lundi, 25 février 2008
600e post, être social-démocrate selon François Mitterrand
Alors que chaque jour une ou plusieurs sorties pathétiques de Nicolas Sarkozy et/ou de ses zélotes viennent rabaisser encore un plus le niveau de la politique française, il est bon de prendre un peu de recul (une fois tous les 600 posts, cela ne peut pas faire de mal)…
D’où cette citation de François Mitterrand qui explique clairement et simplement ce qu’est la sociale-démocratie sans pour cela faire appel des concepts plus ou moins galvaudés, mais en leur préférant le pragmatisme :
"Nous aurions pu être léninistes, bien plus radicaux, et ne pas faire de compromis avec nos adversaires. Mais naturellement, c’est impossible : il faudra se contenter de nos résultats. La sociale-démocratie peut transformer durablement les choses. La radicalisation conduit à la dictature : alors il vaut mieux s’abstenir ! Je me sens social-démocrate, c’est-à-dire que je ne tente jamais une réforme quand je suis sûr qu’elle échouera…"
(Cette citation est tirée de C’était François Mitterrand, de Jacques Attali. Livre passionnant sur l’ancien président de la République écrit par celui qui fut 20 années durant l’un de ses plus proches conseillers. Livre surréaliste parce qu’écrit en 2006 par un Jacques Attali soutenant Laurent Fabius lors la primaire du PS, donc essayant de se faire passer pour un homme de gauche. Livre insupportable tant l’auteur y apparaît imbu de lui-même allant jusqu’à sous-entendre que c’est lui qui a fait élire François Mitterrand. Bref on y retrouve tout Jean Attali : sans aucun doute un homme d’une intelligence hors norme, mais tellement prétentieux qu’il se refuse à se soumettre au suffrage universel, se préférant éminence grise, mais n’acceptant de ne pas toujours avoir raison… comme le démontre parfaitement son pétage de plombs contre ceux qui n’ont pas glorifié à leur juste valeur ses 316 propositions.)
Entre François Mitterrand, en dépit de ses défauts, mensonges et échecs, et un président bling-bling et vulgaire (au point de lâcher face caméra "casse-toi, casse-toi alors ! Pauvre con va..."), c’est peu de dire qu’en un quart de siècle, la politique française a régressé…
08:30 Publié dans Un peu de culture, Vie du bistrot | Lien permanent | Commentaires (33) | Envoyer cette note | Tags : politique, Sarkozy, Mitterrand, Attali, Fabius
jeudi, 24 janvier 2008
La diva Attali présente son inventaire à Prévert
Quand la prétention et la suffisance fusionnent cela donne… Jacques Attali présentant son rapport "la libération de la croissance" au président de la République. On l’oublie un peu vite à la lecture de ce catalogue sans fin de mesures de comptoir, mais il fut un temps, pas si lointain, où l’ancien sherpa de François Mitterrand se disait de gauche (et soutenait Laurent Fabius, version gaucho, lors de la primaire du PS) et surtout était considéré comme l’un des plus brillants cerveaux de France.
Il faut croire que son ralliement à Nicolas Sarkozy lui a concomitamment faire fondre la matière grise et gonfler le melon. Pour s’en convaincre il suffit de lire son interview dans Le Monde. Sûr de lui, voir un poil imbu de son propre génie, Jacques Attali affirme sans détour qu’il "serait tragique de ne pas" appliquer ses 316 propositions. Voilà les politiques
prévenus !!! Et pour cause, son plan est parfait (bref à son image) puisqu’ "il est financièrement équilibré et peut être réalisé en respectant la baisse d'un point de la part des dépenses publiques dans le PIB" et qu’ "il conduira à des résultats très spectaculaires dès 2012 : au moins un point de croissance de plus, une réduction des deux tiers du chômage des jeunes, un taux de chômage global inférieur à 5 % et une réduction de la dette à moins de 55 % du PIB". Quand on pense que depuis 35 ans les politiques qui se sont succédés au pouvoir ont échoué à sauver la France, alors que pour cela il suffit d’appliquer 316 mesures, on se dit que soit ils y ont mis de la mauvaise volonté, soit Jacques Attali est un pur génie…et un visionnaire puisqu’il rappelle qu’il avait "dit dès octobre que nous étions menacés d'une crise du niveau de celle de 1929. On m'a ri au nez; mais nous y sommes". Il prévoit les problèmes avant le commun des mortels et possède la martingale pour relancer la croissance ; dommage qu’il soit trop modeste et se contente de la présidence d’une commission Théodule alors que c’est sans nul doute à l’Elysée que son talent s’exprimerait à sa juste valeur.
