mercredi, 09 avril 2008

Un peu de courage monsieur Hirsch : démissionnez !!!

medium_Emmaus.JPGLa semaine dernière François Fillon affirmait que le RSA est "trop coûteux".
Cette semaine Nicolas Sarkozy ajoute qu"il faut le calibrer en fonction des disponibilités financières qui sont les nôtres".
Bref, même si Eric Woerth tente de tempérer en assurant : "je n'ai pas dit que le RSA allait passer à la trappe", force est de constater que le revenu de solidarité active a du plomb dans l’aile.
Le motif : sa généralisation coûterait entre deux et trois milliards d’euros, alors qu’après avoir dilapidé 15 milliards cet été, le gouvernement racle les fonds de tiroir pour essayer d’économiser 7 milliards sur le dos principalement des fonctionnaires et des programmes sociaux. Bah oui, l’Elysée ne va tout de même pas revenir sur les allégements de charges (qui entraînent des trappes à bas salaires) et sur le bouclier fiscal, qui tous deux bénéficient aux amis du président… c’est tellement plus agréable de se payer sur les pauvres !!!

Face à cet abandon programmé, Martin Hirsch, promoteur infatigable du RSA, qui avait accepté d’entre au gouvernement (en refusant le titre de ministre) pour justement le mettre en œuvre, peut toujours expliquer qu’"une fois le RSA généralisé, plus il y aura de retour à l'emploi, moins il y aura de coût budgétaire", pas sûr que cet argument porte auprès des ses collègues du gouvernement.
Quand le Haut commissaire aux Solidarités actives ajoute que "ce qui ne peut, à mes yeux, être remis en cause, ce sont les principes du RSA et sa contribution à la réduction de la pauvreté, c'est en cela que je dis que je ne le ferai pas au rabais", on est de tenté de lui dire : Chiche, monsieur Hirsch, soyez digne de l'Abbé Pierre et ayez de le courage de votre engagement en démissionnant et en laissant l’ouverture aux seuls aventuriers avides de (sous) maroquins !!!

mardi, 25 mars 2008

Impôts, que sont les promesses du candidat Sarkozy devenues ???

medium_logo-pmu.JPGC’était devenu le dernier argument de l’UMP entre les deux tours des municipales : la gauche augmentera les impôts dans les communes. Et Patrick Devedjian d’expliquer (en plus d’affirmer envers et contre tout que la droite n’était pas en train de subir une défaite électorale…) que tout cela est dans l’ordre des choses : gauche augmente les impôts et la droite les diminue. Malheureusement pour son camp, il semble que les électeurs n’aient pas été sensibles à ce manichéisme caricatural.
Et pour cause, alors que le candidat Sarkozy promettait, entre autres, une baisse des impôts, depuis qu’il est élu, seuls ses amis ayant des revenus dans la même tranche fiscale de ceux de Johnny Hallyday ont vu venir cette fameuse diminution des prélèvements. Pour les autres, il n’est jamais trop tard pour méditer sur la fameuse maxime chiraco-pasquaiene : "les promesses n’engagent que ceux qui les reçoivent". D’ailleurs Christine Lagarde et Eric Woerth sont là pour bien leur rappeler qu’il ne sert plus à rien d'espérer puisqu’ils se contentent désormais d’assurer (mollement et sans grande conviction) : "nous n'augmenterons pas les impôts"… l’évolution sémantique entre la promesse de baisse des impôts de la campagne présidentielle et l’annonce actuelle d’une simple non-augmentation, à laquelle plus personne ne croit d’ailleurs, vaut à elle seule toutes les démonstrations du monde. Il faut dire que les 14 milliards d’euros de cadeaux fiscaux du début de quinquennat pèsent lourd… très lourd pour un résultat quasi nul.
Et les choses en sont pas prêtes de s’arranger si on en croit la ministre de l'Economie, Christine Lagarde, qui reconnaît (enfin) que France va prochainement réviser en "légère baisse" sa prévision de croissance pour 2008. Et quand on se souvient qu’elle assurait qu’il n’y avait pas de crise de subprimes, on est droit d’avoir peur quant à sa définition d’une "légère baisse". D’ores et déjà les fameux (fumeux ???) 2% de croissance promis pour 2008 ont du plomb dans l’aile.

