mardi, 19 février 2008

À Neuilly Sarkozy divise pour mieux (continuer de) régner

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Les voix du seigneur de l’Elysée sont impénétrables… et de plus en plus tortueuses quand elles passent par Neuilly-sur-Seine. Ainsi, plutôt que de la jouer profil bas après l’abracadabrantesque semaine vécue par l’UMP neuilléenne, Nicolas Sarkozy n’a rien trouvé de mieux que de recevoir successivement à l’Elysée les deux candidats se revendiquant de lui (enfin celui qui celui qui a tenu la baraque UMP à Neuilly depuis 2002 et celui que Patrick Devedjian a intronisé bien qu’il se refuse à prendre sa carte du parti majoritaire).
Arnaud Teullé qui se voyait en successeur légitime avant devoir sur édit présidentiel laisser sa place à David Maritnon (depuis sacrifié à la raison d’Etat et des sondages), est le premier à sortir du Palais en pavanant : "je viens de rencontrer le président de la République auquel j'ai été expliquer la décision que j'ai prise d'être candidat à l'élection municipale du 9 mars prochain. Il a écouté avec attention quelles étaient mes motivations et je suis très heureux de son écoute". Avant d’ajouter en signe de défi : "j'ai été suspendu de l'UMP, mais aux yeux des Neuilléens je serai le candidat de l'UMP mais pas soutenu par l'UMP" et de conclure "j'ai eu cette conversation qui était pour moi importante, car j'ai des liens particuliers avec le président de la République qui remontent à un temps où j'ai beaucoup travaillé pour lui. Et il était pour moi nécessaire d'exprimer les raisons profondes de cet engagement". On a connu mieux au niveau de l’autorité présidentielle… surtout si Nicolas Sarkozy, comme l’affirme Arnaud Teullé, lui a réellement souhaité "bonne chance".
Après ça, Jean-Christophe Fromentin peut toujours affirmer qu’il "a présenté au chef de l'Etat son projet municipal pour Neuilly" et "a notamment évoqué avec lui les grands dossiers de la ville", le doute n’est pas, loin s’en faut, levé. Et il beau ajouter que "le président l'a assuré de son soutien" et l’a "officiellement invité au dîner d'Etat qui sera organisé le 10 mars en présence du Président Israélien Shimon Peres", on a du mal à croire à la sincérité du chef de l’Etat… que ce soit envers l’un ou l’autre des deux candidats.

Heureusement pour lui, Nicolas Sarkozy, quoi qu’il fasse et quoi qu’il dise, même (et surtout) si c’est d’un grotesque achevé, peut compter sur un des zélotes zélés pour le défendre envers et contre tout. Après le lumineux Roger Karoutchi le comparant sans retenue ni pudeur à Jean Zay, c’est a tour de la classieuse Nadine Morano de monter au créneau pour le défendre en vomissant sa haine des journalistes et des opposants politiques. Pour les premiers elle crache :"nous avons eu la semaine des charognards, et j'ai beaucoup apprécié le mot qu'a utilisé Rama Yade". Face aux seconds, elle éructe : "je pense qu'on est arrivé à une semaine des revanchards. Je me suis demandée si c'était pour faire la promotion du magazine Marianne ou pour faire la promo de ceux qui n'ont rien à dire et qui ont envie d'exister C'est un peu le syndicat des battus. S'il y a un appel à lancer aux Français c'est surtout de la vigilance par rapport au néant qu'il y a en face"
On appréciera à sa juste valeur le niveau de l’argument du type "c’est cui qui dit qui y est"… digne d’un élève de CM2 , classe à laquelle s’intéresse tant le président de la République.