Bon prince, il se permet d’ailleurs de guider l'actuel locataire de l’Elysée en lui précisant que son "rapport est prêt à être mis en place, à être appliqué et pas à être mis à l'étude". Mais alors que Nicolas Sarkozy lui explique : "je veux dire que j'adhère à l'essentiel de vos conclusions, si certains ont été effrayés par le contenu de vos propositions, moi je les trouve plutôt raisonnables dans l'essentiel", mais en ayant l’outrecuidance de reconnaître : "j'assumerai quelques désaccords", Jacques Attali lui répond, en artiste offusqué qu’ "aucune des mesures qui est là ne se comprend et ne peut s'appliquer sans être faite dans un ensemble"…
Bah oui, c’est vrai ça, pour qui il se prend ce Nicolas Sarkozy pour oser défendre "le principe de précaution qui n'est pas un principe d'inaction" ou les département qui "ont la légitimité historique", alors que Jacques Attali vient de lui expliquer qu’il fallait les jeter dans les poubelles de l’Histoire ???
Que c’est dur d’être un génie incompris…
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mardi, 16 octobre 2007
L'inventaire d'Attali ne vaut pas celui de Prévert
Il fut un temps où tout le monde, de gauche comme de droite, louait la remarquable mécanique intellectuelle que représentait la pensée de Jacques Attali. Fort de ce préjugé on ne peut plus favorable, Nicolas Sarkozy, dans sa frénésie d'ouverture, lui a confié la tête d'une commission pour la libération de la croissance française. En découvrant les 28 pages du rapport qu'il vient de lui remettre, le président de la République a du se dire soit que la réputation de l'ex conseiller diplomatique de François Mitterrand est un poil usurpée, soit qu'il aurait mieux fait de préciser sa commande pour éviter de ne recevoir qu'un catalogue de mesures qui vont du "bon sens près de chez vous" à une caricature du libéralisme même pas digne d'un Alain Madelin.
Tout d'abord concernant rien de moins que le pouvoir d'achat et la croissance, Jacques Attali a LA solution : supprimer lois Galland, Royer et Raffarin ce qui "pourrait conduire à une diminution consolidée des prix à la consommation de plusieurs points de pourcentage, à la création de plusieurs centaines de milliers d'emplois dans le secteur du commerce de détail et de l'hôtellerie-restauration, mais aussi dans l'industrie, et à une hausse du PIB de plusieurs dizaines de points de pourcentage". De même, prenant sans doute modèle sur le "travailler plus pour gagner plus" élyséen, il propose l'instauration du "vendre moins cher pour dépenser moins" en "restaurant la liberté tarifaire dans la distribution et le commerce de détail, en levant l'interdiction de revente à perte et instaurant la liberté des négociations commerciales entre distributeurs et fabricants". Comment n'y avait-on passer plus tôt : pas la peine d'augmenter les salaires (sauf bien entendu pour "la France qui se lève tôt" et impose des heures sup à son employeur), quand il suffit de baisser le prix quitte, à vendre à perte et à présurer à mort les producteurs… Mais on ne fait pas d'omelette sans casser des oeufs.
