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lundi, 31 juillet 2006
Hommage à la gauche caviar
Le titre de ce post est bien sûr un brin provocateur, mais c'est surtout le sentiment qui domine après la lecture du très bon livre de Laurent Joffrin (Histoire de la gauche caviar, éd Robert Laffont). De l'Antiquité aux années 1990, le directeur de la rédaction du Nouvel Observateur (c'est dire s'il connaît le sujet…) retrace sous le vocable "gauche caviar", l'histoire de ces grandes figures de la gauche, qui ont eu le "malheur" de ne pas naître pauvres et exploités, ce qui leur vaut au mieux suspicions et au pire haine de ceux qui se veulent plus à gauche qu'eux. Et pourtant comment ne pas reconnaître objectivement que Léon Blum, Pierre Mendès-France et François Mitterrand, bien que d'ascendance bourgeoise ont fait plus pour le "peuple de gauche" et la société en général que tous les gauchistes qui les vouent aux gémonies ???
Laurent Joffrin, intellectuellement honnête jusqu'au bout, n'hésite pas à conclure son ouvrage par une condamnation des dérives de la gauche caviar, version Laurent Fabius, Jack Lang ou BHL, qui depuis 15 ans s'est éloignée des préoccupations du peuple pour s'enfermer dans sa tour d'ivoire, entraînant ainsi une opprobre générale sur la gauche de gouvernement, dont le PS a encore aujourd'hui un mal fou à se relever.
En vous laissant méditer (pendant la semaine de vacances que je vais passer loin de ce blog) sur les propos ignoble de Maurice Thorez, alors planqué à Moscou, concernant Léon Blum lors de son procès inique de Riom en 1942 : "Blum le traître, Blum la guerre, Blum le bourgeois aux mains fines et molles, aux doigts longs et crochus, l'égoïste jouisseur au style maniéré, le délicat esthète de la société des salonnards aux mœurs dissolues, Tartuffe immonde, hideux et puant de l'hypocrisie qui donne la nausée à ceux qui l'approchent, le vil laquais des banquiers de Londres, le répugnant reptile qui siffle et qui se tort, le chacal Blum vomi par le mouvement ouvrier, qui ne manquera pas de clouer au pilori ce monstre moral et politique". Rappelons au passage que contrairement à ce que la rhétorique employée pourrait laisser croire, Maurice Thorez n'était pas d'extrême-droite, mais dirigeant du PCF… face à tant de haine et de bêtise, je le redis haut et fort : vive la gauche caviar. Un Blum vaut et vaudra toujours bien mieux qu'un million de Thorez !!!
07:30 Publié dans Un peu de culture | Lien permanent | Commentaires (21) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Politique, PS, Fabius, Lang, Blum, MPF, Mitterrand
dimanche, 30 juillet 2006
Top 3 des champions de la semaine 27
Pour ce classement estival, les "grands habitués du podium" reprennent leurs places. Qui plus est de façon brillante. Du fait de la concurrence forcenée de cette semaine, Jean Lassalle doit se contenter d'une simple citation (pour plus d'infos voir le blog d'Etienne et Enzo), mais nul doute qu'il saura rebondir et reprendre une médaille d'ici peu.
1/ Guy Drut
Pour les 30 ans de sa médaille d'or olympique, l'ancien coureur de 110 m haies s'est payé une interview sur France Inter pour dire tout le mal qu'il pense de Floyd Landis et des cyclistes dopés. Là où le bat blesse et qu'il mérite amplement sa première place de la semaine, c'est qu'il a refusé de répondre à une question d'auditeur sur son amnistie, tout en assurant avoir sa conscience pour lui. Aucun doute, une conscience aussi sale on la lui laisse !!!
Il me manque tout de même pas de culot de venir donner des leçons de déontologie sportive à la radio, lui qui ne respecte pas les lois de la République (avec il est vrai le soutien de l'Élysée…). Bref, il aurait pu rester comme un beau champion olympique, mais il préfère rester comme le symbole de la Chiraquie déliquescente.
2/ Christian Vanneste
Autre grand habitué du Top 3, le député homophobe fait encore très fort. Suite à sa condamnation, il propose ni plus ni moins de changer la loi afin que ses propos ne tombent plus sous le coup de cette dernière. Le texte de sa proposition de loi laisse sans voix :"il doit être possible dans le cadre d'un débat démocratique respectueux des croyances religieuses" qu'un "chrétien, un juif et un musulman puissent faire valoir l'infériorité morale des comportements homosexuels par rapport à ceux qui fondent le mariage entre un homme et une femme. […] Il est, en effet, légitime que ceux qui se réclament de la Bible puissent adhérer au principe énoncé dans le Lévitique: tu ne coucheras point avec un homme comme on couche avec une femme. C'est une abomination".
Qu'un député isolé professe de telles idées est déjà déplorable, mais que son parti, en l'espèce l'UMP, ne le sanctionne pas est encore pire…
(pour plus d'infos, voir les blogs d'Arnaud et du Roi bourdieusien)
3/ Les fabusiens et les jospiniens
Comme si la situation n'était pas déjà assez confuse et risible (ou à pleurer…) au PS, il faut que les fabusiens et les jospiniens, qui se marquent à la culotte depuis plus de 25 ans, y aillent chacun de leur sortie ridicule. D'où leur médaille de bronze ex-æquo.
Les premiers, par la voix de l'inénarrable Claude Bartolonne, expliquent d'ores et déjà la future défaite de Laurent Fabius en novembre, non par la volonté des adhérents du PS de ne pas en faire leur candidat à la présidentielle, mais par "une fraude massive" pendant les primaires… Ils viennent d'inventer le concept de mauvais perdants avant même les résultats, chapeau bas messieurs.
Les seconds signent un appel dans Le Monde en faveur de la candidature de Lionel Jospin parce que "sa stature incontestée d'homme d'Etat, son expérience reconnue des affaires nationales et internationales [...] "le mettent en situation de redonner du sens et de la dignité à la fonction présidentielle, de rassembler la gauche et de convaincre les Français"... c'est oublier un peu vite les Français lui ont dit non (voire pire) le 21 avril 2002 et que lui-même souhaitait alors se retirer de la politique. On ne leur fera pas l'affront de leur rappeler l'âge avancé de leur leader au moment où la classe politique française a besoin d'un réel renouvellement.
16:30 Publié dans Top des champions | Lien permanent | Commentaires (11) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Politique, présidentielle 2007, Drut, Lassalle, Jospin, Fabius, Vanneste
vendredi, 28 juillet 2006
Et pourtant, on aimerait pouvoir y croire…
Il en est des chiffres du chômage comme des résultats du Tour de France depuis 1998 : ils sont obtenus dans de telles conditions qu'ils sont soumis à caution et ont perdu d'année en année toute crédibilité. Et pourtant, certains jours on a tout de même envie d'y croire (envie qui passe cependant très vite, un peu comme à l'arrivée d'une étape de montagne du Tour).