Sans oublier les promesses (sur lesquelles il va cette fois être difficile de s’asseoir…) faites à Bruxelles de ne pas laisser courir les déficits. Vous avez dit hausse de la TVA (qu’elle soit ou non abusivement taxée de sociale) ???

mardi, 04 décembre 2007

Sarkozy promet et l'intendance Fillon essaie de suivre

2ab9a65aea67d4a941dbd4509b4992f6.jpgAvant de partir pour Alger, Nicolas Sarkozy a pris le temps de téléphoner à son grand ami (et amateur de 4X4) Vladimir Poutine qu'il a "chaleureusement félicité" après son superbe et démocratique succès (mais néanmoins moins impressionnant que celui de François Bayrou) lors des dernières élections législatives russes. Mais surtout il laisse à François Fillon le soin de se dépatouiller avec ses promesses télévisées sur le pouvoir d'achat.
Profitant ainsi que son "patron" (qui désormais gagne enfin plus que lui), le Premier ministre se lâche et tente de se faire passer pour celui qui prend le décision en assurant : "j'ai décidé que dans les tout prochains jours serait soumis au Parlement un texte permettant le rachat des heures de RTT et comptes épargne temps, le déblocage de la participation et la mise en place d'une prime de 1 000 euros dans les entreprises de moins de 50 salariés qui n'ont pas vocation à mettre en oeuvre le système de la participation". Il indique également que Christine Boutin, la ministre du Logement, engagera "dès cette semaine la concertation avec les professionnels du logement" pour que l'indexation des loyers sur l'indice des prix et non plus sur celui de la construction soit effective "dès le 1er janvier". Dans le même temps, elle préparera "un projet de loi qui permettra de supprimer dès le début de 2008 les cautions et de réduire à un mois les dépôts de garantie". Le pouvoir d'achat en frémit déjà…
François Fillon affirme aussi avoir demandé à Eric Woerth, le ministre de la Fonction publique, de lancer concertation avec les syndicats de la fonction publique "pour l'application des mesures spécifiques à la fonction publique sur les heures supplémentaires et sur les rachats de RTT". Et de conclure que "le gouvernement est au travail. D'ici la fin de l'année, les mesures proposées par le président de la République seront effectives, en cours de développement". "En cours de développement", l'expression a de quoi faire peur, tant elle sent la langue de bois à plein nez… et permettra dans quelques mois de revenir sur tel ou tel engagement au motif par exemple que "l'Etat est en faillite" ou qu'il "n'y pas d'argent" dans les caisses.

Et pendant ce temps-là le PS continue ses pages d'écriture. Après la salves des brûlots anti-Ségo, voici venu le temps de la réplique de cette dernière qui fait la tournée des plateaux télé pour vendre son "Ma plus belle histoire, c'est vous". Se prenant pour Barbara, Ségolène Royal affirme vouloir "un jour, fêter ses retrouvailles" avec les Français (à Marienbad, à Nantes ou bien encore dans le petit bois de Saint-Amand ???), avant de promettre à ses partisans : "je ne connais encore ni le lieu, ni la date, mais je sais qu'un jour, nous nous retrouverons. Je gagnerai un jour pour eux"… le jour où l'aigle noir aura des dents sans doute.
Avec une opposition pareille, Nicolas Sarkozy n'a pas trop à s'en faire et peut continuer encore longtemps de promettre n'importe quoi puisque aucune alternative politique crédible semble se faire jour…