samedi, 16 février 2008

Top 3 des champions de la semaine 100

bcd0a0ca56ddb0cb57a7c7ed2acf7f49.jpgPour son 100e classement (déjà 100, comme le temps passe…), le Top 3 est illuminé cette semaine par la beauté, le talent et l’intelligence de la toute nouvelle Première dame qui survole la concurrence grâce à une performance de choix qui ne peut que nous laisser coi…
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1/ Carla Bruni-Sarkozy
Rarement la bêtise, l’insulte et la provocation n’avaient été portées aussi haut au sommet de l’Etat que par la nouvelle épouse de Nicolas Sarkozy au sujet de l’insignifiante affaire du SMS à Cécilia. Pour sa première interview "officielle" accordée à L’Express, Carla Bruni dépasse les bornes de décence en déclarant : "à travers son site Internet, Le Nouvel Observateur a fait son entrée dans la presse people. Si ce genre de sites avait existé pendant la guerre, qu'en aurait-il été des dénonciations de juifs ?". Quelle comparaison hors de propos et proprement scandaleuse alors que dans le même temps comparer Nicolas Sarkozy à Pétain (ce qui est tout aussi stupide) "vaut" 800 euros d’amende pour "outrance au président de la République".
Que dirait l’ancien mannequin si, utilisant le même raisonnement vicié et bas de gamme qu’elle, quelqu’un affirmait qu’elle est fasciste comme tous les Italiens depuis Mussolini ??? Nul doute qu’elle jouerait les vierges outragées (un vrai rôle de composition) et porterait plainte (en réclamant 500 000 euros).

2/ L’UMP de Neuilly
Pendant une semaine, les différents protagonistes de cette farce ont tenu en haleine la France en démontrant que même dans le fief de Nicolas Sarkozy, l’UMP part en quenouille. Ils méritent donc tous collégialement une belle médaille d’argent !!!
Dans la série 92, UMP, famille et déni de démocratie, les Ceccaldi-Raynaud père et fille, désormais en guerre ouverte pour la mairie du Puteaux, ne sont pas loin d’égaler leurs voisins de Neuilly au niveau du ridicule…

3/ Jean Tibéri
Le maire du Ve arrondissement de Paris et candidat à sa propre succession, Jean Tiberi et son épouse Xavière sont renvoyés en correctionnelle pour fraude électorale présumée dans l'affaire des faux électeurs.
Françoise de Panafieu qui n’est pas une imbécillité près (au point d’en avoir fait le lietmotiv de sa campagne) profite de cette annonce pour sortir un phénoménal : "J'aime penser que la justice de mon pays est totalement indépendante. Elle peut se tromper, elle peut avoir raison mais en tout état de cause elle est impartiale. J'aime à le penser. Au bout de onze ans de procédure et trois semaines avant le premier tour, des juges d'instruction prononcent un renvoi en correctionnelle avant même la réquisition du parquet ce qui ne se fait pas ordinairement". Le non-sens et la stupidité poussés à ce point cela s’appelle de l’art !!! C’est surtout que cette instruction court depuis 11 ans qui est choquant. Et puis si Françoise de Panafieu ne voulait avoir de tels soucis avec ses candidats, rien ne l’empêchait d’en choisir qui n’aient de démêlés judiciaires… ce qui en l’espèce aurait de plus permis un certain renouvellement.

vendredi, 15 février 2008

Municipales au balcon, présidentielle au tison (proverbe PS)

medium_PS_envers.jpgBien sûr, et ene dépit du pataquès ridicule et pathétique de ces derniers jours, Neuilly restera dans l’escarcelle de la majorité présidentielle tant cette ville est ancrée à droite. Mais, il y a fort à parier que les municipales vont être une bérézina pour l’UMP.
Cette sanction, ô combien mérité, après 10 mois de présidence bling-bling qui a plus œuvré pour la peopolisation de la politique que pour le pouvoir d’achat des Français, va se traduire, via le principe des vases communicants, par une victoire de la gauche, notamment du PS. Bien entendu, le socialisme municipal n’a pas à rougir de ses résultats concrets, Paris ou Lyon, n’en déplaise à la droite, sont loin de se porter plus mal qu’en 2001, bien au contraire. Mais la lame de fond qui s’annonce en faveur des listes de gauche est au moins autant la conséquence d’un vote sanction anti Sarkozy qu’un satisfecit accordé aux équipes municipales sortantes ou que la preuve d’une adhésion au programme des listes socialistes. Ce que Ségolène Royal résume parfaitement : "le vote pour les municipales est un vote d'espérance face à l'inertie du gouvernement actuel. On doit se mettre en mouvement dans ces élections municipales". D’ailleurs pour la première fois depuis longtemps, François Hollande est d’accord avec son ex-compagne (Le Nouvel Obs a sans doute un SMS à nous dévoiler à ce sujet…) en affirmant que les municipales seront notamment "un message de sanction et de protection" contre le gouvernement.
Et c’est bien là que le bat blesse : il faudrait être aveugle et sourd pour ne pas réaliser que depuis le 6 mai 2007, pour ne pas dire depuis septembre 2004 et la campagne du référendum interne sur la Constitution européenne, le PS prend sérieusement l’eau. D’une part, les lignes de fractures sont toujours aussi profondes comme le prouve le vote sur le Traité de Lisbonne au début du mois (Jean-Marc Ayrault à lui tout seul résume bien le côté pitoyable du PS dans cette affaire…). D’autre part, la rue de Solferino est plus que jamais (c’est dire !!!) un conglomérat d’écuries présidentielles… ou pire d’écuries à la candidature à la candidature, chacun roulant pour son champion (voire pour soi-même) sans une seconde réfléchir au début du commencent d’un programme politique alternatif crédible à celui de l’UMP…

