vendredi, 18 avril 2008
Peut-on rire de tout ???
"Je vous parle d'un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître..."
Non, Charles Aznavour n'est pas (encore) mort, mais il y a vingt ans Pierre Desproges quittait définitivement la scène. Et sans tomber dans le mémorialisme trop à la mode depuis quelques temps, force est de constater qu'à regarder le landernau politique où s'agitent pathétiquement des Nicolas Sarkozy, Ségolène Royal, Jean-Marie Le Pen (qui bouge heureusement de moins en moins) ou autre Jean-Luc Mélenchon, Brice Hortefeux, François Bayrou ou Arlette Laguiller (sans oublier tous les autres qui semaine après semaine trustent les places du Top des champions), on ne peut que se dire qu'il avait raison. Oui, "on peut rire de tout" (et c'est une nécessité), "mais pas avec tout le monde"…
Clin d'œil du destin, vingt ans après le poète du cynisme (il suffit de relire ses œuvres pour réaliser à quel point Pierre Desproges écrivait bien), est rejoint au paradis des gens de Lettres par le poète de la négritude, Aimé Césaire.
Etonnant (mais mérité), non ???
09:30 Publié dans Politique story, Un peu de culture | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : politique, Sarkozy, Royal, Le Pen, Bayrou, Mélenchon, Hortefeux
vendredi, 07 mars 2008
L’argent de l’UIMM rallume pathétique guéguerre de l’extrême droite
étrange effet collatéral de l’affaire de la caisse noire l’UIMM : l’extrême droite française, plutôt discrète depuis la déculottée de Jean-Marie Le Pen puis du FN à la présidentielle et aux législatives, se réveille pour s’invectiver.
Le président du FN, fauché au point de devoir vendre son siège, s’en est violent pris à son ex-bras droit, devenu félon depuis le "puputsch" de 1998, en affirmant qu'il n'était pas "impossible que l'UIMM ait aidé" Bruno Mégret et d'autres "organisations d'extrême droite" (ce que n'est bien entendu pas le FN...), avant d’ajouter : "je sais depuis longtemps que l'UIMM est un des bras du gouvernement pour les aides qu'il ne peut pas faire directement lui-même, tant en direction des syndicats qu'en direction d'un certain nombre de groupes politiques. Les organisations d'extrême droite visant à concurrencer le Front national ont toujours été financées par ce biais là". Et de justifier ses accusations sans preuve : "en général, l'avantage du black, c'est qu'il ne reste pas beaucoup de preuves"… mais "je crois même que cela figure dans les aveux du responsable de l'UIMM".
Face à telles accusations, qui ont le double avantage de toucher son rival et le patronat (un peu de poujadisme – véritable retour aux sources pour le vétéran d’extrême droite – ne faisant jamais de mal), Bruno Mégret se lâche à son tour et "dément formellement ces accusations et s'interroge sur la lucidité de son auteur", avant de lâcher : "quand on a la réputation d'avoir été financé par Saddam Hussein et la secte Moon, on ne lance pas de telles assertions".
Ambiance… Mais au moins quand l’extrême droite s’entre-déchire, d’une part elle devient risible et d’autre elle ne répand plus, au moins temporairement, ses idées haineuses et nauséabondes.
Si l’argent de l’UIMM a au moins servi à ça, c’est déjà pas mal…
08:30 Publié dans Extrême-droite | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : poitique, Le Pen, Mégret, UIMM, Hussein
mercredi, 20 février 2008
Trotski réveille toi, ils sont devenus fous
Le 20e siècle a pris fin le 19 février 2007, jour qui a vu à la fois Fidel Castro abandonner le pouvoir à Cuba et Lutte ouvrière faire listes communes pour les élections municipales avec le PS et le PCF.
