jeudi, 31 janvier 2008
L'intelligence, victime collatérale du crack de la SocGen
4,9 milliards d'euros de perte. La somme a de quoi faire tourner la tête. C'est d'ailleurs ce qui est arrivé à l'ensemble de la presse hexagonale qui s'est empressée de placarder la tête du trader (présumé innocent n'en déplaise à Christine Lagarde qui voit en lui l'unique coupable sans pour autant apporter le commencement du début d'une preuve) sur tous les supports papier, télé, web, au mépris de la plus élémentaire déontologie. Mais au milieu du gigantesque concert de n'importe quoi que constituent les réactions à l'emporte-pièce qui se succèdent à un rythme aussi effréné que les ordres de vente ou d'achat dans une salle de marché, deux politiques se distinguent par le niveau impressionnant de leurs analyses.
Tout d'abord Dominique de Villepin, grand spécialiste des affaires troubles, tendance Clearstream, et des décisions individuelles qui tournent au fiasco, tendance CNE et CPE, commence bien en relevant que "cette affaire est révélatrice d'une crise générale de notre société très profonde, on le voit à travers la crise financière dans le traitement de cette crise: il y a une sorte d'hystérie". Mais sa conclusion laisse pantois : "ce jeune homme le trader à l'origine de la fraude, ne prenait pas de vacances. Quand on ne prend pas de vacances pour respirer, votre vie est envahie, débordée, et vous faites des bêtises"… On a rarement entendu l'ancien Premier ministre autant défendre la limitation du temps de travail.
Bien entendu Ségolène Royal ne pouvait rester muette sur un sujet aussi grave. En effet, l'ancienne candidate PS à la présidentielle désigne le vrai coupable : "il faut arrêter avec toutes ces taxes nouvelles, il faut que M. Sarkozy, Monsieur taxes, arrête avec tout cela, baisse la TVA, rende l'argent de la Société générale aux petits et aux moyens épargnants qui paient pour les gros. Ca suffit, ce règne de l'argent fou d'un côté et la diminution du pouvoir d'achat de l'autre". On sait que le président de la République aime l'argent, mais de là à sous-entendre qu'il détient les 7 milliards de pertes totales de la Société Générale c'est sans doute un poil exagéré, voire démagogique…
Après de tels éclairages, on attend avec impatience les lumières du génie (autoproclamé) Jacques Attali, qui a certainement quelques très bonnes solutions à proposer pour mettre fin à cette crise...
08:30 Publié dans Politique story, PS, UMP | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note | Tags : politique, Sarkozy, Royal, Villepin, Attali, Lagarde, Kerviel
mardi, 18 décembre 2007
Sarkozy remplace Kadhafi par Bruni
"Tout devient possible" assurait-il sur les affiches. Et dire que certains pensaient qu’il ne s’agissait que d’un slogan de campagne. Et pourtant, jour après jour Nicolas Sarkozy démontre qu’avec lui à l’Elysée tout est réellement possible… surtout le pire.
Après avoir déroulé sans vergogne ni retenue le tapis rouge au colonel Kadhafi qui en a profité pour s’en servir comme d’un paillasson pendant cinq jours, le président de la République sans doute conscient d’être allé trop loin dans son pseudo pragmatisme vis-à-vis d’un dictateur terroriste, a très vite repris la main médiatiquement pour noyer le poisson. Comme libérer à mains nues Ingrid Bettancourt est plus difficile que prévu (sans compter que cinq jours de visite officielle à Paris, des Rafale et un centrale nucléaire, ça fait tout de même un peu beaucoup à offrir aux Farcs), et la croissance n’étant toujours pas disposée à faire son retour (faut dire que Christine Lagarde et Eric Woerth comme comité d’accueil ça ne donne pas envie de se presser d’arriver…), Nicolas Sarkozy ressort la carte people en s’affichant ostensiblement avec Carla Bruni. En beauf nouveau riche qu’il est, il l’exhibe (à Eurodisney... la class !!!) comme un trophée, voire comme sa dernière Rolex.