Bref, la victoire annoncée du PS les 9 et 16 mars prochains ressemble à s’y méprendre à celle des régionales de 2004 qui a débouché sur la victoire de Nicolas Sarkozy de l’UMP deux ans plus tard lors de la présidentielle et des législatives. Déjà en 2004, la défaite de l’UMP, que les socialistes avaient à tort interprétée comme une victoire de leurs rangs les avaient empêchés de se remettre en cause… Alors pourquoi en serait-il autrement cette année ??? Et pourquoi le PS deviendrait-il subitement adulte au point de profiter de son prochain congrès pour clarifier en interne ses positions et sa doctrine ???
Avec un parti socialiste qui lui laisse de tels boulevards, on comprend que Nicolas Sarkozy se sente obligé d’offrir quelques ministères à des personnalités issues de ses rangs…

mercredi, 13 février 2008

Un pas de Guéant vers une béatification de Sarkozy

medium_logo-pmu.JPGLa tempête qui souffle sur la "France d’après", notamment sur Dallas-sur-Seine, l’ex-fief du président de la République, ne semble pas avoir de prise sur Claude Guéant. En effet, alors que les candidats UMP en sont arrivés, c’est un comble, à demander le soutien de François Fillon, en lieu et place de celui chaque jour plus mortifère de Nicolas Sarkozy, le secrétaire général de l’Elysée monte au créneau pour défendre le chef de l’Etat envers et contre tout et tous.
Pour ce faire, Claude Guéant use d’un savant mélange d’infantilisation des masses à l’aide de fortes doses de peoplosation et d’hagiographie sarkozienne. Ainsi, selon lui, "chacun le sait, le président a eu à gérer des problèmes personnels. Il a dû consacrer un peu de temps à régler ces soucis et, du coup, les Français ont eu le sentiment qu'il ne leur appartenait plus complètement". Comment n’y avons nous pas pensé plus tôt : si les sondages de Nicolas Sarkozy sont au plus bas, ce n’est pas parce qu’il ne tient pas ses promesses de campagne, mais uniquement parce que les Français, peuple ingrat par nature, sont jaloux en réalisant que le président de la République a une vie sentimentale. De là à ce que le secrétaire général de la présidence en appelle à Freud pour expliquer que les Français sont amoureux de Nicolas Sarkozy, il n’y a qu’un pas… Ne s’arrêtant d’ailleurs pas en si bon chemin, il ajoute : "ils l'ont d'autant plus éprouvé qu'ils ont l'habitude d'un président sans cesse sur tous les fronts". Et oui, c’est cruel : à trop faire le bien du peuple, Nicolas Sarkozy, véritable continuateur de Gandhi à en croire Claude Guéant, est injustement sanctionné pour s’être autorisé à s’intéresser un peu à lui.
Pour autant, le chef de l’Etat ne renonce pas à faire le bien du peuple (même si ce dernier ne le mérite pas vu que la correction qu’il s’apprête à lui administrer aux municipales) en préparant l’avenir. La preuve, toujours selon Claude Guéant, "le président conservera le principe d'un gouvernement restreint", mais si "certains découpages ministériels nouveaux sont très satisfaisants, notamment celui du ministère de l'Écologie, du Développement et de l'Aménagement durables, il faudra inscrire de nouvelles fonctions dans la composition du prochain gouvernement, par exemple dans les domaines de l'économie numérique ou de l'aménagement du territoire, pour accompagner certaines évolutions, comme celles de l'hôpital ou de l'implantation des bases militaires". Bref, mis à part le grand ministère de Jean-Louis Borloo, qui a accouché de la souris du Grenelle de l’Environnement, toute l’organisation gouvernementale est à revoir…

