lundi, 21 avril 2008
Sarkozy an I : rupture réussie... avec les Français
image : timeo
Bien sûr le sondage a été commandé par Libération qui est tout sauf un journal sarkozyste.
Bien sûr fêter le premier anniversaire de l’élection de Nicolas Sarkozy le 21 avril alors qu’il n’a été élu qu’au soir du second tour est stupide.
Bien sûr ce n’est qu’à la fin du quinquennat que l’on pourra réellement juger l’action du président de la République.
Mais force est de constater que les chiffres sont cinglants : un peu moins d’un an après son entrée triomphale à l’Elysée, celui qui se présentait comme "le président du pouvoir d’achat" et de "la rupture" et qui affirmait qu'"ensemble tout est possible" dans "France d’après", voit 59% des Français juger son action comme étant "plutôt un échec" contre à peine 20% (soit moins que la proportion qui avait voté pour lui au premier tour) qui pensent le contraire.
Bien sûr Nicolas Sarkozy n’est pas responsable du retournement de la conjoncture mondiale due, n’en déplaise à Christine Largarde, à la crise des supbrimes.
Bien sûr on ne peut pas lui reprocher n’avoir rien tenter sur le plan économique.
Mais force est de constater que "le choc de confiance" qu’il promettait est un bide.
Une fois n’est pas coutume c’est du PS que vient la meilleure illustration de ces onze premiers mois de présidence bling-bling, durant lesquels comme le dit Pierre Moscovici : Nicolas Sarkozy "avait de l'or dans les mains, un an après il l'a transformé en plomb".
Il reste désormais quatre ans au PS pour essayer de trouver, enfin, une alternative viable à la politique sarkozyste qui déçoit tant… mais dont l’atout majeur est de n’avoir en face d’elle aucune opposition crédible.
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jeudi, 17 avril 2008
Pour le professeur Sarkozy, le gouvernement tu l’aimes ou tu le quittes
image : timeo
Il aura mis le temps, mais face à la succession de couacs qui ont émaillé les dernières annonces (ou tentatives d’annonces) gouvernementales, Nicolas Sarkozy a enfin réagi… à la manière d’un Jean-Pierre Chevènement.
"Il n'y aura pas de nouvel exemple de couac sans sanction et celui ou celle qui manque à la solidarité gouvernementale devra sortir. C’est la dernière fois que j'accepte cela. François et moi estimons que ça suffit! Je ne supporte plus que certains se fassent leur cote au détriment de l'équipe. On accepte les arbitrages et si on n'est pas content, on quitte le gouvernement", a ainsi tonné le président de la République (semblant au passage oublier qu’il n’a pas été le dernier à mettre de l’huile sur le feu, notamment concernant la carte famille nombreuse…) durant un Conseil des ministres aux allures de conseil de classe, voire de discipline, pour cancres. Et le chef de l’Etat d’enfoncer le clou envers Nathalie Kosciusko-Morizet et Rama Yade en précisant : "quand vous parlez au Monde, même en off, je ne peux pas croire que vous le fassiez sans vous en rendre en compte". Qu’il se rassure, la grève actuelle de la rédaction du quotidien du soir devrait, au moins temporairement, limiter les fuites sur la cacophonie gouvernementale et les états d’âme des ministres.
Dans le rôle de la fayotte de service, Fadela Amara s’en est donnée à cœur joie en assurant : "j'ai juste entendu que tout le monde peut s'exprimer tranquillement et librement, à partir du moment où ça ne met pas en défaut le gouvernement. Je trouve que c'est légitime". Facile à dire quand ont est la chouchoute qui peut dire, même et surtout grossièrement, tout ce qu’on veut sans jamais être reprise. De là à penser que certains de ces petits camarades trouvent son attitude "dégueulasse"…
Après avoir recadré son gouvernement, Nicolas Sarkozy va sans plus attendre devoir s’atteler à remettre de l’ordre chez les députés UMP puisque même la porte-parole du mouvement, Chantal Brunel, a réussi à obtenir une standing ovation de la gauche lors des questions au gouvernement en interrogeant Christine Lagarde sur ce qu’elle compte faire pour lutter contre les "dérives fiscales permettant aux plus fortunés de ne pas payer d'impôts".
