mercredi, 20 février 2008
Trotski réveille toi, ils sont devenus fous
Le 20e siècle a pris fin le 19 février 2007, jour qui a vu à la fois Fidel Castro abandonner le pouvoir à Cuba et Lutte ouvrière faire listes communes pour les élections municipales avec le PS et le PCF.
Cela faisait déjà quelques mois que LO envisageait de virer sa cuti, alors qu’en 2002 Arlette Laguiller se refusait à appeler à voter Jacques Chirac au second tour de la présidentielle pour faire barrage à Jean-Marie Le Pen. Quel chemin parcouru en cinq ans par le parti (la secte ???) trotskiste, qui en plus d’avoir divisé par trois son score à la présidentielle, accepte désormais "dans presque 65 villes de faire des listes d'union : dans 40 % des cas la tête de liste est du Parti socialiste, dans 60% des cas la tête de liste est du Parti communiste". Et dire qu’il y a encore peu de temps, le PS représentait à leurs yeux la gauche qui trahit et qui se vend aux patrons sur le dos des travailleurs et que le PCF n’était rien de moins que l’ennemi intime stalinien…
Cette décision est déjà étonnante, mais sa justification dépasse l’entendement : "on ne peut pas être dans ces municipales sur des listes avec la LCR qui sont des espèces d'étapes dans la construction d'un parti auquel nous ne voulons pas participer". Et oui, les trotskistes de LO refusent de se mélanger avec la LCR qui essaie de fédérer la gauche de la gauche en une force unique, tout cela pour ne pas perdre sa pureté doctrinale au sein d’"un parti un peu attrape-tout, pour ceux qui se disent les orphelins des partis, mais qui veut renoncer à certaines choses auxquelles on tient, nous : le marxisme, le trotskisme". Tout comme les sociaux-démocrates, ou sociaux-traitres pour les intimes, devaient dans les années 1930 être encore plus farouchement combattus que les fascistes, mieux vaut désormais, pour LO, faire officiellement alliance avec les ennemis (mortels dans tous les sens du terme pour certains qui résident place du colonel Fabien) d'hier que de faire parti commun avec la LCR pourtant d’obédience trotskiste… Décidément on comprend mieux pourquoi les mouvements d’extrême gauche insistent autant sur la formation de leur militants : il faut plus que quelques cours du soir comprendre et assimiler une telle stratégie…
Mais finalement, les choses pourraient être pires pour la gauche de la gauche : Nicolas Sarkozy pourrait proposer que les collégiens apprennent par cœur les œuvres de Che Guevara ou récitent les meilleurs pages du Capital...
08:30 Publié dans Dans la cour des petits, Extrême-gauche, Municipales, même pas mal | Lien permanent | Commentaires (69) | Envoyer cette note | Tags : politique, municipales 2008, Sarkozy, Laguiller, Chirac, Le Pen
mercredi, 28 novembre 2007
C'est LO lutte finale…
Léon Trotski doit se retourner dans sa tombe. L'impensable est en train de se produire. Le seul, l'unique, le vrai parti des travailleurs, celui-ci toujours si prompt à fustiger la gauche "qui trahit", celui dont l'égérie médiatique n'hésitait pas en 2002 à refuser de faire barrage à Jean-Marie Le Pen pour ne avoir à appeler à voter en faveur du candidat bourgeois Jacques Chirac, s'apprête à passer des accords électoraux avec les sociaux-traitres.
En effet Lutte Ouvrière avoue avoir pris des contacts "avec tout le monde" à gauche en vue des municipales. Ainsi, à La Courneuve, les militants de LO "ont même accepté l'hypothèse d'une fusion de liste avec le PS au second tour". Mais aux sociaux-traitres vendus à la bourgeoisie du PS, les trotskistes de LO préfère néanmoins l'ennemi intime stalienien, mais néanmoins de gauche, puisque le mot d'ordre est tout de même "ne pas nuire au PCF là où le PS veut lui prendre la mairie". Malgré tout le mal est fait à entendre l'argumentaire LO : "gérer une municipalité ne nous gêne pas". "Gérer", quel ignoble mot capitaliste. Et pourquoi pas manager pendant qu'on y est ???