Concernant le logement Jacques Attali, à défaut de foisonner de solutions, surfe sur les lieux communs du type : "construire
500 000 logements nouveaux par an, notamment en densifiant certains espaces urbains", "mieux protéger le locataire : réduire le dépôt de garantie à un mois de loyer interdire au bailleur d'exiger une caution, raccourcir le délai de préavis que doit donner un locataire", "proposer d'ici dix ans à tous les locataires modestes d'accéder à la propriété à travers des financements adaptés" ou encore "permettre aux personnes âgées bénéficiant du minimum vieillesse de disposer du droit d'usage d'un logement social jusqu'à leur décès". Toutes ses idées sont naturellement louables, reste à savoir comment les mettre en œuvre, parce qu'honnêtement quand en matière de propositions concrètes Jacques Attali ne propose que de "créer une Bourse internet des offres et des demandes dans le logement social", ou de "créer avant 2012 dix Ecopolis, villes d'au moins 50 000 habitants intégrant haute qualité environnementale et nouvelles technologies de communication", on est en droit de se dire que c'est pas gagner…
Quand on pense que Nicolas Sarkozy a promis à Jacques Attali concernant ces propositions "qu'il les étudierait avec soin et qu'elles rentraient pour l'essentiel dans les axes de changement importants auxquels il avait demandé à la commission de réfléchir", on se dit qu'en finalement le président de la République est bel et bien un fin diplomate prêt à toutes les précautions pour ne pas froisser son interlocuteur. Ou alors faute de mieux pour occuper ses futures longues soirées d'hiver (en célibataire ???), peut-être le chef de l'État essayera-t-il de trouver comment mettre réellement en application cet inventaire digne d'un autre Jacques…

08:30 Publié dans Politique story, Putain 5 ans... voire 10 | Lien permanent | Commentaires (22) | Envoyer cette note | Tags : politique, Sarkozy, Attali, Mitterrand, Madelin, Raffarin
samedi, 25 août 2007
Top 3 des champions de la semaine 76
La rentrée est proche, ce qui explique pourquoi le classement de cette semaine a fière allure. Et partit comme cela, il y a fort à parier que le niveau n'est pas prêt de baisser et que la saison qui s'ouvre sera belle.
1/ Nicolas Sarkozy
"A ceux qui me reprocheront de n'avoir pas tenu ma promesse, je répondrai : adressez-vous au Conseil constitutionnel". Grâce à ce geste technique digne de Zidane, Nicolas Sarkozy remporte une médaille d’or amplement méritée. Quand la mauvaise foi se marie au populisme sur l’air du "je fais une proposition démago et intenable et ensuite je fustige les juges qui m’empêchent de baisser les impôts", la politique devient de l’art.
Mais Nicolas Sarkozy ne s’arrête pas en si bon chemin. Comme le Conseil constitutionnel à retoqué la rétroactivité de la déduction fiscale des intérêt d’emprunt immobiliers antérieurs au 6 mai, pour cause de "rupture de l'égalité entre contribuables", il a décidé de doubler cette déduction les emprunts conclus après son élection. Comme étape suivante, il n’a plus qu’à organiser une manifestation de propriétaires ayant emprunté avant le 6 mai devant le palais Montpensier pour demander la tête de Neuf Sages…
2/ François Rebsamen
Le numéro deux du PS monte sur la deuxième marche du podium pour son appel à des alliances avec le MoDem : "les candidats présentés par le Parti socialiste doivent chercher le rassemblement le plus large. Je suis favorable à des alliances électorales locales sur la base de propositions communes avec le MoDem. Avec un désistement au second tour pour celui qui arrive en tête". La raison invoquée : "le PS ne peut pas en rester à la culture du pouvoir acquise sous François Mitterrand"…
Bien vu, en effet : "le PS ne peut pas en rester à la culture du pouvoir acquise sous François Mitterrand" pour la simple et bonne raison que depuis 1995, le PS n’est plus au pouvoir, mais peut-être le maire de Dijon espère-t-il voir le PS faire son retour à l’Elysée avec… François Bayrou comme candidat.
3/ Brice Hortefeux
Prenant exemple sur son mentor de président de la République, le ministre de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale et du Codéveloppement vient de trouver un bouc émissaire pour expliquer pourquoi il ne parviendra pas à tenir sa promesse d’expulser 25 000 sans-papiers cette année : c’est la faute des Roumains et des Bulgares, dont les pays sont désormais membres de l’UE, ce qui rend les procédures plus complexes, alors qu’il "il reste souhaitable de raccompagner ces citoyens" qui représentaient 6 000 des 24 000 expulsés en 2006.
Entre l’euro qui freine la croissance française et les pays pauvres qui nous envoient leurs romanos, alors même que la femme du chef de l’Etat a fait libérer leurs infirmières, on va finir par croire que l’Union européenne en veut (par pure jalousie à n’en pas douter) à la France… On se demanderait presque pourquoi l’UMP avait appelé à voter oui au référendum de 2005.