Cela faisait déjà quelques mois que LO envisageait de virer sa cuti, alors qu’en 2002 Arlette Laguiller se refusait à appeler à voter Jacques Chirac au second tour de la présidentielle pour faire barrage à Jean-Marie Le Pen. Quel chemin parcouru en cinq ans par le parti (la secte ???) trotskiste, qui en plus d’avoir divisé par trois son score à la présidentielle, accepte désormais "dans presque 65 villes de faire des listes d'union : dans 40 % des cas la tête de liste est du Parti socialiste, dans 60% des cas la tête de liste est du Parti communiste". Et dire qu’il y a encore peu de temps, le PS représentait à leurs yeux la gauche qui trahit et qui se vend aux patrons sur le dos des travailleurs et que le PCF n’était rien de moins que l’ennemi intime stalinien…
Cette décision est déjà étonnante, mais sa justification dépasse l’entendement : "on ne peut pas être dans ces municipales sur des listes avec la LCR qui sont des espèces d'étapes dans la construction d'un parti auquel nous ne voulons pas participer". Et oui, les trotskistes de LO refusent de se mélanger avec la LCR qui essaie de fédérer la gauche de la gauche en une force unique, tout cela pour ne pas perdre sa pureté doctrinale au sein d’"un parti un peu attrape-tout, pour ceux qui se disent les orphelins des partis, mais qui veut renoncer à certaines choses auxquelles on tient, nous : le marxisme, le trotskisme". Tout comme les sociaux-démocrates, ou sociaux-traitres pour les intimes, devaient dans les années 1930 être encore plus farouchement combattus que les fascistes, mieux vaut désormais, pour LO, faire officiellement alliance avec les ennemis (mortels dans tous les sens du terme pour certains qui résident place du colonel Fabien) d'hier que de faire parti commun avec la LCR pourtant d’obédience trotskiste… Décidément on comprend mieux pourquoi les mouvements d’extrême gauche insistent autant sur la formation de leur militants : il faut plus que quelques cours du soir comprendre et assimiler une telle stratégie…
Mais finalement, les choses pourraient être pires pour la gauche de la gauche : Nicolas Sarkozy pourrait proposer que les collégiens apprennent par cœur les œuvres de Che Guevara ou récitent les meilleurs pages du Capital...
08:30 Publié dans Dans la cour des petits, Extrême-gauche, Municipales, même pas mal | Lien permanent | Commentaires (69) | Envoyer cette note | Tags : politique, municipales 2008, Sarkozy, Laguiller, Chirac, Le Pen
samedi, 09 février 2008
Top 3 des champions de la semaine 99
Le classement, qui comme la semaine dernière, aurait du intégralement être consacré aux municipales et aux cantonales, est en fin de compte rattrapé par l’actualité, elle-même rattrapée par l’ombre des années 1940/1944.
(petit rappel : après la semaine écoulée totalement phagocyté par le président de la République, le jury a bien entendu décrété ce classement "Sarko free")
1/ Jean-Marie Le Pen
Depuis son échec à la présidentielle et la déroute de ses troupes aux législatives, le vieux leader d’extrême droite se faisait discret, tout occupé qu’il était à essayer de vendre le Paquebot. Mais voilà, grâce à la justice, il remporte une médaille d’or (aux reflets vert-de-gris) amplement méritée… pour des propos tenus en janvier 2005.
Mais bon, trois mois de prison avec sursis et 10 000 euros d’amende pour avoir soutenu qu’"en France du moins, l'Occupation allemande n'a pas été particulièrement inhumaine, même s'il y eut des bavures, inévitables dans un pays de 550.000 kilomètres carrés", c’est finalement pas cher payé…
2/ Les députés UMP
Changer les règles d’une élection à un mois du scrutin, cela fait pour le moins tâche. Et quand cela est fait par une majorité que les sondages annoncent aux abois en terme électoraux, cela fait même magouille. C’est à se demander comment les députés UMP ont pu voter une proposition de loi, certes déposée par leur parti, qui permet aux parlementaires déjà détenteurs d'un mandat local et élus conseillers généraux d'être remplacés par leurs suppléants, sans tenir compte de l’effet désastreux que cela produit dans l’opinion qui se méfie déjà amplement de ses représentants…
Un vote d’autant plus ridicule et mal venu qu’il ne changera rien aux résultats des élections… et se contentera de renforcer encore un peu plus la théorie du "tous pourris".
3/ Nicolas Dupont-Aignan
Fonder un parti c’est bien. Trouver des candidats c’est une autre paire manches. Voilà ce qu’est probablement en train de réaliser le président (du groupuscule) Debout la République qui se voit contraint de confier la seconde place de sa liste dans le 14e arrondissement de Paris à Bernard Menez.