On peut aisément comprendre la jalousie de certains en découvrant le chef de l’Etat au bras d’un ex top model, mais il faut tout de même raison garder et ne pas s’emporter comme François Goulard, le plus villepiniste des villepinsites après Dominique de Villepin lui-même, qui ose affirmer que "pour l'instant, si beaucoup de sujets ont été abordés, si la plupart des mesures annoncées vont dans le bon sens, aucune réforme décisive, aucun changement majeur, aucune orientation nouvelle vraiment significative n'ont été adoptés". Qu’est-ce qui lui faut : en sept mois, le président de la République s’est affiché avec toutes les plus grandes stars françaises de Steevy du Loft à Mireille Mathieu en passant par Richard Virenque. Il a également fait ami ami avec les plus grands démocrates de la planète de Valdimir Poutine à Mouammar Kadhafi en passant par Abdellatif Bouteflika. Et maintenant il divorce et trouve un peu de réconfort dans les bras d’une chanteuse à la mode. Si ça c’est pas des réformes par rapport à l’ère Chirac ???
Pendant que la presse et une partie de l’opposition, à en croire les déclarations de François Hollande qui essaie faire une affaire d’Etat du fait de savoir si la presse avait ou non été officiellement prévenue de la présence du couple "présipeoplentiel" chez Mickey, ne s’intéressent qu’au minois de sa nouvelle conquête, Nicolas Sarkozy est tranquille politiquement : plus personne ne s’intéresse à la manière dont la France gouvernée…
08:30 Publié dans Putain 5 ans... voire 10 | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note | Tags : politique, Sarkozy, Hollande, Bruni, Kadhafi, Villepin, Goulard
mercredi, 31 octobre 2007
Comme un A380 sans aile
Dominique de Villepin n'en finit plus solder son désastreux passage à Matignon. Après les étudiants qui lui avaient signifié en leur temps leur refus du CPE et en attendant que l'OIT ne mette un point final au CNE (dont même le Medef a reconnu qu'il s'agit d'une erreur), c'est au tour des parlementaires de le cuisiner sur l'affaire de délits d'initiés présumés à EADS.
Lors de son audition devant la commission des Finances du Sénat, l'ancien Premier ministre n'a pas trouvé d'autre ligne de défense que de plaider l'incompétence en affirmant qu' "à aucun moment Matignon n'a été informé des difficultés d'Airbus jusqu'à ce qu'elles soient rendues publiques par l'entreprise elle-même en juin 2006". Mieux, il ajoute : "ni mes collaborateurs ni moi-même n'avons jamais été informés d'aucune difficulté industrielle subie par le programme A380". Rétroactivement un tel aveu fait froid dans le dos quant au niveau de l'information au sommet de l'État dans la Chiraquie finissante (décadente ???), surtout quand on se souvient que Thierry Breton, alors titulaire de Bercy à la même époque, faisait le exactement le même aveu il y a quelques semaines. Une nouvelle fois la phrase François Chérèque concernant l'ancien ministre de Finances est parfaitement d'actualité, et colle également parfaitement aux propos de l'ancien Premier ministre : "soit il ment, soit il est incompétent"… Et dans les deux cas c'est grave !!!
Quoi qu'il en soit, et même si la rupture prônée par Nicolas Sarkozy doit en prendre un coup, il y a fort à parier que le fait de se cacher derrière un mensonge et/ou derrière son incompétence sera la ligne de défense prochainement adoptée par Bernard Laporte face à la plainte dont il fait l'objet pour rien de moins que "tentative d'extorsion de capital". Menteur l'ex sélectionneur du XV de France l'est sans doute, incompétent cela ne fait aucun doute au regard de la fin de coupe du Monde des Bleus…

08:30 Publié dans Putain 5 ans... voire 10, UMP | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : Politique, Villepin, Breton, Sarkozy, Laporte, Chérèque
lundi, 15 octobre 2007
EADS, de forts relents de Clearstream
Il est des coïncidences qui font l'effet d'un crash aérien. Ainsi alors qu'avec à peine 18 mois de retard, Airbus livre enfin son premier A380, la polémique bat son plein en France autour de l'éventuel délit d'initiés. Arnaud Lagardère aurait en effet tiré de substantiels profits en revendant ses actions EADS à la Caisse des dépôts juste avant l'annonce des premiers retards de l'A380 qui menacent au passage plusieurs milliers d'emplois.