mercredi, 07 novembre 2007

Jésus Sarkozy marche sur l'eau au Guilvinec 2, le retour

2e8c487a44ea0d492ea25d3782067410.jpgLe chef de l'Etat n'aura pas fait un crochet par la Bretagne pour rien avant de se rendre à Washington. Le Guilvinec est en effet en passe de devenir dans l'hagiographie sarkozyste aussi importante que Cana dans la Bible.
A défaut d'y voir multiplié les pains devant, voire contre, les pêcheurs (ce qui pouvait sembler être son intention à l'entendre vociférer, en le tutoyant - quelle belle marque de condescendance - à l'égard de l'un d'entre eux : "toi, tu n'as qu'à descendre !"), Nicolas Sarkozy aura au moins multiplié les annonces et les promesses d'un dogmatisme quasi biblique. Poussant ainsi son intégrisme anti cotisations sociales patronales à son comble, le président de la République propose ni plus ni moins de faire financer la hausse du prix du pétrole… par la Sécurité sociale en annonçant : "j'ai décidé la mise en œuvre immédiate d'une exonération totale des cotisations patronales, pour aider les marins-pêcheurs et les navires sur une durée de six mois pour commencer". Et si cela ne suffit pas, il propose également de répercuter la hausse du prix du carburant dans l'assiette des consommateurs (qui ont déjà l'habitude de trouver des traces d'hydrocarbures dans leurs coquillages et sur les plages…) en promettant : "je demande à Michel Barnier, d'élaborer avec vous dans les trois mois un mécanisme durable qui réintègre le coût du gasoil dans le prix du poisson vendu à l'étal". Face à une telle sortie, Christine Lagarde ne peut que constater le chemin qui lui reste à parcourir avant de pouvoir s'assoir à la droite de Nicolas Sarkozy. Plutôt que de conseiller aux salariés de rouler à vélo elle aurait mieux fait d'annoncer une exonération de charges sociales en faveur des employeurs de salariés automobilistes…
Et pendant ce temps-là, Eric Woerth se met de lui-même en position d'être excommunié pour hérésie lorsqu'il affirme qu' "il faut s'habituer, au fur et à mesure du temps, à payer un pétrole cher", alors qu'il suffirait de supprimer toutes les charges patronales pour compenser.

Mais le plus grand miracle de Nicolas Sarkozy est pour l'instant l'œuvre de ses disciples qui ont modernisé la multiplication des pains pour la remplacer par la multiplication de ses revenus (par 2,72, soit 172%). Comme quoi le sarkozysme apporte la preuve ultime qu'on peut rentrer en religion sans pour autant faire vœu de pauvreté…

lundi, 05 novembre 2007

Il serait bon de prendre (La)garde à ne pas dire d'ânerie

medium_logo-pmu.JPGNicolas Sarkozy a de quoi être furax, il s'est volé la vedette par sa ministre des Finances alors qu'il n'avait pas lésiner sur les moyens pour faire parler de lui en produisant une sorte de remake de la libération des infirmières bulgares (Cécila en moins).
Le président de la République a en effet réussi à faire libérer les sept journalistes et hôtesses de l'air jusqu'alors incarcérés avec les membres de l'association l'Arche de Zoé. Pour cela, il s'est rendu au Tchad, en emportant dans ses bagages Rama Yade (qu'il a bien pris soin de réduire au silence) pour rappeler au président Idriss Deby Itno qu'il peut "compter sur sa reconnaissance et son amitié", bref que "les relations entre le Tchad et la France sont au beau fixe". Au-delà de la mise en scène une nouvelle fois très sarkozienne (et qui comporte de nombreuses zones d'ombres) de cette libération, comment ne pas se réjouir de la sortie de prison de personnes qui n'ont rien à voir avec ce que Nicolas Sarkozy qualifie à juste titre d' "équipée assez lamentable" de l'Arche de Zoé ???
Mais voilà, la mise en scène, même avec de gros moyens comme un "A319 militaire" ne peut rivaliser avec le talent à l'état pur de certain(e)s dialoguistes. Et visiblement Christine Lagarde est de ceux-ci : face à la hausse du prix du pétrole, la ministre des Finances, qui précise "qu'on n’est pas aux prix maximum atteints l'été dernier", se refuse à envisager la moindre baisse des taxes (bah oui y a 15 milliards d'euros à rembourser depuis le "paquet fiscal"), mais surtout elle encourage les Français à se mettre… au vélo. C'est Françoise de Panafieu qui doit lui en vouloir : déjà qu'elle lui a piqué son look, il fait désormais la pub du Vélib' de son ennemi intime, Bertrand Delanoë
Mais comme le vélo c'est fatiguant, Christine Lagarde essaie de se la jouer "bon sens près de chez" tendance Grenelle de l'Environnement en affirmant que face à la hausse du prix de l'essence "entre collègues ou amis il est peut-être possible de se concerter pour faire la route ensemble. Être plus rationnel dans son choix de transport, c'est cela se déplacer intelligemment". En voilà une idée grandiose madame la ministre, dès demain on vous attend à votre arrivée à Bercy, soit à vélo, soit en covoiturage avec Eric Woerth, ou mieux, pour faire peuple, avec l'un(e) de vos agents administratifs !!!

