assure : "nous sommes à la veille d'un conseil de modernisation des politiques publiques décisif et je rencontre des responsables d'administration et même des ministres qui ne savent pas ce qui va se passer !"…

Et François Chérèque, que l’on ne peut pourtant pas qualifier de va-t-en guerre permanent de mettre en garde le gouvernement : "cette méthode incroyable crée une situation très anxiogène dans la fonction publique. Ajoutez-y la question des retraites des fonctionnaires et la rigueur salariale, cela constitue un cocktail explosif, qui rappelle 1995 ou 2003"… Et dire que dans un mois on fêtera les 40 ans de Mai 68.

mercredi, 02 avril 2008

Si c’est le Figaro qui le dit…

77142f85fedc78be0024cade9a86605f.jpgDans un courrier, cité par Le Figaro, adressé à Rachida Dati, le ministre tchadien de la Justice, lui rappelle que "les autorités françaises, qui ont participé au transfèrement sans jamais contester aucun des termes de cette lettre, se sont par là même implicitement engagées à respecter cette obligation", avant d’ajouter : "j'attends donc qu'elles mettent tout en œuvre pour que les familles des 103 enfants perçoivent au plus vite cette somme de 4,12 milliards de francs CFA".
En clair, l’Etat tchadien que explique l’Etat français s’est engagé à payer les dommages et intérêts de plus de six millions d’euros, aux familles des enfants volés par l’Arche de Zoé. Or la veille, François Fillon clamait haut et fort qu’"il est hors de question que le contribuable français paie six millions d'euros pour des erreurs que la France n'a pas commises". Comme Le Figaro (qui s’est procuré une copie de la lettre de la chancellerie tchadienne) n’est pas exactement un brûlot gauchiste dont le but est de plomber le gouvernement, le moins que l’on puisse dire c’est que tout cela fait désordre… et c’est à se demander si sur point, comme sur celui de la rigueur, le Premier ministre ne serait pas une nouvelle fois pris en flagrant délit de mensonge !!!

Et dire que tout intervient pour remettre en liberté de pieds-nickelés confis de néo-colonialisme qui s’était arrogé le droit de voler des enfants à leurs familles en considérant comme orphelins…


mardi, 01 avril 2008

Le 1er avril, Fillon rime avec poissons

4103dd5974ea1842ea6956f20f6b99d2.jpgQui a dit que nos politiques manquaient d’humour ???
En tout cas notre jovial Premier ministre se prête sans retenue à la tradition burlesque des annonces gagesques du 1er avril. Et le moins que l’on puisse dire c’est que le burlesque ne lui fait pas peur.
François Fillon a ainsi déclaré avec un sérieux désarment : "il n'y aura pas de plan de rigueur, il y aura une gestion sérieuse : des dépenses qui sont tenues. C'est difficile, mais en même temps, ce ne sont pas des coupes sombres dans les budgets publics, parce que ça entraînerait des conséquences sur la croissance", tout en annonçant "l'intégration de mesures d'économies dans le budget 2009". Avant d’ajouter : "nous tiendrons nos engagements, il faut simplement nous laisser un peu de temps pour le faire parce que la majorité a été élue pour cinq ans"…
Si on n’était pas le 1er avril on pourrait légitimement croire que le Premier ministre nous prend pour des c…

Mais le Premier ministre tutoie la perfection dans le canular en osant un grandiose, pour ne pas dire grandiloquent, "le plein emploi est la solution à tous les problèmes de notre pays"… bah oui, après avoir lamentablement échouer dans son combat pour le pouvoir d’achat, le gouvernement va s’attaquer au chômage.
Pas de doute, François Fillon ne manque pas d’humour !!! Mais sûr que cela suffise à faire un bon Premier ministre…

vendredi, 28 mars 2008

Ça promet à l’UMP !!!

medium_logo-pmu.JPGDéjà que la politique du gouvernement prend l’eau de toutes parts et que les mensonges de François Fillon et Christine Lagarde au sujet de croissance ont été percés à jour au point qu’ils ont été obligés de réviser leurs estimations fantaisistes, il semble bien que nous ne soyons pas au bout de nos peines.
En effet à en croire Christian Estrosi, le seul membre du gouvernement Fillon 1 à avoir abandonné son (sous) maroquin pour se consacré à sa nouvelle mairie de Nice, "aujourd'hui cet orchestre a disparu car il n'y a plus de chef d'orchestre". Pire, il ajoute : "dans nos fédérations, plus personne ne réfléchit, plus personne ne travaille. Nous ne faisons plus bouger aucune ligne, nous ne portons plus aucun message, nous n'apportons plus aucune proposition concrète".

Un aveu, venant d’un sarkozyste défoncé, qui fait froid dans le dos. Surtout quand on se souvient que les mesures prises depuis l’élection de Nicolas Sarkozy sont sensées avoir été élaborées par un parti qui réfléchissait...

mercredi, 26 mars 2008

Fillon va dans le mur et il klaxonne !!!