Ainsi lorsque l'on entend le Premier ministre euphorique et fier de lui annoncer que "nous sommes aujourd'hui à 2,2 millions, soit 300 000 chômeurs en moins, et nous voulons passer en dessous de la barre des 2 millions" parce qu' "aujourd'hui, notre pays marque des points. Le chômage continue de baisser, la croissance est au rendez-vous, nos entreprises reprennent confiance". L'espace d'un instant on se dit que ce serait super qu'il dise vrai et que l'on serait presque près à reconnaître les bienfaits de sa politique le jour où le taux de chômage passera sous les 8%. Et puis d'un coup, avec la virulence d'un contrôle antidopage positif, la triste réalité refait surface, mettant à jour l'imposture du "Armstrong de la politique française". Non content de voler la vedette à Jean-Louis Borloo, principal (pour ne pas dire seul) artisan de la baisse du nombre de demandeurs d'emplois grâce à son plan de Cohésion sociale de traitement social du chômage, en devançant de plusieurs heures l'annonce officielle (ça c'est la class !!!), Dominique de Villepin ment ouvertement (avec un aplomb remarquable) en refusant de reconnaître que la décrue est due au radiations (phénomène qu'il nie contre toute évidence) et à retour des emplois aidés et non aux CNE (dont les études montrent qu'il se substitue aux CDI plutôt que de créer des emplois) comme il s'évertue à essayer d'y croire lui-même.
Jean-Louis Borloo vient d'ailleurs en personne relativiser le triomphalisme du Premier ministre en assurant que le "combat de la rentrée" sera maintenant de lutter contre "les ruptures d'égalité entre les territoires"qui opposent "une France avec un taux de chômage de 7 ou 8 % et une autre France avec un taux de 22 à 40% de chômage"… tiens, tout n'irait donc pas si bien que cela sur le front de l'emploi ??? Quel rabat-joie ce Jean-Louis !!!
07:30 Publié dans Politique story , UMP | Lien permanent | Commentaires (22) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Politique, Villepin, Borloo, chômage
jeudi, 27 juillet 2006
Villepin et Accoyer se prennent les pieds dans la fusion
Décidément Dominique de Villepin n'est pas un fin politique. Ce n'est même plus la peine de remonter jusqu'à la calamiteuse dissolution de 1997 pour s'en convaincre, ni même de se remémorer sa gestion lamentable de la crise du CPE. C'est désormais la fusion GDF/Suez qui démontre son incompétence politique, mâtinée de prétention et de mépris pour ceux qui osent ne pas être d'accord avec lui. Alors que tout semblait aller pour le mieux pour lui après un premier semestre difficile, grâce au bon parcours des Bleus en Coupe du monde, à la canicule qui occupe le devant de la scène politique intérieure, malheureusement au Liban qui crée une sorte d'union nationale en matière de politique extérieure et aux déboires de Nicolas Sarkozy avec les enfants sans-papiers, il faut que le Premier ministre se mette sa propre majorité à dos sur le dossier de la fusion GDF/Suez, qui doit entraîner la privatisation du gazier national. Il est pour cela bien épaulé par le président groupe UMP à l'Assemblée nationale.
Bernard Accoyer a beau s'époumoner sur l'air du il y a une "majorité absolue au sein du groupe UMP, mais aussi à l'Assemblée nationale" en faveur du projet gouvernemental et affirmer qu'il n' "y a pas de plan B ficelé opposable au projet gouvernemental", force est de constater que cela ressemble de plus à de la méthode coué. En effet, de nombreux députés UMP, au premier rang desquels le sarkozyste Hervé Mariton, affirment haut et fort qu' "il y a deux propositions sur la table actuellement, celle du gouvernement et celle des réflexions du rapporteur de la commission des affaires économiques Jean-Claude Lenoir" qui "n'est clairement pas la proposition du gouvernement au départ". De deux choses l'une, soit le président du groupe UMP à l'Assemblée est aveugle et sourd (ce qui expliquerait les lacunes de sa gestion du groupe depuis des mois), soit le mépris villepiniste pour les "connards" que sont les députés de la majorité a déteint sur Bernard Accoyer qui considère désormais comme quantité négligeable toute opposition aux lumineuses idées du Premier ministre.
Même Jean-François Copé est venu, presque sans langue de bois, confirmer que Bernard Accoyer ment (comment le croire désormais quand il duit que Nicolas Sarkozy soutient le projet du gouvernement ???), en affirmant que "nous sommes aujourd'hui dans le temps du débat, de la concertation, du dialogue et notamment sur le plan parlementaire" et que "c'est important à ce stade que chacun puisse évoquer différentes pistes possibles". Quoi qu'il en soit, la session extraordinaire du Parlement qui doit plancher sur le sujet à la fin de l'été s'annonce chaude, très chaude, même si les députés PS, trop occupés par la désignation de leur candidat(e) à la présidentielle décident de ne pas jouer leur rôle d'opposants.
Symbole ultime du mal-être de Dominique de Villepin : même en visite à Évreux, ville du pourtant super chiraquien Jean-Louis Debré, il se fait siffler et ne trouve rien d'autre à faire qu'à répondre en haussant le ton… c'est vrai quoi, le petit peuple est ingrat envers lui et surtout ces imbéciles ne sont pas capables de comprendre son génie. Vivement qu'il parte en vacances et, rêvons un peu, qu'il ne revienne pas à Matignon en septembre !!!
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mercredi, 26 juillet 2006
Pas de vacances pour le Sarko show
Pendant que le PS est à feu et sang suite au ralliement surprise d'Arnaud Montebourg à Ségolène Royal et aux nouvelles annonces, par les fabuisiens, de fraudes de la désignation de ou de la candidat(e) à la présidentielle (il est à noter que c'est là du jamais vu : Claude Bartolonne dénonce les fraudes 4 mois avant le vote… serait-il extralucide ???), Nicolas Sarkozy soigne sa popularité auprès de ses troupes.
Même la canicule ne peut arrêter le ministre de l'intérieur : il a choisi le soleil écrasant de Palavas-les-flots pour rencontrer les flatter les estivants "car cette station est le symbole pour les Français des vacances populaires, où les gens sont reçus avec le coeur, quels que soient leur niveau de vie et leur statut social". Serait-il en train de se "chiraquiser" version "fracture sociale millésime 1995" ??? Quoi qu'il en soit, cette posture semble payante, puisque, tel son ami Christian Clavier, Nicolas Sarkozy a signé des autographes et s'est fait photographier avec des touristes, non s'en oublier de préciser : "ces encouragements me touchent. Je fais de la politique pour ça". Pourquoi pas, mais on ne peut s'empêcher de sourire quand dans la foulée, il fustige "le déficit d'authenticité des hommes politiques aujourd'hui" : un déplacement de rock-star, est-ce cela l'authenticité qui manque aux hommes politiques ???