Pour la promo UMP 2007/2008, il est vraiment tant que les vacances arrivent… avant d’envisager un redoublement bien mérité. A moins que ce soit du côté du professeur qu'il faille chercher les causes de ces lacunes...
08:30 Publié dans Putain 5 ans... voire 10, UMP | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : politique, Sarkozy, NKM, Yade, Lagarde, Bunel, Amara
dimanche, 30 mars 2008
Top 3 des champions de la semaine 103
Après une longue absence due aux élections (et un peu à la Corse), le classement reprend, enfin ses droits. Mais face à la multitude de belles performances cette semaine, le jury est dans l'obligation d'élargir le palmarès (sans ordre de préférence) en le présentant par ordre alphabétique.
Rachida Dati
Au moment où la garde des Sceaux ferme des tribunaux qui coûtent soi-disant trop chers, les frais de réception du ministère de la Justice ont nécessité une rallonge budgétaire de 100 000 euros en 2007 et près des deux tiers des crédits de 2008 ont déjà été dépensés.
Combien faut-il fermer de tribunaux pour se payer un ensemble Dior avec bonne conscience ???
Patrick Devedjian
En plus d’avoir conduit son parti à la défaite lors des municipales, au point d’être désormais placé sous surveillance au sein de la direction de l’UMP, Patrcik Devdjian ment comme il respire en assurant qu’en "2001, l’ensemble des ministres du gouvernement Jospin avait été battu".
Plus le bobard est gros mieux il passe…
Georges Fenech
Le député UMP du Rhône a vu son élection invalidée par le Conseil constitutionnel pour avoir "exposé des dépenses directes et non par l'intermédiaire de son mandataire financier. Il ne s'agit pas de comptes non sincères mais d'une infraction aux articles 52-8 et LO136-1 du code électoral".
Et comme tout politique condamné, Geogres Fenech crie à l’injustice en se disant "victime d'une procédure discriminante et sans appel" au point d’un appeler à… Nicolas Sarkozy.
Christine Lagarde
La ministre des Finances continue de s’enfermer dans son déni pathologique de la réalité en louant les "bonnes performances de l'économie française"… tout en révisant à la baisse les prévisions de croissance.
L’HP n’est plus très loin.
La direction de la LCR
Les anciens trotskystes ont adopté les méthodes staliniennes en "dépermanentisant" leur principal opposant, Christian Picquet, bref en le licenciant en qualifiant eux-mêmes cette "décision" de "politique".
Avec une telle ouverture d’esprit ça va pas être simple de mettre en place le futur grand parti unitaire de la gauche anticapitaliste…
08:30 Publié dans Top des champions | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : politique, municipales 2008, Sarkozy, Lagarde, Dati, Devedjian, Fenech
vendredi, 28 mars 2008
Ça promet à l’UMP !!!
Déjà que la politique du gouvernement prend l’eau de toutes parts et que les mensonges de François Fillon et Christine Lagarde au sujet de croissance ont été percés à jour au point qu’ils ont été obligés de réviser leurs estimations fantaisistes, il semble bien que nous ne soyons pas au bout de nos peines.
En effet à en croire Christian Estrosi, le seul membre du gouvernement Fillon 1 à avoir abandonné son (sous) maroquin pour se consacré à sa nouvelle mairie de Nice, "aujourd'hui cet orchestre a disparu car il n'y a plus de chef d'orchestre". Pire, il ajoute : "dans nos fédérations, plus personne ne réfléchit, plus personne ne travaille. Nous ne faisons plus bouger aucune ligne, nous ne portons plus aucun message, nous n'apportons plus aucune proposition concrète".
Un aveu, venant d’un sarkozyste défoncé, qui fait froid dans le dos. Surtout quand on se souvient que les mesures prises depuis l’élection de Nicolas Sarkozy sont sensées avoir été élaborées par un parti qui réfléchissait...