Pas de doute, 30 ans après, en France on n'a toujours pas de pétrole, mais au niveau des idées à la con a n'a pas cessé de progresser…

jeudi, 25 octobre 2007

Arnaque, budget et arithmétique

medium_logo-pmu.JPGPendant que Xavier Darcos, le ministre de l'Éducation nationale, s'occupe d'un problème capital pour l'avenir du pays en présentant son "plan anti cartable lourd" en attedant la révolution numérique grâce à laquelle "dans quelques années, les élèves pourront disposer non seulement d'écrans numériques mais surtout de livres numériques", Eric Woerth, le ministre du Budget, sans doute vexé d'avoir été distancé en mauvaise foi par Christine Lagarde, ne lésine pas sur les moyens pour tenter de la rattraper.
Et le moins que l'on puisse dire c'est qu'il y va fort ; en réponse à une question de l'opposition il affirme sur un ton péremptoire : "non, voilà, nous n'augmenterons pas les impôts comme vous nous le dites chaque fois ! Ils ont été clairement définis, ils sont dans le budget. Je pense que ma réponse est claire : pas d'augmentation". Dont acte serait-on tenté de dire face à tant d'assurance. Sauf que… dans le même temps la commission des Affaires culturelles de l'Assemblée nationale décide, suite à un amendement de l'UMP Christian Kert, d'augmenter de deux euros le prix de la redevance télévision en faveur de l'audiovisuel public. Certes deux euros c'est pas énorme, mais jusqu'à preuve du contraire c'est un bien une augmentation d'impôts…
Mais le plus beau reste à venir ; un mensonge ne suffisant visiblement pas à Eric Woerth, il ajoute : "nous avons l'habitude de voter une fois le budget dans l'année". Et là on croit rêver, le ministre du Budget doit être atteint d'un Alzheimer précoce pour ne pas se souvenir qu'il a lui-même défendu devant la même assemblée un collectif budgétaire cet été, et que ses prédécesseurs de 2002 à 2006 en avaient fait de même chaque année. Ce qui ne l'empêche pas d'affirmer à l'opposition : "vous passez votre temps à vouloir créer une réalité qui n'existe pas. Regardez les choses en face". Et en ce qui est de "vouloir créer une réalité qui n'existe pas", tout comme une croissance qui n'existe pas, l'ancien trésorier de l'UMP s'y connaît…

Avec un ministre du Budget qui a autant de mal avec les chiffres (et avec la vérité) au point de rappeler le Thierry Breton de la grande époque, la seule rupture effective à l'heure actuelle semble bien concerner l'arithmétique…