N'oubliant tout de même pas totalement qu'il est encore ministre de l'intérieur avant d'être candidat de l'UMP à la présidentielle, il a profité de son déplacement pour rendre hommage aux forces de l'ordre tout en tentant d'humaniser leur rôle : "je ne veux pas que la police et la gendarmerie soient perçues de manière répressive. Les gens sont rassurés de voir sur les plages des représentants de l'ordre public", un comble pour celui qui a forgé sa réputation par la mise à mort de la police de proximité et de la prévention au profit du tout répression !!! Il a ensuite tenté une nouvelle fois, sans grand succès, de se sortir du guêpier dans lequel il s'est lui-même placer concernant les enfants sans-papiers scolarisé (guêpier dans lequel Dominique de Villepin prend un malin plaisir à le laisser seul…), en cherchant à se situer "entre d'une part la gauche et l'extrême gauche qui veulent régulariser tout le monde sans que cela supprime d'ailleurs tous les sans-papiers, et d'autre part l'extrême droite qui ne veut personne". Un exercice de style qui ne semble plus convaincre grand monde…
Avec un candidat aussi hyperactif, ce n'est même plus la peine que les Jeunes populaires distribuent leurs cadeaux sur les plages (il faut le reconnaître que même si elle fait rire à juste titre, leur caravane de l'été à fait des émules… au PS), puisqu'il le fait désormais lui-même.
07:30 Publié dans Présidentielle Academy , UMP | Lien permanent | Commentaires (10) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Politique, Présidentielle 2007, Sarkozy, Villepin, Royal, Montebourg, UMP
mardi, 25 juillet 2006
Ségo-Arnaud, le ticket gagnant ???
Sans être un admirateur forcené de la présidente du Conseil régional de Poitou-Charentes, force est de constater qu'elle poursuit son chemin vers la candidature PS à la présidentielle (et pourquoi pas jusqu'à l'Élysée…) avec un brio qui étonne un peu plus à chaque embûche évitée. Visiblement au plus ses adversaires les plus farouches, DSK et surtout Laurent Fabius, pour ne pas les citer, l'attaquent, au plus cela semble la renforcer, sans qu'elle ait pour cela besoin de justifier son programme (et ses zones d'ombre).
Dernier élément en date, le ralliement, certes attendu depuis quelques jours, d'Arnaud Montebourg à sa candidature. Le député de Saône-et-Loire fidèle à ses idées, contrairement à ses anciens camarades de NPS, déclare ainsi : "réussir à se rassembler, réussir à nous renouveler et réussir à tenir les promesses de la gauche: je crois que Ségolène Royal a les atouts pour conjuguer ces trois exigences", tout en concevant, et on veut bien le croire, qu'il s'agit pour lui d' "un pas, personnel mais déterminé, sur le terrain difficile du choix". La première sortie officielle du nouvel attelage aura lieu, en tour de chauffe avant l'université d'été de la Rochelle (qui s'annonce torride, même en cas d'arrêt de la canicule), le 20 août à la Fête de la Rose à Frangy-en-Bresse, où il reviendra à Ségolène Royal, comme le dit Arnaud Montebourg de "parler à ce peuple de gauche dont nous faisons partie. Chacun d'entre vous jugera et décidera de ce que nous voulons ensemble faire de nos idées". En effet c'est en premier lieu les militants de Rénover maintenant que la candidate à la candidature devra convaincre en premier lieu, tant l'écart semble grand entre Ségolène la outiste et Arnaud le noniste pourfendeur de la Ve République… Mais il faut reconnaître que Ségo à l'Élysée et Arnaud à Matignon, bien que cela ressemble à l’alliance du de l'eau et du feu, c'est tout de même plus tentant que Nico à l'Élysée et Sarko à Matignon !!!
Quoi qu'il en soit, le grand perdant de cette alliance (qu'elle soit ou non contre nature) est bien Laurent Fabius, plus isolé que jamais et désormais pris en tenailles sur sa droite par Ségolène Royal et sur sa gauche par Arnaud Montebourg, qui plus est, tout aussi légitime que lui, si ce n'est plus, pour parler au nom du non de gauche. Sans doute le député de Seine-Maritime devrait-il méditer la phrase d'Arnaud Montebourg expliquant son choix : "nous pouvons faire le choix de nous installer avec ces magnifiques projets dans l'idéalisme de solitaire ayant raison contre tous"….
07:30 Publié dans Présidentielle Academy , PS | Lien permanent | Commentaires (27) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Politique, présidentielle 2007, Royal, Montebourg, DSK, Fabius, PS
lundi, 24 juillet 2006
Bonnes résolutions d'été chez les Verts
Que serait la vie politique française sans les Verts ??? Canicule ou pas, vacances ou pas, ce parti reste fidèle son fonctionnement bordélique et ses leaders continuent de se lancer dans des sorites à l'emporte-pièce, à des années-lumière de toute stratégie politique un tant soit peu réfléchie. Bref, ils restent parfaitement conformes à ce que l'on attend d'eux.
Dominique Voynet a finalement été désignée candidate du parti à la présidentielle après l'épisode tragicomique du second second tour de la primaire, alors que le premier second tour avait désigné… Yves Cochet. Mais cela semble être devenu une tradition chez les Verts que le premier candidat désigné par les militants soit invalidé dans la foulé, au profit d'un(e) candidat(e) plus médiatique. L'ancienne ministre de l'Environnement, désormais sénatrice par la grâce du PS (quand assumera-t-elle enfin d'adhérer au parti socialiste dont elle représente l'aile sociétale et écologiste, plutôt que de rester dans un parti qui n'en fini plus d'essayer de sortir de sa crise d'adolescence ???), assure vouloir "être une candidate de résistance face au grand vent conservateur et sécuritaire qui plane sur la vie politique". Belle envolée lyrique aussitôt démentie par l'annonce de la possibilité de son retrait de la campagne en cas d' "une extrême droite accrochée à un niveau qui mettrait la démocratie en péril". Une phrase qui ne peut que faire hurler à la mort les militants qui viennent de la désigner candidate, mais qu'il convient de saluer à sa juste valeur : les Verts, et les partis de gauche en général ne nous avaient pas habitués à un tel sens des responsabilités en matière électorale depuis 2002.