08:30 Publié dans Putain 5 ans... voire 10, UMP | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : politique, Sarkozy, Fillon, Lagarde, Estrosi, UMP
mardi, 25 mars 2008
Impôts, que sont les promesses du candidat Sarkozy devenues ???
C’était devenu le dernier argument de l’UMP entre les deux tours des municipales : la gauche augmentera les impôts dans les communes. Et Patrick Devedjian d’expliquer (en plus d’affirmer envers et contre tout que la droite n’était pas en train de subir une défaite électorale…) que tout cela est dans l’ordre des choses : gauche augmente les impôts et la droite les diminue. Malheureusement pour son camp, il semble que les électeurs n’aient pas été sensibles à ce manichéisme caricatural.
Et pour cause, alors que le candidat Sarkozy promettait, entre autres, une baisse des impôts, depuis qu’il est élu, seuls ses amis ayant des revenus dans la même tranche fiscale de ceux de Johnny Hallyday ont vu venir cette fameuse diminution des prélèvements. Pour les autres, il n’est jamais trop tard pour méditer sur la fameuse maxime chiraco-pasquaiene : "les promesses n’engagent que ceux qui les reçoivent". D’ailleurs Christine Lagarde et Eric Woerth sont là pour bien leur rappeler qu’il ne sert plus à rien d'espérer puisqu’ils se contentent désormais d’assurer (mollement et sans grande conviction) : "nous n'augmenterons pas les impôts"… l’évolution sémantique entre la promesse de baisse des impôts de la campagne présidentielle et l’annonce actuelle d’une simple non-augmentation, à laquelle plus personne ne croit d’ailleurs, vaut à elle seule toutes les démonstrations du monde. Il faut dire que les 14 milliards d’euros de cadeaux fiscaux du début de quinquennat pèsent lourd… très lourd pour un résultat quasi nul.
Et les choses en sont pas prêtes de s’arranger si on en croit la ministre de l'Economie, Christine Lagarde, qui reconnaît (enfin) que France va prochainement réviser en "légère baisse" sa prévision de croissance pour 2008. Et quand on se souvient qu’elle assurait qu’il n’y avait pas de crise de subprimes, on est droit d’avoir peur quant à sa définition d’une "légère baisse". D’ores et déjà les fameux (fumeux ???) 2% de croissance promis pour 2008 ont du plomb dans l’aile.
Sans oublier les promesses (sur lesquelles il va cette fois être difficile de s’asseoir…) faites à Bruxelles de ne pas laisser courir les déficits. Vous avez dit hausse de la TVA (qu’elle soit ou non abusivement taxée de sociale) ???
08:30 Publié dans Putain 5 ans... voire 10, UMP | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note | Tags : politique, Sarkozy, Devedjian, Lagarde, Woerth, Johnny Hallyday
lundi, 10 mars 2008
Face à l’écume rose, l’UMP lâche Sarkozy
Plus mauvais perdant, menteur et haineux que jamais, Patrick Devedjian peut toujours accuser les sondages de tous les maux y compris de rouler pour la gauche, rien, surtout pas ses outrances, ne peuvent masquer la vérité : au soir du premier tour des municipales, la droite a été sanctionnée par les électeurs.
Même s’il faut bien entendu (ne serait-ce que par respect de la démocratie) attendre le second tour pour tirer des conclusions définitives, force est de constater qu'à défaut de vague rose, on assiste bel et bien à un désaveu des plus cinglants à Nicolas Sarkozy et sa volonté de politiser ces municipales. La preuve la plus marquante, et la plus terrible pour le président de la République, est sans nul doute le défilé des ténors de l’UMP trimbalant leurs mines déconfites (mention spéciale à Christine Lagarde qui dans le 12e arrondissement de Paris fait un score digne de son incapacité à prévoir la croissance) sur tous les plateaux télés pour expliquer que ces élections ne sont que locales… Bref, dans la défaite, l’UMP se détache du boulet qu’est devenu le chef de l’Etat, y compris François Fillon qui s’est contenté de féliciter… les 36000 maires de France. Si la dynamique se poursuit le 16 mars, on n’ose imaginer les demandes des caciques de l’UMP qui n’hésiteront probablement pas à accuser Nicolas Sarkozy de les avoir menés à la défaite.