Au niveau crédibilité politique on a connu mieux…
14:30 Publié dans Top des champions | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : politique, Sarkozy, Le Pen, NDA, Menez
lundi, 03 décembre 2007
La guerre du Centre aura-t-elle lieu ???
L’UDF est morte, vive le MoDem. En un week-end, François Bayrou a fait le grand chelem : après avoir enterré l'UDF vendredi et fondé le MoDem samedi, il a en effet été élu à la tête du nouveau parti par 96,82% des 3 933 adhérents ayant participé au vote (un score à peine inférieur à celui de Jean-Marie Le Pen lors du dernier congrès du FN... c’est dire le niveau de démocratie interne du MoDem).
Sans doute grisé par un tel résultat, le député des Pyrénées-Atlantiques s’est laissé aller à affirmer que le MoDem, qu’il qualifie de "seul parti nouveau de la vie politique française" est "un mouvement de résistance à l'ordre mondial, au modèle qui essaie de s'emparer aujourd'hui de la mondialisation". La résistance la mondialisation c’est bien, mais pour ratisser large en vue de 2012 mieux vaut s’en prendre à Nicolas Sarkozy. C’est pourquoi François Bayrou assure que "nouvelle frontière ne se situe plus entre la droite et la gauche", mais "entre une attitude d'alignement et de résistance" au président de la République. Puis se prenant probablement pour Laurent Fabius nouvelle formule, il s’est lancé dans un plaidoyer en faveur de l’écologie en proposant "un autre projet de développement pour la planète, qui ne s'arrête pas à la croissance économique" pour conclure que "l'économie doit servir l'homme et non pas l'inverse". Il fallait au moins cela pour séduire Corinne Lepage et Jean-Luc Bennahmias présents dans la salle.
Mais le MoDem a beau revendiquer "entre 50 000 et 60 000 adhérents", dont la moitié venant des fichiers de feue l’UDF, il ne peut compter que sur trois députés en comptant son président (dans de telles conditions on comprend mieux pourquoi il ne juge pas opportun de s’appliquer à lui-même le non-cumul des mandats pourtant inscrit à son programme lors de la dernière présidentielle…). Si du côté des sénateurs ex-UDF, "27 sur 30" se sont affiliés au MoDem selon leur chef de file Michel Mercier, ce dernier souhaite cependant garder le sigle UDF pour le groupe au Sénat au motif que "certains sénateurs se sont affiliés au MoDem par enthousiasme, d'autres parce qu'ils n'avaient nulle part où aller"… pas de doute ça c’est de l’adhésion aux idées.
Bien entendu Hervé Morin, le chef de file de Nouveau centre s’est empressé de tacler son ex-idole en lâchant que "la démarche de François Bayrou, c'est une démarche qui consiste seulement à faire en sorte de servir son destin personnel", avant d’ajouter avec une mauvaise foi qui ferrait presque sourire : "il a réussi l'exploit de transformer un parti politique qui avait plus de parlementaires que le RPR en 1988 en un parti qui n'en a plus aujourd'hui que deux". Et de conclure que le MoDem lui rappelle le "radeau de la Méduse", symbole d'une "dérive personnelle totale". Jamais avare d’un bon (et souvent d’un mauvais) mot, André Santini, lui aussi passé au NC contre un sous-maroquin enfonce le clou en demandant un "Grenelle du centre", avant de fustiger la création d’"un parti sans ligne politique, sans élus, sans vision, sans cohérence interne".
Les attaques des ex-UDF ralliés à Nicolas Sarkozy auraient peut-être pu porter un minimum si le Nouveau centre était un parti irréprochable. Mais à en juger par leurs magouilles pathétiques de ces dernières semaines pour récupérer du financement public auquel le NC n’a pas droit du fait de ses résultats aux législatives, c’est loin d’être le cas. Au point que l’on peut se demander s’il vaut mieux être "un parti sans élus" ou bien sans adhérents et sans amour propre ???

