mardi, 15 avril 2008

Duel poitevin : le beauf vs la madone

La région Poitou-Charentes, ses vaches, ses marais… et sa guéguerre scabreuse entre ses figures politiques nationales (ou qui se croient telles…).
Dans la foulée de la confirmation de la condamnation de Ségolène Royal à payer trois semaines de salaire, au titre de la campagne législative de 1997 à deux de ses ex-assistantes parlementaires, Jean-Pierre Raffarin monte au créneau avec ses gros sabots et l’artillerie (trop) lourde en demandent rien de moins que la démission de la présidente du conseil régional au motif que "le licenciement abusif n'est pas une pratique pour qui prétend exercer de hautes fonctions". Ajoutant qu’il s’agit d’une "question d'honneur car pour un responsable politique, la délinquance sociale, c'est la faute majeure". On a connu l’ancien Premier ministre moins à cheval sur la morale quand il prenait un repris de justice, Renaud Donnedieu de Vabres, dans son gouvernement, ou quand on regarde le pedigree de nombre de membres éminents de l'UMP comme par exemple le couple Balkany
Comme il fallait s’y attendre, le porte-parole de l'UMP, Frédéric Lefèbvre va dans le sens de Jean-Pierre Raffarin. Dans le même temps, il ne dit pas un mot sur André Santini toujours au gouvernement en dépit de graves poursuites judiciaires…
La réponse de Ségolène Royal ne s’est pas faite attendre. Dans un premier temps elle rappelle les propos mensongers de Jean-Pierre Raffarin en précisant que "dans le jugement, dont curieusement l'UMP a eu connaissance avant tout le monde, le terme de licenciement abusif n'apparaît pas". Dans un second temps, elle se pose (comme elle sait bien le faire…) en victime : "cette raffarinade a au moins un avantage. On voit bien qui est à l'origine de ce guet-apens judiciaire. Ceux qui l'ont organisé n'ont pas, contrairement à ce qu'ils prétendent, obtenu tout ce qu'ils souhaitaient". Et son âme damnée, Jean-Louis Biancio, de dire tout haut ce que nombreux pensent tout bas : "tout le monde sait qu'il n'a jamais digéré d'avoir perdu la Région Poitou-Charentes. L'UMP ferait mieux de s'occuper des problèmes des Français plutôt que d'alimenter des polémiques scabreuses pour faire oublier son incurie et ses échecs".

Bien entendu l’ancien Premier ministre attaque bille en tête, lourdement et façon indécente l’ex-candidate socialiste à la présidentielle pour essayer de masquer l’incurie de l’action du gouvernement (et se venger de la branlée qu’elle lui infligée lors des dernières régionales).
Mais, il aurait été de bon ton de la part de Ségolène Royal de faire un minimum amende honorable au sujet du jugement avant de lancer sa contre-attaque, légitime au demeurant, contre Jean-Pierre Raffarin.