L'autre tête d'affiche des Verts, Noël Mamère prend enfin ses distances avec José Bové en assurant que contrairement à une "mauvaise rumeur", il a "toujours défendu la nécessité d'un candidat Vert aux élections présidentielles" avant d'ajouter qu'il "soutiendrait loyalement le choix des Verts. Aujourd'hui nous avons une candidate, elle s'appelle Dominique Voynet et l'ensemble du parti doit maintenant se mettre en ordre pour la soutenir". Donc acte. Il est cependant difficile de faire totalement abstraction des liens qui unissent l'écologiste moustachu au repris de justice moustachu : le premier ne déclarait-il pas encore il y a moins d'une semaine que José Bové était "l'un de ceux qui portent le mieux, le plus haut et le plus fort la voix de l'écologie politique" ???
Quoi qu'il en soit les deux clarifications de Dominique Voynet et Noël Mamère sont de bonne augure, mais il reste encore 9 mois avant la présidentielle… et 9 mois chez les Verts c'est une éternité qui leur laisse amplement le temps de revenir sur ces belles paroles.
07:30 Publié dans Les Verts , Présidentielle Academy | Lien permanent | Commentaires (10) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, présidentielle 2007, Les Verts, Voynet, Mamère, Bové, PS
lundi, 17 juillet 2006
Vive les vacances
Même le Taulier a droit à des vacances !!! Quand vous lirez ce message, je serais en Corse, loin de toute connexion internet, pour une durée d'une semaine. Pour autant le bistrot ne ferme pas ses portes, n'hésitez donc pas à laisser, sous ce post, vos impressions sur les événements politiques (grands, petits, drôles, pathétiques ou même insignifiants) de la semaine.
A dans huit jours !!!
Le Taulier
PS : Bastogi, je te laisse les clés, je compte sur toi accueillir les clients et passer le balai en sortant :-)))
07:30 Publié dans Vie du bistrot | Lien permanent | Commentaires (22) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Politique
dimanche, 16 juillet 2006
Top 3 des champions de la semaine 25
Le président de la République auquel le 14 juillet donne une tribune médiatique hors de proportion (et sans intérêt) a été exclu du classement de la semaine par le jury. Néanmoins, le podium a encore une fois fière allure. Et la gauche y a toute sa place !
1/ Jean-Marie Le Pen
Superbe première place pour le président du FN, une nouvelle fois rattrapé par l’un de ses dérapages. Il est ainsi renvoyé devant le Tribunal correctionnel de Paris pour délits de "complicité d'apologie de crime de guerre" et de "complicité de contestation de crime contre l'humanité", pour avoir affirmé dans Rivarol qu’ "en France du moins, l'occupation allemande n'a pas été particulièrement inhumaine, même s'il y eut des bavures, inévitables dans un pays de 550 000 kilomètres carrés".
Malheureusement, même si le procès se tient avant le premier tour de la présidentielle et que Jean-Marie est alors frappé d’une peine d’inéligibilité, il lui sera toujours possible de faire appel… l’appel étant suspensif.
2/ Edith Cresson
L’ancien Premier ministre aurait amplement méritée la première place en l’absence de Jean-Marie Le Pen. Elle se console tout de même avec cette superbe médaille d’argent, à laquelle il convient également d’associer la Cour européenne de justice qui vient de la reconnaître coupable de favoritisme lorsqu'elle était commissaire européen à la fin des années 1990, mais en la dispensant de "sanction sous la forme d'une déchéance de son droit à la pension ou d'autres avantages en tenant lieu".
Voilà qui risque bien de ternir encore un peu plus l’image de l’UE, déjà bien écornée, auprès des Français (pour de plus amples renseignements, n’hésitez pas à allez voir le blog d’Etienne et Enzo)…
Malek Boutih
L’ancien président de SOS-Racisme atterrit sur la troisième marche du podium grâce à son parachutage éhonté en Charente pour les prochaines législatives. Ce n’est pas en acceptant une circonscription (certes gagnable même par une chèvre du moment qu’elle porte une pancarte PS) dans laquelle il n’a jamais militée, tel l’apparatchik moyen que Malek Boutih va renouveller les pratiques d’un autre temps qui décrédibilisent tant la classe politique française. C’est d’autant plus dommage qu’il mérite mieux… à moins que depuis 2003, il ait tout misé sur son image de jeune beur sympa pour cacher des dents rayant le plancher.
16:30 Publié dans Top des champions | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Politique, Le Pen, Cresson, Boutih, PS, FN, Europe
samedi, 15 juillet 2006
Chirac, un 14 juillet et ça repart…
Quel coup de jeune !!! Jacques Chirac est apparu en grande forme, en bien meilleure forme que ces 18 derniers mois (peut-être faudrait-il le soumettre à un test anti-dopage), pour ce qui est sans doute sa dernière interview du 14 juillet.
Sur le fond en revanche, le président de la République ne vit toujours pas dans le même monde que ses concitoyens. Comment en effet se satisfaire de son lancinant refrain sur l'air de "Tout va très bien madame la marquise" ? C'est tout de même très inquiétant d'entendre le chef de l'État n'évoquer qu'une nouvelle baisse des charges pour lutter contre le chômage, tout en conditionnant un éventuel passage sous la barre des 8% de demandeurs d'emploi d'ici la fin de son mandat "en partie [à] la croissance"… quel aveu de faiblesse. Pire encore, c'est sans la moindre gêne (question d'habitude sans doute, puisque "les promesses n'engagent que ceux qui les croient") qu'il ose mentir effrontément sur les baisses d'impôts pour essayer de faire croire qu'il a en fin de comptes tenu sa promesse de 2002 de baisser l'impôts sur le revenu de 30 % en annonçant "j'avais dit : on fera 30 %, on en a fait 17. […] Sur les trois millions et demi de contribuables moyens, on a fait 30 %", avant de conclure, sans honte, ni dignité : "les 17 %, sur la globalité, ça représente 600 euros par personne", bref le poisson est bien noyé…. Mais le comble du déplacé concerne comme il fallait s'en douter, sa défense de l'amnistie de Guy Drut… soi-disant intervenue pour la grandeur de la France : "le problème qui moi m'intéressait, ce n'était pas Guy Drut, c'était le Comité international olympique. On risquait de ne plus avoir qu'un seul membre. Or, nous avons vu à quel point il était préjudiciable pour la France d'être faible dans les institutions internationales"… certes le CIO est vermoulu et gangrené par la corruption, mais avec un délinquant pour la représenter, pas sûr que la France y soit plus respectée…
Nul besoin de revenir sur les réactions à cette interview, elles sont attendues et caricaturales, sans même être drôles. Bernard Accoyer, pour l'UMP, sort la brosse à la reluire, tout en jouant les équilibristes entre chiraquiens et sarkosystes… ce n'est rien d'autre que son boulot habituel à l'Assemblée, tandis que le PS et l'UDF se tirent la bourre pour être le parti qui s'oppose le plus au président de la République… pathétique.
