vendredi, 18 avril 2008
Peut-on rire de tout ???
"Je vous parle d'un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître..."
Non, Charles Aznavour n'est pas (encore) mort, mais il y a vingt ans Pierre Desproges quittait définitivement la scène. Et sans tomber dans le mémorialisme trop à la mode depuis quelques temps, force est de constater qu'à regarder le landernau politique où s'agitent pathétiquement des Nicolas Sarkozy, Ségolène Royal, Jean-Marie Le Pen (qui bouge heureusement de moins en moins) ou autre Jean-Luc Mélenchon, Brice Hortefeux, François Bayrou ou Arlette Laguiller (sans oublier tous les autres qui semaine après semaine trustent les places du Top des champions), on ne peut que se dire qu'il avait raison. Oui, "on peut rire de tout" (et c'est une nécessité), "mais pas avec tout le monde"…
Clin d'œil du destin, vingt ans après le poète du cynisme (il suffit de relire ses œuvres pour réaliser à quel point Pierre Desproges écrivait bien), est rejoint au paradis des gens de Lettres par le poète de la négritude, Aimé Césaire.
Etonnant (mais mérité), non ???
09:30 Publié dans Politique story, Un peu de culture | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : politique, Sarkozy, Royal, Le Pen, Bayrou, Mélenchon, Hortefeux
mardi, 15 avril 2008
Duel poitevin : le beauf vs la madone
La région Poitou-Charentes, ses vaches, ses marais… et sa guéguerre scabreuse entre ses figures politiques nationales (ou qui se croient telles…).
Dans la foulée de la confirmation de la condamnation de Ségolène Royal à payer trois semaines de salaire, au titre de la campagne législative de 1997 à deux de ses ex-assistantes parlementaires, Jean-Pierre Raffarin monte au créneau avec ses gros sabots et l’artillerie (trop) lourde en demandent rien de moins que la démission de la présidente du conseil régional au motif que "le licenciement abusif n'est pas une pratique pour qui prétend exercer de hautes fonctions". Ajoutant qu’il s’agit d’une "question d'honneur car pour un responsable politique, la délinquance sociale, c'est la faute majeure". On a connu l’ancien Premier ministre moins à cheval sur la morale quand il prenait un repris de justice, Renaud Donnedieu de Vabres, dans son gouvernement, ou quand on regarde le pedigree de nombre de membres éminents de l'UMP comme par exemple le couple Balkany…
Comme il fallait s’y attendre, le porte-parole de l'UMP, Frédéric Lefèbvre va dans le sens de Jean-Pierre Raffarin. Dans le même temps, il ne dit pas un mot sur André Santini toujours au gouvernement en dépit de graves poursuites judiciaires…
La réponse de Ségolène Royal ne s’est pas faite attendre. Dans un premier temps elle rappelle les propos mensongers de Jean-Pierre Raffarin en précisant que "dans le jugement, dont curieusement l'UMP a eu connaissance avant tout le monde, le terme de licenciement abusif n'apparaît pas". Dans un second temps, elle se pose (comme elle sait bien le faire…) en victime : "cette raffarinade a au moins un avantage. On voit bien qui est à l'origine de ce guet-apens judiciaire. Ceux qui l'ont organisé n'ont pas, contrairement à ce qu'ils prétendent, obtenu tout ce qu'ils souhaitaient". Et son âme damnée, Jean-Louis Biancio, de dire tout haut ce que nombreux pensent tout bas : "tout le monde sait qu'il n'a jamais digéré d'avoir perdu la Région Poitou-Charentes. L'UMP ferait mieux de s'occuper des problèmes des Français plutôt que d'alimenter des polémiques scabreuses pour faire oublier son incurie et ses échecs".
Bien entendu l’ancien Premier ministre attaque bille en tête, lourdement et façon indécente l’ex-candidate socialiste à la présidentielle pour essayer de masquer l’incurie de l’action du gouvernement (et se venger de la branlée qu’elle lui infligée lors des dernières régionales).
Mais, il aurait été de bon ton de la part de Ségolène Royal de faire un minimum amende honorable au sujet du jugement avant de lancer sa contre-attaque, légitime au demeurant, contre Jean-Pierre Raffarin.