mardi, 11 mars 2008

MoDem, moi non plus

medium_MoDem.jpgPau vaut-elle une alliance avec l’UMP ??? Telle est la question qui doit tarauder François Bayrou depuis son (semi) échec dimanche soir. Surtout que du côté de la rue La Boëtie, même si on tente de minimiser la gravité de situation en priant pour un sursaut des électeurs de droite au second tour, on fait les yeux doux à celui que l’on méprisait encore la veille.
Ainsi Patrick Devedjian, l’homme qui le 9 mars au soir osait quasi annoncer une victoire de l’UMP, se fait désormais un poil plus modeste : "mon souhait, c'est qu'il y ait une négociation avec le MoDem parce qu'effectivement, dans un certain nombre de villes, la position du MoDem est très importante et peut décider du résultat". Ce qui fait justement dire à François Hollande que "l'UMP doit être dans une situation bien difficile pour appeler le MoDem"… alors même que Ségolène Royal demande elle aussi une alliance avec le parti de François Bayrou. Dans le même temps, Jean-Pierre Raffarin, l’autre demi dirigeant de l’UMP ajoute : "je suis prêt à soutenir François Bayrou pour bien montrer qu'au fond l'allié naturel du centre dans ce pays c'est l'UMP et sa stratégie d'ouverture". Idem pour François Fillon qui va encore plus loin dans la surenchère (après ça, cela va devenir difficile de dire que l'UMP n'a pas peur du second tour...) : "je dis que si les responsables du MoDem acceptent de soutenir les listes qui sont celles de la majorité présidentielle, naturellement nous soutiendrons les candidats du MoDem qui sont en position de se maintenir et d'être soutenus par notre majorité"... y compris et notamment à Pau.
François Bayrou a beau mettre en avant une nouvelle fois sur son ni droite ni gauche (bien au contraire) en assurant que des accords ne seront conclus que "ville par ville, candidat par candidat", pas besoin de chercher bien loin pour comprendre que cela veut dire se vendre au candidat qui localement a le plus de chances de l’emporter le 16 mars, à savoir dans de nombreuses villes, la gauche… La preuve par l’exemple : à Paris, le MoDem, en la personne de Marielle de Sarnez (qui a réussi l’exploit dimanche sur les plateaux de télés de passer pour la seule véritable représentante de l’opposition à l’UMP) ne se voit pas monter dans le corbillard électoral conduit par Françoise Panafieu. Au contraire, elle fait des appels du pied plus qu’insistants à Bertrand Delanoë. Mais quitte à se fader des alliés encombrants, le maire de Paris préfère se (re)taper les Verts qu'il connait et qu'il a su museler depuis sept ans.
Comme tout cela fleure bon du côté du MoDem les jeux d’appareil des partis charnières des 3e et 4e Républiques, symboles de la plus basse des pratiques purement politiciennes dépourvues de la moindre once de conviction…

Seule bonne nouvelle au milieu de cette déplorable situation, les grands cocus de cette farce sordide risquent bien de se trouver du côté du Nouveau centre. Après avoir vendu leur âme pour quelques maroquins, Hervé Morin et ses amis s’apprêtent à avaler une couleuvre démesurée : voir l’UMP quémander à genoux le soutien du MoDem. Ce qui fait dire à François Sauvadet que "la danse du ventre devant le MoDem à laquelle se livrent un certain nombre de dirigeants de l'UMP, à commencer par la candidate UMP dans la capitale est ridicule et totalement inefficace", avant de rappeler que contrairement à eux, ralliés (collaborateurs ???) de la première heure, "François Bayrou a fait clairement le choix de l'opposition".
En plus de se sentir trahi (chacun son tour…), le NC doit surtout commencer à réaliser (mieux vaut tard que jamais) qu’aux yeux de l’UMP, il n’est que quantité négligeable et que le MoDem représente une force d’appoint nettement plus intéressante…