Premier ministre au moment des faits et donc en première ligne de cette polémique, Dominique de Villepin remarque qu' "il est très intéressant d'observer dans cette affaire EADS que la polémique autour du rôle de l'Etat occulte complètement le fond du dossier". L'attaque étant la meilleure des défenses, celui qui depuis quelques semaines se révèle être le plus farouche opposant à Nicolas Sarkozy, vise implicitement le chef de l'Etat, "son frère", et "la soeur de sa femme" en glissant qu' "on rappelle que Nicolas Sarkozy est très proche d'Arnaud Lagardère" et que l'actuelle garde des Sceaux Rachida Dati "a travaillé pour le groupe Lagardère". Face à de telles insinuations, Arnaud Lagardère a répondu dans "son" journal, le JDD, (qui n'allait évidement pas le contre-dire...) que "Matignon a suivi l'opération depuis le début" puisque "dès janvier 2006, ses collaborateurs ont eu des réunions répétées et à haut niveau concernant l'opération avec les services du Premier ministre".
Alors que cette opposition frontale entre les clans sarkozyste et villepino-chiraquien devient chaque jour un peu plus nauséabonde au point de rappeler de plus en plus une certaine affaire Clearstream, le PS, par la voix de François Hollande, ne trouve rien d'autre à faire que de réclamer la constitution d'une commission d'enquête parlementaire sur "le rôle de l'Etat dans l'affaire EADS".
Reste également à élucider le rôle joué dans cette affaire par Thierry Breton. Sa remplaçante à Bercy, Christine Lagarde a beau essayer de dédouaner son administration en se basant sur une enquête interne de cette même administration (dont il aurait été étonnant qu'elle s'accuse elle-même...), il n'en reste pas moins que le passé de Thierry Breton, tant à France Télécom qu'à Rhodia ne plaide pas en sa faveur. Et comme l'a parfaitement résumé François Chérèque, "soit il ment, soit il est incompétent"... sans doute il y a-t-il un peu des deux.

08:30 Publié dans Pas si "clear" que ça, Putain 5 ans... voire 10, UMP | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : politique, Sarkozy, Villepin, Dati, Lagarde, Breton, Chérèque
lundi, 24 septembre 2007
Le pompier Fillon serait-il pyromane ???
Cela se confirme à chaque sortie, ou presque, du Premier ministre : il est difficile d'exister dans l'ombre d'un président de la République omniprésent. Et ce n'est pas dernière provocation de François Fillon, qui a déclaré être à "la tête d'un Etat qui est en situation de faillite sur le plan financier, qui est depuis 15 ans en déficit chronique", qui va rendre plus aisée sa tâche.
Bien entendu avec une dette publique de plus de 1 000 milliards d'euros, la situation économique de la France, qui n'a pas voté le moindre budget en équilibre depuis près de trois décennies, est très mauvaise. En dépit de la volonté de Nicolas Sarkozy de dépénaliser le droit des affaires, une entreprise gérée comme la France aurait depuis un bail mis la clé sous la porte et ses dirigeants auraient sans nul doute gagné un abonnement au pôle financier du parquet de Paris puis une interdiction de gérance, voire un séjour au quartier VIP de la Santé. Mais venant de quelqu'un dont le premier geste en arrivant à Matignon a été de creuser le déficit de 15 milliards d'euros par des cadeaux fiscaux, un tel constat serait risible si la situation n'était pas aussi grave. Bref, cela revient à essayer d'éteindre un feu en jetant de l'alcool dessus… quand on utilise une technique aussi absurde, il faut faire attention aux retour de flammes au risque de finir carbonisé !!!