08:30 Publié dans UDF, MoDem, NC | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : politique, Sarkozy, Bayrou, Morin, Santini, Le Pen, Fabius
lundi, 19 novembre 2007
Une dernière réélection brejnévienne pour Le Pen
Il est des chiffres qui ferraient rire s'ils ne démontraient pas le manque de respect pour la démocratie (interne) de certaines formations politiques. C'est le cas des 97,67% des voix des adhérents obtenus par le candidat unique Jean-Marie Le Pen, 79 ans, lors de sa réélection à la présidence du FN. Un poste qu'il occupe depuis la fondation du parti d'extrême droite voici 35 ans.
Le ridicule de la situation ne semblant pas l'atteindre, Jean-Marie Le Pen a accueilli ce score digne des plus grandes heures de l'URSS déliquescente (sans doute faut-il y voir un signe pour l'avenir du FN qui, tel le PCUS des années 1970, choisit à sa tête lors de simulacres de votes le plus âgé de ses dirigeants) par un hallucinant : "notre congrès de Bordeaux doit être celui du rebond, de la refondation". Et pourquoi pas celui de la rupture pendant qu'on y est ??? Parce qu'honnêtement à en croire les axes énoncés par le vieux leader d'extrême droite, qui tiennent "en trois formules : immigration zéro, insécurité zéro, préférence nationale totale, la lutte contre l'invasion migratoire reste en effet le mot d'ordre n°1", il n'y a pas la moindre "refondation". Même pas la moindre modernisation sémantique, c'est dire…
Renforçant encore son rapprochement avec l'URSS (des années 1930 cette fois-ci), le FN s'apprête à lancer une purge parmi ses cadres, puisqu'à entendre Jean-Marie Le Pen "certains militants avec des complicités externes ont voulu remettre en cause le mode de gouvernement du FN, voire sa doctrine elle-même". Après les procès de Moscou, on attend avec impatience ceux ce Saint-Cloud.
L'analogie avec l'URSS est partie pour se poursuivre encore un peu plus dans trois ans quand viendra enfin l'heure de la succession, ô combien (volontairement ???) mal préparée, du chef historique. En effet Bruno Gollnisch et Marine Le Pen ont été les deux mieux élus avec 85% et 75,5% des voix au comité central. S'il est encore trop tôt pour savoir qui des deux sera le Staline du FN qui aura la peau du Trotsky d'extrême droite, il est d'ores et déjà temps de se tourner vers la mairie de Saint-Cloud pour lui demander préventivement de s'opposer à l'érection d'un mausolée dans le parc de Montretout qui servirait à exposer le corps embaumé de Jean-Marie Le Pen…
Mais en attendant, le Front national de 2007 prend exemple sur le PCF de 2002 en annonçant un "plan très sévère de licenciements, une réduction de des frais, une économie de moyens"… Espérons que ce soit le début de la fin et que le Paquebot suivra désormais d'élection en élection la même pente vertigineuse que la place du colonel Fabien...

08:30 Publié dans Extrême-droite | Lien permanent | Commentaires (16) | Envoyer cette note | Tags : Politique, Le Pen, Gollnisch, Staline, Lénine, Trotsky
mardi, 09 octobre 2007
Les temps sont extrêmement durs à droite de l'UMP
Même si le PS ou le PCF éprouvent les plus grandes difficultés à se remettre en ordre de marche après les élections présidentielle et législatives, d’autres partis semblent encore plus mal en point, tant d’un point de vue économique qu’en matière de positionnement vis-à-vis d’un gouvernement "décomplexé" qui sur certains sujets n’hésite pas à piétiner allègrement leurs plates-bandes.
