jeudi, 17 avril 2008

Pour le professeur Sarkozy, le gouvernement tu l’aimes ou tu le quittes

image : timeomedium_Sarko.JPG
Il aura mis le temps, mais face à la succession de couacs qui ont émaillé les dernières annonces (ou tentatives d’annonces) gouvernementales, Nicolas Sarkozy a enfin réagi… à la manière d’un Jean-Pierre Chevènement.
"Il n'y aura pas de nouvel exemple de couac sans sanction et celui ou celle qui manque à la solidarité gouvernementale devra sortir. C’est la dernière fois que j'accepte cela. François et moi estimons que ça suffit! Je ne supporte plus que certains se fassent leur cote au détriment de l'équipe. On accepte les arbitrages et si on n'est pas content, on quitte le gouvernement", a ainsi tonné le président de la République (semblant au passage oublier qu’il n’a pas été le dernier à mettre de l’huile sur le feu, notamment concernant la carte famille nombreuse…) durant un Conseil des ministres aux allures de conseil de classe, voire de discipline, pour cancres. Et le chef de l’Etat d’enfoncer le clou envers Nathalie Kosciusko-Morizet et Rama Yade en précisant : "quand vous parlez au Monde, même en off, je ne peux pas croire que vous le fassiez sans vous en rendre en compte". Qu’il se rassure, la grève actuelle de la rédaction du quotidien du soir devrait, au moins temporairement, limiter les fuites sur la cacophonie gouvernementale et les états d’âme des ministres.
Dans le rôle de la fayotte de service, Fadela Amara s’en est donnée à cœur joie en assurant : "j'ai juste entendu que tout le monde peut s'exprimer tranquillement et librement, à partir du moment où ça ne met pas en défaut le gouvernement. Je trouve que c'est légitime". Facile à dire quand ont est la chouchoute qui peut dire, même et surtout grossièrement, tout ce qu’on veut sans jamais être reprise. De là à penser que certains de ces petits camarades trouvent son attitude "dégueulasse"…

Après avoir recadré son gouvernement, Nicolas Sarkozy va sans plus attendre devoir s’atteler à remettre de l’ordre chez les députés UMP puisque même la porte-parole du mouvement, Chantal Brunel, a réussi à obtenir une standing ovation de la gauche lors des questions au gouvernement en interrogeant Christine Lagarde sur ce qu’elle compte faire pour lutter contre les "dérives fiscales permettant aux plus fortunés de ne pas payer d'impôts".
Pour la promo UMP 2007/2008, il est vraiment tant que les vacances arrivent… avant d’envisager un redoublement bien mérité. A moins que ce soit du côté du professeur qu'il faille chercher les causes de ces lacunes...

jeudi, 13 mars 2008

Quand les amis de Bayrou vont à la soupe…

medium_MoDem.jpg"Ce n'est pas la girouette qui tourne, c'est le vent !" C'est peu de dire que François Bayrou et le MoDem ont fait leur cette maxime d'Edgar Faure. En effet, s'il fut un temps où le centre penchait ouvertement à droite en France (ce qui valu à François Bayrou d'être ministre d'Edouard Balladur, puis d'Alain Juppé…), son positionnement sur l'échiquier politique fluctue aujourd'hui en fonction des places d'adjoints au maire que lui propose tel ou tel camp.
C'est ainsi que par exemple, le MoDem a rejoint le PS à Lille ou Marseille, alors qu'il fait alliance avec l'UMP à Toulouse ou Colombes (pour sauver la soldate Yade ???). Une tactique édictée par François Bayrou lui-même, qui réussit la performance de rester officiellement indépendant à Pau tout en étant soutenu par Alain Juppé. Mais voilà l'ex-futur maire de Pau, à force de prôner une stratégie opportuniste et dépourvue de la moindre élémentaire décence, a fini par être débordé par ses propres troupes : à Aubagne, la liste MoDem a fusionner avec la liste... du PCF en échange d'un poste d'adjoint (on imagine la tête des quelques rares notables de l'UDF passés au MoDem qui déjà le 10 mai 1981 craignaient de voir les chars soviétiques sur les Champs Elysées...).
Après ça, le leader du MoDem peut bien condamner de tels agissements en assurant : "j'ai appris par la radio qu'il y avait une alliance, la seule que je n'accepte pas, c'est à Aubagne, parce que l'alliance avec un maire communiste sortant, même si c'est quelqu'un sans doute de sympathique, n'est pas dans le cadre de la vision qui est la nôtre. Nous considérons qu'il faut avoir un minimum de repères communs, ou un patrimoine de repères communs et le Parti communiste n'entre pas dans ce répertoire de repères communs". C'est tout de même lui qui a commencé à brouiller les repères au nom de sa seule ambition personnlle lors de la présidentielle...