08:30 Publié dans PS, Putain 5 ans... voire 10, UMP | Lien permanent | Commentaires (15) | Envoyer cette note | Tags : politique, Royal, Raffarin, Bianco, RDDV, Santini, Balkany
samedi, 12 avril 2008
Top 3 des champions de la semaine 105
La double cacophonie gouvernementale aurait pu permettre à ses auteurs de truster les places sur le podium. C’était sans compter sans de superbes performances d’autres candidats aux médailles… dont une habituée qui fait un retour des plus remarqués.
1/ Le groupe UMP à l’Assemblée nationale
Une médaille d’or collective pour une performance hors norme : le groupe UMP a confondu deux députés du nom de Martin, l’un UMP, l’autre PS. Ainsi l’élu PS a-t-il reçu des mails de relance pour venir soutenir le projet loi sur les OGM indiquant que "le groupe est en difficulté, il n'y a pas assez de députés UMP sur les bancs. Aussi pourriez-vous vous rendre dans l'hémicycle le plus rapidement possible ?"
Outre le fait que lorsqu’on a la majorité absolue des sièges à l’Assemblée il est risible de ne pas parvenir à réunir suffisamment de députés en séance pour assurer une majorité à ses propres textes, l’UMP ferait bien de payer une formation de base d’utilisation de la messagerie électronique (ou bien même de lecture…) à ses assistants.
2/ Eric Besson
Le secrétaire d’Etat chargé de la Prospective, de l’Evaluation des politiques publiques et du Développement de l’économie numérique donne une bien leçon d’évaluation en annonçant déjà que "s’il se représente, je voterai à nouveau Sarkozy en 2012". Superbe performance que d’avoir en 2008 déjà évalué la qualité d’un quinquennat qui prendra fin… en 2012 !!!
L’évaluation a priori fallait y penser, Eric Besson a osé !!! C'est sans doute cela la rupture prônée par Nicolas Sarkozy...
3/ Ségolène Royal
La Cour d’appel de Rennes a condamné l’ex-candidate PS à la présidentielle pour licenciement abusif pour avoir continuer à faire travailler durant la campagne législatives de 1997, sans les payer, deux attachées parlementaires qu’elle venait de licencier… Eh oui, le droit du travail s’impose à tous, y compris aux politiques…
Un conseil pour tous les salariés, pour être sûrs de vous faire respecter, n’oubliez pas d’aller voter le 3 décembre pour les prud’hommes !!!
14:30 Publié dans Top des champions | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : politique, Sarkozy, Royal, Besson, Prud'hommes
mardi, 11 mars 2008
MoDem, moi non plus
Pau vaut-elle une alliance avec l’UMP ??? Telle est la question qui doit tarauder François Bayrou depuis son (semi) échec dimanche soir. Surtout que du côté de la rue La Boëtie, même si on tente de minimiser la gravité de situation en priant pour un sursaut des électeurs de droite au second tour, on fait les yeux doux à celui que l’on méprisait encore la veille.
Ainsi Patrick Devedjian, l’homme qui le 9 mars au soir osait quasi annoncer une victoire de l’UMP, se fait désormais un poil plus modeste : "mon souhait, c'est qu'il y ait une négociation avec le MoDem parce qu'effectivement, dans un certain nombre de villes, la position du MoDem est très importante et peut décider du résultat". Ce qui fait justement dire à François Hollande que "l'UMP doit être dans une situation bien difficile pour appeler le MoDem"… alors même que Ségolène Royal demande elle aussi une alliance avec le parti de François Bayrou. Dans le même temps, Jean-Pierre Raffarin, l’autre demi dirigeant de l’UMP ajoute : "je suis prêt à soutenir François Bayrou pour bien montrer qu'au fond l'allié naturel du centre dans ce pays c'est l'UMP et sa stratégie d'ouverture". Idem pour François Fillon qui va encore plus loin dans la surenchère (après ça, cela va devenir difficile de dire que l'UMP n'a pas peur du second tour...) : "je dis que si les responsables du MoDem acceptent de soutenir les listes qui sont celles de la majorité présidentielle, naturellement nous soutiendrons les candidats du MoDem qui sont en position de se maintenir et d'être soutenus par notre majorité"... y compris et notamment à Pau.