Sans surprise, les premiers à avoir répliqué aux propos de François Fillon sont ses prédécesseurs, qui se sont sans doute sentis concernés voire accusés, à l'exception de Jean-Pierre Raffarin qui souffrant de sarkozysme maladif s'impose un devoir de réserve. Ainsi Lionel Jospin, oubliant pour un temps Ségolène Royale, rappelle que c'est la droite qui a fait "exploser la dette" depuis 2002. Dominique de Villepin, qui semble avoir pris la tête de l'opposition à Nicolas Sarkozy depuis quelques semaines, affirme "avoir laissé l'Etat dans une situation meilleure qu'aujourd'hui"…
François Goulard, pourtant député UMP, en remet une couche en relevant au passage un pêché d'orgueil du Premier ministre: "M. Fillon a commis deux erreurs. C'est totalement excessif de dire que la France est en faillite et il se trompe en pensant qu'il est à la tête de l'Etat"… Mais la critique sans doute la plus dure et la plus sensée, est l'œuvre de François Bayrou pour qui la sortie du Premier ministre est "d'une certaine manière une terrible autocritique", avant d'ajouter que "tout ceci prélude à des décisions qui seront lourdes de conséquences. Au lieu d'avoir fait une politique sérieuse tout de suite, on a fait une politique laxiste et injuste. Ça fait plaisir quelques jours, quelques semaines et puis après, la réalité rattrape la fiction"…
Et c'est peu de dire que la défense de François Fillon, qui très courageusement est revenu sur ses propos en les qualifiant d' "image" à destination des paysans (lesquels apprécieront sans doute que le Premier ministre daigne s'abaisser à leur niveau en leur parlant par "image"…), est peu convaincante.

08:30 Publié dans Putain 5 ans... voire 10, UMP | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : Politique, Sarkozy, Fillon, Jospin, Villepin, Goulard, Bayrou
vendredi, 21 septembre 2007
La (longue) minute nécessaire de monsieur Sarkozy
image : timeo
"Je suis chef de l'Etat, je dois être juste". Si la seconde partie de l'affirmation est loin d'être convaincante, la première partie en revanche ne fait plus aucun doute même pour ceux qui en doutaient encore (ou qui étaient hibernation depuis le 6 mai), tant Nicolas Sarkozy a passé son temps à le répéter face à Arlette Chabot et Patrick Poivre d'Arvor près d'une heure durant. Et en tant que président de la République, il a un avis sur tout… ou mieux, il a surtout un avis.
Ainsi, il promet que désormais "les allégements de charges, on ne les donnera pas quand il n'y aura pas de discussions salariales dans l'entreprise". La belle affaire, les discussions salariales c'est bien, mais aboutir à des accords c'est mieux… bref, les entreprises continueront à bénéficier d'allégements de charges sans la moindre contrepartie. Sans compter que comme le dit Nicolas Sarkozy lui-même, "la loi prévoit des négociations salariales", il reconnaît donc que l'État offre des réductions de charges à des entreprises qui ne respectent aujourd'hui pas la loi. Quand on sait que les allégements de charges coûtent annuellement 25 milliards d'euros (!!!), on comprend qu'il insiste, sur le mode méthode coué, sur le fait qu' "il faut que nous ayons une croissance entre 2,5 et 3% pour arriver au plein emploi. Je me suis engagé sur ces objectifs". Objectifs qui seront bien entendu atteints puisque "la seule façon d'aller chercher cette croissance, c'est de faire ce qu'est en train de faire le gouvernement de M. Fillon, c'est-à-dire de faire les réformes que les autres ont fait avant nous pour libérer les énergies du pays et avoir le plein emploi". Et de donner la preuve ultime que le Premier ministre travail bien : "François et moi, chacun a son tempérament. On travaille main dans la main, nous sommes parfaitement interchangeables, c'est une équipe"…chiche monsieur le président, laissez votre place (trône) à François Fillon quelques jours qu'on rigole et qu'il prenne un malin plaisir à vous traiter de simple "collaborateur" !!!
