mardi, 22 avril 2008

Le gloubiboulga de bons sentiments du PS

medium_PS_envers.jpgBonne nouvelle : il existe encore une activité cérébrale au PS.
Mauvaise nouvelle : en bout de chaîne, Solferino ne produit plus que des lieux communs.
Pourtant (40e anniversaire de Mai 68
oblige ???), c’est à Henri Weber, qui est tout sauf un handicapé de l’intellect, qu’a été confié le soin de présenter la nouvelle "carte d’identité" idéologique du PS. Bonne idée de, pour reprendre la formule d’Alain Bergounioux, "définir ce qu'est le socialisme pour nous au moment où le PS entame une nouvelle période de sa vie". Il précise cependant de suite : "ni projet politique, ni programme, ce sont des idées fortes qui dessinent un cadre commun de pensée". Et c’est bien là que le bat blesse tant ce cadre commun est un condensé fourre-tout de bons sentiments dans lequel il est difficile de ne pas se reconnaître.
Ainsi dès l’article 1 on apprend qu’"être socialiste, ce n'est pas se satisfaire du monde tel qu'il est" et que "le but de l'action socialiste est l'émancipation complète de la personne humaine et la sauvegarde de la planète". Superbe tarte à la crème mâtinée de guimauve… L’article 5 nous apprend ensuite que pour les socialistes, la démocratie est "une fin et un moyen". En matière économique, Henri Weber explique : "nous sommes pour l'économie de marché, mais pas n'importe laquelle. Elle doit être régulée à la fois par la puissance publique, par les partenaires sociaux et les grandes associations". Et de conclure par un grandiose : "nous sommes d'abord pour une société du bien-vivre"…

Qui peut aujourd’hui honnêtement se dire contre l’émancipation des individus, contre la sauvegarde de la planète, contre la démocratie, contre une régulation de l’économie de marché et contre la "société du bien-vivre" ??? Pas grand monde… avec une telle plate-forme confite dans les bons sentiments, le PS peut en effet espérer "rassembler toutes les cultures de la gauche, ouvrir l'espace de la gauche réformiste qui irait des altermondialistes, aux chrétiens sociaux et aux républicains de progrès".
Mais l’exemple italien tend tout de même à montrer qu’un tel attelage est incontrôlable… au point de remettre en selle, et au pouvoir, Silvio Berlusconi avec une majorité écrasante.

lundi, 21 avril 2008

Sarkozy an I : rupture réussie... avec les Français

image : timeomedium_Sarko.JPG
Bien sûr le sondage a été commandé par Libération qui est tout sauf un journal sarkozyste.
Bien sûr fêter le premier anniversaire de l’élection de Nicolas Sarkozy le 21 avril alors qu’il n’a été élu qu’au soir du second tour est stupide.
Bien sûr ce n’est qu’à la fin du quinquennat que l’on pourra réellement juger l’action du président de la République.
Mais force est de constater que les chiffres sont cinglants : un peu moins d’un an après son entrée triomphale à l’Elysée, celui qui se présentait comme "le président du pouvoir d’achat" et de "la rupture" et qui affirmait qu'"ensemble tout est possible" dans "France d’après", voit 59% des Français juger son action comme étant "plutôt un échec" contre à peine 20% (soit moins que la proportion qui avait voté pour lui au premier tour) qui pensent le contraire.
Bien sûr Nicolas Sarkozy n’est pas responsable du retournement de la conjoncture mondiale due, n’en déplaise à Christine Largarde, à la crise des supbrimes.
Bien sûr on ne peut pas lui reprocher n’avoir rien tenter sur le plan économique.
Mais force est de constater que "le choc de confiance" qu’il promettait est un bide.