François Bayrou a beau mettre en avant une nouvelle fois sur son ni droite ni gauche (bien au contraire) en assurant que des accords ne seront conclus que "ville par ville, candidat par candidat", pas besoin de chercher bien loin pour comprendre que cela veut dire se vendre au candidat qui localement a le plus de chances de l’emporter le 16 mars, à savoir dans de nombreuses villes, la gauche… La preuve par l’exemple : à Paris, le MoDem, en la personne de Marielle de Sarnez (qui a réussi l’exploit dimanche sur les plateaux de télés de passer pour la seule véritable représentante de l’opposition à l’UMP) ne se voit pas monter dans le corbillard électoral conduit par Françoise Panafieu. Au contraire, elle fait des appels du pied plus qu’insistants à Bertrand Delanoë. Mais quitte à se fader des alliés encombrants, le maire de Paris préfère se (re)taper les Verts qu'il connait et qu'il a su museler depuis sept ans.
Comme tout cela fleure bon du côté du MoDem les jeux d’appareil des partis charnières des 3e et 4e Républiques, symboles de la plus basse des pratiques purement politiciennes dépourvues de la moindre once de conviction…
Seule bonne nouvelle au milieu de cette déplorable situation, les grands cocus de cette farce sordide risquent bien de se trouver du côté du Nouveau centre. Après avoir vendu leur âme pour quelques maroquins, Hervé Morin et ses amis s’apprêtent à avaler une couleuvre démesurée : voir l’UMP quémander à genoux le soutien du MoDem. Ce qui fait dire à François Sauvadet que "la danse du ventre devant le MoDem à laquelle se livrent un certain nombre de dirigeants de l'UMP, à commencer par la candidate UMP dans la capitale est ridicule et totalement inefficace", avant de rappeler que contrairement à eux, ralliés (collaborateurs ???) de la première heure, "François Bayrou a fait clairement le choix de l'opposition".
En plus de se sentir trahi (chacun son tour…), le NC doit surtout commencer à réaliser (mieux vaut tard que jamais) qu’aux yeux de l’UMP, il n’est que quantité négligeable et que le MoDem représente une force d’appoint nettement plus intéressante…
08:30 Publié dans Municipales, même pas mal, UDF, MoDem, NC, UMP | Lien permanent | Commentaires (18) | Envoyer cette note | Tags : politique, municipales 2008, Bayrou, Devedjian, Raffarin, Hollande, Royal
lundi, 18 février 2008
Au PS on ne change pas une méthode qui perd
"Si le Parti socialiste gagne, il y aura le risque que nous soyons paresseux une deuxième fois", assure, avec une lucidité qu’on ne lui connaissait pas, Arnaud Montebourg, en rappelant qu'après la victoire de 2004 les socialistes n'avaient "pas fait le travail pour remettre sur la table leurs idées, les actualiser et préparer suffisamment clairement l'avenir de la France, et faire une offre sérieuse, solide et crédible au pays". Ce qui avait débouché sur l’élection triomphale de Nicolas Sarkozy et la ringardisation (durable ???) du PS.
Mais demander au PS des "idées suffisamment claires sur l’avenir de la France" (outre fait que venant du héraut du non à la Constitution européenne devenu porte-parole de Ségolène Royal et du chef de file des pourfendeurs du cumul des mandats en passe de devenir un cumulard classique, une telle demande ne manque pas de sel) c’est un peu demander une révision en profondeur de la doctrine et du fonctionnement interne de la rue de Solferino depuis la débâcle de Lionel Jospin le 21 avril 2002. En effet, depuis cette date, que ce soit sur l’Union européenne, sur le programme présidentiel ou sur la désignation du candidat à la présidentielle, les caciques du PS ne sont plus d’accord sur rien… Pire, leur premier secrétaire est capable de changer radicalement d’avis sur un sujet aussi grave que le parrainage d’un enfant victime de la Shoah par chaque élève de CM2 en moins d’un week-end : deux jours après avoir "salué la démarche du chef de l’Etat", François Hollande demande désormais à Nicolas Sarkozy de "retirer la proposition telle qu'elle a été énoncée"… au niveau crédibilité on frôle le zéro absolu…
Le député-maire de Tulle passera la main lors du prochain congrès, à moins qu’il ne change d’avis d’ici là. Mais pas sûr que son remplaçant aide les socialistes à y voir plus clair. Julien Dray qui après avoir soutenu Ségolène Royal, lui donne désormais le coup de pied de l’âne, se voit d’ailleurs déjà dans le fauteuil de premier secrétaire comme il l’explique sur Europe 1 : "si la question est de savoir si personnellement, aujourd'hui, dans ma réflexion personnelle je me sens prêt à assumer la fonction de Premier secrétaire du Parti socialiste, ma réponse, elle va être simple: j'y suis prêt". Et de se justifier au nom de l’intérêt général : "pas simplement parce que c'est un caprice, pas simplement parce que c'est mon tour, pas parce que j'ai une envie: parce que moi, je sais ce qu'est le Parti socialiste. C'est ma vie, ça fait 25 ans que je milite au Parti socialiste". En effet, il incarne parfaitement le PS qui depuis plus de 20 ans va reniements en déroutes sous la férule d’apparatchiks, dont il fait partie, incapables de se remettre en cause et de penser à autre chose qu’à leurs ambitions personnelles. Dans le même temps, Vincent Peillon "invite tous les talents et toutes les volontés à construire une large majorité pour préparer la victoire en 2012. Ne sous-estimons pas le travail à accomplir" avant d’ajouter qu’il faut le faire "autour de Ségolène Royal"… avant de s’intéresser à la personne sans doute aurait-il été bon de penser à un programme (voire même un début de programme) qu’elle pourrait porter.