Enfin, le président de la République, qui compte bien "ne stigmatiser personne", entend aligner la durée de cotisation des salariés soumis aux régimes spéciaux de retraite "sur le régime général de la fonction publique", tout en leur conservent leur "statut particulier"… bref tous les régimes de retraites seront identiques mais différents. Face à un tel défi, on veut bien le croire, quand il affirme, toujours aussi modeste, que "si c'était facile, les autres gouvernements l'auraient fait". Et qu'on ne lui parle de "politique d'austérité", à laquelle il ne croit pas, même si quelqu'un de moins talentueux que lui y serait sans doute réduit à cause de "cette drôle d'idée" qu'on eu ses prédécesseurs "d'avoir condamné la France à tourner le dos au travail".
Dans sa grande mansuétude, lui sait ce que c'est d'être injustement attaqué, puisque comme il le dit lui-même au sujet de l'affaire Clearstream, "mon nom a été sali, on m'a fait un faux compte, avec de faux virements, dans une banque dont j'ignorais tout, j'ai eu une commission rogatoire pendant 15 mois sur le dos, il a fallu que je démontre à la justice que je n'avais pas de compte. Je demande à chaque Français de penser à ça", prend la défense de Ségolène Royal, "une femme courageuse et très estimable. Peut-être avez-vous noté que pendant les mois de campagne, je ne l'ai jamais attaquée parce que ce n'est pas ma conception des rapports humains. Et je trouve que parfois les attaques contre elles sont un peu déplacées"… Dominique de Villepin et Lionel Jospin doivent avoir conjointement les oreilles qui sifflent.

08:30 Publié dans Putain 5 ans... voire 10, UMP | Lien permanent | Commentaires (25) | Envoyer cette note | Tags : politique, Sarkozy, Fillon, Villepin, Royal, Jospin, PPDA
mercredi, 29 août 2007
Villepin ne doute de rien…
"Il ne faut pas s'endormir sur ses lauriers. Je pense que la volonté et l'énergie qui sont mises en avant par Nicolas Sarkozy sont nécessaires à notre pays mais notre pays ne peut se satisfaire d'un état de grâce politique. Il faut que cet état de grâce puisse s'appuyer sur des résultats". C’est en grand connaisseur de l’absence de résultat positif que Dominique de Villepin se permet de juger les trois premiers mois de présidence de Nicolas Sarkozy. D’autant plus qu’il a tout fait essayer pour l'empêcher d’accéder à l’Elysée, y compris, semble-t-il en usant, mal, de moyens malodorants et illégaux.