Heureusement pour la morale, dans certains cas la prostitution électorale du MoDem laisse de marbre les candidats aguichés. Ainsi à Paris en dépit des efforts plus qu'insistants de Marielle de Sarnez pour démontrer son opposition à l'UMP et à Françoise de Panafieu (plus bête, méchante et hargneuse que jamais lors du débat télévisé d'hier soir), elle a reçu une superbe fin de non de recevoir de la part de Bertrand Delanoë : "quand je vois le MoDem s'allier à Toulouse avec la droite et à Marseille avec la gauche, je suis un peu choqué" par cette "géométrie variable". En réaction, et preuve de l'absence de ligne politique et surtout de logique et d'amour propre du MoDem, le parti bayrousite s'apprête à faire réélire Jean Tibéri dans le 5e arrondissement en maintenant son propre candidat. Comme action de rénovation de la vie politique on a connu mieux…

samedi, 01 mars 2008

Top 3 des champions de la semaine 102

bcd0a0ca56ddb0cb57a7c7ed2acf7f49.jpgAprès le classement spécial de la semaine dernière on était en droit de craindre un certain relâchement. Que nenni !!! Le niveau est encore une fois des plus élevés.

1/ Rama Yade
"Le temps ne fait à l’affaire, quand on est con on est con" chantait Georges Brassens. De sortie en sortie, la secrétaire d’Etat aux Droits de l’Homme, qui est en train de devenir une habituée du podium, confirme la justesse de l’analyse du poète. En visite de soutien à Georges Mothron, le maire sortant d’Argenteuil elle a légitimé la tentative de ce dernier (qui lui avait valu à l’époque une bien méritée médaille d’or) d'utiliser Malodor pour chasser les SDF en affirmant qu’"il faut tout tenter dans une ville, il faut essayer. Un maire n'agit pas parce qu'il se réveille un matin et qu'il a envie de faire comme il veut. Il répond aux préoccupations d'une population"…
Quelques fois les paroles sont aussi nauséabondes que les produits répulsifs !!!

2/ Lionnel Luca
Après Roger Karoutchi est sa comparaison fumeuse avec l’assassinat de Jean Zay, c’est au tour du député UMP des Alpes-Maritime de déraper en accusant à mi-mots l’opposition de pousser Nicolas Sarkozy au suicide : "il y a eu d'autres exemples dans le passé de ce type d'acharnement avec Roger Salengro et Pierre Bérégovoy et l'on sait comment cela a fini".
Au moment où le président de la République veut confier la mémoire de la Shoah aux élèves (ce qui en soit n’est pas une mauvaise idée… à condition que cela soit fait de manière réfléchie…), il ferait bien d’imposer à sa majorité de ne pas galvauder l’Histoire et de respecter les morts !

3/ Bernard Laporte
L’élève aurait-il dépassé le maître ? Quand Nicolas Sarkozy se contente de faire rajouter des regrets a posteriori dans un interview, son secrétaire d’Etat aux Sports fait encore mieux en ajoutant ni plus ni moins qu’une question et une réponse lors de la relecture d’un entretien à Libération.
Sans commentaire...

dimanche, 24 février 2008

Top 3 des champions de la semaine 101

bcd0a0ca56ddb0cb57a7c7ed2acf7f49.jpgIl est des semaines comme cela où le niveau de jeu est tel que se contenter d’un podium à trois marches est impossible (et priverait de reconnaissance trop de champions méritants). Le jury a donc été obligé d’élargir le classement et de le présenter par ordre alphabétique, tous les lauréats étant ex æquo.