14:30 Publié dans Top des champions | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : Politique, Sarkozy, Hortefeux, Rebsamen, Bayrou, Bulgarie, Mitterrand
lundi, 02 juillet 2007
Voir Calcutta et mourir
Décidément il ne fait pas bon être un ancien Premier ministre ces derniers temps. Après Raymond Barre peu avant la présidentielle, c'est au tour de Michel Rocard d'être hospitalisé d'urgence. Il est ainsi dans un état stationnaire au lendemain de son opération cérébrale, selon la direction du centre médical de Calcutta où il a été admis en urgence après un malaise.
S'il semble "de bonne humeur et a très bien réagi au traitement qui lui est administré" d'après le chirurgien qui l'a opéré d'un caillot de sang au cerveau, pour autant "il n'est pas encore hors de danger et nous surveillons constamment son état de santé". Cependant, il n'y a plus aucune raison de s'inquiéter du sort de l'ancien Premier ministre, puisque le président de la République himself lui a parlé (au téléphone en direct de Brégançon…) : "j'ai pu parler personnellement à M. Rocard. J'ai été heureux de pouvoir parler avec lui et de voir qu'il était en aussi bonne santé qu'on peut l'imaginer, qu'on pouvait l'espérer. J'ai eu son épouse également. J'ai été heureux de pouvoir lui parler". Bref, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes et même s'il arrivait désormais malheur à Michel Rocard, il pourrait partir le cœur léger puisqu'il a pu parler à Nicolas Sarkozy…
Bien sûr, l'État de santé de l'ancien Premier ministre de François Mitterrand est un sujet de faible importance au regard de la cabale politico-médiatique qui s'abat injustement sur l'intègre Patrick "bitch" Devedjian. En effet, Michel Rocard n'est à l'origine "que" du RMI, de la CSG ou encore de l'autodétermination en Nouvelle-Calédonie…
08:30 Publié dans Politique story | Lien permanent | Commentaires (30) | Envoyer cette note | Tags : politique, Sarkozy, Rocard, Barre, Mitterrand, Devedjian
mardi, 29 mai 2007
Amnésie socialiste
Tremblez candidats UMP aux législatives : ça y est le PS a enfin retrouvé sa combativité et un programme pour reconquérir son électorat en attaquant Nicolas Sarkozy sur sa politique et sur le fond de ses idées.
Bien entendu il s'agit d'une blague, certes mauvaise, mais malheureusement bien meilleure que les dernières sorties de la rue de Solferino pour essayer de contrer l'armada sarkozyste. En effet, alors que l'on est en droit d'attendre du PS un semblant de programme (au pire dans la droite ligne de celui dont les éléphants se revendiquaient durant la campagne présidentielle) ou des attaques contre les premières mesures annoncées par le gouvernement, notamment les quatre franchises en matière d'assurance-maladie ou l'annonce du report sine dine de l'allègement de la dette publique, les cadors du PS préfèrent attaquer bille en tête le président de la République sur le fait… qu'il participe à un meeting de son propre parti. Ils oublient simplement que François Mitterrand avait animé deux meetings, avant les législatives de 1986. Un tel trou de mémoire collectif serait-il le résultat d'un "inventaire" au Kärcher des quatorze années de présidence Mitterrand demandé en son temps par Lionel Jospin ???
Une fois n'est pas coutume, comment ne pas être d'accord avec Patrick Devedjian lorsqu'il affirme que "le président de la République est cohérent. Le projet qu'il a défendu à l'occasion de l'élection présidentielle, il le défend à l'occasion des élections législatives" ??? Le futur président du Conseil général des Hauts-de-Seine (gérer le département le plus riche de France, y a pire comme lot de consolation pour ne pas avoir eu de ministère…) est quoi qu'il en soit plus proche de la réalité que Bruno Le Roux, le secrétaire national du PS aux élections lorsqu'il attaque Nicolas Sarkozy en assurant que "peut-être qu'il y a besoin de sa voix aujourd'hui pour cacher la politique qui est en train de se mettre en place". On peut d'ailleurs lui retourner le compliment : peut-être les socialistes ont-ils besoin de taper à tort et à travers sur le président de la République pour cacher l'indigence de leurs propres propositions ???