Et vu que de nombreux ministres ne sont pas à la hauteur du génie et de l’abnégation du président de la République, il y a fort à parier que le casting gouvernemental va prochainement subir un important remaniement. De là à penser que Claude Guéant, en sa qualité de thuriféraire officiel du Mahatma Sarkozy, se verrait bien à Matignon…

mardi, 12 février 2008

Et Sarkozy créa le "syndrome de Neuilly"

medium_logo-pmu.JPGQui aurait cru que Neuilly-sur-Seine, charmante bourgade (61 000 habitants tout de même…) un poil huppée du 92 deviendrait l’attraction de cette campagne pour les municipales ??? Personne sans doute il y a encore quelques jours, tant l’ex fief de Nicolas Sarkozy semblait acquis, comme d’habitude, à la majorité présidentielle dès le premier tour…
Mais voilà, comme l’affirmait avec une intuition de visionnaire le candidat Sarkozy lors de sa campagne présidentielle : avec lui "tout est possible"… y compris imposer un candidat factice en la personne de son porte-parole gominé, avant de le laisser se faire dézinguer par son propre fils face à des sondages (secrets) catastrophiques. Mettant en pratique le vieil adage "courage fuyons", le chef de l’Etat, opportunément en déplacement en Guyane, laisse maintenant l’UMP se dépatouiller avec cette lamentable affaire. Affaire que François Fillon tente relativiser en rappelant que "des feuilletons, il y en a beaucoup à l'occasion des élections municipales. Il y en a qui sont plus ou moins médiatisés, c'est normal", avant d’ajouter : "moi, je fais confiance à l'UMP, qui ce soir prendra les décisions qui s'imposent, pour faire en sorte que la liste de Neuilly soit la meilleure possible". Il est bien le seul à faire confiance à Patrick Devedjian pour gérer au mieux et en douceur un tel dossier…
Mais voilà, si le ridicule ne tue pas (sans compter que Neuilly restera quoi qu’il arrive dans l’escarcelle de l’UMP), ce psychodrame du pauvre donne des idées aux candidats UMP écartés par leur parti au profit de parachutés plus ou moins légitimes. Ainsi pendant que Pierre Lellouche candidat officiel de l’UMP à la mairie du 8e arrondissement de Paris, sans doute en récompense de son échec dans le 9e en 2001, demande l’aide de la rue La Boëtie pour se débarrasser du maire sortant, lui aussi UMP (c’est clair, non ???) en affirmant qu’"il est plus que temps que les responsables nationaux de l'UMP sifflent la fin de la récréation et remettent en ordre de bataille la maison UMP", ce dernier monte au créneau en comparant Pierre Lellouche à David Martion. Ce qui permet à Pierre Lebel, que Nicolas Sarkozy a par ailleurs choisi pour célébrer son mariage avec Carla Bruni alors que son propre parti lui refuse l’investiture (c’est toujours clair, non ???), de rappeller que l’exemple de Neuilly démontre que les électeurs "n'acceptent plus les parachutages". Un argument qui à tout pour faire tâche d'huile parmi les UMP déçus du sarkozysme.
Bref, à défaut de donner, comme il le souhaitait, une "dimension nationale" à ces élections municipales, le chef de l’Etat est en train de réaliser l’exploit de donner une "dimension nationale" à un cafouillage local et familial… L’opposition, trop occupée par ses propres guéguerres internes, n’en demandait pas tant !!!