Ainsi le PMF de Philippe de Villiers (souvenez-vous l’homme qui promettait une "grosse surprise au soir du premier tour" et qui a en fin de compte réalisé moins de 2,5%…) en dépit d’un encrage micro-local important se voit contraint de vendre son âme à l’UMP pour essayer d’obtenir quelques strapontins lors des prochaines élections locales. Le parti se veut désormais un "allié loyal" d’un gouvernement au sein duquel on retrouve Bernard Kouchner ou Fadela Amara. Mais les municipales valent bien quelques concessions, d’autant plus que l’UMP n’est pas chienne : son secrétaire national de l'UMP chargé des élections discute déjà avec le numéro 2 du MPF, Guillaume Pelletier, d’accords électoraux pour le printemps. Il s’agit pour le parti villeriste des sauver ses rares têtes d’affiche, notamment Jacques Bompard à Orange. On souhaite bien du plaisir à la direction de l’UMP pour expliquer à ses militants et électeurs que, telle la banane, l’ouverture sarkozienne est bonne à prendre par les deux bouts et qu’il faut soutenir et élire suivant les cas des ex PS
ou des ex FN…
Mais la situation est bien pire au Paquebot : la déroute présidentielle de Jean-Marie Le Pen et le naufrage législatif des candidats FN ont laissé un trou d’une dizaine de millions d’euros dans les caisses frontistes. Et même s’il prend fait et cause pour François Fillon, certes un peu à la façon de la corde qui soutient le pendu, au sujet de la vaine polémique autour du détail, Jean-Marie Le Pen se doute bien qu’il n’a aucune main tendue à attendre de l’UMP… du moins officiellement et au grand jour. Pire, ses plus fidèles soutiens financiers commencent à leur tour à le lâcher à commencer par Fernand Rachinel qui avait prêté huit millions d'euros au FN et vient de lancer une procédure, qualifiée par le leader frontiste de "pas très sympathique et un peu superflue", pour prendre des garanties sur le remboursement. Alors même s’il se refuse à se déclarer en "faillite", le FN reconnaît traverser "une grave crise financière". A tel point que Jean-Marie Le Pen admet désormais qu’il "sera peut-être obligé de vendre" son siège, avant d'ajouter : "c'est le gage le plus important, le bien le plus important, si nous ne trouvons pas d'autres solutions dans le domaine de l'emprunt, ou le rééchelonnement des dettes, on sera peut-être obligé de le vendre"…
En voilà une aubaine pour le Nouveau centre, ou pour le futur parti sarkozyste de gauche de Jean-Marie Bockel (à condition que ce dernier trouve des financements) d’acheter un siège vaste et fonctionnel pour un prix défiant toute concurrence !!!

08:30 Publié dans Extrême-gauche, Putain 5 ans... voire 10, UMP | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : politique, Fillon, Villiers, Pelletier, Le Pen, Bockel, Kouchner
dimanche, 16 septembre 2007
Top 3 des champions de la semaine 79
Rarement la lutte pour le podium fut aussi intense que cette semaine, tant le nombre de prétendants à une médaille est élevé. C’est pourquoi le jury ses trouve dans l’obligation de décerner un prix spécial à Yasmina Reza qui se dit "très désemparée, d'abord par le bruit qu'il y a autour de du livre" qu’elle vient de publier sur Nicolas Sarkozy. Quand on commet un coup médiatique pareil, il faut être sacrément gonflée pour jouer ainsi les vierges effarouchées face au bruit médiatique… d’autant plus que tout cela contribue aux ventes du livre…
1/ Jean-Louis Borloo
C’est grâce à la bêtise et à l’inutilité de son action que le ministre d'État, ministre de l'Ecologie, du développement et de l'aménagement durables monte sur la première marche du podium pour son déplacement au Groenland pour voir fondre la banquise. En effet, cet aller-retour en avion sur un trajet
de 7 000 km a entraîné l'émission de 65 tonnes de CO2, que le ministère a promis de compenser à travers une contribution à un projet écologique dans le cadre du protocole de Kyoto. On se doutait déjà que l’écologie n’était pas la tasse de thé (verre de whisky ???) de Jean-Louis Borloo, mais désormais on en a la preuve… et dire qu’il est la première victime collatérale de la TVA sociale qui lui a coûté Bercy.
Mais l’avantage quand on ne maîtrise pas un sujet, c’est que l’on peut s’instruire, comme le reconnaît lui-même le ministre : "chaque fois que je sors de mon bureau, j'apprends quelque chose". Vu la dépense en CO2 pour un aller-retour de 24 heures, on est heureux de savoir que cela a servi à quelque chose...
2/ Thierry Mariani
Le député UMP du Vaucluse aurait sans doute mérité la médaille d’or pour son idée de proposer au demandeur d'un visa au nom du regroupement familial "d'exercer, à ses frais, la faculté de solliciter la comparaison de ses empreintes génétiques aux fins de vérification d'une filiation biologique déclarée".