Quoi que, finalement les idées deviennent très secondaires dans la politique française à écouter Roger Karoutchi comparer les "attaques" contre la vie privée volontairement surmédiatisée de Nicolas Sarkozy à celles subies par Jean Zay "mi juif, mi protestant" cible de la presse de Vichy qui ont "contribué au fait qu'il soit assassiné", ou Yves Jégot qui y voit la "méthode des procès staliniens".
Face à ça, pas facile de prôner une opposition intelligente bâtie sur la nuance, la décence et l’intelligence. Et si c’était là justement, la chance du PS ???
(spéciale dédicace pour l’ami Toré et ses Sept Merveilles du Oueb : comme pour répondre à tes justes remarques, ce post est plus long que d’habitude…)
08:30 Publié dans PS, Putain 5 ans... voire 10 | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note | Tags : politique, Sarkozy, Montebourg, Hollande, Dray, Peillon, Royal
vendredi, 15 février 2008
Municipales au balcon, présidentielle au tison (proverbe PS)
Bien sûr, et ene dépit du pataquès ridicule et pathétique de ces derniers jours, Neuilly restera dans l’escarcelle de la majorité présidentielle tant cette ville est ancrée à droite. Mais, il y a fort à parier que les municipales vont être une bérézina pour l’UMP.
Cette sanction, ô combien mérité, après 10 mois de présidence bling-bling qui a plus œuvré pour la peopolisation de la politique que pour le pouvoir d’achat des Français, va se traduire, via le principe des vases communicants, par une victoire de la gauche, notamment du PS. Bien entendu, le socialisme municipal n’a pas à rougir de ses résultats concrets, Paris ou Lyon, n’en déplaise à la droite, sont loin de se porter plus mal qu’en 2001, bien au contraire. Mais la lame de fond qui s’annonce en faveur des listes de gauche est au moins autant la conséquence d’un vote sanction anti Sarkozy qu’un satisfecit accordé aux équipes municipales sortantes ou que la preuve d’une adhésion au programme des listes socialistes. Ce que Ségolène Royal résume parfaitement : "le vote pour les municipales est un vote d'espérance face à l'inertie du gouvernement actuel. On doit se mettre en mouvement dans ces élections municipales". D’ailleurs pour la première fois depuis longtemps, François Hollande est d’accord avec son ex-compagne (Le Nouvel Obs a sans doute un SMS à nous dévoiler à ce sujet…) en affirmant que les municipales seront notamment "un message de sanction et de protection" contre le gouvernement.