mercredi, 29 août 2007

Villepin ne doute de rien…

"Il ne faut pas s'endormir sur ses lauriers. Je pense que la volonté et l'énergie qui sont mises en avant par Nicolas Sarkozy sont nécessaires à notre pays mais notre pays ne peut se satisfaire d'un état de grâce politique. Il faut que cet état de grâce puisse s'appuyer sur des résultats". C’est en grand connaisseur de l’absence de résultat positif que Dominique de Villepin se permet de juger les trois premiers mois de présidence de Nicolas Sarkozy. D’autant plus qu’il a tout fait essayer pour l'empêcher d’accéder à l’Elysée, y compris, semble-t-il en usant, mal, de moyens malodorants et illégaux.
Le réponse de l’UMP à ses tendres propos ne s’est pas faite attendre, puisque la gracieuse Nadine Moreno a été chargée de rétorquer à l’ex Premier ministre : "nous, on a les mains dans le cambouis et dans le charbon, d'autres ont les mains dans les poches". En poursuivant sur cette voie elle aurait pu ajouter en référence à l’affaire Clearstream que Dominique de Villepin a plutôt les mains dans la merde en ce moment. Bien sûr la sarkophilie de la députée de Meurthe-et-Moselle l'a ensuite entraînée à trop en faire en ajoutant : "nous avons la chance d'avoir un président actif, efficace, avec des promesses qui ont été tenues, une session parlementaire qui a été très dense, qui a donné des résultats, nous allons continuer sur cette route, sur cette méthode, jusqu'à la fin du quinquennat". Si elle dit vrai, dans cinq ans le bilan de la présidence de Nicolas Sarkozy en matière de résultat positif n’aura pas grand-chose à envier à celui de Jacques Chirac
Mais plutôt que commenter l’action gouvernementale de ses "amis" de l’UMP, sans doute Dominique de Villepin ferrait-il mieux de se consacrer entièrement à sa défense dans l’affaire Clearstream pour laquelle il est mis en examen pour rien de moins que "complicité de dénonciation calomnieuse, recel de vol, recel d'abus de confiance et complicité d'usage de faux". Parce que le moins que l’on puisse dire c’est sa ligne de défense qui consiste à se dire victime d’un "procès d'intention politique" est à peu près aussi convaincante qu’Eric Woerth et François Fillon assurant que les objectifs de croissance seront tenus en 2007 et 2008. Et quand il tente une incursion dans le pathos, l’ancien Premier ministre en devient pathétique à force de ridicule : "j'éprouve une certaine tristesse, et je vous dirai même une certaine rage. J'ai consacré trente ans de ma vie au service de mon pays. Aujourd'hui, je vis la suspicion et ma famille, mes proches, en souffrent. Quand on subit une perquisition à son domicile, quand un assistant subit une perquisition chez lui, son enfant de la même façon, quand on soulève le matelas de vos enfants, quand on fouille dans leurs ordinateurs, quand on fouille dans leurs placards, eh bien je ne suis pas sûr que tout cela soit justifié". Avant d’ajouter, lui l’homme qui se vantait de "vouloir prendre la France", de n’avoir jamais eu "d'ambition personnelle, et je trouve quelque peu piquant qu'aujourd'hui on veuille me présenter comme quelqu'un qui a voulu éliminer un soi-disant rival, sachant justement que je n'ai jamais fait preuve d'ambition personnelle en matière politique".

Toute honte bue, il tente une sortie chevaleresque en assurant : "je ne saisirai pas la Cour de justice de la République (CJR) bien que j'aie agi dans le cadre de mes fonctions, parce que j'estime que je suis comme n'importe quel citoyen". Seulement la CJR étant composée de parlementaires et le Parlement étant majoritairement sarkozyste, on comprend vite pourquoi Dominique de Villepin préfère répondre de ses actes devant des juges que devant des "connards", comme il aimait à les qualifier du temps de son éphémère splendeur, qui sont désormais presque tous (surtout à l’UMP) ses adversaires politiques…