Une fois n’est pas coutume c’est du PS que vient la meilleure illustration de ces onze premiers mois de présidence bling-bling, durant lesquels comme le dit Pierre Moscovici : Nicolas Sarkozy "avait de l'or dans les mains, un an après il l'a transformé en plomb".
Il reste désormais quatre ans au PS pour essayer de trouver, enfin, une alternative viable à la politique sarkozyste qui déçoit tant… mais dont l’atout majeur est de n’avoir en face d’elle aucune opposition crédible.


mercredi, 05 mars 2008

Taguer n’est pas jouer

521b272de4173cb2f04da5a2e7db1e47.jpgTagué successivement par Toréador, Marc Vasseur et Enzo d’Aviolo (que c’est bon de se sentir apprécié par la grande famille des bloggers…), je me vois donc contraint d’entrer à mon tour dans le jeu et de vous livrer 6 détails sans importance sur ma personne.

1/ J’aime la politique comme disait un homonyme devenu célèbre devenu président de la République. Je précise : j’aime la politique politicienne, celle qui sent la merde mais pas trop, celle qui est faite de petites phrases assassines. Bref, celle qui ressemble à la vraie vie.

2/ J’aime le foot et cyclisme, ou plus précisément l’OM et le Tour de France. Je sais, c’est mal et j’ai honte, mais j’assume.

3/ J’aime écrire référendum avec des accents.

4/ J’aime polémiquer sans fin sur à peu près tous les sujets, surtout autour d’une ou plusieurs bières. C’est d’ailleurs dommage (sauf pour mon foie) que le bistrot politique soit virtuel…

5/ J’aime porter des pulls roses… et je vous emmerde !!!

6/ Je n’ai pas repris ma carte au PS cette année pour la première fois depuis le 22 avril 2002. Mais je ne désespère pas de le faire si ce parti se décide un jour à avoir enfin une ligne politique claire (dans laquelle je me retrouve bien entendu) ou lieu de se contenter d’être une sorte de Star Ac pour candidats à la défaite à la présidentielle.

Le tagué se devant de taguer à son tour, je propose, sans ordre de préférence :
Etienne Fillol
Tefy
Alice
Fabien
John G
Lofi

PS : Bien entendu tout cela n'a aucun intérêt, ce qui rend la démarche indispensable...

vendredi, 08 février 2008

Dernier fado à Paris pour le PS

medium_PS_envers.jpgAlors que, municipales annoncées désastreuses pour la majorité obligent, Nicolas Sarkozy fait feu de tout bois (enfin plus que d’habitude) en matière de démagogie et de corporatisme en recevant notamment les taxis et les buralistes (peu réputés pour voter à gauche), l’Assemblée nationale ratifie le traité de Lisbonne.
En attendant le vote, plus que probablement sans surprise, du Sénat, le projet de loi de ratification a été approuvé par les députés par 336 voix contre 52 voix. Si les groupes UMP, à quelques exceptions souverainistes près, et NC ont voté pour, au PS, les choses ont été un poil plus compliquées... et ridicules (comme le prouvent par exemple les abstentions des proches de Laurent Fabius, ainsi que de Arnaud Montebourg, pourtant hérauts de non en 2004/2005). Il faut dire que depuis la rentrée 2004, l’Europe divise plus que fortement le PS, notamment du fait de choix plus tactiques qu’autre chose de la part de certains éléphants. Cette fracture a depuis plombé durablement le principal parti d’opposition et lui a probablement coûté la présidentielle en permettant la victoire à la primaire de Ségolène Royal sur le champ de ruines laissées par la référendum interne… La campagne référendaire avait ensuite battu en brèche la double notion de discipline de parti et de respect du vote des militants sans pour autant que la direction de l’époque, qui se trouve être la même qu’aujourd’hui, ne prenne la moindre sanction. C’est pourquoi sans surprise aucun semblant de position commune n’était réellement envisageable concernant le traité de Lisbonne. D’autant plus que la ligne défendue par la direction du PS, par la voie de Jean-Marc Ayrault était pour le moins absurde et faux-cul : affirmer être pour le traité, mais contre son adoption par le congrès tout en s’abstenant lors des votes (et après on s’étonne que les parlementaires PS n’en aient pas tenu compte…). Le président du groupe PS à l’Assemblée a d’ailleurs jusqu’au bout aggravé son cas en proposant une "motion référendaire", présentée comme "une exigence démocratique. Parce que l'Europe le vaut bien. Parce que c'est le droit des Français. Parce qu'il n'y a pas d'autre voie pour exprimer le double engagement de socialistes : pour le traité, pour le référendum". Comprenne qui pourra…