Plutôt que la Guyane, Nicolas Sarkozy, qui depuis quelques semaines multiplie les déclarations plus ou moins équivoques sur une éventuelle remise en cause du principe de laïcité, aurait sans doute mieux fait de se rendre à Lourdes pour fêter le 150e anniversaire de l’apparition de la Vierge. En effet, mis à part une intervention divine, on ne voit plus trop ce qui pourrait sauver le président de la République et sa majorité d’une cuisante et (bien méritée) défaite les 9 et 16 mars…

C’est plus Neuilly, c’est Dallas !!!

"Moi, je fais confiance à l'UMP, qui ce soir prendra les décisions qui s'imposent, pour faire en sorte que la liste de Neuilly soit la meilleure possible", assurait François Fillon, lundi soir. Perdu !!!
bad3c97d8ba07f8829027db97c85e557.jpgLe secrétaire général de l’UMP, Patrick Devedjian, a en effet choisi de soutenir… un candidat non issu de l’UMP : "la commission nationale a décidé d'accorder son soutien à M. Fromantin pour conduire à Neuilly une liste de large rassemblement. Jean-François Fromentin n'appartient pas à l'UMP, mais je pense que l'UMP serait très largement représentée dans cette hypothèse. Ce qui nous importe c'est le rassemblement". Et Patrick Devedjian de repousser, temporairement, les ambitions du fils du président de la République : "Jean Sarkozy a beaucoup de talent, c'est un garçon intelligent, sensible, qui adore la politique, et qui a des dispositions. Mais il a 22 ans, son temps n'est pas venu", ajoutant qu'"en République les places s'acquièrent par le mérite, par le travail, pas par l'héritage". Espérons pour lui que le secrétaire général de l’Elysée est couvert par le père de l’intéressé….
Bien entendu cette vraie/fausse décision d’ouverture, loin de mettre fin à cette crise ridicule, la relance puisque Arnaud Teullé, le responsable (pour combien de temps encore ???) de l’UMP à Neuilly, qui avait déjà été évincé par David Martinon, ne l’entend pas cette oreille : "je serai le seul candidat à avoir soutenu Nicolas Sarkozy pendant 20 ans dans cette ville. Je serai le seul candidat à avoir l'expérience de la gestion municipale, puisque j'ai été adjoint pendant 13 ans dans cette ville. Et je serai le seul candidat à avoir mené l'UMP de 350 à 3.800 militants. Je serai donc le candidat des Neuilléens". Il enfonce d’ailleurs le clou au nom de la démocratie interne : "la nuit ne portant pas toujours conseil, j'apprends ce matin par Europe 1 que Patrick Devedjian a changé d'avis et décide de proposer l'investiture à M. Fromantin. Je n'accepte pas cette décision arbitraire"…

Et pendant ce temps-là, Nicolas Sarkozy, dont la gestion désastreuse de sa succession à la mairie est à l’origine de pataquès pitoyable, se refuse à tout commentaire, préférant fantasmer sur la planète Mars en assurant que "parce que Mars est là et que Mars est accessible aux technologies dont dispose aujourd'hui l'humanité, nous ne pouvons refuser de tenter cette aventure", plutôt que de s’intéresser au mois de mars 2008…

lundi, 11 février 2008

Le "Au revoir" de Martinon

La nouvelle est tombée abrupte lors d’une conférence presse digne de Valéry Giscard d’Estaing en 1981 : David Martinon abandonne la campagne municipale à Neuilly sous l’amicale pression de la famille (régnante ???) Sarkozy.
bad3c97d8ba07f8829027db97c85e557.jpgLe porte-parole de l’Elysée tente de se justifier comme il le peut, sans pour autant se départir de sa langue de bois devenue mythique : "les conditions ne sont plus réunies pour que je mène la campagne des municipales. J'en tire toutes les conséquences et je me retire". Mais il n’oublie pas de remercier ceux (mais qui et combien sont-ils ???) qui l’ont soutenu : "merci à tous ceux, et ils sont nombreux, qui m'ont accompagné, qui m'ont aidé et qui se sont investis comme moi sans compter. Je ne vous oublierai jamais".
Nul doute qu’il n’oubliera sans doute non plus jamais le coup de couteau dans le dos que lui a infligé Nicolas Sarkozy (grand spécialiste de l’exercice), qui après l’avoir imposé à la hussarde comme candidat, l’a laissé se faire dézinguer par son fils… que l’on pourrait bien voir devenir tête liste UMP à Neuilly à en croire Dominique Paillé, le porte-parole de l’UMP : "Jean Sarkozy est un garçon bourré de talent. Il a d'énormes qualités, c’est une hypothèse qu'il ne faudrait pas écarter".