Gérard Gaudron
Comme on dit par chez moi "quand on monte au cocotier, mieux vaut avoir une culotte propre". Cela n’est visiblement pas le cas du député UMP de Seine-Saint-Denis co-auteur d’une une proposition de résolution tendant à créer une commission d'enquêtes sur les fraudes aux prestations et aux prélèvements sociaux, qui a lui-même cumulé indemnités chômage et indemnité de parlementaire.
Encore un bel exemple de "faites ce que je dis mais pas ce que je fais" qui renforce encore un peu plus le "tous pourris".

Pierre Lellouche

Après Carla Sarkozy et Christian Karoutchi associant la presse et l’opposition au régime de Vichy, c’est désormais au tour du député de Paris d’accuser la gauche d’utiliser les méthodes de la Stasi et d’instruire des procès de Moscou contre la majorité…
Outre l’immondice de telles attaques qui démontrent au passage l’incurie en histoire de leur auteur puisque du temps des purges staliniennes, la Stasi était loin, et pour cause, d’exister, il serait bon que les sarkozystes se mettent d’accord entre eux : à moins de sombrer dans un amalgame immonde, bien que certains semblent l’apprécier, il est difficile d’être à la fois communiste et fasciste…

Maurice Leroy
Plus faux-cul que le député du NC, tu meurs. Après avoir signé l’appel de Marianne appelant à la "vigilance républicaine", Maurice se rétracte désormais au motif qu’il ne savait pas qu'il s'agissait d'"un appel anti-Sarkozy" et dénonce "un coup médiatique" de Jean-François Kahn.
A son âge, il serait temps qu’il apprenne qu’il faut lire un texte avant de signer. Ou alors qu’il apprenne à lire s’il n’avait pas compris le sens du texte, pourtant ô combien explicite…

Emmanuelle Mignon
Superbe performance de la directrice de cabinet de Nicolas Sarkozy qui est a parvenu à se mettre toute la classe politique à dos, y compris le chef de l’Etat et le Premier ministre, suite à sa sortie lamentable pro sectes…

André Santini
Parce que "personne ne lui avait demandé de démissionner". Voici comment le secrétaire d’Etat chargé de la Fonction publique justifie son refus de quiter au gouvernement en dépit de la confirmation par la Cour de cassation de sa mise en examen pour "prise illégale d'intérêt, faux et usage de faux et détournement de fonds publics" à l'occasion de la création avortée en 2004 de la fondation d'art contemporain Hamon.
Avec une telle affaire aux fesses, sa légitimité pour expliquer aux fonctionnaires qu’ils vont devoir travailler plus sans gagner plus (même pas le rattrapage de l’inflation) va sans nul doute s’en trouver renforcée…

Rama Yade
La secrétaire d’Etat aux Droits de l’Homme est tombée bas, très bas, en usant de l’argument du racisme pour essayer de contrer les critiques qui lui sont faites en s’en prenant à "cette gauche qui dit défendre les modestes, les minorités et les immigrés, c'est cette gauche qui s'en prend à moi, qui ne suis que numéro 3 de la liste, je le rappelle, qui s'en prend à moi parce que je suis noire".
Il lui reste encore en stock la condamnation de cette gauche qui s’en prend à elle parce que c’est une femme et parce qu’elle est jeune…