Enfin preuve qu’on n’en a pas encore fini avec le n’importe quoi et la guéguerre interne au PS sur l’Europe, si certains comme André Vallini, partisan du oui ou Philippe Martin, partisan du non voient dans ce vote "la fin du chemin de croix" et constatent "l'envie de refermer un dossier qui nous a fait tant de mal", d’autre comme Benoît Hamon professent que "le clivage oui/non ne tarde jamais à ressurgir, parce qu'il y a un désaccord fondamental sur la stratégie". Et tout semble réuni pour donner raison aux cassandres…

mardi, 06 novembre 2007

Le PS marche une nouvelle fois sur la tête

medium_PS_envers.jpgAu PS l’Europe rend fou.
Ainsi, Stéphane Le Foll précise que "ce soir, l'objectif du Bureau national est de trancher la position du Parti socialiste sur le traité de Lisbonne lui-même", tout en laissant entendre qu’une majorité devrait se dégager en faveur du oui.
Mais dans le même temps, le chef de cabinet de François Hollande rappelle que "PS reste favorable au recours à un référendum. Nous prenons acte que le président de la République ne souhaite pas passer par la voie référendaire". Et de conclure "nous verrons, au moment où va être convoqué le congrès, quelle sera la position des socialistes, cette question ne sera pas tranchée ce soir".
Bref, les dirigeants socialistes débattent de leur position sur un texte qui ne sera sans doute pas leur position lors du vote en Congrès sur ce même texte…

Et dire que certains ose affirmer que le fonctionnement de l’Union européenne est complexe… Que devrait-on alors dire de celui du parti socialiste français ???

mardi, 02 octobre 2007

Souvent femme varie...

medium_PS_envers.jpgSégolène Royal a mangé du lion et attaque de front Nicolas Sarkozy sur ses idées. Cela aurait pu être une bonne nouvelle… il y a 6 mois. Aujourd'hui au mieux cela a un arrière-goût d'erreur de tempo, au pire cela confine au ridicule.
C'est d'autant plus dommage que les critiques de la présidente du Conseil régional de Poitou-Charentes sont tout à fait recevables, même si bien entendu elle n'est pas la première à les formuler. En effet comment ne pas être d'accord avec elle quand elle pose la question : "chauffer l'opinion, donner l'apparence de la fermeté puis se dédire face au risque d'isolement, serait-ce cela, la nouvelle diplomatie de rupture ?". Mieux celle que l'on a accusée, souvent à juste titre, d'incompétence dans le domaine international se permet de pointer une "succession de retournements inspire de l'inquiétude et pose la question de la crédibilité de la parole de la France", avant d'enfoncer le clou en s'inquiétant de l'image donnée par la France depuis quatre mois, celle "d'un président qui tire la couverture à lui et exaspère" nos partenaires en Europe, enchaînant notamment selon elle "bourde sur bourde" avec l'Allemagne… et en matière de bourdes elle sait de quoi elle parle !!! Il y a cependant fort à parier que Nicolas Sarkozy n'écoute pas son conseil de bon sens : "c'est en ne cédant pas à la tentation des surenchères et de la politique spectacle que la France disposera d'une diplomatie forte et écoutée, avant qu'il ne soit trop tard"…

Heureusement toutes les représentantes du sexe dit faible ne sont pas aussi désobligeantes avec le chef de l'Etat, preuve que Nicolas Sarkozy sait s'entourer de femmes de qualité. Ainsi, Christine Lagarde en remet une couche en matière de méthode coué et de mauvaise foi (supplantant ainsi sa performance pourtant de choix au sujet de la croissance) concernant les heures supplémentaires. Selon la ministre de l'Économie, désormais "pour tous les tous les salariés, privé-public, à partir de la 36e heure, c'est triple bonus: plus 25%, pas de charges sociales, pas d'imposition". Pas mal, mais elle oublie que pour les fonctionnaires on attend toujours le décret. De plus elle semble également oublier que si "travailler plus pour gagner plus" quand on est à plein temps ça peut en effet être pas mal, il aurait fallu en premier lieu penser aux temps partiels imposés qui laisser trop souvent les salariés sous le seuil de pauvreté. Dans son "triple bonus", elle omet aussi de rappeler que le manque à gagner pour la Sécu sera payé par les salariés par le biais des franchises… Enfin, last but not least, cette mesure sensée combler d'aise les employeurs est d'ores et déjà critiquée par la CGPME et l'UPA… avant même son entrée en vigueur.