"Nous n'offrons pas nos services au PS, mais là où la gauche peut être supplantée par la droite ou regagner une municipalité, nous discutons. Nous ne voulons pas que notre score puisse favoriser la droite", se justifie George Kaldy de la direction de LO. Une attitude qui peut paraître de bon sens. Surtout qu'il ajoute que ce revirement (reniement ???) est la conséquence d'un "changement de contexte politique : en 2001, on n'avait pas envie de cautionner la gauche au pouvoir. L'élection de Sarkozy et son offensive générale contre les travailleurs ont changé la donne". Rarement aveu (en attendant l'autocritique ???) n'aura été aussi accablant pour Lutte Ouvrière qui, sans doute lassée d'attendre éternellement le Grand soir, reconnaît implicitement amorcer sa mutation vers une politique des petits. Bref LO est en train de virer, ô horreur suprême, sociale-démocrate. A défaut d'avoir noyé Marx dans le Coca, l'économie de marché sera au moins parvenue, en 2007 en France, à noyer Trotski dans Solfé… On a les triomphes qu'on mérite.
Mais pas sûr que cela permette au PS de gagner quoi que ce soit en lisibilité et en clarté. Surtout quand dans le même temps Marie-Noël Lienmann s'affiche avec Nicolas Dupont-Aignan et que Laurent Fabius abandonne son gauchisme de façade de ces dernières années au profit de l'écologie marketée…

08:30 Publié dans Extrême-gauche, PS | Lien permanent | Commentaires (16) | Envoyer cette note | Tags : politique, Sarkozy, Laguiller, Chirac, Lienmann, Fabius, Dupont-Aignan
jeudi, 19 avril 2007
Candidats partout, politique nulle part !!!
L'Officiel du taxi, Stations service magazine, Paris Turf, So Foot, XV Rugby, Moto Revue, L'Argus de l'automobile, La Gazette de l'Hôtel Drouot, PlayStation magazine, L'Essor de la gendarmerie, Arménie magazine, Aviation et pilote, Kiné actualités, Généalogie magazine, Trente millions d'amis, Animaux magazine, Atout chien et La Semaine vétérinaire, Molosse magazine et La Dépêche vétérinaire, Rottweiler News, Echecs Magazine, L'Essor de la conciergerie, Funérarium magazine, Architecture, Bois et Dépendance. Cet inventaire à la Prévert, n’est pas le classement des plus pires invendus recensés par la fédération des kiosquiers, mais bel et bien la liste, non exhaustive, relevée par Le Monde, des publications les plus improbables auxquels les candidats à la présidentielle ont accepté de répondre.
Alors que François Bayrou, fidèle à sa volonté d’ouverture et de rassemblement, avoue ne refuser aucune sollicitation, le staff de Nicolas Sarkozy n’a pas peur du ridicule en affirmant que ces publications "constituent des relais d'opinion très importants". Un ridicule qui ne fait pas non plus peur à l’équipe de Ségolène Royal qui assure, sans rire : "en réalité, les questions très spécialisées qui nous sont adressées ne sont pas si nombreuses. Ces entretiens permettent à la candidate d'élargir la problématique abordée"… Au fond, quand on voit Jean-Marie Le Pen utiliser l’intégralité de l’un de ses clips de campagne officielle pour demander plus de place dans les cages des poules d’élevage (alors qu’il se refuse à améliorer les conditions de vie déplorables dans les prisons…), on finit par se dire qu’en effet, tout est bon pour gagner quelques voix.