Passé cette humiliation publique (et néanmoins familiale), David Marinton boira le calice sarkozsyte jusqu’à la lie, puisque le président de la République, qui a refusé sa démission de son poste de porte-parole de l’Elysée, va pouvoir le garder sous la main histoire de l’humilier à sa guise jusqu’à plus soif !!!

Bal tragique à Neuilly : un mort

4109f82688e84cec454b566553e2af19.jpgCe qu'il y a de bien quand on est président de la République (en plus de pouvoir se payer des Rolex et de pouvoir épouser un ancien mannequin), c'est quand plus rien ne va politiquement et que les sondages deviennent catastrophiques, on peut s'imposer à 20 heures sur les principales chaînes nationales pour y vanter son action de façon éhontée sans la moindre contradiction. Et c'est peu de dire que Nicolas Sarkozy l'a compris comme le prouve son hallucinante sortie sur le Traité de Lisbonne : "par ce succès, car c'est un succès, la France est de retour en Europe. Elle y a retrouvé son influence, sa capacité à faire valoir son point de vue, ses valeurs et le rôle moteur qui avait toujours été le sien par le passé". Si le vote d'un traité le met dans cet état on peut être inquiet par avance de l'effet que produira sur le chef de l'Etat le fait de présider pendant 6 mois l'Union européenne à partir du 1er juillet…
Mais la dernière fanfaronnade télévisuelle de Nicolas Sarkozy ne parvient pas à masquer que le sarkozyme est proche de la déliquescence y compris dans son propre fief de Neuilly. Pire la campagne municipale est en train d'y tourner à la farce familiale avec pour dindon de la farce un David Martinon qui est à deux doigts de tout perdre pour ne pas avoir assimilé une caractéristique fondamentale de Nicolas Sarkozy (c’est pas la peine d’être porte-parole de l’Elysée pour aussi mal en connaître le locataire…) : la traîtrise et le lâchage en règle dès que les sondages baissent. Et visiblement tout cela est héréditaire.
Ainsi alors qu’il avait été désigné, envers et contre tout (notamment la démocratie interne de l’UMP si tant est que cela existe), comme son successeur par le père, David Martinon est aujourd’hui désavoué par le fils qui déclare : "nous avons décidé de conduire la liste de rassemblement pour les élections municipales à Neuilly, afin de faire cesser les divergences au sein de la majorité présidentielle sur notre commune". Jean Sarkozy, pourtant jusqu’alors colistier de David Martinon, enfonce le clou en ajoutant : "cette décision résulte d'un certain nombre de désaccords majeurs avec David Martinon", avant de conclure : "Neuilly demande des gens qui y sont attachés profondément, qu'elle connaît, dans lesquels elle a confiance". Des propos qui résonnent comme un échos à ceux de Nicolas Sarkozy en 1994 prenant parti pour Édouard Balladur contre Jacques Chirac. D’autant plus que Neuilly étant considérée comme son bien personnel par le président de la République (qui l’avait conquise à la hussarde), il ne fait aucun doute que le putsch du fiston a reçu l’aval du papa. Sans pour autant (et loin de là) défendre David Martinon, on ne peut que souhaiter à la famille Sarkozy un échec aussi cinglant que celui de la présidentielle 1995, tant la méthode est détestable et indigne de la fonction présidentielle !!!

Et dire qu’en septembre dernier le président de la République imposait son porte-parole (pour combien de temps encore ???) comme tête de liste en assurant, dans son style si particulier fait d’empathie et de prétention, que cette oukase présidentielle n’était pas le "pas le fait du prince". En ajoutant sans rire : "j'ai une fidélité à assumer et quelqu'un qui part sans préparer sa succession, c'est quelqu'un qui n'est pas à la hauteur"…