Reste la question d'une éventuelle nouvelle candidature chiraquienne en 2007. Sur ce point il est resté aussi évasif que lors de sa dernière prestation télévisée, tout en précisant ne pas être "à l'heure du bilan" et avoir mieux à faire que de "s'interroger sur le sexe des anges". Tout juste confirme-t-il qu'il annoncera sa décision, tel François Mitterrand en 1988, au premier trimestre, s'essayant au passage sur le calendrier de désignation de l'UMP… Nicolas Sarkozy appréciera.
07:30 Publié dans Politique story , UMP | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Politique, présidentielle 2007, Chirac, Sarkozy, 14 juillet, Drut, UMP
vendredi, 14 juillet 2006
Primaire tragique au PS : 1 mort
La course à la candidature vient de prendre une nouvelle tournure au PS. L’instauration de la nécessité de disposer du parrainage de 10 % des membres du conseil national, soit 30 membres titulaires, pour pouvoir se présenter au suffrage des militants, décidée cette année dans le but de limiter les candidatures à la candidature, vient de faire une première victime "de poids" rue de Solferino.
Les principaux candidats et candidat(e)s à la candidature, n’ont pas ce type de difficulté, puisqu’il peuvent compter sur leurs courants (inféodés ???) : Laurent Fabius, Dominique Strauss-Kahn ou encore Jack Lang (esbroufe ou réalité concernant ce dernier ???) annoncent ainsi avoir déjà réunis leurs signatures. Quant à Ségolène Royal, Lionel Jospin, ou encore le cas échéant François Hollande, ils n’auront qu’à claquer des doigts pour les obtenir.
Mais Arnaud Montebourg, qui semblait de prêt à se présenter (ce qui aurait été logique et respectable après son courageux refus de la synthèse lors du congrès du Mans), ne dispose que de 15 signatures. Et même si la date limite de remise du précieux sésame est fixée au 3 octobre, l’hypothèse d’une candidature du député de Saône-et-Loire appartient déjà au passé ; ce qui ne manquera pas de relancer la polémique interne sur le manque de démocratie que constitue cette nouvelle mesure (mesure pourtant plébiscitée par l’ensemble du PS dès qu’il s’agit des "500 signatures" nécessaires pour se présenter à la présidentielle, au point que certains demandent que ce chiffre soit relevé à 1000…). D’autant que certains, comme les membres de NPS affirment vouloir signer "collectivement", réduisant ainsi encore le nombre de candidats potentiels alors même que le courant n’en présente pas.
Aussi paradoxal que cela puisse paraître, l’élimination d’Arnaud Montebourg, pourtant noniste de la première heure, risque bien de profiter à Ségolène Royal, pourtant partisane du oui : les bruits de ralliements du hussard de la VIe République à la présidente du Conseil régional de Poitou-Charentes se font de plus en plus pressants. Bon courage à Arnaud Montebourg pour expliquer cette position à ses troupes…
Pendant que le PS essaie, tant bien que mal, de rationaliser sa campagne interne, le scénario catastrophe de 2002 semble sur le pont de se reproduire à sa gauche : en plus d'une extrême-gauche toujours aussi divisée, le PRG parait prêt à refaire gagner la droite puisque Christine Taubira assure vouloir se représenter. Comme quoi certain(e)s ne retiennent pas les leçons…
07:30 Publié dans Présidentielle Academy , PS | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Politique, présidentielle 2007, PS, Montebourg, Royal, Taubira, Hollande
jeudi, 13 juillet 2006
Le chacun pour soi de l'extrême-gauche
Pendant que Jean-François Copé fanfaronne sur les 45 mesures qui vont "simplifier la vie des Français" (en effet, recevoir son bulletin de salaire par mail, la France entière attendait cela…), la gauche du non n’en fini plus de s’entredéchirer au nom d’une unité imaginaire en vue de la présidentielle.
L’équation est tout aussi simple à poser qu’impossible à résoudre : comment un conglomérat hétéroclite de partis, d’associations, de pseudo-syndicats et de groupuscules issus de la gauche de la gauche peuvent-ils présenter un(e) candidat(e) commun(e) en 2007 qui les satisfassent tous ? La solution est aussi complexe et improbable que l’installation de la dictature de prolétariat au Texas en 2006. Et ce n’est pas la dernière idée de Marie-George Buffet, qui est indubitablement celle qui aurait le plus à perdre d'une éventuelle candidature de José Bové, qui va aider à y voir plus clair : elle propose rien de moins que de "constituer aussi tôt que possible un collectif de porte-parole qui aura la charge d'exprimer dans l'espace public notre volonté de rassemblement autour d'un projet politique commun"…Soit, à défaut de se mettre d’accord sur une candidature commune, autant se mettre à plusieurs pour crier sur tout les toits leurs désaccords. De toute façon, la proposition de la secrétaire nationale du PCF est vouée à l’échec du fait de l’opposition systématique (et historiquement de bonne guerre) de la LCR, Olivier Besancenot allant jusqu’à affirmer sans rire que "le problème, c'est le poids du PCF : il est encore trop gros". De plus, la rupture est totale entre les trotskystes et la place du Colonel Fabien, vu que les premiers refusent "toute alliance parlementaire et gouvernementale avec le PS" (encore faudrait-il qu’ils obtiennent des députés…) qui est pour les seconds, depuis 1981, la seule chance de survie…
Et même si par miracle la LCR et le PCF parvenaient à se mettre d’accord, ils auraient bien du mal à se ranger derrière un José Bové qui axe son début de pré-campagne (merci Jacques Chirac pour l’amnistie qui lui permet de se présenter devant les électeurs…) sur le "ras-le-bol des appareils politiques".
Et pendant ce temps-là, Les Verts ont revoté pour le second tour de la désignation de leur candidat(e) et attendent les résultats pour le 18 juillet. Un résultat qui n’est pas près de clore le débat chez les écologistes puisqu’un courant, emmené par Francine Bavay et Sergio Coronado, continue de faire campagne en interne pour… José Bové. Bref la routine à La Chocolaterie.
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mercredi, 12 juillet 2006
Villiers ou l’échec de la stratégie de l’outrance
Ouf, la radicalisation et la bêtise ne semblent pas porter les fruits attendus par Philippe de Villiers. Celui qui se voyait comme le fossoyeur à la fois de Jean-Marie Le Pen, dont il comptait bien s’approprier les voix, et de Nicolas Sarkozy, dont il a fait son ennemi intime, est en train de rater son pari. Il reste ainsi scotché à moins de 5% d’intentions de vote, lorsque le président du FN, toujours aussi silencieux (exception faite de son unique sortie pathétique sur les Bleus) continue d’engranger silencieusement des suffrages.