Le réponse de l’UMP à ses tendres propos ne s’est pas faite attendre, puisque la gracieuse Nadine Moreno a été chargée de rétorquer à l’ex Premier ministre : "nous, on a les mains dans le cambouis et dans le charbon, d'autres ont les mains dans les poches". En poursuivant sur cette voie elle aurait pu ajouter en référence à l’affaire Clearstream que Dominique de Villepin a plutôt les mains dans la merde en ce moment. Bien sûr la sarkophilie de la députée de Meurthe-et-Moselle l'a ensuite entraînée à trop en faire en ajoutant : "nous avons la chance d'avoir un président actif, efficace, avec des promesses qui ont été tenues, une session parlementaire qui a été très dense, qui a donné des résultats, nous allons continuer sur cette route, sur cette méthode, jusqu'à la fin du quinquennat". Si elle dit vrai, dans cinq ans le bilan de la présidence de Nicolas Sarkozy en matière de résultat positif n’aura pas grand-chose à envier à celui de Jacques Chirac…
Mais plutôt que commenter l’action gouvernementale de ses "amis" de l’UMP, sans doute Dominique de Villepin ferrait-il mieux de se consacrer entièrement à sa défense dans l’affaire Clearstream pour laquelle il est mis en examen pour rien de moins que "complicité de dénonciation calomnieuse, recel de vol, recel d'abus de confiance et complicité d'usage de faux". Parce que le moins que l’on puisse dire c’est sa ligne de défense qui consiste à se dire victime d’un "procès d'intention politique" est à peu près aussi convaincante qu’Eric Woerth et François Fillon assurant que les objectifs de croissance seront tenus en 2007 et 2008. Et quand il tente une incursion dans le pathos, l’ancien Premier ministre en devient pathétique à force de ridicule : "j'éprouve une certaine tristesse, et je vous dirai même une certaine rage. J'ai consacré trente ans de ma vie au service de mon pays. Aujourd'hui, je vis la suspicion et ma famille, mes proches, en souffrent. Quand on subit une perquisition à son domicile, quand un assistant subit une perquisition chez lui, son enfant de la même façon, quand on soulève le matelas de vos enfants, quand on fouille dans leurs ordinateurs, quand on fouille dans leurs placards, eh bien je ne suis pas sûr que tout cela soit justifié". Avant d’ajouter, lui l’homme qui se vantait de "vouloir prendre la France", de n’avoir jamais eu "d'ambition personnelle, et je trouve quelque peu piquant qu'aujourd'hui on veuille me présenter comme quelqu'un qui a voulu éliminer un soi-disant rival, sachant justement que je n'ai jamais fait preuve d'ambition personnelle en matière politique".
Toute honte bue, il tente une sortie chevaleresque en assurant : "je ne saisirai pas la Cour de justice de la République (CJR) bien que j'aie agi dans le cadre de mes fonctions, parce que j'estime que je suis comme n'importe quel citoyen". Seulement la CJR étant composée de parlementaires et le Parlement étant majoritairement sarkozyste, on comprend vite pourquoi Dominique de Villepin préfère répondre de ses actes devant des juges que devant des "connards", comme il aimait à les qualifier du temps de son éphémère splendeur, qui sont désormais presque tous (surtout à l’UMP) ses adversaires politiques…

08:30 Publié dans Pas si "clear" que ça, UMP | Lien permanent | Commentaires (30) | Envoyer cette note | Tags : politique, Sarkozy, Villepin, Moreno, Fillon, Woerth, Chirac
mardi, 07 août 2007
Fin de période d'essai pour le CNE
24 mois, c'est la durée de la période d'essai que Dominique de Villepin avait offerte, sans consulter personne (ni partenaires sociaux, ni politiques), aux dirigeants des petites entreprises pour licencier sans motif grâce au CNE. C'est ainsi que courageusement au coeur de l'été, le 4 août 2005, l'ancien Premier ministre créait par ordonnance (histoire sans doute de ne pas même consulter ces "connards" de parlementaires UMP comme il aimait à les qualifier...) le CNE qui devait être la martingale contre le chômage (et sa fusée de lancement vers l'Elysée).