Cette provocation (parce qu’il est à espérer que c'en est une), qui a reçu l’assentiment de Jean-Marie Le Pen, provoque heureusement des hauts le cœur y compris au sein de l’UMP, puisque comme le souligne le député UMP du Morbihan, François Goulard, en plus d’être choquante, cette idée est stupide : "en matière de filiation, rien ne repose, en droit français, sur la biologie. On peut très bien reconnaître un enfant sans en être le père biologique. L'imposer à un étranger, parce que l'on met en doute son état civil, c'est contestable et déplacé"…
3/ Jean-François Copé
Etre député-maire de Meaux et en plus président du groupe UMP à l’Assemblée nationale ne représente pas un emploi à plein temps lorsque l’on a le talent de Jean-François Copé. En effet ce dernier vient de rejoindre le cabinet d'avocats d'affaires Gide Loyrette et Nouel en tant que collaborateur à temps partiel pour "traiter des dossiers de médiation et ne s'occupera en rien de dossiers liés à l'Etat" selon ses propres dires. Même si le cabinet est le conseil de l'Etat dans le projet de fusion entre GDF et Suez...
Ses administrés seront heureux d’apprendre que son intérêt pour sa mairie et sa circonscription s’arrête là où commence l'intérêt de son portefeuille…
14:00 Publié dans Top des champions | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : politique, Sarkozy, Bolroo, Mariani, Copé, Le Pen, Goulard
vendredi, 10 août 2007
Quand Le Pen drague Sarkozy...
Qu'il semble loin le temps de la campagne présidentielle durant laquelle Jean-Marie Le Pen avait retrouvé ses accents les plus immondes et haineux pour attaquer Nicolas Sarkozy non sur ses idées mais sur ses origines, allant jusqu'à lui dénier le droit (du sang) d'accéder à l'Elysée. Trois mois après son échec au premier tour de la présidentielle qui l'a vu réaliser son plus mauvais score depuis... 1974, le président du FN semble avoir totalement oublié ses griefs xénophobes à l'encontre du président de la République, préférant lui décerner un satisfecit pour ses 90 premiers jours de présidence.
Et comme la nuance ne sera jamais la caractéristique principale de Jean-Marie Le Pen, il déclare désormais sur RTL que "chacune des actions de Nicolas Sarkozy est mûrement réfléchie, pesée, très bien informée et jusqu'ici assez bien réalisée, il faut le dire", avant d'ajouter qu' "il fait une chose qui est moralement positif, c'est qu'il tient, semble-t-il au moins, un certain nombre de ses promesses électorales, bien sûr pas toujours dans la dimension et la profondeur que pourraient attendre ceux qui ont voté pour lui, mais tout de même, il va dans cette direction-là" et de conclure qu' "il n'y a pas de sujet de contestation grave". N'en jeter plus la couple est pleine !!! La seule personne dont on avait déjà entendu le vieux leader d'extrême droite dire autant de bien n'était autre que lui-même...
Face à cette déclaration d'amour une question se pose : que cherche Jean-Marie Le Pen ??? Une place au gouvernement lorsque que la mode de l'ouverture à gauche aura lassé et laissera place à celle à droite de la droite ??? Penser un tel cas de figure possible serait une véritable insulte à la probité de Nicolas Sarkozy (mais malheureusement pas de tous à l'UMP...). Non, ce que semble rechercher Jean-Marie Le Pen sur la fin de sa carrière (et de sa vie ???) c'est une sorte de reconnaissance institutionnelle pour son parti. Ainsi répète-il à l'envie qu'il a "été reçu à l'Elysée à deux reprises depuis l'élection de M. Sarkozy, dont une un quart d'heure avant la réunion du conseil des ministres". On ne saurait trop lui rappeler que la vanité est un vilain défaut, mais il n'en aurait probablement cure puisque le seul but ce de cirage de pompes au président de la République est de quémander une strapontin dans la commission sur la réforme des institutions puisque selon lui "cette commission représente tous les courants politiques, philosophiques de la nation mais il n'y a pas de représentants du Front national alors que nous avons des candidats de compétence au moins égale à celle des gens qui ont été désignés".