L’opportunité semblait pourtant belle pour le créateur du Puy du Fou, qui après s’être fait connaître auprès du grand public grâce à ses attaques, souvent bêtes et méchantes, mais bien troussées, contre Bruxelles, comptait bien se faire une place au soleil à la droite de la droite. Pour se faire, il s’en prend au ministre de l’Intérieur, coupable selon lui de faire de lit de "l’Islam radical" (Sarko en fou de Dieu ça fait tout de même marrer…), alors qu'il ne serait qu' "un faux dur" qui "se couche au premier coup de canon", tout en se trouvant un nouveau cheval de bataille : la lutte contre l’islamisation de la France.
Et ce n’est pas faute d’en rajouter depuis quelques mois dans l’outrance de son délire anti-islamique proche de la guerre de religions, dont le paroxysme a été atteint lors de la sortie de son livre sur la soi-disante islamisation de Roissy et son pseudo bon mot (et vrai dérapage) sur les "charters républicains". C’est à croire que dans une France pourtant bien lotie au niveau du potentiel de racisme (Nicolas Sarkozy et Jean-Marie Le Pen le savent depuis longtemps et en jouent à merveille), le président du Conseil général de Vendée a commis une superbe faute tactique en concentrant ses attaques sur l’Islam et non sur les étrangers en général. Et ce n’est visiblement pas fini, à en croire Guillaume Pelletier, son jeune numéro 2 et accessoirement directeur marketing de la "marque Villiers" qu’il avoue lui-même vouloir imposer : "pendant l'été, nous saisirons tout événement local d'impact national pour faire connaître Villiers et lui donner une image d'homme du peuple, sans costume-cravate", dans le but avoué de récupérer les déçus de Sarkozysme parmi les "libéraux, les chasseurs et plus largement parmi les ruraux". Ne doutant de rien, il va jusqu’à affirmer : "le vrai vote utile pour les électeurs de l'UMP, c'est nous"
Philippe de Villiers ressemble aujourd’hui étrangement à "Chevènement de droite", en rupture avec son propre camp (n’oublions pas qu’il fut ministre de Jacques Chirac en 1986 !!!), anti-européen et monomaniaque, il est persuadé, à tort, de pouvoir rassembler au-delà de sa famille politique. Souhaitons-lui qu’il prenne la même veste, prouvant ainsi définitivement que la "France moisie" n’a pas d’avenir… et privant accessoirement la droite parlementaire de représentant au second tour (mais ça c’est une autre histoire, et ce n’est pas forcément une bonne chose).
07:30 Publié dans Extrême-droite , Présidentielle Academy | Lien permanent | Commentaires (10) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Politique, présidentielle 2007, Villiers, Sarkozy, Le Pen, Chirac
mardi, 11 juillet 2006
Quand l'UMP prend exemple sur la rue de Solferino
La Coupe du monde est finie et la politique reprend ses droits, même si elle ne s’était pas vraiment arrêtée durant l’épopée presque victorieuse des Bleus. Pendant que Jacques Chirac, tel un VGE moyen millésime 1976, reçoit l’équipe de France (exception faite de Fabien Barthez qui a réussi à sécher ce pince-fesses) à l’Elysée, l’UMP prépare la désignation de son ou de sa candidat(e) pour la présidentielle avec des faux airs de parti socialiste (dans la forme et non sur le fond).
En effet, il y a encore quelques semaines tout semblait bouclé (verrouillé ???) à l’UMP avec Nicolas Sarkozy comme candidat, déjà en campagne depuis le 22 avril 2002, Jacques Chirac à la maison de retraite et Dominique de Villepin et Jean-Louis Debré en exil loin de la France. Mais cette belle mécanique s’est enrayée brutalement : le Premier ministre, à en croire Henri Cuq, bien que carbonisé dans les sondages, ne semble pas avoir fait une croix définitive sur ce qu’il pense être son destin élyséen, et le président de la République, se prenant sans doute pour Zidane, se verrait bien remplier pour une nouvelle campagne.
Michèle Alliot-Marie, qui se prend pour la "Ségo de l’UMP", a décidé de monter au front concernant la date du congrès qui doit investir le ou la candidat pour la présidentielle : "nous avions dit que l'idéal était que cette réunion se tienne fin janvier début février, je crois que Nicolas Sarkozy avait proposé la date du 3 ou 4 février. […] Cette date n'avait pas été choisie pour rien et je ne vois pas très bien, faute d'avoir pu être présente à la réunion quel est l'avantage de l'avancer de trois semaines". Un épisode semble-t-il anodin dans la guerre larvée que se livrent sarkozystes et chiraquiens rue La Boëtie, mais qui démontre que derrière l’unité de façade, l’UMP ressemble étonnement au PS dès qu’il s’agit de soutenir telle ou telle écurie interne…
Quoi qu’il en soit, MAM, dont on ne sait plus trop si elle roule pour Jacques Chirac ou pour elle-même, précise d’ores et déjà qu’il ne s'agira pas d'une "désignation" par l'UMP, puisque "conformément à la tradition gaulliste", une candidature à la présidentielle n'est pas l'affaire des partis, mais plutôt "un contact direct entre une personne qui est candidate et le peuple", avant d’ajouter "je le redis, je n'exclus rien"… bref cela a beau ne pas être une désignation, la ministre de la Défense compte bien participer au concours. Elle a raison : plus on est de fous (ou de folles) plus on rit !!!
07:30 Publié dans Présidentielle Academy , UMP | Lien permanent | Commentaires (14) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Politique, présidentielle 2007, Chirac, villepin, MAM, Sarkozy, UMP
dimanche, 09 juillet 2006
Top 3 des champions de la semaine 24
Cette semaine encore les prétendants au podium étaient (trop ???) nombreux, le jury a donc décidé de procéder à un classement "récupération du parcours des Bleus free", ce qui prive notamment Dominique de Villepin d'une belle place, mais telle est la dure loi du Top des champions.
Silvio Berlusconi, est pour sa part une nouvelle fois vainqueur du prix spécial du jury pour sa nouvelle mise en examen pour fraude fiscale (heureusement qu'il n'est pas français, il trusterait le haut du classement…)
1/ Gilles de Robien
En cette semaine de résultats du bac, le ministre de l'Éducation nationale, par ailleurs grand habitué du podium, gagne haut la main le concours en s'auto-félicitant pour le déroulement de l'année scolaire, puisque selon lui, l'Éducation nationale "fonctionne mieux qu'il y a un an".
En dehors du fait que cet exemple d'autosatisfaction est lamentable pour la jeunesse, oserait-on rappeler à l'ancien maire d'Amiens son attitude dévastatrice qui a poussé au pourrissement de la situation lors de la crise du CPE ???