vendredi, 22 février 2008

(Emmanuelle) Mignon allons voir si la secte…

"Protégez- moi de mes amis, mes ennemis de je m’en charge". Nicolas Sarkozy ferait bien de faire sienne cette maxime de Voltaire tant ses propres troupes notamment ses conseillers en tout genre, parviennent, en accumulant les dérapages, à la mettre en difficulté alors que l’opposition s’en était montrée incapable depuis son élection.
Cette fois c’est rien de moins que la directrice de cabinet du président de la République qui s’y colle en prenant la défense des sectes. Accusée par VSD d’avoir dit (et pas par SMS) qu’"en France, les sectes sont un non-problème", Emmanuelle Mignon se défend comme elle peut dans Le Figaro en précisant : "soit ces mouvements troublent l'ordre public et abusent de la faiblesse psychologique des personnes et dans ce cas ils doivent être poursuivis, soit ils ne troublent pas l'ordre public et ils doivent alors pouvoir exister normalement, conformément au principe de la liberté de conscience". Jusque-là pas de problème, au contraire, il juste que d’autres modes de croyances que les "grandes" religions soient acceptées en France. Mais hélas, elle ajoute que la liste des mouvements sectaires établie en 1995 "venait des Renseignements généraux et a été retranscrite dans un rapport parlementaire sur les sectes sans vérification approfondie. Personne ne conteste aujourd'hui que certains mouvements n'auraient pas dû y figurer". En dehors du fait qu’elle accuse les RG d’écrire n’importe quoi (c’est leur ancien chef de 2002 à 2007 qui doit apprécier…), elle botte ensuite en touche concernant l’Eglise de Scientologie dont le meilleur VRP n’est autre que Tom Cruise dont Nicolas Sarkozy parle comme d’un "ami"…
Une chose est certaine avec une sortie aussi stupide Emmanuelle Mignon récolte une superbe et méritée volée de bois vert venue de son propre camp. Jean-Pierre Raffarin est le premier à sortir la boite à gifles en lui rappelant que : "s’exprimer c'est un métier, ce genre de polémique, on s'en passerait, surtout en période électorale". Avant d’ajouter sur le fond : "les sectes sont un phénomène préoccupant en France comme en Europe. Nous avons besoin d'un Etat qui s'occupe de l'exercice des religions, ne serait-ce que pour permettre la liberté d'expression". La seconde couche est ensuite passée par le député UMP Alain Gest, auteur du rapport de la commission d'enquête sur les sectes de 1995 : "mêmes amendés, ces propos relèvent, au minimum, d'une méconnaissance totale du sujet. C'est ignorer les difficultés et les souffrances rencontrées par de très nombreuses familles confrontées à des déviances sectaires". Difficile de ne pas être d’accord avec eux…
Et qu’Emmanuelle Mignon ne compte pas sur Nicolas Sarkozy pour la défendre, il s’est au contraire empressé de prendre ses distances (il n’a pas besoin d’un boulet supplémentaire pour l’emporter par le fond…) en affirmant : "en ce qui concerne les sectes, ma position a toujours été claire : les activités sectaires sont inacceptables, inadmissibles, il faut faire preuve de la plus grande fermeté". Même son de cloche de la part de François Fillon : "non seulement rien ne change, mais la mission interministérielle qui a été mise en place, qui est auprès du Premier ministre et qui restera auprès du Premier ministre, je souhaite qu'elle soit renforcée et qu'elle puisse régulièrement actualiser la liste des associations ou des organisations qui sont considérées comme sectaires". Pire que tout, elle est même démentie par David Martinon, ce qui au passage permet d’apprendre qu’il est toujours porte-parole de l’Elysée, qui affirme "le gouvernement n'a aucun projet tendant à relâcher la vigilance contre les sectes".

Si une ou plusieurs organisations sectaires pensaient avoir trouver la bonne personne pour plaider leur cause et faire du lobbying au sommet de l’Etat, c’est raté !!!

mercredi, 06 février 2008

Crime de lèse Sarkozy 2 : au tour des députés

medium_logo-pmu.JPGAprès le président du Conseil constitutionnel, c'est au tour du président du groupe UMP à l'Assemblée nationale de prendre temporairement la tête de l'opposition en affirmant :"beaucoup d'entre nous se sont élevés contre l'idée qu'il puisse y avoir sur différents sujets des créations de taxes nouvelles ou des augmentations de taxes ou d'impôts".
Et Jean-François Copé d'enfoncer le clou : "autant nous sommes très favorables à soutenir à 1 000% le président et le gouvernement sur la mise en oeuvre de réformes structurelles, autant nous sommes résolument opposés à des augmentations de taxes ou des créations de taxes qui pourraient en tenir lieu". Ouf, il n'a pas fait de commentaires désobligeants sur la vie privée de Nicolas Sarkozy ; en ces temps difficiles pour l'Elysée c'est toujours ça de pris… Mais il a en revanche osé faire pire que cela en revendiquant, tel un vulgaire syndicaliste : "nous les députés, nous voulons être respectés sur la forme et entendus sur le fond". Même son de cloche du côté de Jean-Pierre Raffarin, farouche opposant au rapport Attali qu'il accuse même d'avoir fait "sa première victime, Jean-Pierre Gorges, le maire de Chartres", battu lors d'une législative partielle suite à l'invalidation de son élection pour "violation du Code électoral".
Sans surprise le Nouveau centre n'est pas en reste pour critiquer l'exécutif (vu comme ils on lâché François Bayrou, compter sur leur fiabilité est une faute politique majeure de la part de Nicolas Sarkozy…) par la voix de son porte-parole, François Sauvadet, qui explique : "nous avons demandé à M. Fillon, tout en apportant notre soutien à sa politique de réformes, de remettre en perspective l'action du gouvernement, qu'on l'insère davantage dans un projet global. Il faut bien expliquer aux Français la direction où l'on". En voilà une bonne idée !!!
Au milieu de cette contestation montante de la ligne sarkoziste, le carré des fidèles fait ce qu'il peut pour porter la parole présidentielle. Ainsi Patrick Devedjian, étonnamment absent de la curée anti-Jean-Louis Debré assure-t-il qu'à côté des enjeux locaux, la campagne des municipales doit apporter "des réponses nationales aux questions nationales, portées par les responsables nationaux qui iront soutenir les candidats, en expliquant le changement qui est à l'œuvre". Une bien bonne idée au moment où le chef de l'Etat est en chute libre dans l'opinion. Et d'appuyer son propos par l'exemple : "dans les Hauts-de-Seine, département symbolique s'il en est, Jean-Pierre Schosteck a fait au contraire une campagne très politisée, et a été élu". C'est pas la peine d'être président du Conseil général du 92 pour connaître aussi mal son électorat : dans les Hauts-de-Seine, une chèvre portant un dossard UMP serait élue… Patrick Devedjian, plutôt que de se féliciter de cette petite victoire, ferait mieux de regarder la difficulté avec laquelle elle a été obtenue par rapport à juin 2007. Mais c'est vrai que regarder la vérité en face ferait tomber son argumentaire (sa dévotion aveugle ???) à la gloire de Nicolas Sarkozy.