Ainsi pendant que le candidat UDF explique sans doute dans Molosse magazine qu’aimer les gros toutous n’est ni de gauche ni de droite, la candidate PS prend sûrement position contre le port du string pour les chiots dans Rottweiler News, laissant probablement le soin au candidat UMP d'expliquer les origines génétiques des chiens méchans dans Atout chien…
Mais lorsque l’on voit que Nicolas Hulot dicte la ligne politique en matière d’écologie dans cette campagne, ou lorsque que l’on se souvient du niveau des questions posées dans J’ai une question à vous posez, tellement sectorielles, pour ne pas dire personnelles (du type "je suis au chômage après avoir fait psycho, quand et comment allez-vous réformer cette filière universitaire ?"), il n’est finalement pas si étonnant de voir les candidats répondre aux questions, sans aucun doute capitales pour l’avenir de la France, de Echecs Magazine…
Néanmoins certaines interviews se révèlent nettement plus intéressantes qu’il y parait. Ainsi, Studio Magazine nous apprend que François Bayrou ou encore Jean-Marie Le Pen, voire Arlette Laguiller, ont raison de fustiger l’alliance plus ou moins objective entre Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal en faveur d’un statut quo politique, puisque, signe qui ne trompe pas, leur acteur préféré est le même : Gérard Philipe
Avec de telles infos, on peut enfin voter en toute connaissance de cause le 22 avril…
08:30 Publié dans Présidentielle Academy | Lien permanent | Commentaires (31) | Envoyer cette note | Tags : politique, présidentielle 2007, Sarkozy, Royal, Bayrou, Le Pen, Laguiller
vendredi, 02 février 2007
Après les Mc Do, Bové démonte la gauche antilibérale
Plus on est de fous, plus on rit. Certes, mais du côté de la gauche de la gauche on doit surtout se dire en ce moment que plus on est de fous, plus on fera des scores minis… surtout depuis l'annonce officielle du secret de polichinelle qu'était devenue la candidature de José Bové.
Après l'échec de sa proposition d'organiser des primaires entre les candidats à la candidature noniste auxquelles il aurait été le seul candidat, l'ex –syndicaliste (ex ?) paysan a finalement décidé de se lancer dans l'aventure Elysée sous ses propres couleurs "pour que continue le combat pour le rassemblement de toutes les forces de la gauche de transformation sociale, solidaire, écologiste, anti-raciste et féministe". Pas sûr qu'Olivier Besancenot, Marie-George Buffet et dans une moindre mesure Arlette Laguiller (bien que l'écologie, la lutte contre le racisme ou encore le féminisme ne doivent pas être loin de passer pour des déviances petites bourgeoises pour les doctrinaires intégristes de LO…) voient réellement dans cette nouvelle candidature sur un créneau pas si extensible que cela électoralement, une vraie volonté de rassemblement.
Mais le scepticisme de ses anciens camarades de tribune du temps du référendum européen, José Bové n'en a cure, lui qui après avoir "démonté" des Mc Do et fauché des champs de maïs trangénique pense désormais répondre à "une forte demande de la population" au point d'affirmer être rien de moins que "le porte-voix des sans-voix" (enfin ceux qui vivent en France et qui votent parce que les Africains de du forum social de Nairobi l'attendent encore…). Se voulant encore plus rassembleur qu'un Nicolas Sarkozy citant Blum ou Jaurès, l'altermondialiste moustachu ne lésine pas sur les formules : "je ne suis pas le candidat d'un parti, je ne suis pas un professionnel de la politique. Ma candidature est celle d'un rassemblement des forces et des citoyens issus du mouvement social, du monde syndical, des courants politiques et des associations de l'immigration et des quartiers populaires qui aspirent à l'unité de cette gauche-là". Tous ces composants dans le même homme, cela ne pas très naturel comme alliage, ni très écologique (le tri sélectif n'est peut-être pas arrivé jusque dans le Larzac…). Il lui faudra en effet ratisser large, très large même, pour obtenir les 500 signatures nettement plus difficile à obtenir qu'une pléthore de porte-parole ou de soutiens en manque de reconnaissance dans leurs propres partis.
Enfin, José Bové a en effet intérêt à chouchouter ses nouveaux aficionados avec qui il prépare "l'insurrection électorale contre le libéralisme économique", parce qu'il ne pourra compter sur la confédération paysanne qui affirme dans un communiqué que "dès sa création, [elle] a marqué son indépendance vis-à-vis des partis politiques, en stipulant dans ses statuts qu'il y avait incompatibilité entre mandat de responsabilité syndicale et mandat de responsabilité politique". Bref son ancien syndicat le traite presque d'OGM… parfois la politique peut se montrer cruelle.