2/ Le MNR
Le parti (ou ce qu'il en reste) de Bruno Mégret se distingue par la condamnation de 8 de ses membres à des peines d'amendes et de privations de leurs droits civiques pour fraude électorale pour avoir inscrit abusivement des habitants sur leurs listes électorales aux municipales de 2001. C'est vrai que ça doit pas faire super plaisir de se retrouver candidat MNR contre sa volonté… espérons que les mégrétistes n'avaient inscrits que des Français de souche.
Une condamnation qui tombe mal pour le groupuscule d'extrême-droite au moment où il essaie de se rapprocher du FN en vue des échéances prochaines. Mais cela vaut bien une médaille d'argent de la semaine.
3/ La Tribu KA
Cas de conscience pour cette troisième place, fallait-il parler de la Tribu KA, au risque de faire de la pub à mini groupuscule raciste et antisémite ? Au vu de violence de ses propos et de l'affligeante, mais très inquiétante, bêtise de son corpus idéologique, la troisième place sur le podium est amplement méritée.
Ainsi, considérant que la France est le "pays des droits de l’homme blanc et des sionistes", son chef (gourou), Kémi Séba, affirme que "ce pays n’a jamais été celui des droits de l’homme noir. Notre peuple a toujours été considéré par vous comme un peuple de des sous-hommes. […] Cela fait 5 siècles que l’on nous parle avec violence, il est temps que nous répondions avec le même langage", avant de conclure, toujours plus bête et méchant : "ce que certains appellent la haine, nous l’appelons l’intelligence"… tout est dit, pas la peine d'en rajouter.
Pour une fois, comment ne pas être d'accord avec Nicolas Sarkozy qui demande la dissolution de se groupe prêchant la haine en vertu de la loi du 10 janvier 1936 relative aux groupes de combat et aux milices privées ?
16:30 Publié dans Top des champions | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Politique, Robien, Mégret, Sarkozy, MNR, tribu Ka, bac 2006
samedi, 08 juillet 2006
Un peu d'autosatisfaction (4)

La 5e vague du Potlibuzz est arrivée et bonne (très) surprise, le bistrot fait toujours partie des blogs recensés. Mieux, ce mois-ci il est considéré comme l'un des 20 blogs les plus influents dans le débat politique, comme l'un des plus prolixes et des plus critiques (sinon ça ne serait pas drôle et surtout ça ne serait pas un bistrot !!!).
Encore une fois, merci à tous : sans lecteurs ni commentateurs, ce blog n'existerait pas.
Tout cela vaut bien une tournée générale !!!
Le Taulier
07:30 Publié dans Vie du bistrot | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Politique
vendredi, 07 juillet 2006
Le retour du meilleur d’entre eux
Ce n’est pas parce qu’un parallèle est facile à faire qu’il s'en priver: au moment où l’équipe de France de football accède à la finale de la Coupe de monde en très grande partie grâce au retour en sélection de ses "anciens", notamment Zinedine Zidane, Alain Juppé se prépare à faire effectuer son "grand" come-back sur la scène politique française.
Le "meilleur d’entre nous", selon l’expression d’un connaisseur en la matière – Jacques Chirac, devrait en effet retrouver son siège de maire de Bordeaux dès la rentrée. La majorité municipale UMP de Bordeaux s’apprête à démissionner en bloc pour permettre une élection municipale anticipée. L’hommage (long) d’Hugues Martin, l’ancien premier adjoint d’Alain Juppé, s’il est digne d’une oraison funèbre, ne laisse aucun doute sur le retour de l’ancien Premier ministre : "Alain Juppé est un homme d'État, c'est aussi un homme de chair et de sang d'une probité unanimement reconnue. Cet homme et les siens ont été blessés dans leur chair et ont quitté la France sous l'opprobre. Je comprends qu'Alain Juppé ait besoin d'être réhabilité par le peuple. Sa remise en situation sur la scène nationale, que nous souhaitons tous, implique cette réhabilitation par le peuple. Via les législatives, des municipales anticipées ? Je verrai cela prochainement avec lui. C'est désormais un homme libre de se représenter devant les électeurs. Personnellement, je vois mal comment nous, Bordelais, pourrions nous passer des formidables capacités de cet homme dès lors qu'il sera parmi nous, à Bordeaux". Vanter la probité d’un homme condamné par la justice pour emplois fictifs et pour avoir "trompé la confiance du peuple souverain", fallait oser… on a connu l’UMP moins laxiste et compatissante avec les délinquants (exceptions faites de Guy Drut, Alain Carignon et quelques autres…).
Et si ce retour aquitain n’était qu’une première étape pour celui qui a payé sans broncher pour Jacques Chirac ??? En effet, comment imaginer qu’Alain Juppé, dont le destin élyséen (ou du moins le destin de candidat) était tout tracé il y a encore 3 ans, accepte de laisser le champ totalement libre en 2007 à Nicolas Sarkozy ou pire à Dominique de Villepin qui fut l’artisan de sa perte en 1997 en convainquant le président de la République de dissoudre l’Assemblée. Et quand on sait que l’année qu’il vient de passer au Québec lui a permis "enrichir sa réflexion en observant la société canadienne", on se dit que lui aussi va nous sortir des formules magiques toutes prêtes venues du froid pour nous sauver du chômage… et ça c’est pas des plus rassurant.
Reste à espérer qu’on ne se dirige pas vers second tour Lionel Jospin contre Alain Juppé en mai 2007 : on serait plus proche d’un jubilé d’anciennes gloires que d’une finale de Coupe du monde.
07:30 Publié dans Politique story , UMP | Lien permanent | Commentaires (22) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Politique, présidentielle 2007, Juppé, Chirac, Sarkozy, Villepin, Jospin
jeudi, 06 juillet 2006
Jacko le démago… l’autre
Non, ce titre n’est pas une nouvelle attaque envers le président de la République. Pourtant, il vient une nouvelle fois de nous fournir l’occasion de le surnommé ainsi. En effet cette semaine, il surfe sur pas moins de trois vagues populaires et pas chères : il soutient les Bleus à fond pour la Coupe du monde (sur ce point on tout de même tenter de le croire sincère), une nouvelle loi sur la parité est annoncée (c’est drôle quand on se souvient que feu le RPR et aujourd’hui l’UMP sont parmi les partis qui respectent le moins la loi de 2000…) et enfin une réforme du permis à points est imminente dans le but de réduire le nombre de conducteurs sans permis (le tout répressif, en dépit de ses bons résultats, ne doit pas être des plus populaires à 11 mois de la présidentielle…).