jeudi, 14 février 2008

Attention un porte-parole peut en cacher un autre…

medium_logo-pmu.JPGQui a dit que les membres du gouvernement se tiraient dans les pattes et que l’ambiance en Conseil des ministres est aussi sordide que les sondages de Nicolas Sarkozy sont bas ??? Sans aucun doute les mêmes jaloux malveillants que ceux qui osent critiquer, sans fondement, la vie privée si discrète du président de la République.
La preuve que les ministres s’aiment et sont solidaires entre eux est apportée de façon éclatante par deux symboles de l’ouverture sarkozienne et un porte-parole. En effet, Eric Besson, toujours en première ligne quand il faut défendre le chef de l’Etat (alors qu’il le qualifiait il y a encore un an dans un document de campagne du PS de néo con(servateur) américain déguisé en français…) a ainsi intimé l’ordre aux journalistes de "foutre la paix" à Nicolas Sarkozy : "si vous me permettez l'expression, je ne suis pas sûr qu'on puisse l'utiliser dans la cour de l'Elysée, je pense qu'il faudrait lui foutre la paix et leur foutre la paix, à lui et à son épouse. Voilà, bonne journée". Et comme un coup de brosse à reluire ne peut pas nuire à son auteur, le secrétaire d’Etat à la Prospective (et la Traîtrise ???), ajoute cependant que le chef de l’Etat n'avait "pas l'air déstabilisé. Je l'ai trouvé détendu, en forme".
Dans le même temps, Laurent Wauquiez, le porte-parole du gouvernement est venu décoder les propos de Rama Yade au sujet des journalistes qu’elle avait qualifiés de "charognards" pour avoir osé évoquer un sms présidentiel à son ex-femme (la 2e…). Ainsi, d’une part, la secrétaire d’Etat aux Droits de l’Homme "a juste fait référence à un point précis sur lequel on est tous d'accord pour dire qu'en la matière il y a vraiment eu un débordement". C’est pratique un porte-parole du gouvernement qui explique au peuple ce qu’il doit penser… en d’autres temps ça s’appelait de la propagande. D’autre part "il était hors de question pour elle de désigner l'ensemble des médias et de mettre tout le monde dans le même panier, ce qui serait totalement stupide". Soit Laurent Wauquiez a mal écouté sa collègue, soit, et c’est lui qui le dit, elle est réellement stupide…

Quoi qu’il en soit, c’est une bonne nouvelle que Laurent Wauquiez donne de nouveau de la voix en ces temps troublés pour sa corporation puisque pour la première fois depuis son entrée en fonction, David Martinon n’assure pas de point presse élyséen cette semaine…

lundi, 07 janvier 2008

Lagarde remplace la croissance par l’inflation

medium_logo-pmu.JPG"Je ne serai pas candidat au poste de premier secrétaire, je refuserai de me mêler à quelque bagarre que ce soit". Ça y est, le suspense insoutenable a pris fin : Laurent Fabius ne sera pas candidat au poste de premier secrétaire du PS (sans doute n’est-il pas tenté par une nouvelle défaite face à Ségolène Royal…). Cependant le député de Seine-Maritime a au moins le courage de dire tout haut ce que beaucoup pensent tout bas : "il vaut mieux que nous nous mettions d'accord sur un projet novateur sur des équipes unies et renouvelées".
Et il va falloir faire vite parce que Nicolas Sarkozy, qui décroche dans les sondages, s’apprête à en remettre une couche en annonces dogmatiques et populistes pour masquer l’ampleur des difficultés économiques de France qu’il avait promis de résoudre au plus vite, notamment à l’aide du paquet fiscal et des heures sup défiscalisées (avec le succès que l’on sait). C’est la raison pour laquelle, se prenant pour le général de Gaulle, il convoque la presse mardi à l’Elysée pour une conférence de presse entre grand messe et "Sarko show". A moins que ce ne soit pour annoncer "urbi et orbi" son mariage avec Carla Bruni
Il faudra au moins ça pour faire oublier que Christine Lagarde a enfin annoncé une hausse réelle (une grande première depuis son arrivée à Bercy), mais que malheureusement, il ne s’agit nullement d’une augmentation de la croissance, point sur lequel elle en reste à des incantations, mais bel et bien d’une hausse… de l’inflation. Sur France Info, la ministre de l’Economie a reconnu qu’"on aura sans aucun doute plus d'inflation en 2008 qu'on en a eu en 2007". Et de se justifier en accusant les autres, les Arabes qui font monter le prix du pétrole et les pauvres qui cherchent à acheter des matières premières : "je ne pense pas que les prix du pétrole baissent durablement en 2008. Je pense que les prix d'un certain nombre de matières premières, notamment agricoles continueront à augmenter tout simplement parce que la demande est très forte sur le marché mondial". Si l’économie mondiale refuse de jouer le jeu de rupture prônée par Nicolas Sarkozy, où va-t-on ??? C’est à croire que le monde ne mérite pas le génie français, alors que ce serait si simple de forer plus pour produire plus de pétrole et de cultiver plus pour produire plus de matières premières. Y a pas à dire les 35 heures ont fait beaucoup de mal en mettant à mal la valeur travail sur l’ensemble de la planète…