lundi, 01 octobre 2007

Cours d'autosatisfaction à la française

DSK au FMI.
Derrière ces huit lettres se cache toute l'autosatisfaction dont sont capables les politiques français en se contrefoutant totalement du rôle du Fonds monétaire international.
S'il est logique et pas le moins du monde condamnable que Dominique Strauss-Kahn se félicite de sa nomination en affirmant "c'est pour moi une joie, un honneur et une responsabilité. La puissante légitimité que me donne le très large soutien dont j'ai bénéficié, notamment dans les pays émergents et des pays à bas revenus", avant d'ajouter "je suis déterminé à engager sans tarder les réformes dont le FMI a besoin pour mettre la stabilité financière au service des peuples en favorisant la croissance et l'emploi" (bon courage…), la réaction du parti socialiste frôle le ridicule et sent l'hypocrisie à plein nez. Lorsque la direction du PS assure que "les socialistes sont fiers de l’élection de Dominique Strauss-Kahn à la direction du Fonds monétaire international", on ne peut s'empêcher d'imaginer le ouf de soulagement poussé conjointement et simultanément par tous les éléphants et jeunes lions qui voient s'éloigner pour cinq ans l'un de leur plus sérieux concurrents pour la candidature à la défaite présidentielle de 2012.
Mais aussi mesquine que soit la réaction de la rue de Solferino, ce n'est rien en comparaison de la sortie du président de la République. Plutôt que de mettre en avant les éventuelles avancées pour les pays en voie de développement que peut annoncer l'arrivée de DSK à la tête du FMI, Nicolas Sarkozy préfère honteusement rabaisser cette nomination au niveau franco-français, voire sarkozo-sarkoziste, en déclarant que "c'est une grande victoire pour la diplomatie française. C'est pour la France une très bonne nouvelle, c'est également un élément qui confirme l'influence de notre pays sur la scène internationale". Mais dans le fond une telle réaction n'est pas tellement étonnante de la part de quelqu'un qui confond sciemment politique et showbiz. N'oublions pas que la veille Nicolas Sarkozy avait rendu hommage à un autre symbole de la France qui gagne à l'international, Tony Parker, au travers d'une hagiographie ahurissante : "vous avez 25 ans. C'est l'âge de toutes les promesses. Vous êtes porteur d'un message, celui d'une France qui réussit parce qu'elle a la volonté. On est fier de vous parce que vous donnez une magnifique image de votre pays, parce que vous êtes quelqu'un de bien. Pour un pays, il faut de grands scientifiques, de grands entrepreneurs, de grands artistes, il faut aussi de grands sportifs, parce que ça permet à tous les enfants du pays d'être tirés vers le haut, alors qu'il y a tant de raisons d'être tiré vers le bas. Et vous, vous tirez les gens vers le haut". C'est à croire que le chef de l'État vit son rêve américain par Tony Parker interposé…

On n'ose imaginer le niveau de la récup, de l'autosatisfaction et de la gloriole dont se gargarisera la classe politique dans une semaine, si par miracle (bien plus que par la grâce de la lettre de Guy Moquet) le XV de France bat les All Black.