Et c’est bien là que le bat blesse : il faudrait être aveugle et sourd pour ne pas réaliser que depuis le 6 mai 2007, pour ne pas dire depuis septembre 2004 et la campagne du référendum interne sur la Constitution européenne, le PS prend sérieusement l’eau. D’une part, les lignes de fractures sont toujours aussi profondes comme le prouve le vote sur le Traité de Lisbonne au début du mois (Jean-Marc Ayrault à lui tout seul résume bien le côté pitoyable du PS dans cette affaire…). D’autre part, la rue de Solferino est plus que jamais (c’est dire !!!) un conglomérat d’écuries présidentielles… ou pire d’écuries à la candidature à la candidature, chacun roulant pour son champion (voire pour soi-même) sans une seconde réfléchir au début du commencent d’un programme politique alternatif crédible à celui de l’UMP…
Bref, la victoire annoncée du PS les 9 et 16 mars prochains ressemble à s’y méprendre à celle des régionales de 2004 qui a débouché sur la victoire de Nicolas Sarkozy de l’UMP deux ans plus tard lors de la présidentielle et des législatives. Déjà en 2004, la défaite de l’UMP, que les socialistes avaient à tort interprétée comme une victoire de leurs rangs les avaient empêchés de se remettre en cause… Alors pourquoi en serait-il autrement cette année ??? Et pourquoi le PS deviendrait-il subitement adulte au point de profiter de son prochain congrès pour clarifier en interne ses positions et sa doctrine ???
Avec un parti socialiste qui lui laisse de tels boulevards, on comprend que Nicolas Sarkozy se sente obligé d’offrir quelques ministères à des personnalités issues de ses rangs…
08:30 Publié dans Municipales, même pas mal, PS, Putain 5 ans... voire 10 | Lien permanent | Commentaires (16) | Envoyer cette note | Tags : politique, municipales 2008, Sarkozy, Hollande, Royal, Ayrault, Neuilly
vendredi, 08 février 2008
Dernier fado à Paris pour le PS
Alors que, municipales annoncées désastreuses pour la majorité obligent, Nicolas Sarkozy fait feu de tout bois (enfin plus que d’habitude) en matière de démagogie et de corporatisme en recevant notamment les taxis et les buralistes (peu réputés pour voter à gauche), l’Assemblée nationale ratifie le traité de Lisbonne.
En attendant le vote, plus que probablement sans surprise, du Sénat, le projet de loi de ratification a été approuvé par les députés par 336 voix contre 52 voix. Si les groupes UMP, à quelques exceptions souverainistes près, et NC ont voté pour, au PS, les choses ont été un poil plus compliquées... et ridicules (comme le prouvent par exemple les abstentions des proches de Laurent Fabius, ainsi que de Arnaud Montebourg, pourtant hérauts de non en 2004/2005). Il faut dire que depuis la rentrée 2004, l’Europe divise plus que fortement le PS, notamment du fait de choix plus tactiques qu’autre chose de la part de certains éléphants. Cette fracture a depuis plombé durablement le principal parti d’opposition et lui a probablement coûté la présidentielle en permettant la victoire à la primaire de Ségolène Royal sur le champ de ruines laissées par la référendum interne… La campagne référendaire avait ensuite battu en brèche la double notion de discipline de parti et de respect du vote des militants sans pour autant que la direction de l’époque, qui se trouve être la même qu’aujourd’hui, ne prenne la moindre sanction. C’est pourquoi sans surprise aucun semblant de position commune n’était réellement envisageable concernant le traité de Lisbonne. D’autant plus que la ligne défendue par la direction du PS, par la voie de Jean-Marc Ayrault était pour le moins absurde et faux-cul : affirmer être pour le traité, mais contre son adoption par le congrès tout en s’abstenant lors des votes (et après on s’étonne que les parlementaires PS n’en aient pas tenu compte…). Le président du groupe PS à l’Assemblée a d’ailleurs jusqu’au bout aggravé son cas en proposant une "motion référendaire", présentée comme "une exigence démocratique. Parce que l'Europe le vaut bien. Parce que c'est le droit des Français. Parce qu'il n'y a pas d'autre voie pour exprimer le double engagement de socialistes : pour le traité, pour le référendum". Comprenne qui pourra…
Enfin preuve qu’on n’en a pas encore fini avec le n’importe quoi et la guéguerre interne au PS sur l’Europe, si certains comme André Vallini, partisan du oui ou Philippe Martin, partisan du non voient dans ce vote "la fin du chemin de croix" et constatent "l'envie de refermer un dossier qui nous a fait tant de mal", d’autre comme Benoît Hamon professent que "le clivage oui/non ne tarde jamais à ressurgir, parce qu'il y a un désaccord fondamental sur la stratégie". Et tout semble réuni pour donner raison aux cassandres…
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jeudi, 31 janvier 2008
L'intelligence, victime collatérale du crack de la SocGen
4,9 milliards d'euros de perte. La somme a de quoi faire tourner la tête. C'est d'ailleurs ce qui est arrivé à l'ensemble de la presse hexagonale qui s'est empressée de placarder la tête du trader (présumé innocent n'en déplaise à Christine Lagarde qui voit en lui l'unique coupable sans pour autant apporter le commencement du début d'une preuve) sur tous les supports papier, télé, web, au mépris de la plus élémentaire déontologie. Mais au milieu du gigantesque concert de n'importe quoi que constituent les réactions à l'emporte-pièce qui se succèdent à un rythme aussi effréné que les ordres de vente ou d'achat dans une salle de marché, deux politiques se distinguent par le niveau impressionnant de leurs analyses.