2ab9a65aea67d4a941dbd4509b4992f6.jpgFini de rire à Matignon : le Premier ministre accepte enfin de voir la vérité en face en reconnaissant dans L’Express que ses annonces depuis près d’un an étaient fausses puisque le gouvernement va réviser à la baisse sa prévision de croissance pour 2008, qui "se situera entre 1,7 et 2%", et que le montant des déficits publics en 2007 "sera sans doute un peu supérieur aux 2,4% initialement prévus". Mais voilà cet aveu est aussitôt suivi d’un mensonge éhonté : François Fillon assure que "cette révision n'aura aucun effet sur le budget 2008, construit pour résister à une variation de croissance de cet ordre-là"… sauf que le budget 2008 est basé sur une croissance de 2,25%, soit entre ¼ et ½ point de plus que la réalité.
Conséquence logique les hypothétiques baisses d’impôts sont repoussées aux calendes grecques : "la baisse des prélèvements obligatoires dépend de la croissance économique". Élégante manière d’enterrer une promesse du candidat Sarkozy en se défaussant sur la croissance mondiale. Se refusant toujours à avouer la préparation d’un inévitable plan de rigueur (qui bien entendu sera présenté le moment venu sous un autre nom…), François Fillon promet : "nous tenons au cap que nous nous sommes fixés, que nous avons fixé avec les Français, et ce n'est pas au premier coup de vent que nous allons changer ce cap". Et de préciser notamment que "la loi de 2003 prévoit le passage à une durée de cotisation de 41 annuités progressivement d'ici à 2012. La loi s'appliquera". Le Premier ministre reconnaît ainsi (enfin) ouvertement sa volonté de faire baisser les pensions puisque le dernier rapport d’un Conseil d’orientation des retraites démontre que dans les conditions actuelles d’emploi, notamment des seniors, un tel allongement de la durée de cotisation revient de fait à minorer les retraites !!! Ce que François Chérèque, que l’on ne peut pourtant pas accuser de s’opposer par principe à toute réforme, explique clairement : "le taux d'activité des seniors, aujourd'hui, ne permet pas d'augmenter la durée de cotisation à 41 ans dans les délais prévus par la loi de 2003, soit à partir du 1er janvier 2009. Ce serait inefficace parce que cela ne se traduirait pas par des rentrées de cotisations supplémentaires". Bref François Fillon propose de travailler plus longtemps pour gagner moins…
Mais voilà, les syndicats (le PS est trop occupé à préparer son congrès pour jouer son rôle d’opposant) ne sont plus les seuls à pointer du doigt le dogmatisme dangereux de l’exécutif. Des critiques commencent à se faire jour au sein de l’UMP, par exemple celle du président de l’Assemblée nationale, Bernard Accoyer qui insiste sur le fait qu’"il ne faut pas que les députés aient le sentiment de légiférer dans la précipitation". Ou encore celle d’Hervé Mariton qui déplore que "le gouvernement nous annonce un grand nombre de textes. Il y a un risque de dialogue de sourds parce que la priorité n'est pas affichée". Et jusqu’au Nouveau centre qui demande rien de moins que le respect de la "nécessité de la justice" dans la conduite des réformes…

Pour essayer de calmer sa majorité, François Fillon n’a rien trouvé d’autre que de promettre que la question du cumul des mandats n’est pas du ressort de la révision constitutionnelle qui doit modifier prochainement les institutions. Il achète donc l’acceptation de sa politique, à laquelle même sa propre majorité ne croit plus, en échange le maintien du cumul des mandats… la grande class !!!

vendredi, 14 mars 2008

Fillon anticipe la défaite

2ab9a65aea67d4a941dbd4509b4992f6.jpgComme semble loin déjà le temps des fanfaronneries de Patrick Devedjian le 9 mars au soir sur les plateaux télés. Désormais la défaite semble admise par l'UMP, avant même le deuxième tour des municipales, au point que François Fillon se cherche déjà des excuses et s'accroche à ses réformes.
Le Premier ministre reconnaît enfin (mieux vaut tard que jamais…) "une forme de déception, ou en tous cas une démobilisation d'une partie de l'électorat de la majorité", avant d'ajouter : "j'ai trouvé certains de nos électeurs parfois un peu silencieux. Ce n'est jamais bon signe". Si ce n'est pas une façon de préparer ses troupes à la défaite, ça y ressemble… Mieux, le chef de gouvernement sensé incarner la rupture, se réfère au passé pour justifier la piètre performance des candidats UMP : "ce qu'on sait, c'est qu'en France d'abord, depuis très longtemps, et dans tous les pays européens, après une élection nationale, quand vient une élection locale, elle est toujours difficile pour le pouvoir".
François Fillon justifie ensuite ce mauvais résultat et cette déception de l'électorat de droite par les réformes sarkoziennes… plus lentes que prévu à produire des résultats pourtant annoncés immédiats durant la campagne présidentielle : "parce que le pouvoir a engagé des réformes qui n'ont pas forcément encore donné des résultats, a pris des engagements qui ne sont pas encore forcément tenus parce qu'il faut du temps pour les tenir. Il y a donc forcément une sorte de déception, en tout cas une démobilisation d'une partie de l'électorat de la majorité qui pour telle ou telle raison estime qu'on n'est pas allés assez vite, ou qu'on n'est pas allés assez loin, ou qui est en désaccord avec telle décision qui a été prise". Bref, le Premier ministre reconnaît que le vote aux municipales a bien une composante nationale… contrairement à l'argumentaire UMP, y compris le 9 mars au soir.
En conséquence, François Fillon écarte tout remaniement et promet une accélération des réformes : "la leçon que je tire, c'est qu'il faut accélérer le rythme des réformes, montrer que tous les engagements qui ont été pris vont être tenus". Oui, mais dans le même temps, l'Elysée laisse filtrer que des ajustements au niveau de la composition du gouvernement "auront sûrement lieu avant le prochain conseil des ministres", et le très sarkoziste Roger Karoutchi assure que "quel que soit le résultat des municipales, il faut les faire, car c'est un plus pour les Français. Il y aura forcément de la part du président de la République, une écoute de ce qui se sera passé et qui se retrouvera forcément dans les débats et les textes", évoquant des "inflexions qu'il peut donner sur les textes de réformes qui viendront".

A prendre autant le contre-pied de Nicolas Sarkozy et d'être plus haut que lui dans les sondages, François Fillon ferrait bien de se méfier : un Premier ministre ça sert souvent de fusible…


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