vendredi, 31 août 2007

Si au moins il était saoul…

medium_PS_envers.jpgL’homme qui seul contre tous et contre toutes les évidences continue de nier le réchauffement de la planète a le cerveau en surchauffe. On savait Claude Allègre imbu de lui-même au point de cracher sur ses confrères scientifiques, on le savait également provocateur et inefficace comme ministre de l’Education nationale, on le savait haineux à l’égard de Ségolène Royal, mais on ne le savait pas grossier et vulgaire à ce point.
Non content de se dire "impressionné" par Nicolas Sarkozy (dont il faut reconnaître que le discours programme à l’université d’été du Medef a de quoi "impressionner"…), il vomit sa bile haineuse sur le premier secrétaire du PS, qui serait selon lui le seul responsable, avec son ex compagne, des maux du parti : "il est le responsable principal de toute cette pagaille. Il a joué au plus fin avec tout le monde et il a perdu. Il pensait que plus le marigot était rempli de crocodiles, plus il avait de chances. Il a foutu un bordel noir". Il compare ensuite François Hollande à Guy Mollet (et pourquoi pas l’accuser d’avoir couvert la torture rue de Solferino pendant qu’il est ???) et le qualifie de "magouilleur". Ségolène Royal en prend également pour son grade : "elle ne s'intéresse pas aux dossiers, uniquement à sa promotion. Elle ne cherche qu’à faire des coups en sa faveur"… sauf que ce n’est pas elle qui cire les pompes du président de la République en espérant décrocher un place et un salaire dans une commission quelconque.
Visiblement l’avenir du PS ne passe pas par la jeunesse aux yeux de Claude Allègre, puisque selon lui les quadra ne sont que des "jeunes chacals et des jeunes hyènes. Ils n'ont pas la moindre idée, il n'y a rien, le vide. La rénovation du PS, ce n'est pas eux". Qui incarne la rénovation alors ??? Un ex ministre bileux et haineux qui défèque sur son parti au point de se vanter de ne pas reprendre sa carte ???

La vulgarité de l’ex ministre de l’Education nationale saute encore plus aux yeux en comparaison de la décence avec laquelle Laurent Fabius expose la même idée : "le spectacle que donne la gauche n'est quand même pas très ragoûtant". On ose imaginer comment une telle phrase pourrait être traduite en langage Allègre. Quelque chose d’aussi chantant et distingué que "Ségolène pue de la chatte" ou que "Hollande bande mou" sans doute… Mais rien que pour l'ambiance c'est presque dommage qu'il n'aille pas à La Rochelle.


mardi, 28 août 2007

Et si Montebourg avait (pour une fois) raison ???

medium_PS_envers.jpgBien sûr, Arnaud Montebourg reste quelqu'un de désagréable jusque dans ses intonations (pas des plus crédibles quand il essaie de faire peuple et/ou jeune).
Bien sûr, son rôle de porte-parole (un temps suspendu de ses fonctions) de la candidate Royal est loin d'avoir fait l'unanimité.
Bien sûr, le défilé d'éléphants entre les deux tours des dernières législatives dans sa circonscription avait constitué un sommet de ridicule.
Bien sûr, son ambition transpire par tous ses pores.
Mais force est de reconnaître qu'à quelques jours de la Rochelle, qu'il n'a pas tort quand il exhorte la jeune génération du PS à prendre son avenir en main : "donnons-nous la main et causons-nous. Voyons si nous pourrions nous rassembler sur des lignes politiques nouvelles", avant d'ajouter que "le parti socialiste ne peut pas être un parti qui lance des slogans à la cantonade et se réfugie dans des incantations". Évidemment il est difficile de ne pas voir dans cet hymne à la mise à plat des courants au sein du PS sa volonté d'apparaître comme l'ultime recours. Mais il est tout de même rassurant d'entendre un ténor socialiste reconnaître qu'il y a quelque chose de pourri au royaume de Solfe… et que les barons et baronnes du parti en portent une part de responsabilité.
François Hollande lui emboîte d'ailleurs le pas en reconnaissant qu' "il faut qu'il y ait de nouvelles équipes, une nouvelle génération". Cette nouvelle génération sera charger de rénover la SFIO, pardon le PS, parce que "la première des rénovations pour une formation politique qui a perdu les élections, c'est de faire un travail collectif". Et le premier secrétaire sur le départ de rappeler que "la deuxième rénovation à engager, c'est le respect des décisions des militants". Impossible de ne pas être d'accord avec lui, mais sans doute aurait-il du appliquer lui-même se principe avec fermeté, y compris à l'encontre d'éléphants, depuis le référendum interne de décembre 2004…