Tout d'abord Dominique de Villepin, grand spécialiste des affaires troubles, tendance Clearstream, et des décisions individuelles qui tournent au fiasco, tendance CNE et CPE, commence bien en relevant que "cette affaire est révélatrice d'une crise générale de notre société très profonde, on le voit à travers la crise financière dans le traitement de cette crise: il y a une sorte d'hystérie". Mais sa conclusion laisse pantois : "ce jeune homme le trader à l'origine de la fraude, ne prenait pas de vacances. Quand on ne prend pas de vacances pour respirer, votre vie est envahie, débordée, et vous faites des bêtises"… On a rarement entendu l'ancien Premier ministre autant défendre la limitation du temps de travail.
Bien entendu Ségolène Royal ne pouvait rester muette sur un sujet aussi grave. En effet, l'ancienne candidate PS à la présidentielle désigne le vrai coupable : "il faut arrêter avec toutes ces taxes nouvelles, il faut que M. Sarkozy, Monsieur taxes, arrête avec tout cela, baisse la TVA, rende l'argent de la Société générale aux petits et aux moyens épargnants qui paient pour les gros. Ca suffit, ce règne de l'argent fou d'un côté et la diminution du pouvoir d'achat de l'autre". On sait que le président de la République aime l'argent, mais de là à sous-entendre qu'il détient les 7 milliards de pertes totales de la Société Générale c'est sans doute un poil exagéré, voire démagogique…
Après de tels éclairages, on attend avec impatience les lumières du génie (autoproclamé) Jacques Attali, qui a certainement quelques très bonnes solutions à proposer pour mettre fin à cette crise...
08:30 Publié dans Politique story, PS, UMP | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note | Tags : politique, Sarkozy, Royal, Villepin, Attali, Lagarde, Kerviel
mercredi, 30 janvier 2008
"Je t’aime moi non plus", tube au PS comme à l’UMP
D’heure en heure l’affaire de la Société Générale et de ses pertes abyssales n’en finit pas de sentir de plus en plus mauvais et de démontrer la gravité des manquements à la plus élémentaire gouvernance d’entreprise au point que le président de la commission des Finances de l’Assemblée nationale reconnaît à juste titre que "ce qui se passe à la Société générale dépasse l'entendement pour tous nos concitoyens". Mais il en faudrait plus pour mettre fin aux petites querelles internes, tant au PS (et dans l’ex-couple Royal/Hollande) que dans la majorité (élargie par la magie de l’ouverture).
Répondant à son ex qui s’était vautré avec délice dans la peoplisation sur le canapé rouge du Michel Drucker, le premier secrétaire du PS, s’est laissé aller sur Europe 1 (pas bête de choisir la radio de Jean-Pierre Elkabbach qui la hait pour tâcler Ségolène Royal…) : "je pense que sur ces questions qui sont de l'ordre de l'intime, il faut avoir une règle simple, au-delà de la douleur de la séparation. La règle simple c'est que nous ne pouvons pas mélanger, confondre, la vie politique et la vie personnelle". Pas de doute, il était grand temps qu’ils se séparent. Pas de doute non plus sur le fait que l’ambiance est toujours aussi bonne au PS. Mais on comprend parfaitement que ce sujet est plus important pour la rue de Solferino que de préparer un vrai programme alternatif à la politique de Nicolas Sarkozy…
Pendant ce temps les insultes volent bas de la part de Jacques Attali a l’encontre des parlementaires UMP qui osent de ne pas reconnaître son génie à sa juste mesure. Haineux (en plus d’être un traître), l’ancien sherpa de François Mitterrand vendu à Nicolas Sarkozy s’est lâché contre "Monsieur Raffarin qui est le symbole du conservatisme de ce pays et sa façon de gouverner la France fut un désastre" ou contre "Monsieur Goasguen qui est contre la République des experts et qu’il préfère la République des imbéciles, où il aurait certainement toute sa place". Des tirades qui font de Jacques Attali le chaînon manquant entre la République bling-bling et la République des beaufs prétentieux !!!