Pendant ce temps-là, Dominique Strauss-Kahn entérine définitivement le fait que le PS, en plus d'avoir déjà perdu les législatives (il appelle d'ailleurs de ses vœux à ce que la défaite des socialistes aux législatives ne soient "pas trop cuisante"…), ne sera même pas capable de devancer les candidats du MoDem dans certaines circonscriptions. Il appelle donc à réfléchir "au soir du premier tour, dans les circonscriptions où le candidat de gauche est éliminé, laissant face à face un UMP et un MoDem en fonction de la personnalité du candidat centriste, à un soutien du parti socialiste au candidat MoDem pour battre Nicolas Sarkozy".
Décidément au PS les repères gauche/droite sont en train de voler en éclats avec une nette tendance de certains à se déplacer vers la droite (et à confondre sciemment social-démocratie et démocratie chrétienne). Sans doute ont-ils fait une croix sur les chances de la gauche de revenir au pouvoir dans les décennies à venir et, prenant exemple que Eric Besson, commencent à préparer un pitoyable passage de frontière idéologique en caressant l'espoir d'un (sous) maroquin…
08:30 Publié dans Palais Bourbon express, PS | Lien permanent | Commentaires (44) | Envoyer cette note | Tags : Politique, législatives 2007, Sarkozy, Devedjian, Mitterrand, Besson, DSK
mercredi, 16 mai 2007
Les cinq dernières minutes
En grand acteur qu'il aura été durant toute sa carrière politique, notamment pendant la campagne présidentielle de 1995 lors de laquelle il aura réussi à se faire passer pour un homme de gauche, ou presque, avec sa "fracture sociale", Jacques Chirac descend pour la dernières fois les marches du perron de l'Élysée, au moment où les stars gravissent pour la 60e fois celles du palais des festivals à Cannes.
Pour sa dernière allocution télévisée en qualité de président de la République, Jacques Chirac a donné dans le court métrage, à peine plus de cinq minutes. Mais cela aurait-il valu la peine faire plus long ??? Probablement pas, au contraire même la courte durée lui permet de passer sous un silence pudique les divers ratages, revirements à 180° ou erreurs majeures de ses 12 ans de présidence. Tout au plus le président sortant aura-t-il eu le temps de s'auto-féliciter (en effet mieux vaut qu'il ne compte pas trop sur son successeurs pour cela…) : "demain, je transmettrai les pouvoirs que j'ai exercés en votre nom à Nicolas Sarkozy, notre nouveau président de la République. Je le ferai avec la fierté du devoir accompli et aussi avec une grande confiance dans l'avenir de notre pays". Avant de sombrer dans un pathos dégoulinant digne des pires caricatures des sélections cannoises lors d'un superbe "une Nation, c'est une famille" ou d'un
sublime : "je veux vous dire la force du lien qui, du plus profond de mon coeur, m'unit à chacune et à chacun d'entre vous. Ce lien, c'est celui du respect, c'est celui de l'admiration, c'est celui de l'affection pour vous, pour le peuple de France et je veux vous dire à quel point j'ai confiance en vous, à quel point j'ai confiance en la France".
L'heure des départs est également celle des comparaisons et force est de constater que la performance de Jacques Chirac est loin du "je crois aux forces de l'esprit" de François Mitterrand. Au moins, aura-t-il été plus digne que Valéry Giscard d'Estaing (avec qui il va désormais partager la fonction d'ancien président de la République et sans doute un siège au Conseil constitutionnel) et son fameux "Au revoir"…
00:05 Publié dans Politique story | Lien permanent | Commentaires (41) | Envoyer cette note | Tags : politique, Chirac, Sarkozy, Mitterrand, VGE
lundi, 12 mars 2007
C’est encore la presse étrangère qui en parle le mieux…
Le président est mort. En effet sous la 5e République, un président qui ne se représente pas est un président mort, Charles de Gaulle et François Mitterrand peuvent en témoigner (de l’au-delà) eux qui n’ont pas survécu longtemps leur départ de l’Elysée. Quant à Valéry Giscard d’Estaing, sans doute aurait-il mieux fait de ne pas se représenter en 1981 s’évitant ainsi une interminable agonie…
Même s’il ne se prononcera que le 19 mars sur le nom du candidat pour lequel il votera, Jacques Chirac fait donc désormais parti du passé. C’est d’ailleurs ainsi qu’en parle presse étrangère. Et le moins que l’on puisse dire c’est qu’elle ne mâche pas ses mots.