09:00 Publié dans Dans la cour des petits, Extrême-gauche, Présidentielle Academy | Lien permanent | Commentaires (35) | Envoyer cette note | Tags : politique, présidentielle 2007, Bové, Besancenot, Buffet, Laguiller, Sarkozy
samedi, 23 décembre 2006
Top 3 des champions de la semaine 48
Nicolas Sarkozy aurait sans nul doute mérité une place sur le podium pour sa superbe sortie "je veux, si je suis élu président de la République, que d'ici à deux ans plus personne ne soit obligé de dormir sur le trottoir et d'y mourir de froid". Malheureusement pour lui, le jury est obligé de le déclasser pour tricherie, tant cette phrase rappelle l’ "objectif zéro SDF" de Lionel Jospin en 2002… Souhaitons lui autant de réussite le 22 avril 2007 que l’ancien Premier ministre 5 ans plus tôt.
Pour autant, le classement de cette semaine, largement renouvelé, a fière allure.
1/ Bernard Kouchner
Le "French doctor" a pris pour habitude ces derniers temps de tirer contre son camp, tout en n’ayant jamais eu le courage de respecter les règles internes du PS notamment concernant la désignation des candidats, mais cette fois-ci il s’est surpassé. Autant, il est compréhensible que sa posture sociale-démocrate et son indépendance affichée lui fassent tendre la main à François Bayrou, autant sa dernière sortie l’impose comme grand vainqueur de la semaine en faisant offre de candidature à un maroquin ministériel dans un gouvernement d’union nationale en cas de victoire de… Nicolas Sarkozy…
Quelle irresponsabilité au moment où le FN est au plus haut que renforcer l’idée selon laquelle l’UMP et le PS peuvent gouverner ensemble, bref qu’ils mènent la même politique et que les extrêmes sont donc bel et bien la seule alternative…
2/ Thierry Breton
Son mensonge élecrtoralo-populiste sur le prélèvement de l’impôt à la source qui offrirait une "année fiscale blanche" aux Français méritait déjà d’être récompensé, mais comme si cela ne suffisait pas, le ministre des Finances aggrave son cas en sautant à pieds joints dans l’affaire Johnny. Il vient en effet de proposer au chanteur de le rencontrer pour lui expliquer en détails son projet de réforme fiscale destinée à protéger les grandes fortunes : "je dis à Johnny et aux autres candidats à l'exil fiscal : Attendez le 1er janvier puisque, précisément, vous serez protégés".
Ce n’est pas avec de telles annonce qu’il va convaincre qui que ce soit de la justice sociale de sa réforme… surtout pas les contribuables "normaux", qui eux n’ont pas le droit à tant de sollicitude de la part du ministre qui ne les invite pas à Bercy quand ils ont du mal à payer leurs impôts…
3/ Arlette Laguiller
Ce qu’il y a de bien avec LO c’est que la grille de lecture exploiteurs/exploités peut être appliquée à tous les domaines, y compris l’écologie. Ainsi pour Arlette Laguiller, "on accuse au même titre les travailleurs, les consommateurs que les grandes entreprises capitalistes qui polluent et on met tout le monde, en quelque sorte, dans le même sac, tous responsables", alors, "le travailleur qui, plutôt que de prendre un bus, un train puis un métro pour aller travailler ne devrait pas être pénalisé par la hausse du prix des carburants s'il préfère prendre sa voiture parce que, au moins, c'est un peu plus confortable".
Le mythe du travailleur en prend un sacré coup : dans ce pays écrasé par le patronat, les ouvriers ont les moyens de se payer des voitures ??? Ne seraient-ils pas en train de virer capitalistes en privilégiant leur confort petit-bourgeois à l’osmose de classe des transports en communs publics ???