Et de toute façon, comme le dit Rama Yade, la secrétaire d'Etat aux Droits de l'Homme,"les Français ne doivent pas oublier ce pourquoi ils ont élu" Nicolas Sarkozy, et ce "malgré le marigot de la polémique politicienne, malgré les contestations a posteriori de l'opposition qui n'arrive pas à trouver sa voie". Parce que le président, lui, "n'oublie pas ce pour quoi il a été élu : la rupture se fera avec lui ou ne se fera pas. Il n'y a donc pas d'alternative à Nicolas Sarkozy". Avec de tels arguments, c’était vraiment pas la peine de nous faire une jaunisse au sujet de la visite officielle du colonel Kadhafi en France : en Libye non plus n’y pas d’alternative au leader de la révolution, tout comme en Russie, il n’y a pas d’alternative à Vladimir Poutine… lui aussi grand ami de Nicolas Sarkozy.

samedi, 15 décembre 2007

Top 3 des champions de la semaine 92

medium_top3_hebdo.gifSans surprise, le classement de la semaine est entièrement consacré à la visite d’Etat du colonel Kadhafi. Une telle performance ne peut en effet qu’éclipser tout autre événement.

1/ Nicolas Sarkozy
A tout seigneur tout honneur. Le président de la République remporte une nouvelle médaille d’or (ce qui en fait un candidat plus que sérieux au Top 5 de l’année) pour avoir invité le dictateur libyen en France et pour l’avoir traité (lui avoir passé tous
ses caprices ???) mieux que bien des dirigeants démocratiquement élus et dont les Etats n’ont pas soutenu le terrorisme international. Le ridicule n’ayant pas de limite en terre sarkozienne, le chef de l’Etat a même réussi à se faire humilier au sujet des droits de l’Homme par quelqu’un qui les bafoue ouvertement depuis des décennies…
Et quand on pense que Mouammar Kadhafi s’est même permis de dire que Nicolas Sarkozy et lui sont "amis", on ne peut s’empêcher d’avoir honte pour la France… et de se demander où s’arrêteront les contreparties à la libération des infirmières bulgares : au plus Claude Guéant nie leur existence, au plus on peut légitimement être inquiet.

2/ Rama Yade
Et dire que la secrétaire d’Etat aux droit de l’Homme a failli être la seule parmi les membres du gouvernement à faire preuve d’un minimum de dignité dans cette lamentable affaire. Hélas, elle monte sur la deuxième place du podium pour son revirement spéculaire suite au savon que n’a sans doute pas manqué de lui passer l’Elysée : elle affirme désormais que "personne n'a le droit de douter de la sincérité du président de la République", dans le domaine des droits de l'Homme et que même si "en ce moment c'est vrai que l'exercice est difficile par rapport au président libyen et je crois que le président de la République s'y livre avec sincérité et franchise".
Mais le comble du léchage de bottes reste à venir lorsque Rama Yade assure que "c'est lui et personne d'autre qui a obtenu la libération des infirmières bulgares". Et dire qu’on nous a essayé de nous de faire croire que Cécilia avait joué un rôle majeur dans cette affaire… On nous aurait menti ???

3/ Jean-Marie Bockel
le secrétaire d’Etat à la Coopération est prêt à tout pour donner des gages de son sarkozisme (sans doute pour obtenir la palme du plus fidèle rallié que convoite également Eric Besson…) Au point d’affirmer : "je peux vous confirmer que le président a parlé de droits de l'Homme, j'étais présent à la table, le colonel Kadhafi lui n'en a pas parlé mais enfin il a entendu le président en parler"… la traduction devait sans doute être défaillante.
Ou alors peut-être Jean-Marie Bockel, qui pense qu’il est possible d’être de gauche et sarkozyste, a-t-il une définition toute personnelle des droits de l’Homme…