Enfin preuve que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes dans la majorité, le secrétaire général de l'UMP insiste sur la nécessité de "faire preuve de pédagogie, et, plus que jamais, de cohésion, de la base au sommet de l'édifice. Le président de la République en est d'ailleurs conscient, puisqu'il nous a demandé de réfléchir à la création d'une instance de coordination de la majorité". Une idée tellement bonne, que le NC l'a d'ores et déjà rejetée…

mardi, 05 février 2008

Crime de lèse Sarkozy ???

medium_logo-pmu.JPGLe Parlement réuni en Congrès à Versailles a adopté définitivement par 560 voix contre 181 le projet de loi modifiant la Constitution afin de permettre la ratification du traité européen de Lisbonne. Mais cette petite péripétie politicienne ne doit pas surtout pas venir masquer la véritable affaire politique du moment : le crime de lèse majesté commis par Jean-Louis Debré, qui a osé dire tout haut ce que tout le monde pense tout bas au sujet de l'attitude Nicolas Sarkozy. Bien entendu, la violence insoutenable des propos du président du Conseil constitutionnel lui vaut une volée de bois verts des gardiens auto-proclamés du temple sarkozien.
Tout d’abord, le co-régent de l’UMP, Jean-Pierre Raffarin, se montre le moins agressif en reconnaissant que Jean-Louis Debré "a raison de penser que la fonction présidentielle ne doit pas être désacralisée mais il devrait respecter un certain devoir de réserve dû à sa fonction". Avant d’en profiter pour faire un coup de lèche au couple présidentiel : "je suis heureux de voir que la situation est stabilisée car nous avons quelque peu souffert de l'instabilité" et de conclure par un superbe j’ai "confiance en la capacité de Carla Bruni à être la première dame de France. Elle a l'intelligence, la culture, le savoir-faire pour assumer cette responsabilité avec dignité". C’est pas beau d’être amoureux à ce point de femme de son chef…
C’est ensuite au tour du père spirituel, qui avait fait de Nicolas Sarkozy le porte-parole de son gouvernement et de sa déroute présidentielle en 1995, Edouard Balladur d’attaquer bille en tête : "j'ignorais que M. Debré était qualifié pour donner des leçons de retenue surtout lorsque je vois la façon dont il s'exprime alors que la Constitution impose au président du Conseil constitutionnel une totale réserve".
Mais le summum est atteint, comme souvent, par le chien de garde (animal peu fin intellectuellement, mais très fidèle et aboyant fort), Nadine Morano qui affirme que Jean-Louis Debré "doit prendre la mesure de sa fonction"… et elle de sa vulgarité.
Enfin, le grand chambellan, Claude Guéant vient clore le débat : "le président du Conseil constitutionnel doit être à l'abri de tout soupçon de partialité. Il n'avait pas à dire ce qu'il a dit".
Partialité et non respect du devoir de réserve, les accusations sont lourdes. Mais encore une fois, tout comme dans l’affaire de la Société Générale, la Sarkozie accuse sans preuve : depuis mai 2007, les décisions du Conseil constitutionnel sont tout sauf anti-gouvernemental… à commencer par la non censure des test ADN.