La palme revient sans nul doute au Daily Telegraph qui ose un superbe (et tellement vrai) : "les conventions demandent qu'on dise des choses gentilles sur les gens quand ils prennent leur retraite, mais il n'est pas facile de le faire dans le cas de Jacques Chirac".
A peine plus charitable, La Libre Belgique commence par un semblant de compliment : "Jacques Chirac a sans doute été le plus grand homme politique de sa génération", avant de se reprendre et de remettre les choses à leur juste place : "il faut distinguer l'homme politique de l'homme d'Etat", puisqu’en "en 40 ans, a dit tout et son contraire".
Le Berliner Zeitung répond à la question de tout le monde se pose : "qu'a fait cet homme de ses possibilités ? Effroyablement peu".
Enfin, un brin narquois, le New York Times conclut qu’"il va quitter son bureau sans avoir tenu sa promesse de 1995 d'en finir avec la fracture sociale" et qu' "en principe, il pourrait être poursuivi par la justice après son départ de l'Elysée".
Quand on pense que la plupart des commentateurs s’accordent à dire que c’est sur la scène internationale que le président français a été le moins mauvais pendant ces 12 années de présidence, la teneur des commentaires de la presse étrangère fait froid dans le dos quant au niveau du reste de son bilan…
15:00 Publié dans Breaking news | Lien permanent | Commentaires (932) | Envoyer cette note | Tags : politique, Chirac, de Gaulle, Mitterrand, VGE
mardi, 13 février 2007
Nous ne nous sommes pas tant aimés
Sauf événement hautement improbable, dans une centaine de jours, Jacques Chirac rejoindra son pire ennemi, Valéry Giscard d'Estaing, dans les limbes dans lesquelles errent sans fin ni but les ex-présidents de la République qui refusent de disparaitre. Le locataire de l'Elysée semble d'ailleurs se résigner à cette petite mort puisque même s'il n'a pas encore officiellement renoncé à se présenter (si cela peut plomber Nicolas Sarkozy, il n'est pas tout à fait impossible qu'il y pense jusqu'au dernier jour…), il sait désormais qu'il n'a plus aucune chance d'être élu. Pire, Dominique de Villepin qui s'est longtemps vanter de fidélité envers lui commence à le lâcher pour rallier le président de l'UMP, tout comme l'a fait il y a quelques semaines Michèle Alliot-Marie. Dès lors, avec pour seul soutien Jean-Louis Debré, une nouvelle campagne présidentielle, en plus d'être pathétique, serait hautement ridicule.
Se pose donc désormais la question de la trace que laissera (on n'ose dire dans l'Histoire) Jacques Chirac comme président de la République au terme d'une fin de règne interminable de près de 10 ans. En effet, son agonie présidentielle ne date-elle pas de juin 1997 et la trop fameuse dissolution de convenance conseillée par un certain Dominique de Villepin alors qu'il avait la majorité absolue au Palais Bourbon ??? S'en sont ensuite suivies deux cohabitations, l'une presque feutrée avec Lionel Jospin, puis après 2002, une nouvelle nettement plus vicieuse avec Nicolas Sarkozy…
Depuis une semaine, le couple présidentiel ne chôme pas pour essayer d'écrire lui-même sa propre hagiographie. Pendant que Bernadette vient une dernière fois se faire cirer les pompes par la brosse à reluire télévisuelle qu'est Michel Drucker (la réforme Fillon sur retraites contient une close permettant des départs anticipés pour les carrières longues, le Service public devrait s'en saisir pour enfin nettoyer sa case du dimanche après-midi déontologiquement sinistrée par un homme qui confond génuflexion et salutation…), Jacques termine son complexe d'Œdipe vis-à-vis de François Mitterrand en se faisant écrire un livre par Pierre Péan. Dans ce livre, aucune révélation tapageuse sur son passé, mais, à en croire les bonnes pages publiées par Marianne, des petits règlements de compte envers VGE : "un homme très brillant, mais qui n'incarnait pas la France, contrairement au père de Gaulle, à Pompidou et à Mitterrand. Je pensais qu'il était le meilleur. Après quoi j'ai changé d'avis", ou encore des aveux troublants, enfin presque : "il y a un défaut que je n'ai pas, c'est celui d'être rancunier"…
Bref que restera-t-il de Jacques Chirac ??? La fracture sociale ??? La dissolution de 1997 ??? Jean-Marie Le Pen au second tour en 2002 grâce à une campagne axée entièrement sur l'insécurité ??? Le financement illégal du RPR ??? L'explosion des ventes de Corona dans l'hexagone ??? Ou bien, soyons charitable, sa pyramide du Louvre du pauvre (ombre de Mitterrand encore et toujours…), le musée du Quai Branly ???