15:30 Publié dans Top des champions | Lien permanent | Commentaires (22) | Envoyer cette note | Tags : politique, présidentielle 2007, Sarkozy, Kouchner, Breton, Laguiller, Johnny Hallyday
lundi, 18 septembre 2006
Finalement c'était plus simple au PS…
Après le premier "grand oral" des candidat(e)s, déclaré(e)s ou pas, à la candidature PS pour la présidentielle, dont il est sorti vainqueur avec Ségolène Royal, la veille à Lens, Laurent Fabius a tenté de convaincre le PCF (et les autres forces de la gauche de la gauche) de la nécessité d'un rassemblement à gauche… autour de lui. Il faut reconnaître au député de Seine-Maritime un certain courage pour s'être rendu une nouvelle fois à la fête de l'Huma après l'accueil à coup d'œufs qui fut le sien l'an dernier, alors même qu'il venait défendre la même position : essayer de faire croire qu'il est le seul au PS à être réellement de gauche (il s'ait d'ailleurs d'un bon créneau marketing, DSK ayant annexé la social-démocratie et Ségolène Royal l'option "moi je dis des trucs qui ressemblent à la droite"…).
Seulement voilà, si l'accueil fut plus courtois que l'an dernier, il y a tout de même peu chance que "le message" dont il est porteur – "il faut rassembler la gauche pour réussir à changer la France. Il faut travailler ensemble. Je souhaite ce rassemblement, je souhaite que la gauche gagne pour que la France puisse se redresser à partir d'une politique solidaire" – soit entendu dans le brouhaha indescriptible qu'est en train de devenir la recherche d'une candidature "anti-libérale" unique à gauche du PS. Rien que chez les communistes les prétendant(e)s se multiplient : Marie-George Buffet continue de prôner une candidature unitaire, du moment qu'il s'agit de la sienne, arguant que le PCF représente "une belle ossature qui donne des garanties au rassemblement", mais commence à être contestée par le réformateur Patrick Braouzec ou encore l'orthodoxe André Gérin, sans oublier Clémentine Autain… c'était bien la peine de se moquer de la pléthore de candidatures internes au PS.
De toute façon, Arlette Laguiller a balayé une nouvelle fois tout espoir d'un rapprochement par un lapidaire "je maintiens ma candidature et ne reproche à personne d'en faire autant", alors que José Bové n'a même pas daigné faire le déplacement à La Courneuve (mais c'est vrai que la construction de sa maison écolo-bobo accapare une grande part de son attention…).
Une situation que résume parfaitement Henri Emmanuelli : "si ça continue, il va y avoir plus de présidentiables que de militants pour voter pour eux", a lancé Henri Emmanuelli, regrettant la multiplication des candidatures au PS comme dans le reste de la gauche : "c'est vrai dans ma formation, mais j'ai l'impression que ce n'est pas la seule. Et ça devient très préoccupant, parce que [...] je vois difficilement comment la gauche sera au second tour et je redoute le pire". Pour y remédier, il propose la rédaction d'un programme commun, alors même la LCR par exemple, le rejette d'avance, considérant que le programme du PS, adopté au Mans, est "un programme libéral, de A à Z". Bref réussir un semblant d'unité à gauche s'avère toujours aussi improbable…
07:30 Publié dans Dans la cour des petits, Extrême-gauche, Présidentielle Academy, PS | Lien permanent | Commentaires (39) | Envoyer cette note | Tags : politique, présidentielle 2007, Fabius, Royal, Buffet, Laguiller, Bové
vendredi, 08 septembre 2006
Buffet fait son Jospin
Pendant la guérilla parlementaire autour du projet de loi GDF-Suez, la préparation de la campagne présidentielle continue et le PCF n’échappe pas à la règle. Cette année la situation est plus compliqué d’habitude place du Colonel Fabien, la faute à l’espoir engendré par la victoire du non au référendum de l’an dernier et que les communistes (comme d’autres…) rêvaient de voir devenir la leur.