Et dire que François Miquet-Marty, le directeur des études politiques de LH2, ose attribuer la gamelle du chef de l'Etat dans les sondages à un "sentiment d'imposture : aux yeux des personnes qui ont une mauvaise image du chef de l'Etat, Nicolas Sarkozy n'a pas tenu ses promesses concernant le pouvoir d'achat, il ne s'occupe pas prioritairement des Français mais de lui, et il n'endosse pas les habits d'un président de la République. En un mot, il n'assume pas le rôle de président qui aurait dû être le sien".
On imagine déjà les accusations de partialité et de violation de la déontologie des sondeurs (si tant est que cela existe) qui vont frapper LH2… d’autant plus que le sondage est paru dans Libé.

mercredi, 30 janvier 2008

"Je t’aime moi non plus", tube au PS comme à l’UMP

d15867a42a238dcca5daf1ed6b880723.jpgD’heure en heure l’affaire de la Société Générale et de ses pertes abyssales n’en finit pas de sentir de plus en plus mauvais et de démontrer la gravité des manquements à la plus élémentaire gouvernance d’entreprise au point que le président de la commission des Finances de l’Assemblée nationale reconnaît à juste titre que "ce qui se passe à la Société générale dépasse l'entendement pour tous nos concitoyens". Mais il en faudrait plus pour mettre fin aux petites querelles internes, tant au PS (et dans l’ex-couple Royal/Hollande) que dans la majorité (élargie par la magie de l’ouverture).
Répondant à son ex qui s’était vautré avec délice dans la peoplisation sur le canapé rouge du Michel Drucker, le premier secrétaire du PS, s’est laissé aller sur Europe 1 (pas bête de choisir la radio de Jean-Pierre Elkabbach qui la hait pour tâcler Ségolène Royal…) : "je pense que sur ces questions qui sont de l'ordre de l'intime, il faut avoir une règle simple, au-delà de la douleur de la séparation. La règle simple c'est que nous ne pouvons pas mélanger, confondre, la vie politique et la vie personnelle". Pas de doute, il était grand temps qu’ils se séparent. Pas de doute non plus sur le fait que l’ambiance est toujours aussi bonne au PS. Mais on comprend parfaitement que ce sujet est plus important pour la rue de Solferino que de préparer un vrai programme alternatif à la politique de Nicolas Sarkozy
Pendant ce temps les insultes volent bas de la part de Jacques Attali a l’encontre des parlementaires UMP qui osent de ne pas reconnaître son génie à sa juste mesure. Haineux (en plus d’être un traître), l’ancien sherpa de François Mitterrand vendu à Nicolas Sarkozy s’est lâché contre "Monsieur Raffarin qui est le symbole du conservatisme de ce pays et sa façon de gouverner la France fut un désastre" ou contre "Monsieur Goasguen qui est contre la République des experts et qu’il préfère la République des imbéciles, où il aurait certainement toute sa place". Des tirades qui font de Jacques Attali le chaînon manquant entre la République bling-bling et la République des beaufs prétentieux !!!

Mais heureusement François Fillon rassure tout le monde en assurant haut et fort que "le PS annonce un plan d'austérité qui n'est pas venu et qui ne viendra pas"… tout comme Christine Lagarde assurait qu’il n’y avait pas de crise des subprimes et que la croissance française serait de 2,5%. Face à un mensonge aussi éhonté, on ne peut, pour une fois, qu’être d’accord avec Jacques Attali (qui a force de vomir sa bille sur tout et tout le monde finit par dire de temps à autres des choses sensées…) quand il dit que "le rôle d’un ministre, c’est d’être rassurant, un ministre doit mentir".