Mais que la gauche, notamment le PS, ne se réjouisse pas trop vite : d'une part, dans de nombreuses villes le MoDem peut encore sauver l'UMP, comme au bon vieux temps de l'UDF. D'autre part, le syndrome des élections 2004 n’est pas loin : une victoire lors d’élections intermédiaires peut parfaitement empêcher le PS, qui est toujours bien malade, de se remettre en cause. Et ainsi laisser le champ libre à la droite et Nicolas Sarkozy, même discrédité, pour 2012.
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lundi, 03 mars 2008
Si Lagarde dément c’est que c’est vrai
Il n’y a pas qu’au Medef que cela sent la (UIM)merde, à l’UMP et au gouvernement aussi. Tant concernant les résultats attendus pour les municipales que concernant la croissance en berne, le chômage en hausse et l’inflation qui explose ou encore le moral des Français au plus bas depuis 20 ans (et tout ça en moins d’un an de "France d’après"…), Xavier Bertrand reconnaît humblement : "nous sommes dans une situation compliquée".
Bien entendu, dans de telles circonstances, il difficile pour ne pas dire impossible de ne pas croire Laurent Fabius quand il explique que "le 11 février, il y a eu une réunion au niveau européen des ministres des finances. Vous savez que la France a été mise en accusation à cause de ses déficits. La tonalité du débat qui a eu lieu c'est Ecoutez, laissez-nous passer le cap des élections municipales, et ensuite nous prendrons des décisions. Toute l'Europe attend que le gouvernement prenne une série de décisions qu'on cache aux Français". En dehors du fait que cela semble plus que plausible, un élément vient corroborer la véracité des dires de l’ancien Premier ministre : Christine Lagarde dément en assurant "je démens catégoriquement ces insinuations. L'engagement que j'ai pris vis-à-vis de nos partenaires européens, c'est celui de poursuivre les réformes engagées, et rien d'autre. On insinue des choses qui seraient cachées et consenties à nos partenaires européens. Je trouve ça totalement malhonnête".
Or la ministre de Finances continue envers et contre tout d’affirmer que la croissance sera de 2% en 2008, alors que le FMI a baissé ses prévisions pour la France à 1,5% ou que la crise des subprimes (dont elle avait au début nié jusqu’à l’existence) ne touche pas la France.
Bref, que ce soit sciemment pour incompétence, Christine Lagarde accumule les mensonges, même face à l’évidence. Il y a donc toutes chances que le gouvernement, une fois les municipales largement perdues, dégaine un plan d’austérité pour renflouer les caisses de l’Etat, vidées en début de mandat de 15 milliards d'euros de cadeaux fiscaux inefficaces pour la croissance…
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jeudi, 31 janvier 2008
L'intelligence, victime collatérale du crack de la SocGen
4,9 milliards d'euros de perte. La somme a de quoi faire tourner la tête. C'est d'ailleurs ce qui est arrivé à l'ensemble de la presse hexagonale qui s'est empressée de placarder la tête du trader (présumé innocent n'en déplaise à Christine Lagarde qui voit en lui l'unique coupable sans pour autant apporter le commencement du début d'une preuve) sur tous les supports papier, télé, web, au mépris de la plus élémentaire déontologie. Mais au milieu du gigantesque concert de n'importe quoi que constituent les réactions à l'emporte-pièce qui se succèdent à un rythme aussi effréné que les ordres de vente ou d'achat dans une salle de marché, deux politiques se distinguent par le niveau impressionnant de leurs analyses.