La pré-camapagne de la pré-candidate Marie-George Buffet (en effet qui peut honnêtement croire que le PCF ne présentera son propre candidat à la présidentielle ???) est ainsi parasitée par la pseudo-recherche d’une candidature unitaire à la gauche du PS. Pressée par ses troupes d’ "aller jusqu'au bout de la démarche de rassemblement", le secrétaire nationale du PCF leur répond : "je fais la proposition que la candidature de rassemblement à laquelle nous travaillons soit issue du PCF", tout en précisant qu’elle est "disponible", mais qu’elle n’annoncera pas sa candidature avant octobre… à croire qu’elle a passé ses dernières vacances chez son ancien Premier ministre sur l’Île-de-Ré. De toute façon, tout semble déjà plié en interne (comme souvent au PCF), puisque Alain Bocquet, le président du groupe à l’Assemblée, affirme : "tout indique que nous serons présents avec Marie-George comme candidate". Propos à peine plus nuancés chez Bernard Bruhnes, député PCF des Hauts-de-Seine, qui ajoute : "nous allons progressivement vers une candidature de Marie-George".
C’est sans doute pas cela qui va arranger les affaires de l’hypothétique programme commun qu’essaie de mettre en forme que, selon Le Monde, un groupe d'une dizaine de représentants des différentes sensibilités politiques (PCF, LCR, minorité des Verts, républicains de gauche et Alternatifs), impliquées dans la recherche d'une candidature commune, a tenté d'imaginer un programme de mesures d'urgence à prendre si la gauche du non à la Constitution européenne remportait l'élection. Et qui a abouti à 90 propositions, comprenant les apports culturels et programmatiques de chaque sensibilité.
La candidature unitaire du "non de gauche" a quoi qu’il arrive du plomb dans l’aile : Arlette Laguiller est d’ores et déjà candidate, si elle obtient les 500 signatures, sinon elle devrait appeler à voter Olivier Besancenot (a condition qu’il les obtiennent aussi) qui lui refuse un rapprochement avec un parti favorable à une éventuelle gauche plurielle bis (ce qui exclu le PCF). Et enfin, José Bové, lui aussi "disponible", assure que "le ou la candidate commune ne peut pas être le porte-parole d'un parti"… bref surtout pas Marie-George Buffet.
07:30 Publié dans Dans la cour des petits, Extrême-gauche, Présidentielle Academy | Lien permanent | Commentaires (15) | Envoyer cette note | Tags : Politique, présidentielle 2007, Buffet, Laguiller, Besancenot, Bové, Jospin
samedi, 02 septembre 2006
Candidatures unitaires, les extrêmes donnent l’exemple
Il en est de la politique comme de l’amour : on peut se séparer se haïr, puis un beau jour se rappeler qu’on s’aime, ou que l’on a des enfants (ou des électeurs) en commun et alors tenter de se remettre ensemble.
Décembre 1998, l’extrême-droite française est à feu et sang : Bruno Mégret le numéro 2 du FN tente un "puputsch" pour renverser Jean-Marie Le Pen. Printemps 2002, le président du FN est au second tour de la présidentielle, tant que celui qu’il appelle le "félon" et poursuit d’une haine sans limite, doit se contenter de 2,34% entraînant ainsi son parti, le MNR, vers une ruine inexorable. Septembre 2006, rien n’a vraiment changé : la franchise Le Pen (père et fille) règne sans partage sur l’extrême-droite française, alors que le MNR reste inaudible, d’autant plus depuis la montée en puissance médiatique de Philippe de Villiers venu chasser sur les terres (et l’électorat) du Breton de Saint-Cloud. Grand seigneur, le président du FN tend donc la main au MNR (et à ses promesses de signatures) pour 2007… sans pour autant pardonner. Il propose donc au parti de Bruno Mégret, une union, pour soutenir sa propre candidature présidentielle, en échange de quelques circonscriptions lors des législatives, "au prorata de l'importance réelle du MNR", précise-t-il. Autant dire que les risques sont limités pour le FN…
A l’autre bord de l’échiquier politique, la famille trotskiste semble également sur le point de se réconcilier : Arlette Laguiller, elle aussi en manque de signatures, envsage si elle ne parvient vraiment pas à en obtenir 500, de soutenir Olivier Besancenot. Mais du bout des lèvres : "si je ne pouvais me présenter et que tu le puisses, le fait que nous pourrions appeler à voter pour toi ne signifierait pas qu'on en ferait automatiquement une candidature commune avec une campagne commune" écrit-elle au jeune facteur.