Pour aider un peu le PS dans sa réflexion, et il en a besoin, on ne saurait trop conseiller à ses dirigeants de méditer sur les propos du secrétaire général de la CFDT, François Chérèque : "nous attendons des politiques, et de la gauche en particulier, qu'ils expriment une vision de l'intérêt général et pratiquent une confrontation franche avec la société civile". Il gratifie plus précisément le PS d'un superbe : "arrêtez de faire des synthèses, décidez ! Mais acceptez que les partenaires sociaux construisent des compromis. C'est une condition nécessaire pour que le mouvement syndical français, notoirement faible, soit en mesure d'asseoir une légitimité non contestable".
C'est vrai, plutôt que de mal faire le travail des partenaires sociaux, il serait sans doute temps que les politiques, en premier lieu le PS, essayent de faire correctement leur travail, ce qui ne serait déjà pas si mal.

jeudi, 23 août 2007

La Rochelle prend déjà l'eau

medium_PS_envers.jpgLa Rochelle, son port, ses Francofolies, son Fort Boyard et … son université d'été du PS. Alors que la préfecture de la Charente-Maritime s'apprête à être, comme chaque année à la même époque, envahie par des hordes de jeunes du MJS et des troupeaux d'éléphants, les éléphanteaux rechignent à venir faire le plein d'air iodé avant la rentrée parlementaire.
Ainsi, Gaëtan Gorce, le député de la Nièvre, estime que le rendez-vous de la semaine prochaine à La Rochelle est, "dans sa forme comme dans son contenu, désormais totalement dépassé". Parlant de "carnaval de déclarations", de "bal des procureurs" et de "sorte de concours des mondanités socialistes", il ajoute que "La Rochelle tombera, comme chaque année, on ne peut plus mal". C'est le moins que l'on puisse dire, mais le principe d'une université d'été n'est-il pas justement de se tenir juste avant la rentrée ??? Et de toute façon vu l'état actuel du PS quelque soit la date retenue, elle serait mal tombé.
Dans un style qui n'appartient qu'à lui et après avoir attaqué bille en tête François Hollande qu'il accuse de "pleurnicheries bon chic bon genre", Jean-Luc Mélenchon (bien qu'il ait passé depuis un bail l'âge d'être qualifié d'éléphanteau…) fait également part de ses critiques envers l'université à laquelle il a décidé de ne pas se rendre au motif qu'elle devenue "une cérémonie mondaine à usage personnel du premier secrétaire" et que "ni l'orientation politique impulsée par François Hollande ni la campagne de Ségolène Royal ne sont réellement mises en cause". Certes, même si depuis quelques années cela ressemble plus à une foire d'empoignade qu'à une quelconque intronisation, mais à part un congrès anticipé, donc précipité et dénué de base programmatique au profit de réactions épidermiques (dont le sénateur de l'Essonne est un spécialiste), on ne voit pas comment le PS pourrait changer de ligne dans l'immédiat. La tenue d'un tel congrès serait d'ailleurs sans doute le meilleur service à rendre à l'UMP en présentant un parti socialiste déchiré et sans la moindre base idéologique… Enfin après voir bien débiné le parti dont il est toujours membre et à auquel il doit son siège de sénateur, Jean-Luc Mélenchon se permet un superbe "la rentrée collective du PS est désormais éclatée entre les fêtes concurrentes des uns et des autres". Quelqu'un qui lors de deux des trois derniers scrutins nationaux a fait campagne contre les choix des militants n'est peut-être pas le mieux placé pour critiquer l'actuel manque d'esprit collectif du PS…

Mais toutes ces broutilles ne sont que peu de choses à côté du seul vrai sujet politique digne de ce nom : les retouches photos de Paris-Match pour effacer les bourrelets du président de la République. Ce scoop people est d'une importance tellement capitale pour l'avenir de la France qu'on a honte pour les socialistes en les voyant se chamailler ainsi alors qu'il se passe des choses aussi graves…


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