Mais le pire, c'est que rien ne dit que le 6 mai vers 20 heures on ne va commencer à le regretter en voyant apparaître la tête du prochain locataire de l'Elysée…
08:00 Publié dans Politique story, UMP | Lien permanent | Commentaires (26) | Envoyer cette note | Tags : politique, Chirac, VGE, Jospin, Mitterrand, Villepin, Drucker
mardi, 09 janvier 2007
Le jour où Fabius s'est converti (un peu) au ségolènisme…
Tel Saint Paul sur la route de Damas, Laurent Fabius aurait-il été frappé par la grace ségolèniste en ce jour anniversaire de la mort de François Mitterrand ???
C’est en tout cas l’impression que donne la lecture de son blog, resté inactif depuis le 13 novembre dernier et un dernier appel au vote de militants en faveur de sa candidature, sur lequel l’ex pourfendeur du blairisme de la présidente du conseil général de Poitou-Charentes loue désormais ses qualités et ses chances de victoire le 6 mai prochain. Dans son message de vœux il la voit désormais avec "tous les atouts en main pour gagner", ajoutant qu’elle "bénéficie d’une conjoncture politique très favorable, qui doit lui permettre de remporter l’élection présidentielle et d’obtenir une majorité de gauche lors des législatives". Pour autant, le député de Seine-Maritime n’en n’oublie pas les fondamentaux de sa campagne interne, notamment le "à gauche toute" : "pour mener une politique de gauche, mieux vaut s'appuyer sur les formations de gauche et le dire clairement. Il revient donc au PS, sans hégémonisme, de conduire rapidement la discussion de fond avec nos partenaires". Il ajoute cependant une précision importante, qui tend à démontrer qu’il a (enfin) compris qu’une bonne part de la gauche du PS ne souhaite pas le pouvoir, et surtout pas avec le PS, puisqu’il ajoute que les socialistes devront "élaborer un contrat de mandature et en y associant, s'ils le souhaitent, ceux qui à gauche sont prêts à troquer la contestation systématique pour la transformation"… ce qui exclut de fait déjà pas mal de monde.
Comble de l’ironie, ce ralliement fabusien arrive le jour où Ségolène Royal, qu’il a longtemps accusée d’être mauvaise en public et à en politique étrangère, se prend les pieds, avec une superbe "bravitude attitude", dans la Muraille de Chine…
Pour autant, après s’être déchiré publiquement pendant des semaines, le PS commence à retrouver (pour combien de temps ???) un semblant d’unité. Il faut dire que la candidate socialiste a fort à faire face aux promesses de plus en plus délirantes des chiraquiens. Dernière en date, celle de Dominique de Villepin qui annonce désormais comme objectif, la barre des 6% de chômeurs. De deux choses l’une, soit il parvient à ce miracle d’ici mai 2007 et dans ce cas sa candidature (ou celle de Jacques Chirac) s’impose pour le bien de la France, soit il a besoin de temps pour mener à bien cette baisse du chômage en maintenant la confiance et la dynamique ainsi créées et dans ce cas sa candidature (ou celle de Jacques Chirac) s’impose pour le bien de la France. Bien vu, mais pas sûr que les sarkozystes (pour le moment plus dignes concernant l’objectif de baisse du chômage) l’entendent de cette oreille. Bref, la réunion des chiraquiens et des sarkoszystes post 14 janvier ne parait pas des mieux engagées…
09:00 Publié dans Présidentielle Academy, PS | Lien permanent | Commentaires (36) | Envoyer cette note | Tags : politique, présidentielle 2007, Fabius, Royal, Villepin, Chirac, Mitterrand