Même l’UMP, par la voix de François Fillon, le lieutenant de Nicolas Sarkozy, commence à s’inquiéter d’éventuelles candidatures dissidente : "toute candidature supplémentaire, même si elle n'obtient qu'un score de 3%, est susceptible de faire perdre notre camp"… ça promet une chaude ambiance à Marseille pour l’université d’été, il ne manquerait plus que le sénateur de la Sarthe nous fasse une sortie digne du maire de Dijon pour que ce soit parfait…
Des exemples dont le PS ferait sans doute bien de s’inspirer au lieu de se diviser en interne et d’entamer une véritable guerre de tranchées entre pros et antis Ségolène Royal, au point d’en oublier depuis quelques temps de s’opposer à la droite… Seul point positif de cette lamentable situation, la présence dans "shadow cabinet" de la pas encore officiellement candidate à la candidature de Julien Dray, Vincent Peillon et Arnaud Montebourg, les trois cofondateurs de NPS, brouillés à mort depuis et désormais réconciliés. Comme quoi, il en est de la politique comme de l’amour...
07:30 Publié dans Extrême-droite, Extrême-gauche, Présidentielle Academy, PS, UMP | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : politique, présidentielle 2007, Le Pen, Sarkozy, Royal, Besancenot, Laguiller
mercredi, 07 juin 2006
C’est dans les vieux pots…
Pendant que les Verts votent, comptent, revotent, recomptent, etc..., il est presque rassurant de voir qu’un parti ( ???) a d’ores et déjà choisi sa candidate à la présidentielle ainsi que son programme. Mais, force est de reconnaître que pour LO, puisque c’est bien que c’est bien de l’opaque parti trotskiste limite sectaire qu’il s'agit, les choses sont nettement plus simples et claires : la même candidate depuis 1974 et le même programme depuis toujours (du moins depuis Trotski…).
C’est donc lors de la traditionnelle fête de du Lutte Ouvrière à Presles (dans le domaine appartenant au parti…), que la sixième candidature d’Arlette Laguiller a été officiellement lancé ce week-end, avec un slogan qui aurait pu être celui des ses cinq précédentes tentatives : "toujours le camp des travailleurs". Devant 30 000 personnes, un record parait-il, la plus célèbre des retraité du Crédit Lyonnais n’a pas fait dans nouveauté, mais s’est contenter de débiter ses "tubes" passés comme "l'interdiction des licenciements dans les entreprises qui font des profits", ou encore "défendre les exigences vitales du monde du travail", face a "la froide logique du profit maximum des patrons", au gouvernement "le plus réactionnaire depuis des années" et à la sociale-traitre Ségolène Royal qui, "derrière son sourire, cache le langage de Sarkozy". Bref vraiment rien de nouveaux sous le soleil, mais plutôt un tour de chants aux allures de best of pour ce le lancement de cette tournée d'adieux...
Seule bonne nouvelle venue de Presles : contrairement à leurs cousins agités de la LCR, les purs et durs de LO (qui rappelons le au passage n’avait pas appelé à faire barrage à Jean-Marie Le Pen en 2002…), rejettent en bloc l’hypothèse d’une éventuelle candidature unitaire de la gauche de la gauche. Preuve que le ridicule idéologique ne tue pas ou évolution des temps, c’est sur TF1 qu’Arlette Laguiller s’en est expliquée : "je ne sais pas ce qui se passera entre les anciens partisans du non de gauche, mais je crois vraiment nécessaire que le camp des travailleurs soit représenté. Ma candidature pourra le faire". D’autant plus que comme elle le dit elle-même - et pour une fois comment ne pas être d’accord avec elle ? - "si Bové défendait la classe ouvrière, ça se saurait" !!! Dernière preuve rassurante d’un étonnant regain de lucidité de la part de la recordwoman des candidatures présidentielles, cet aveu au Parisien : "de toute façon, ni lui ni moi ne seront président de la République"… Ouf, deux fois ouf !!!
07:35 Publié dans Extrême-gauche, Présidentielle Academy | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : Politique, Présidentielle 2007, Extrême-gauche, Laguiller