24 mois plus tard les résultats parlent d'eux-mêmes : Nicolas Sarkozy est président de la République et le CNE est en état de quasi mort clinique. En effet, selon les derniers chiffres de la DARES, au deuxième trimestre 2007, alors que les intentions d'embauche augmentaient de 7,8%, le nombre de CNE plongeait de 13,2% !!! Sans doute les Français, y compris les employeurs, n'ont pas bien compris le génie de Dominique de Villlepin... Ou alors connaissent-ils un minimum le droit du travail, à l'image de l'UPA, que l'on ne peut pas taxer d'opposition à la droite en général et à l'UMP en particulier, qui met en avant "l'insécurité juridique autour du contrat" pour expliquer ses réticences de plus en plus fortes à l'utiliser. Il faut dire qu'en dépit des instructions du gouvernement de l'époque aux préfets pour les inciter à faire appel de chaque décisions prud'hommales défavorables, les revers judiciaires s'accumulent pour le CNE. Tous les artifices juridiques ayant été démontés par les cours d'appel, notamment celle de Paris qui a reconnu que le contrat n'est rien de moins que contraire à la Convention de l'OIT (!!!), le CNE est, pour reprendre l'expression une fois n'est pas coutume très drôle de FO, "en train de mourir dans d'affreuses souffrances judiciaires". Pire, même l'actuel gouvernement ne viendra pas en aide à ce grand malade en phase terminale, puisque Xavier Bertrand a d'ores et déjà prévenu que l'éventuel contrat unique envisagé par Nicolas Sarkozy "ne sera pas le prolongement du CNE". Si ce n'est pas un enterrement sans fleur ni couronne, cela y ressemble. Bref, le CNE s'apprête à rejoindre dans la fosse commune des fausses bonnes idées dogmatiques son petit frère mort-né, le CPE, également oeuvre de Dominique de Villepin...
Décidément, le bilan du passage de Dominique de Villepin à Matignon s'avère chaque jour un peu plus pitoyable : ses deux contrats de travail qui devaient sauver la France du chômage se révèlent des échecs hors norme (l'un des deux n'a même jamais été appliqué sur ordre de... Jacques Chirac qui l'avait pourtant promulgué), sans oublier son implication dans l'affaire Clearstream qui le fait plus ressembler à un pied-nickelé qu'à Bonaparte (en attendant que la justice ne le qualifie officiellement de délinquant).
08:30 Publié dans CPE for never, Pas si "clear" que ça, Politique story, UMP | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : Politique, Villepin, Chirac, Sarkozy, Bertrand, FO
jeudi, 02 août 2007
Ne réveillez pas une France qui dort
Cinq jours après la fin d'un Tour de France aussi catastrophique pour le cyclisme que le fut la présidentielle 2002 pour le PS (ce qui laisse augurer un avenir très sombre pour ce sport s'il continue sur la même pente que la rue de Solférino…) et à la veille de la reprise du championnat de L1 (qui depuis 6 ans ressemble fort à une métaphore de la vie politique française avec un Nicolas Sarkozy trop fort pour la concurrence, mais écoeurant tant par ses méthodes que par son arrogance), la session extraordinaire du Parlement prendra fin le 3 août et avec elle une "saison politique" aussi longue que riche.
C'est dans ce contexte que les parlementaires ont adopté sans suspens ni passion les premiers grands textes que l'ère
Sarkozy : paquet fiscal, peines planchers, franchises médicales ou encore service minimum. Que des lois de droite ??? Oui bien sûr, mais quoi de plus normal, le président et sa majorité, en dépit de l'esbroufe de l'ouverture, ne font que la politique pour laquelle ils ont été élus. Mieux, David Martinon, tel la voix de son maître (la gomina en plus) précise dans France-Soir que "tous les engagements de campagne seront tenus" puisqu' "un gouvernement perd ses soutiens quand il déçoit ceux qui ont voté pour lui". Au moins les choses sont claires : on n'a encore rien vu, cette session extraordinaire n'était qu'un galop d'essai. La session ordinaire qui s'ouvrira à la rentrée s'annonce d'ores et déjà grandiose !!! D'autant que le président de la République va encore plus loin que son porte-voix en lançant la fin du denier Conseil des ministres de la saison : "bonnes vacances! Merci pour les trois mois. On a fait du bon travail avec des avancées importantes pour les Français mais attendez-vous à ce que ça reparte très fort à la rentrée". Même Laurent Wauquiez, le Martinon (sans Pento) de Matignon, avouait suite à cette sortie présidentielle : "les ministres avaient un air interloqué devant cette annonce d'un rythme qui serait encore plus soutenu à la rentrée"… ça promet !!!