vendredi, 25 janvier 2008

Concours d’autosatisfaction entre Sarkozy et Fillon

medium_logo-pmu.JPGQue ce soit à Davos ou à l’Elysée, les deux têtes de l’exécutif se sont donné le mot : alors que, Christine Lagarde mise à part, tous les vrais experts indiquent que la situation économique est mauvaise, François Fillon et Nicolas Sarkozy essaient de (se) convaincre que leur politique de "rupture" porte ses fruits…
"Vous qui avez été les premiers à croire en moi, continuez !". C’est par cette supplique, assez pathétique pour qui se souvient du Nicolas Sarkozy arrogant et (trop) sûr de son talent d'il y a encore quelques semaines, que le président de la République a accueilli les quelque 30 parlementaires UMP qui avaient répondu à son invitation à "un pot de l’amitié". Le chef de l’Etat a exhorté ce dernier carré de fidèles à être "fiers de tout ce que nous avons fait en neuf mois" et à "ne pas avoir peur du débat" en concluant par un superbe : "ayez des idées, la modernité, c'est nous". C’est vrai que cela a du faire chaud au cœur de ces parlementaires d’apprendre qu’ils ont en fait le droit d’avoir des idées et que leur rôle ne se limite pas à entériner des lois bâclées et/ou démagogiques et conjoncturelles. Une reconnaissance qu’Yves Jegot, qui cherche manifestement à se faire nommer hagiographe officiel du régime, traduit dans une formule limite lyrique : le président "était heureux de retrouver des gens qui l'apprécient, ceux dont le seul défaut est d'avoir su très tôt qu'il avait les capacités d'être président de la République"…
Pendant ce temps-là François Fillon assurait le service après-vente (et après krak boursier) de la "rupture" auprès des grands argentiers de la planète expliquant, tel un Gorbatchev annonçant la fin de la guerre froide, que sa "présence, aujourd'hui, est un symbole : celui d'une France qui veut parler à tout le monde, d'une France qui veut participer à tous les forums internationaux, d'une France qui veut réoccuper toute sa place dans les grands débats sur l'avenir de l'économie mondiale". Avant de leur servir le couplet éculé sur les thèmes "notre pays est conscient de son décrochage et il n'esquive plus les faits" et de "l’image dont nous entendons nous libérer : celle du pays dans lequel le chômage de masse est une fatalité. Cette fatalité-là, c'est la France d'hier".

Mais en dépit de tous leurs efforts, le président de la République et le Premier ministre, peinent, pour ne pas dire plus, à convaincre… y compris dans leur propre camp. Ainsi le rapport Attali sensé être la pierre philosophale de la croissance est assassiné par l’UMP. Jean-Pierre Raffarin le qualifie "d’hémiplégique : la moitié des solutions sont bonnes et l'autre moitié restent très faibles", avant d’ajouter : "j'attendais de la créativité, j'attendais un peu des idées nouvelles" or selon lui on ressort "les vieilles lunes : la suppression des départements, la TVA sociale, toute cette forme de tendresse des grandes surfaces". Tandis que le vice-président du groupe UMP, Jean Leonetti, oublie un instant son rôle de cire-pompes de l’exécutif pour assurer qu'il serait "catastrophique que le Parlement se voie imposer un paquet global dans lequel il n'y aurait pas de droit d'inventaire" et dénoncer "quelques provocations très négatives, voire des propositions inacceptables".

mardi, 22 janvier 2008

Quand les bourses plongent, Lagarde raffarine et Sarkozy fanfaronne

medium_logo-pmu.JPG Il y a encore quelques mois, alors qu'elle devait rentrer précipitamment de vacances pour cause de crise des subprimes, la ministre de l'Economie et des Finances, se la jouait Dominique Voynet du temps de l'Erika en assurant haut et fort qu'il avait "pas de crise des subprimes"… Aujourd'hui face au décrochage sans précédent, depuis le 11 septembre 2001, des bourses mondiales (-6.83% pour la Bourse de Paris), la même locataire de Bercy se réfugie derrière des incantations sans queue ni tête dignes d'un Jean-Pierre Raffarin de la grande époque en
assurant : "quand la situation internationale est compliquée, il faut être prêt à la maison en ayant pris ses précautions". Comprenne qui pourra…
Heureusement Christine Lagarde précise sa pensée, pour elle prendre ses précautions c'est… dilapider le peu d'argent qui reste dans les caisses dès son entrée en fonctions histoire d'être bien sûrs de ne plus rien avoir à se mettre sous la dent dès que la crise pointe son nez. En effet, elle affirme que la situation actuelle (le mot crise semblant banni dans sa bouche) la "conforte aussi dans l'idée que le plan de mesures que nous avons mis en œuvre dès cet été avec la loi Tepa, arrive à point nommé pour encourager le travail et pour développer l'activité sur le plan de l'économie française". C'est vrai que le bouclier fiscal était impératif pour prémunir Johnny Hallyday et autre Vincent Bolloré contre la chute de leurs placements en bourse…
Mais en dépit de tous ses efforts, la ministre des Finances n'arrive pas à se hisser niveau atteint par le président de République, ce week-end, qui a réussi l'exploit de donner à la fois dans la méthode Coué et l'autosatisfaction puisque selon lui : "on n'est pas dans une récession, la France tient mieux que les autres, on est dans une croissance autour de 2%, nous avons des chiffres d'emploi qui sont excellents et un taux de chômage qui n'a jamais été aussi bas". Emporté par son élan il s'était même permis d'ajouter, limite dédaigneux : "à tel point que les Américains s'engagent à investir 1% de leur PNB dans leur économie. Tepa, c'est 0,7% de notre PNB dans notre économie, sauf que eux le font avec six mois de retard". Deux jours après l'annonce des mesures américaines, les bourses mondiales sombraient...