Tout d'abord Dominique de Villepin, grand spécialiste des affaires troubles, tendance Clearstream, et des décisions individuelles qui tournent au fiasco, tendance CNE et CPE, commence bien en relevant que "cette affaire est révélatrice d'une crise générale de notre société très profonde, on le voit à travers la crise financière dans le traitement de cette crise: il y a une sorte d'hystérie". Mais sa conclusion laisse pantois : "ce jeune homme le trader à l'origine de la fraude, ne prenait pas de vacances. Quand on ne prend pas de vacances pour respirer, votre vie est envahie, débordée, et vous faites des bêtises"… On a rarement entendu l'ancien Premier ministre autant défendre la limitation du temps de travail.
Bien entendu Ségolène Royal ne pouvait rester muette sur un sujet aussi grave. En effet, l'ancienne candidate PS à la présidentielle désigne le vrai coupable : "il faut arrêter avec toutes ces taxes nouvelles, il faut que M. Sarkozy, Monsieur taxes, arrête avec tout cela, baisse la TVA, rende l'argent de la Société générale aux petits et aux moyens épargnants qui paient pour les gros. Ca suffit, ce règne de l'argent fou d'un côté et la diminution du pouvoir d'achat de l'autre". On sait que le président de la République aime l'argent, mais de là à sous-entendre qu'il détient les 7 milliards de pertes totales de la Société Générale c'est sans doute un poil exagéré, voire démagogique…
Après de tels éclairages, on attend avec impatience les lumières du génie (autoproclamé) Jacques Attali, qui a certainement quelques très bonnes solutions à proposer pour mettre fin à cette crise...
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vendredi, 25 janvier 2008
Concours d’autosatisfaction entre Sarkozy et Fillon
Que ce soit à Davos ou à l’Elysée, les deux têtes de l’exécutif se sont donné le mot : alors que, Christine Lagarde mise à part, tous les vrais experts indiquent que la situation économique est mauvaise, François Fillon et Nicolas Sarkozy essaient de (se) convaincre que leur politique de "rupture" porte ses fruits…
"Vous qui avez été les premiers à croire en moi, continuez !". C’est par cette supplique, assez pathétique pour qui se souvient du Nicolas Sarkozy arrogant et (trop) sûr de son talent d'il y a encore quelques semaines, que le président de la République a accueilli les quelque 30 parlementaires UMP qui avaient répondu à son invitation à "un pot de l’amitié". Le chef de l’Etat a exhorté ce dernier carré de fidèles à être "fiers de tout ce que nous avons fait en neuf mois" et à "ne pas avoir peur du débat" en concluant par un superbe : "ayez des idées, la modernité, c'est nous". C’est vrai que cela a du faire chaud au cœur de ces parlementaires d’apprendre qu’ils ont en fait le droit d’avoir des idées et que leur rôle ne se limite pas à entériner des lois bâclées et/ou démagogiques et conjoncturelles. Une reconnaissance qu’Yves Jegot, qui cherche manifestement à se faire nommer hagiographe officiel du régime, traduit dans une formule limite lyrique : le président "était heureux de retrouver des gens qui l'apprécient, ceux dont le seul défaut est d'avoir su très tôt qu'il avait les capacités d'être président de la République"…
Pendant ce temps-là François Fillon assurait le service après-vente (et après krak boursier) de la "rupture" auprès des grands argentiers de la planète expliquant, tel un Gorbatchev annonçant la fin de la guerre froide, que sa "présence, aujourd'hui, est un symbole : celui d'une France qui veut parler à tout le monde, d'une France qui veut participer à tous les forums internationaux, d'une France qui veut réoccuper toute sa place dans les grands débats sur l'avenir de l'économie mondiale". Avant de leur servir le couplet éculé sur les thèmes "notre pays est conscient de son décrochage et il n'esquive plus les faits" et de "l’image dont nous entendons nous libérer : celle du pays dans lequel le chômage de masse est une fatalité. Cette fatalité-là, c'est la France d'hier".