mardi, 11 décembre 2007

Kadhafi à Paris, quand la realpolitik sert de cache-sexe

1c5febad7771623c6c4594d4fad05555.jpgQue pèse l’honneur d’un pays au regard de quelques milliards d’euros de contrats (y compris d’armement) avec un Etat où les droits de l’Homme et la démocratie sont bafoués depuis des décennies ??? A priori pas grand-chose à en croire Nicolas Sarkozy qui reçoit, en visite officielle, Mouammar Kadhafi le jovial dirigeant libyen qui a si sympathiquement accueilli pendant des années les infirmières bulgares dans ses geôles réputées pour leur confort ou qui a tant fait pour le notoriété internationale de Lockerbie.
Mais soyons rassuré, le président de la République assure avoir "demandé au colonel Kadhafi de progresser sur le chemin des droits de l'Homme". On croit rêver : Nicolas Sarkozy absout un dictateur par une simple petit de leçon de morale avant de lui vendre des Rafale et autre centrale nucléaire, au motif qu’il s’agit d’un chef d’Etat "qui a choisi de renoncer définitivement au terrorisme et qui a choisi d'indemniser les victimes". Il est étonnant de constater à quel point Nicolas Sarkozy peut être répressif à outrance en France et dans le même temps avoir le pardon aussi facile vis-à-vis de l’étranger, alors que pour prendre une comparaison qui devrait parler à Nicolas Sarkozy, vendre des armes à un Etat terroriste c’est un peu comme prescrire du Viagra à pédophile…
Et qu’on se le dise quiconque n’est pas d’accord avec le président de la République sur ce sujet a tort. Ainsi Rama Yade, qui a un instant eu l’outrecuidance de penser que son secrétariat d’Etat aux Droits de l’Homme était autre chose qu’un effet d’annonce, a eu le droit de se faire tancer par Nicolas Sarkozy lui-même pour avoir osé affirmer dans la presse : "notre pays n'est pas un paillasson sur lequel un dirigeant, terroriste ou non, peut venir s'essuyer les pieds du sang de ses forfaits", jugeant même que la France "ne doit pas recevoir ce baiser de la mort". Après avoir fait mine de défendre sa secrétaire d’Etat, Bernard Kouchner a vite fini par sombrer dans la rhétorique sarkozienne de bas étage en posant cette question biaisée : "demandez aux Français si les milliers d'emplois que représentent ce que j'espère être les contrats qui vont venir, doivent être négligés dans un temps difficile".
Il n’y guère que Jean-François Copé pour parvenir à être plus faux-cul que le ministre des Affaires étrangères en tenant de justifier sa probable non présence dans l’hémicycle en même temps que le "guide de la révolution libyenne" : "en l'occurrence, c'est au moment même où je réunis l'ensemble du groupe de l'UMP et donc, en l'occurrence, je ne suis pas certain d'y être pour cette raison". S’il avait un tant soit peu d’amour propre et de courage (mais cela se saurait…), il aurait clairement fait part de son dégoût, comme le fait le député UMP, Lionnel Lucas (qui mériterait d’être sanctionné par son parti pour de tels propos..), en affirmant que "l'honneur des parlementaires, ce n'est pas de se compromettre avec un terroriste" puisque "l'Assemblée nationale, c'est quand même celle qui est l'héritière des droits de l'Homme et du citoyen" avant de conclure : "très franchement, c'est parfaitement inopportun et il faut qu'on arrête cette mascarade". Comme quoi c’est pas si difficile que cela d’afficher un minimum de dignité…

Et dire qu’au soir de son élection, Nicolas Sarkozy avait annoncé que la France serait "aux côtés des opprimés" (et comme il ne boit pas, il n’avait même l’excuse d’être bourré…). Kadhafi et Poutine comme opprimés, on a fait mieux…

samedi, 08 décembre 2007

Top 3 des champions de la semaine 91

medium_top3_hebdo.gifDans sa volonté de ne pas faire de publicité pour un ouvrage sortant cette semaine en librairie (dommage que la saison des prix littéraires soit passée…), le jury a décrété un Top 3 "Ségo free". Pour autant la qualité du classement n’a pas a rougir du fait de du talent des deux binômes récompensés.