Mieux, pendant que le chef de l'Etat, grand spécialiste de l'économie devant l'éternel, décerne une satisfecit (certes du bout des lèvres) aux Etats-Unis, le FMI, en personne de son directeur, en visite à l'Elysée, n'est pas tout à fait d'accord. Selon Dominique Strauss-Kahn, en effet, "les bourses n'ont pas apprécié, semble-t-il, le paquet proposé par le président Bush". A l'avenir, Nicolas Sarkozy ferait de mieux choisir ses candidats avant de les imposer dans les instances internationales...

jeudi, 03 janvier 2008

Rendons à Edgar ce qui n'appartient pas à Sarko

medium_logo-pmu.JPGQuelle est la principale différence entre Guy Môquet et
Edgar Morin ???
Le second, contrairement au premier, est encore en vie, ce qui lui permet de se défendre quand ses écrits sont plagiés, déformés, sortis de leur contexte, voire violés, par Nicolas Sarkozy et son scribe nécrophile Henri Guaino. Le sociologue, auteur du concept de "politique de civilisation" s'interroge ainsi ouvertement dans Le Monde au sujet de la reprise de cette formule par le président de la République lors de ses vœux télévisés : "M. Sarkozy a repris le mot, mais que connaissent-ils de mes thèses, lui ou Henri Guaino ? Est-ce une expression reprise au vol ou une référence à mes idées ? Rien dans le contexte dans lequel il l'emploie ne l'indique". En effet, la pensée d'Edgar Morin est un poil plus difficile à maîtriser que les paroles de Carla Bruni, comme il le précise : "lorsque j'ai parlé de politique de civilisation, je partais du constat que si notre civilisation occidentale avait produit des bienfaits, elle avait aussi généré des maux qui sont de plus en plus importants. Par exemple, le bien-être matériel produit un mal être moral, physique et humain. Ou encore, sur le plan écologique, le développement des sciences et techniques a engendré une dégradation de la biosphère et une pollution que l'on sent sur le plan de la vie quotidienne"… Jean-Pierre Raffarin avait eu le nez plus creux (et la pensée sans doute aussi plus creuse…) en empruntant la "positive attitude" à Lorie sans que cette dernière ne trouve rien à y redire…
Preuve que les propos du chef de l'Etat sont pour le moins peu clairs, y compris pour son propre camp, personne, que ce soit au gouvernement ou à l'UMP, n'est capable de traduire clairement la pensée présidentielle. Roger Karoutchi, le secrétaire d'Etat chargé des Relations avec le Parlement, voit dans la "politique de civilisation" "un souffle nouveau, c'est la renaissance au sens italien. Comment revitaliser, renouer avec une autre image pour l'ensemble du pays". Et de se justifier par une analyse limite psychanalytique des paroles de Nicolas Sarkozy qui selon lui "est obsédé par ce qu'a été le déclin lent de la France dans les trente ou quarante dernières années. Il dit : 'moi je veux que la France change, que la France de la rupture ce soit la France du pouvoir d'achat, la France des réformes, sociales, hospitalières etc…". De son côté Patrick Devedjian, qui se flatte d'être un proche du président de la République (qui l'a pourtant laissé sur le carreau au moment de former le gouvernement…) traduit "politique de civilisation" par "ambition", mais n'importe laquelle : "une grande ambition pour la France, la transformer, de s'inscrire dans la durée, vouloir tenir quelque chose qui va tenir la distance et qui ne sera pas oubliée le lendemain matin". Mais heureusement nous éclairer on peut toujours compter sur… Eric Besson qui y voit "un code de valeurs" reposant sur deux éléments : "mettre l'éducation au coeur des politiques publiques et le respect, valeur civique importante".