Mais heureusement François Fillon rassure tout le monde en assurant haut et fort que "le PS annonce un plan d'austérité qui n'est pas venu et qui ne viendra pas"… tout comme Christine Lagarde assurait qu’il n’y avait pas de crise des subprimes et que la croissance française serait de 2,5%. Face à un mensonge aussi éhonté, on ne peut, pour une fois, qu’être d’accord avec Jacques Attali (qui a force de vomir sa bille sur tout et tout le monde finit par dire de temps à autres des choses sensées…) quand il dit que "le rôle d’un ministre, c’est d’être rassurant, un ministre doit mentir".
08:30 Publié dans PS, Putain 5 ans... voire 10, UMP | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : politique, Sarkozy, Royal, Hollande, Attali, Raffarin, Fillon
lundi, 28 janvier 2008
Vivement dimanche, c’est pas Royal
Semaine après semaine Michel Drucker abaisse au niveau zéro, voire en dessous, le niveau de la politique à la télévision en se transformant en brosse à reluire dès qu’un élu s’assoit sur son canapé rouge (face à tant de bassesse, on se prend presque à regretter qu’Hitler et Staline soient morts pour l’entendre encenser leur œuvre, camps de concentration et Goulag en tête…).
Le troisième passage de Ségolène Royal dans Vivement dimanche ne déroge pas à la règle. Grâce au talent d’intervieweur de Michel Drucker la France entière a appris de la bouche de l’ex-candidate PS à la présidentielle que : "c'est vrai qu'être trompée, et quand ça dure pendant une période comme celle-là, c'est extrêmement difficile. J'ai pris sur moi parce que je voulais en protéger mes enfants, je voulais en protéger les Français". Un grand merci à Ségolène Royal d’avoir protégé les Français de sa rupture avec François Hollande (comment on ne sait pas, mais seule l’intention, surtout quand elle est aussi noble, compte…). Et merci à Michel Drucker de nous offrir un moment d’analyse politique d’une profondeur qui fait honneur au service public lorsque la présidente du Conseil régional de Poitou-Charentes explique : "moi, j'ai des valeurs assez traditionnelles de fidélité, de famille. A un moment, quand on ne partage plus la même conception de la fidélité et de la famille, il faut aussi se sauver - au sens garder son intégrité et regarder vers l'avenir, sans rancune et je souhaite à François d'être très heureux avec sa nouvelle femme".
Bien entendu avec un tel programme et un tel sens des priorités indispensables pour la France, Ségolène Royal se doit de se préparer à faire don de sa personne à la nation. Une éventualité qu’elle prépare d’ailleurs activement en assurant :"si je sens, et je l'entends beaucoup, de plus en plus autour de moi, que la gauche pour se relever, pour avancer, pour progresser, pour être en phase avec son temps et pour faire lever une nouvelle génération a besoin d'un leader, si je sens que je peux être celle-là, eh bien oui je prendrai mes responsabilités"… Dans ces conditions, même en accumulant les boulettes et les provocations, Nicolas Sarkozy peut envisager sereinement 2012…
D’ailleurs, il ne vaut mieux pas trop compter non plus sur Olivier Beanscenot pour contrer le chef de l’Etat vu la teneur de son appel à rejoindre son futur parti unique de la gauche de la gauche qui nous promet "un parti en rupture avec le capitalisme et les institutions de la classe dominante pour inventer le socialisme du 21e siècle". Bref, "un parti pour préparer un changement radical révolutionnaire de la société, c'est-à-dire la fin du capitalisme"… Olivier Besancenot ne semble pas bien parti pour "inventer le socialisme du 21e siècle" puisqu’il n’est même pas capable de faire évoluer la rhétorique qui fleure bon Mai 68… dont on va bientôt fêter les 40 ans (mais qui avait valu à Michel Drucker de se faire virer de l'ORTF)...
08:30 Publié dans Extrême-gauche, PS, Putain 5 ans... voire 10 | Lien permanent | Commentaires (28) | Envoyer cette note | Tags : politique, Sarkozy, Royal, Besancenot, Hollande, Drucker