lundi, 20 août 2007

Hollande sonne la prérentrée au PS

medium_PS_envers.jpgScoop : le parti socialiste existe encore. Mieux, ses leaders s'expriment, ce qui n'avait pas été le cas depuis la fin de session parlementaire. Certes on peut comprendre qu'après une saison 2006/07 épuisante, mais surtout terrible au niveau des résultats, les socialistes aient eu besoin de vacances. Mais tout de même pas au point de tomber dans un silence radio (télé et presse écrite également) accréditant l'idée selon laquelle l'UMP et le président de la République (même en maillot de bain) n'ont face à eux, et à leur politique, aucune opposition.
En bon estivant français, le premier secrétaire du PS a laissé passer le 15 août avant de reprendre le travail (après cela on pourra plus dire que le PS est éloigné du "peuple"). François Hollande a ainsi sauté sur l'annonce des chiffres de la croissance pour ouvrir le feu : contrairement à Eric Woerth et Christine Lagarde, le député-maire de Tulle estime que "l'économie française ne se porte pas bien avec une croissance faible qui sera inférieure à 2% en 2007, contrairement à toutes les prévisions qui nous ont été affirmées. Cette prévision de croissance sera de cet ordre également en 2008. Toute construction du budget sur une croissance supérieure à 2% sera un défaut de transparence". Et là François Hollande tient son angle d'attaque : "le défaut de transparence est ce qui caractérise le plus les 100 jours de Nicolas Sarkozy : l'absence de transparence". Autant il est difficile de ne pas être d'accord avec lui sur certains dossiers comme la libération des infirmières bulgares et les contreparties plus que probables que le président de la République refuse de révéler, autant concernant les vacances présidentielles dont la presse s'est fait l'écho dans les moindres détails, on a passé le cas de la transparence pour atteindre celui des rayons X... Quoi qu'il en soit pour François Hollande il s'agit d' "un défaut qui annonce, avec la politique qui a été mise en place sur le plan économique et fiscal, une facture qui va être présentée aux Français, peut-être dès la rentrée" qui pourrait pendre la forme d'une hausse de la TVA sociale ou pas (en fonction du rapport sur le sujet d'Éric Besson ???). Et François Hollande de conclure que ce manque de transparence est la conséquence du fait "que la méthode Sarkozy consiste à n'annoncer que les bonnes nouvelles".

Visiblement l'attente de cette sortie de François Hollande était forte… à l'UMP, si l'on en juge par véhémence hors de proportions de la réponse d'Yves Jégo : "les diatribes sans fondement ni consistance de Francois Hollande à l'encontre du président de la République n'avaient qu'un but : convaincre les socialistes du retour sur le devant de la scène du premier secrétaire. Une fois de plus les socialistes n'ont rien d'autre à proposer aux Français que le navrant spectacle de leurs guerres de position internes". Probablement emporté par son élan, le porte-parole de l'UMP donne l'impression d'avoir préparé son texte à l'avance et de l'avoir dégainé trop tôt, tant la dernière phrase sur les divisions du PS est hors de propos. Mais en homme prévoyant il s'était sans doute avancé dans ses devoirs pour ne pas avoir à refaire de nouveau texte pour commenter l'université du PS. Et quand on voit comme les éléphants, notamment Ségolène Royal qui assure que "le temps n'est plus aux règlements de comptes. Les comportements passés appartiennent au passé. Ressasser, c'est de l'énergie perdue", font semblant de calmer le jeu, on est en droit de s'attendre à un bain de sang à La Rochelle.

vendredi, 17 août 2007

Quand Sarko essaie de faire la leçon à Merkel

image : timeomedium_Sarko.JPG
Si à en croire les sondages Nicolas Sarkozy n’a pas encore lassé les Français avec sa boulimie médiatique et sa volonté permanente de tirer la couverture à lui quelle que soit la situation, il commence à sérieusement irriter certains de ses partenaires. C’est notamment le cas de l’Allemagne, déjà passablement irritée par son intervention aussi déplacée que mensongère devant les ministres des Finances de l’Eurogroupe, puis par ses gesticulations lors du dernier sommet européen, pendant qu’en coulisses Allemands et Anglais négociaient pied à pied avec les Polonais et enfin par son immonde tentative de récupération (familiale) de la libération des infirmière bulgares.
Comme si cela ne suffisait pas, le président français profite de la crise du "subprime" pour en remettre une louche en faisant preuve à la fois d’une prétention sans limite et d’une condescendance ahurissante. Nicolas Sarkozy ne pouvait tout de même pas laisser passer une crise financière sans y ajouter son grain de sel. C’est chose faite grâce à une lettre envoyée de Wolfeboro à la chancelière allemande en sa qualité de présidente du G7 (et que l’Elysée a eu la délicate intention de diffuser auprès des agences de presse) pour lui expliquer, ni plus ni moins, comment éviter qu’une telle crise se reproduise. Il lui propose donc des "axes de progrès" destinés à "faire progresser encore la connaissance que nous avons du fonctionnement des marchés internationaux et la vigilance collective que leur développement et leur importance justifient". Cependant, il n’y pas de quoi s’inquiéter plus que cela de la situation actuelle, puisque Nicolas Sarkozy l’assure, sans doute après consultation d’Eric Woerth et de Thierry Breton, "ces mouvements de marché ne sauraient affecter durablement la croissance de nos économies, qui est robuste". D’autant plus que Christine Lagarde vient d’abréger ses vacances pour mettre fin à cette crise… Peut-être serait-il temps de prévenir les places boursières que tout va bien, parce que visiblement elles ne sont pas au courant…