Dommage que les vrais penseurs qui entourent le chef de l'Etat, tel Steevy, Richard Virenque ou autre Jean-Marie Bigard (à moins qu'il ne soit resté au Vatican…) n'aient pas encore fait part de leurs propres définitions de la "politique de civilisation"

mercredi, 19 décembre 2007

Le bonheur n'est plus dans la RTT

image : timeomedium_Sarko.JPG
Il est une chose qu'on ne peut pas retirer à Nicolas Sarkozy, c'est d'aller vite. Moins deux de mois après l'annonce de son divorce, il pavane au bras de Carla Bruni (à moins ce soit cette dernière qui s'expose avec sa dernière victime après, entre autres, Mick Jagger, Arno Klarsfeld ou encore Louis Bertignac…). Mais en politique aussi le chef de l'Etat veut aller vite, même si résultat est nettement moins glamour…
Moins de trois semaines après ses promesses télévisées sur le pouvoir d'achat (qui c'est bien connu ne passe que par la suppression des 35 heures…), un projet de loi est déjà en débat à l'Assemblée nationale. La mesure phare de ce texte est le rachat des RTT. Or ce qu'avait oublié de préciser Nicolas Sarkozy c'est qu'elles sont assujetties aux contributions sociales et à l'impôt sur le revenu et donc payées "de 16 % à 50 % moins cher" que les heures sup défiscalisées tout en ouvrant droit à une exonération totale de cotisations sociales patronales et en affranchissant les employeurs du contingent d'heures supplémentaires. Et quand on sait que contrairement à ce que laisse croire le gouvernement c'est l'employeur qui décide d'attribuer des heures supplémentaires ou de racheter des RTT, on voit bien que ce dernier serait bien stupide de ne pas profiter du rachat plus avantageux pour lui que les heures sup (dont les exonérations de charges patronales sont forfaitaires) au détriment du salarié. Dans le même temps, le conseil de la Caisse nationale d'assurance-maladie (CNAMTS) dénonce, "les conditions inacceptables" dans lesquelles il a été conduit à examiner ce projet de loi de fait de délais imposés "incompatibles avec le temps de l'analyse et de la discussion que requiert un texte de cette nature". Mais surtout il s'inquiète du montant des nouvelles exonérations de charges patronales qui vont continuer de creuser le trou de la Sécu…
Mais les employeurs ne sont pas les seuls gagnants dans cette affaire : le rachat de RTT en lieu et place des heures sup permet à l'Etat l'économie de la dépense fiscale liée à l'exonération de l'impôt sur le revenu prévue avec la détaxation des heures supplémentaires estimée à 400 millions d'euros par an. Après les quinze milliards de cadeaux fiscaux de l'été, il n'y a pas de petites économies !!!

Mais tout cela n'est rien à côté de la dernière sortie d'Eric Besson. Celui dont on avait presque oublié qu'il était (sous) ministre depuis l'enterrement de première classe que François Fillon a fait subir (sur ordre ???) à son rapport sur la TVA sociale, vient de sortir de son silence pour dire tout le bien qu'il pense de la "journée de solidarité pour la dépendance" qu'il qualifie de "succès". Même si on se demande bien où Eric Besson, à part dans son cerveau à l'évidence de plus en plus malade, est allé cherché le moindre ressenti de "la popularité de cette journée", il faut bien reconnaître que sur coup Jean-Pierre Raffarin avait fait bien plus fort que ce que propose Nicolas Sarkozy en imposant unilatéralement aux salariés de travailler un jour de plus sans être payés plus. Et si c'était ça en définitive la vraie bonne idée : supprimer purement et simplement les RTT plutôt que de la monétariser ???

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