Mais outre les réformes (lesquelles d'ailleurs ???), la rentrée politique ne pourra qu'être passionnante avec l'avenir toujours aussi incertain, voire crépusculaire du PS. Crépusculaire étant également l'adjectif qui s'impose pour qualifié l'avenir judiciaire pas du tout incertain de Dominique de Villepin…
Sans compter qu'on finira pas bien apprendre la réalité des contreparties accordées par la France à la Libye en échange de la libération des infirmières bulgares. Contreparties que Nicolas Sarkozy, tel un cyclisme pris en main dans pot d'EPO, s'obstine à nier contre toute évidence alors même qu'elles sont confirmées par le fils du dirigeant libyen Saïf al Islam Kadhafi, dans un entretien au Monde.
08:30 Publié dans Putain 5 ans... voire 10, UMP | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : politique, Sarkozy, Martinon, Wauquiez, Villepin, Bulgarie
samedi, 21 juillet 2007
Top 3 des champions de la semaine 73
Du 14 juillet au 15 août, même avec une session extraordinaire du Parlement, la France marche au ralenti. Et le Top 3 s’en ressent : sans la performance hors du commun de l’ancien président de la République, ce classement aurait sérieusement senti les vacances.
1/ Jacques Chirac
Comment ne pas rester bouche bée en lisant la tribune de l’ancien président de la République, qui dans Le Monde essaie de faire croire que c’est lui qui a assaini le financement de la vie politique française ??? Lui qui fut président du RPR et maire de Paris pendant près de 20 ans avec les affaires politico-financières que l’on connaît…
Rien que pour cela il mérite amplement son retour triomphale sur la plus haute marche du podium. Mais ce n’est pas tout, outre le financement occulte du RPR et les emplois fictifs qui vont avec, Jacques Chirac est mis nommément en cause dans l’affaire Clearstream par Jean-Louis Gergorin qui devant les juges d’instruction l’accuse d’avoir donné l’ordre à Dominique de Villepin de "balancer Nicolas Sarkozy"…
2/ Le gouvernement
Matignon reconnaît que le gouvernement, qui obtient ainsi une médaille d’argent collégiale, compte officiellement 537 conseillers dans les cabinets ministériels. Belle perf quand on se souvient qu’en formant son gouvernement, François Fillon avait donné des instructions à ses ministres, "en accord" avec Nicolas Sarkozy, pour que "la taille des cabinets ministériels soit contenue dans des limites raisonnables, afin de favoriser un travail d'équipe fructueux", soit pas plus de 20 conseillers par ministre et 4 par secrétaire d’Etat. Ce qui donne, d’après un rapide calcul avec 16 ministres (en comptant le Premier ministre) et 16 secrétaires d’Etat (en comptant la haut-commissaire), un maximum autorisé de 384 conseillers.
Bel exemple donné par une équipe gouvernementale qui prône la réduction du nombre de fonctionnaires…
3/ Luc Châtel
Le secrétaire d’Etat au Tourisme prend son rôle très à cœur. Il est ainsi allé à Roissy pour constater "l'importance de l'accueil réservé aux touristes", l'occasion pour lui de saluer, un par un, d'un "welcome" les passagers d'un avion en provenance de Hong-Kong. Il a ensuite a voulu testé par lui même la qualité du service proposé par les points "information" et les espaces "tourisme" de l'aéroport. "Comment je peux faire pour me rendre à Paris ? Ca coûte combien le RER ? Je peux mettre ma valise dans le RER ?", a-t-il demandé à un comptoir d'ADP.
Certes le ridicule ne tue pas et la saison est aux vacances, mais tout de même, le rôle d’un (sous)minsitre est-il réellement faire le guignol devant les touristes étrangers au beau milieu d’un aéroport ???
14:30 Publié dans Top des champions | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : politique, Chirac, Villepin, Sarkozy, Fillon, Châtel