Pas sûr qu’Angela Merkel ait apprécié à sa juste valeur cette missive à en croire la porte-parole de la chancellerie allemande : "le sujet n'est pas nouveau, la lettre reprend des propositions largement discutées lors du dernier sommet du G8 à Heiligendamm. La chancelière a clairement exprimé son engagement pour davantage de transparence sur les marchés financiers internationaux". Tel Monsieur Jourdain, Angela Merkel ferait-elle du Sarkozy sans le savoir en matière d’économie ??? Dans ce cas, elle n’a plus qu’à prendre un cours de relooking (sponsorisé par Prada ???) avec Cécilia Sarkozy et elle sera peut-être au niveau pour envisager un dîner avec Doc Gynéco ou Johnny Hallyday

jeudi, 16 août 2007

Le PS n'est pas mort : Glavany bouge encore

medium_PS_envers.jpgEn attendant l'université d'été de la Rochelle (qui cette année risque bien d'avoir plus l'allure d'une session de rattrapage pour étudiants ayant échoués collectivement aux épreuves de mai et juin que d'un quelconque grand oral), la politique française semble avoir totalement oublié le PS. Il faut dire qu'entre les vacances de Nicolas Sarkozy, les affabulations économiques d'Eric Worth, les gesticulations de Brice Hortefeux et les provocations gratuites et stupides d'André Santini (qui fleure d'ores et déjà bon le podium du Top 3 de la semaine), la gauche a bien peu d'espace pour se faire entendre.
Au milieu de cette torpeur estivale pour la gauche, n'importe quelle sortie d'un responsable, ou assimilé, d'un parti de gauche fait figure d'évènement. Et l'interview de Jean Glavany dans France-Soir ne faillit pas à la règle. L'ancien ministre de l'Agriculture y déclare ne pas vouloir "que le PS se transforme en UMP de gauche". Bah oui, quelle perte de repères pour les cadres du parti si du jour au lendemain le PS se transformait en machine à gagner les élections… avec, pire que tout, un leader charismatique (et un peu nouveau riche sur les bords). Heureusement Jean Glavany précise ensuite ses arguments : "l'UMP a une tradition bonapartiste. C'est un parti qui s'aligne derrière son chef. Au PS, nous sommes un parti de militants avant tout, rassemblés autour de valeurs et de convictions. Veillons à le rester". Certes, mais il semble tout de même oublier que le PS en 2002 avait choisi Lionel Jospin (dont il fut directeur de campagne avec le succès que l'on sait à l'arrivée…) comme candidat à la présidentielle à plus de 99%. Qui plus est lors d'un scrutin à un seul candidat. De là à dire que la désignation "bonapartiste", comme il la qualifie, de Nicolas Sarkozy en 2007 n'a rien à envier au PS…
Plutôt que de polémiquer sur la meilleure organisation pour un parti politique, peut-être serait-il enfin temps pour la gauche en général et pour le PS en particulier de commencer à se pencher sur le renouvellement de son programme et de ses idées, même si les vocables "idées" et "programme" sont synonymes de grossièreté ces derniers temps du coté de la rue de Solferino…

Mais que Jean Glavany se rassure, vu l'état d'éparpillement et d'émiettement de la gauche, ce n'est pas demain ni après-demain la veille que l'idée (bonne ou mauvaise, là n'est pas la question) d'un grand parti unique de la gauche se posera. En effet, quand on voit que les trotskystes se répartissent en pas moins de trois formations, que les Verts sont par nature en permanence au bord de la rupture et que le PS lui-même n'est plus qu'une sorte "d'UDF" de gauche, à savoir une juxtaposition d'écuries de présidentiables (trouver le point commun entre François Hollande, Jean-Luc Mélenchon et Michel Rocard relève de la pure science-fiction), on n'imagine même pas quel pourrait être l'intérêt de rassembler tout ce beau monde en un seul parti.

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