1/ Nadine Morano et Fadela Amara
La vulgarité et l’aigreur, telles sont les deux points communs les plus flagrants entre la secrétaire d’Etat chargée de la politique de la Ville et l’ex porte-parole du candidat Sarkozy plus haineuse que jamais de ne pas avoir obtenu le moindre sous-maroquin (au point d’avoir fait part de son ressentiment par un superbe "ce n’est pas de ma faute si je m’appelle Nadine!" en apprenant les nominations de Rachida Dati, Rama Yade et Fadela Amara…). Nadime Marano a donc ouvert le bal cet semaine en affirmant : "quand on n’est pas d’accord avec Fadela Amara, on se fait insulter ! C’est déplorable, mais ce n’est pas le plus grave. Les parlementaires commencent à en avoir l’habitude, puisqu’elle est coutumière de ce genre de dérapages. Ce que je lui reproche, c’est d’encourager les jeunes de banlieue à s’enfermer dans une caricature en adoptant leur comportement et leur vocabulaire. Quand on utilise des expressions comme “à donf” ou “je kiffe” dans un entretien d’embauche, on n’est pas pris". Ce qui lui a valu une réponse de tout aussi haut niveau de Fadela Amara : "Nadine Morano, elle est sympa, mais elle énerve tout le monde, tout le monde la fuit. C’est un peu la Castafiore".
Si c’est ça la rupture et l’ouverture, ça donne envie de devenir réactionnaire…

3/ Jean-Pierre Georges et Philippe Pemzec
Une belle médaille de bronze conjointe pour les ex députés UMP de Chartres et du Plessis Robinson dont le Conseil constitutionnel vient d’invalider les élections pour non respect du Code électoral (pour plus d’infos sur les causses des ces invalidations, voir l’excellent blog Un strapontin à l’Assemblée).
Bien entendu, comme quiconque condamné en France, Philippe Pemezec, se dit "écœuré" par ce "déni de démocratie". Et oui, la loi c’est mieux quand elle ne s’applique qu’aux autres…

lundi, 05 novembre 2007

Il serait bon de prendre (La)garde à ne pas dire d'ânerie

medium_logo-pmu.JPGNicolas Sarkozy a de quoi être furax, il s'est volé la vedette par sa ministre des Finances alors qu'il n'avait pas lésiner sur les moyens pour faire parler de lui en produisant une sorte de remake de la libération des infirmières bulgares (Cécila en moins).
Le président de la République a en effet réussi à faire libérer les sept journalistes et hôtesses de l'air jusqu'alors incarcérés avec les membres de l'association l'Arche de Zoé. Pour cela, il s'est rendu au Tchad, en emportant dans ses bagages Rama Yade (qu'il a bien pris soin de réduire au silence) pour rappeler au président Idriss Deby Itno qu'il peut "compter sur sa reconnaissance et son amitié", bref que "les relations entre le Tchad et la France sont au beau fixe". Au-delà de la mise en scène une nouvelle fois très sarkozienne (et qui comporte de nombreuses zones d'ombres) de cette libération, comment ne pas se réjouir de la sortie de prison de personnes qui n'ont rien à voir avec ce que Nicolas Sarkozy qualifie à juste titre d' "équipée assez lamentable" de l'Arche de Zoé ???
Mais voilà, la mise en scène, même avec de gros moyens comme un "A319 militaire" ne peut rivaliser avec le talent à l'état pur de certain(e)s dialoguistes. Et visiblement Christine Lagarde est de ceux-ci : face à la hausse du prix du pétrole, la ministre des Finances, qui précise "qu'on n’est pas aux prix maximum atteints l'été dernier", se refuse à envisager la moindre baisse des taxes (bah oui y a 15 milliards d'euros à rembourser depuis le "paquet fiscal"), mais surtout elle encourage les Français à se mettre… au vélo. C'est Françoise de Panafieu qui doit lui en vouloir : déjà qu'elle lui a piqué son look, il fait désormais la pub du Vélib' de son ennemi intime, Bertrand Delanoë
Mais comme le vélo c'est fatiguant, Christine Lagarde essaie de se la jouer "bon sens près de chez" tendance Grenelle de l'Environnement en affirmant que face à la hausse du prix de l'essence "entre collègues ou amis il est peut-être possible de se concerter pour faire la route ensemble. Être plus rationnel dans son choix de transport, c'est cela se déplacer intelligemment". En voilà une idée grandiose madame la ministre, dès demain on vous attend à votre arrivée à Bercy, soit à vélo, soit en covoiturage avec Eric Woerth, ou mieux, pour faire peuple, avec l'un(e) de vos agents administratifs !!!

Pas de doute, 30 ans après, en France on n'a toujours pas de pétrole, mais au niveau des idées à la con a n'a pas cessé de progresser…

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