Mais en dépit de tous leurs efforts, le président de la République et le Premier ministre, peinent, pour ne pas dire plus, à convaincre… y compris dans leur propre camp. Ainsi le rapport Attali sensé être la pierre philosophale de la croissance est assassiné par l’UMP. Jean-Pierre Raffarin le qualifie "d’hémiplégique : la moitié des solutions sont bonnes et l'autre moitié restent très faibles", avant d’ajouter : "j'attendais de la créativité, j'attendais un peu des idées nouvelles" or selon lui on ressort "les vieilles lunes : la suppression des départements, la TVA sociale, toute cette forme de tendresse des grandes surfaces". Tandis que le vice-président du groupe UMP, Jean Leonetti, oublie un instant son rôle de cire-pompes de l’exécutif pour assurer qu'il serait "catastrophique que le Parlement se voie imposer un paquet global dans lequel il n'y aurait pas de droit d'inventaire" et dénoncer "quelques provocations très négatives, voire des propositions inacceptables".
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mardi, 22 janvier 2008
Quand les bourses plongent, Lagarde raffarine et Sarkozy fanfaronne
Il y a encore quelques mois, alors qu'elle devait rentrer précipitamment de vacances pour cause de crise des subprimes, la ministre de l'Economie et des Finances, se la jouait Dominique Voynet du temps de l'Erika en assurant haut et fort qu'il avait "pas de crise des subprimes"… Aujourd'hui face au décrochage sans précédent, depuis le 11 septembre 2001, des bourses mondiales (-6.83% pour la Bourse de Paris), la même locataire de Bercy se réfugie derrière des incantations sans queue ni tête dignes d'un Jean-Pierre Raffarin de la grande époque en
assurant : "quand la situation internationale est compliquée, il faut être prêt à la maison en ayant pris ses précautions". Comprenne qui pourra…
Heureusement Christine Lagarde précise sa pensée, pour elle prendre ses précautions c'est… dilapider le peu d'argent qui reste dans les caisses dès son entrée en fonctions histoire d'être bien sûrs de ne plus rien avoir à se mettre sous la dent dès que la crise pointe son nez. En effet, elle affirme que la situation actuelle (le mot crise semblant banni dans sa bouche) la "conforte aussi dans l'idée que le plan de mesures que nous avons mis en œuvre dès cet été avec la loi Tepa, arrive à point nommé pour encourager le travail et pour développer l'activité sur le plan de l'économie française". C'est vrai que le bouclier fiscal était impératif pour prémunir Johnny Hallyday et autre Vincent Bolloré contre la chute de leurs placements en bourse…
Mais en dépit de tous ses efforts, la ministre des Finances n'arrive pas à se hisser niveau atteint par le président de République, ce week-end, qui a réussi l'exploit de donner à la fois dans la méthode Coué et l'autosatisfaction puisque selon lui : "on n'est pas dans une récession, la France tient mieux que les autres, on est dans une croissance autour de 2%, nous avons des chiffres d'emploi qui sont excellents et un taux de chômage qui n'a jamais été aussi bas". Emporté par son élan il s'était même permis d'ajouter, limite dédaigneux : "à tel point que les Américains s'engagent à investir 1% de leur PNB dans leur économie. Tepa, c'est 0,7% de notre PNB dans notre économie, sauf que eux le font avec six mois de retard". Deux jours après l'annonce des mesures américaines, les bourses mondiales sombraient...
Mieux, pendant que le chef de l'Etat, grand spécialiste de l'économie devant l'éternel, décerne une satisfecit (certes du bout des lèvres) aux Etats-Unis, le FMI, en personne de son directeur, en visite à l'Elysée, n'est pas tout à fait d'accord. Selon Dominique Strauss-Kahn, en effet, "les bourses n'ont pas apprécié, semble-t-il, le paquet proposé par le président Bush". A l'avenir, Nicolas Sarkozy ferait de mieux choisir ses candidats avant de les imposer dans les instances internationales...
08:30 Publié dans Putain 5 ans... voire 10, UMP | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : politique, Sarkozy, Lagarde, Bush, DSK, Johnny Hallyday, Raffarin