L’autre Jacko le démago c’est bien entendu Jack Lang. Distancé dans les sondages et sans réel appui d’une quelconque écurie à Solferino, l’ex éternel ministre de la Culture (et du Bicentenaire) n’a plus d’autres moyens que la surenchère de promesses pour essayer de rafler quelques suffrages en vue de la désignation du ou de la candidat(e) PS à présidentielle. Il se défini ainsi, sans fausse modestie "comme l'un de ceux qui le mieux incarnerait ce projet", ajoutant même : "je suis un homme de fidélité absolue [...] au projet, à notre idéal, à nos engagements, à notre équipe"… rien que ça. Cédant à son tour à la "mode nordique" très en vogue en ce moment, il se veut un "président citoyen. Il faut qu'on en finisse avec cette conception sacralisée de la présidence. Il faut un président accessible, disponible, menant une vie pas normale mais simple comme un Premier ministre d'un pays scandinave".
C’est à partir de là que Jack Lang dérape en se vantant de n’avoir "jamais habité dans un palais ministériel" (quand on a un hôtel particulier place des Vosges ça se comprend…), il affirme qu’il ne logera pas à l’Elysée et qu’il diminuera "de moitié au moins" tous les frais de la présidence… vu l’opacité du budget de cette dernière, il ne prend aucun risque… Il est ensuite cocasse de voir l’ancien proche de François Mitterrand dénoncer le "maître absolu" qu’est devenu le président de la République sous la Ve République, avant que le comble de la démagogie ne soit atteint lorsqu’il assure qu’il demandera le "minimum minimorum" en matière de forces de l’ordre pour assurer sa sécurité personnelle : "vous me rencontrerez dans les trains, dans les rues, dans les places".
Certes, on est loin des sorties "droitisantes" d’une Ségolène Royal, "gauchisantes" d’un Laurent Fabius, "économisantes" d’un Dominique Strauss-Kahn ou encore "sur-le-retourisantes" d’un Lionel Jospin, mais on est en droit de préférer le Jack Lang "paillettes et champagne" à celui-ci devenu subitement "démago et populo".
07:30 Publié dans Présidentielle Academy , PS | Lien permanent | Commentaires (14) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Politique, présidentielle 2007, Lang, PS, Chirac, Royal, Jospin
mercredi, 05 juillet 2006
Le vent du nord
Ah le modèle social nordique !!! Quel superbe fantasme vu de France que ces petits pays (par la taille et le nombre d’habitants) qui parviennent à juguler le chômage grâce à la pierre philosophale de la flexicurité. La gauche comme la droite rêvent de les imiter, pour des raisons différentes, en oubliant que le seul élément sur lequel la France et le Danemark ou la Suède se rejoignent aujourd’hui est une montée inquiétante de la xénophobie et du nationalisme.
Ségolène Royal a ainsi choisi de visiter la Suède prendre exemple sur le génie social des Vikings, puisque comme elle l’affirme péremptoirement : "nous avons à apprendre des Suédois la modernité du dialogue social, une méthode qui permet d'éviter des conflits durs, avec des patrons qui n'ont pas peur des syndicats". Cela lui permet une nouvelle fois de décliner l’une de ses idées les plus à gauche (étonnamment toujours oubliée par ses détracteurs) : "renforcer l'utilité de l'adhésion syndicale", en s’inspirant des Suédois chez qui "l'adhésion à un syndicat est une démarche quasi automatique, ce qui permet une meilleure concertation avec le patronat et de prévenir les conflits sociaux". Bonne ou pas, démagogique ou pas, réaliste ou pas, cette idée fixe de la président du conseil régional de Poitou-Charentes a au moins l’intérêt d’être novatrice et d’ouvrir un vrai débat…
Mais attention, à force de fantasmer sur le modèle social nordique ou de ne vouloir en voir que les aspects les plus plaisant idéologiquement par rapport à leurs propres idées, les politiques français dérapent parfois. C’est le cas de Dominique de Villepin, que l’ancien Premier ministre Danois, le socialiste Poul Nyrup Rasmussen (par ailleurs président du parti socialiste européen), a rappelé à l’ordre en fustigeant son attitude lors d’un séminaire du parti social-démocrate suédois : "Dominique de Villepin dit : J'aime le Danemark, mais seulement la moitié, donc je prends la flexibilité, et oubliez tout ce qui concerne la sécurité. En ce qui nous concerne, nous prenons les deux", la flexibilité et la sécurité dans le travail, avant de poursuivre : "il n'y a pas de contradiction entre croissance, compétitivité et politique sociale". Il a ensuite pris soin de caresser Ségolène Royal présente dans la salle (comme le hasard fait bien les choses…) dans le sens du poil : "flexicurité, je n'aime pas ce mot. Je préfère celui de Ségolène Royal, le mot agilité".
Un nouveau soutien venu du froid qui ne va arranger l’image de la candidate à la candidature au sein du PS. Pensez donc, être adoubée par un social-démocrate, chantre de la fléxicurité et pro européen de surcroît… c’est à croire qu’elle en fait exprès.
07:30 Publié dans Chez nos voisins , Présidentielle Academy , PS , UMP | Lien permanent | Commentaires (12) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Politique, présidentielle 2007, Royal, Villepin, syndicats, PS, UMP
mardi, 04 juillet 2006
L’été sera chaud...
Ça y juillet est arrivé, avec le soleil, le Tour de France (sans les têtes d’affiche de l’industrie pharmaceutique souterraine cette année) et normalement une certaine accalmie sur le plan politique. Mais il sera dit que 2006 (et très probablement 2007) ne sera pas une année comme les autres : cette année la politique ne semble pas prête à fondre au soleil.
En effet, Dominique de Villepin, profitant sans doute de la vague de succès qui le porte depuis le CPE, continue de s’activer sur tous les fronts. Il vient ainsi de nommer son directeur de cabinet, Pierre Mongin, à la présidence de la RATP (pour services rendus du fait de sa vista politique et de son sens de communication ???), par le subtil jeu de dominos enclenché par la démission de Noël Forgeard de la co-présidence d’EADS. Nomination qui vaut au passage une villepinade presque au niveau des raffarinades (ou des meilleurs délires d’Eric Cantona) : "les numéro deux ont parfois vocation à devenir les numéro un quand ils sont bons"… de là à y voir une allusion à la présidentielle. L’été du Premier ministre, même en l’absence de session extraordinaire du Parlement en juillet (bah oui, faudrait pas que les députés UMP énervés par la chaleur finissent par le désavouer…) s’annonce tout de même studieux à en croire Le Monde qui annonce que les juges Jean-Marie d'Huy et Henri Pons semblent concentrer leurs recherches sur le rôle éventuel de Dominique de Villepin à l'origine de la diffusion des listings falsifiés de l'affaire Clearstream. Ce qui pourrait très prochainement déboucher sur une demande d'autorisation du conseil des ministres afin de permettre l'audition comme témoin du premier ministre. Si tel devait être le cas, on imagine mal l’argumentaire déployé par Jacques Chirac, grand spécialiste des rendez-vous manqués