Du sauvetage de la France à une place dans une commission théodule, l'ambition a été fortement revue à la baisse ses derniers temps du côté du FN. Mais il faut dire que la survie même du parti est en jeu : après le double échec présidentiel et législatif du printemps, les caisses du FN (qui avait dépensé sans compter pour la campagne de son leader) sont vides au point que des licenciements sont en cours au paquebot. Au passage, les militants frontistes concernés vont peut-être réaliser à cette occasion que le droit du travail français est loin d'être trop protecteur vis-à-vis des salariés que le dit la propagande de leur parti, que les indemnités chômage ne permettent pas de vivre grassement et enfin que les chômeurs ne sont pas tous des feignants ou des immigrés venant profiter de l'argent des contribuables français...
19:29 Publié dans Extrême-droite, Putain 5 ans... voire 10 | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note | Tags : Politique, Le Pen, Sarkozy
jeudi, 21 juin 2007
Séance d'autosatisfaction télévisuelle pour Sarko
image : timeo
Après une semaine de flottement pour sa majorité, marquée par la TVA sociale, le second tour des législatives moins bon que prévu et la défaite/démission d'Alain Juppé, Nicolas Sarkozy, qui s'était volontairement mis (un peu) en retrait de la scène politique nationale au profit de son Premier ministre, a décidé de reprendre la main. Et pour cela, quoi de mieux qu'une bonne grand-messe télévisuelle sur TF1 ???
Le moins que l'on puisse dire, c'est que depuis son élection, le président de la République est décomplexé, et pas uniquement quand il s'agit de se faire payer des vacances de milliardaire. En un peu moins d'une heure, il a expliqué au bon peuple l'ampleur de son génie : sur le plan international, il aurait sauvé la planète en remettant les Etats-Unis dans le droit chemin de l'écologie et imposé "son mini-traité" à ses 26 partenaires européens, même s'il avoue ne pas savoir quoi mettre dedans au point de recevoir entre autres Jean-Marie Le Pen à l'Elysée pour en discuter. Au regard de tels exploits, on se dit que c'est uniquement parce qu'il ne parle pas encore couramment espagnol qu'il n'est pas parvenu à faire libérer Ingrid Betencourt. Au passage, il a également donné un cours de journalisme international à Claire Chazal et PDDA : en Belgique les présentateurs télé s'excusent auprès de lui quand ils commettent des dérapages aussi grave que sous-entendre qu'il aurait pu arriver bourré à une conférence de presse (alors qu'en réalité assure-t-il : "j'étais en retard, j'ai donc monté les escaliers quatre à quatre"). Mais de toute façon l'impudent plumitif d'outre-Quievin ne fait plus le malin mouché comme il l'a été par le chef de l'État français qui lui a retourné un trait digne de Cyrano de Bergerac, que l'on peut résumer par "c'est pas qui moi avait bu, c'est lui" ou mieux "c'est celui qui dit qui est"…
Sur le plan de la politique intérieure pas de scoops, Nicolas Sarkozy a réaffirmé qu'il ferrait vite, tout ce qu'il a annoncé durant sa campagne avec un argument massue : "je suis président de la République, j'ai pris des engagements devant les Français et je les respecterai". Si sur le fond, les électeurs lui ont donné raison par deux fois lors de la présidentielle et des législatives, sur la forme, il y a encore de progrès à faire : il ne faut pas confondre vitesse et précipitation (le couac de la TVA sociale devrait lui servir de leçon), ni concertation et négociation. Sur ce dernier point, à moins de violer la loi sur le dialogue sociale, le président de la République sera bien obligé de laisser le temps aux partenaires sociaux de négocier sur les sujets les concernant, même si cela ne débouche pas sur la position dont il rêve.
Enfin avec un ton condescendant, des réflexions de petit prof pour remettre des journalistes, pas franchement virulents, à leur place, et un bon sens proche de la raffarinade, pas de doute, Nicolas Sarkozy, quand il n'est pas avec ses amis du showbiz, s'est parfaitement glissé dans les habits de chef de l'État… version 1958.
08:30 Publié dans Putain 5 ans... voire 10, UMP | Lien permanent | Commentaires (15) | Envoyer cette note | Tags : politique, Sarkozy, Juppé, PPDA, Le Pen, TF1, Betencourt







